‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 93 sur 162 · QUELQUES MOTS SUR LA CULTURE DES GLAÏEULS · texte numérisé non relu

QUELQUES MOTS SUR LA CULTURE DES GLAÏEULS

Les Glaïeuls issus du Gladiolus gandavensis, qui provient déjà lui-même d'une espèce rustique, le Psitacinus, n'exigent, pour ainsi dire, aucuns soins particuliers de culture ; il suffit de les planter dans une terre ordinaire, meuble et labourée quelque temps à l'avance, autant que possible.

Tous ces Glaïeuls redoutent les terres compactes et argileuses ; ils prospèrent généralement bien dans les sols frais. Les plantations dans le même sol, pendant plusieurs années de suite, leur sont préjudiciables ; il est donc nécessaire de les changer de place chaque année, et de manière à ne revenir au même emplacement que tous les deux ou trois ans. Il faut avoir soin de fumer dans l'année qui précède la plantation et non Tannée même. On peut fumer soit avec du fumier de bœuf ou de vache, soit avec du fumier de cheval, ou bien encore avec celui qui provient des immondices ménagères,des boues et balayures des rues, et qu'on appelle vulgairement gadoues; mais en employant les fumiers de bœuf et de vache pour les terres les plus sèches et les plus calcaires, et le fumier de cheval ou les gadoues pour les terrains les plus humides.

La plantation en pleine terre peut se faire successivement, de quinzaine en quinzaine, depuis la fin de mars jusqu'en juin ; on a ainsi une floraison prolongée qui commence en juillet, et se continue jusqu'en novembre ; mais les oignons qui fleurissent à cette arrière-saison ne peuvent pas parvenir à leur maturité complète ; il ne faut donc pas compter sur eux pour la plantation de l'année suivante .

La grosseur des bulbes doit être prise aussi en considération pour bien établir la succession de la floraison. Il est reconnu que les [Jus gros ne sont pas ceux qui produisent les plus belles fleurs; mais plantés tous ensemble, ils fleurissent les premiers ; les bulbes de grosseur moyenne leur succéderont, et leur floraison sera suivie de celle des plus petits.

Une plantation faite en janvier dans des pots de 15 centimètres de diamètre pourra fournir une floraison dès le mois de juin; on place ses pots sous châssis froid, ou à défaut, on les enterre le long d'un mur au midi, en les couvrant de feuilles sèches pour les garantir de la gelée, et aussitôt que les froids ne sont plus à craindre, on les livre en place à la pleine terre. Quant à la profondeur à laquelle doivent être placés les oignons dans la terre, elle varie en raison de la grosseur des bulbes : on enterre les plus petits à 5 ou 6 centimètres et les lus gros peuvent être recouverts de 8 à 10 centimètres de terre.

Les arrosements sont nécessaires pendant la végétation; mais c'est surtout par les temps secs et chauds, qu'ils doivent être abondants.

L'arrachage doit se faire vers l'automne, au fur et à mesure que les tiges commencent à se bien sécher; alors les bulbes sont faits et bien aoùtés, leur maturité est complète* C'est une très -grande faute d'attendre plus longtemps pour ne faire de toute la plantation qu'un seul arrachage ; car alors les tiges de certaines variétés plus hâtives, comme aussi celles des premières plantations, tombent et se détachent des bulbes, lesquels n'étant plus, en végétation, et se trouvant en contact continuel avec l'humidité du sol» 6e détériorent promptement, et ne donnent plus, dès lors» que des oignons malsains et impropres à la reproduction. Aussitôt après l'arrachage, on rentre les bulbes dans un lieu sec, aéré, non chauffé, mais à l'abri de la gelée, et on les place sur des tablettes ou dans des ca»

siers, les uns à côté des autres, et non les uns sur les autres. Ainsi disposés, ils se conservent parfaitement sains, jusqu'aux différentes époques de plantations de Vannée suivante.

Eugène Verdiek, fils Aîné.

RHUS GLABRA LACINIATA.

Le Rhus glabrq, ou Sumac glabre, est un arbuste de l'Amérique du Nord, par conséquent trèâ-rustique. On en possède plusieurs variétés ; mais la plus remarquable est la variété à feuilles laciniées (Rhus glabra laciniata) qui a été mise au commerce Tannée dernière par MM. Thibaut et Keteleêr, horticulteurs à Sceaux (Seine).

Ses feuilles sont composées comme celles du Frêne, et longues 40 centiïn. environ ; le pétiole commun est d'un rouge brun foncé; les folioles qu'il porte, au nombre de U ou 13, sont alternes allongées» et plus ou moins profondément découpées latéralement en lanières arquées, entières ou bordées de grosses dents; elles sont glabres, d'un beau vert luisant en dessus, un peu glauques ou vert pâle en dessous. Les jeunes feuilles forment, à l'extrémité des rameaux, des sortes de panaches très-élégants ; par la finesse et la légèreté des découpures des folioles, elles rappellent les plumes d'Autruche.

Cette nouvelle variété constitue un des plus beaux arbustes à feuillage d'ornement. Elle est très-rustique. Dans l'école d'arbres et d'arbustes de Segrez, elle a parfaitement supporté l'hiver rigoureux que nous venons de passer, et qui a frappé de mort un aftez grand nombre de végétaux, qui se trouvent réunis dans cette intéressante école, où M. Alphonse Lavallée soumet à l'expérience un certain nombre d'espèces ligneuses appartenant aux climats tempérés de notre globe ; il publiera prochainement, dans ce recueil, les résultats obtenus jusqu'à ce jour. 0. Lescuyer.

Page 1