DE L'ABRICOTIER
D. Dites-Dous comment se cultive l'Abricoiier. B. L'Abricotier se cultive greffé sur Prunier; mais tous les Pruniers ne sont pas propices à recevoir sa greffe, et Texpérience a prouvé que
ies PruDier3 à écorce grise argentée doivent être préférés à ceux dool récorce est brane ou rousse. La greffe d'Abricotier, placée sur ces sortes de sujets, forme de gros nodus^ d'ofa découle sans cesse la gomme ; l'arbre pousse mal, ses écorces roussissent, se gercent et se couvrent d'insectes et de parasites ; en un mot, il vit peu de temps : tandis que, greffé sur prunier à écorce grise, il ne forme jamais de nodus, on ne remarque aucune trace de gomme, Técorce est saine, lisse et brillante» Tarbre pousse d'une manière remarquable; enfln sa santé est parfaite. Ces sujets ^nt choisis parmi les semis obtenus au moyen de noyaux des prunes Saint-Julien^ Groi Damas notr, Damas d^ Espagne et Cerise ou Cerisette; d'autres variétés peuvent également fournir de très bons sujets. On doit négliger les sujets de Pruniers sauvages et ceux qu'on obtient au moyen de drageons, parce que leurs racines ont l'inconvénient de s'étendre fort loin et de donner naissance à une muiiiiude de rejets qui épuisent l'arbre.
D. Ne peut-on pas greffer l'Abricotier sur d'autres sujets que sur Prunier?
il. L'abricotier peut aussi se greffer sur Amandier, sur Pécher et sur Abricotier, mais on n'a pas l'habitude d'utiliser ces sortes de sujets». parce que les résultats obtenus jusqu'à ce jour ont été peu favorables ; on le comprendra sans peine, quand on saura qu'ils sont plus difficiles sur la nature du sol que ne l'est le Prunier.
D. L'abricotier ne se multiplie-t-il pas autrement que par la greffe?
R. Quelques variétés se reproduisent par la seaieuce d*une manière assez remarquable ; tels sont l'Abricot Millou, ceux de Hollande, d'Ampuis, l'Alberge et quelques autres variétés.
D. Comment greffe-t-on TAbricotier?
il. On peut le greffer de toutes les manières, mais il vaut mieux préférer la greffe à écussou à œil dormant, parce qu'elle est plus sûre et moins dangereuse. La greffe en fente, pratiquée sur un sujet sain et vigoureux, |)eut être mise en pratique avec succès au printemps.
D. Comment faut-il cultiver l'Abricotier ?
il. L'Abricotier se plaît surtout dans les terres amendées, légères et chaudes; il fleurit de bonne heure, et sa production est souvent compromise par ies gelées d'avril. Si on le plante au nord, la floraison se trouve retardèô, il est vrai, mais les fruits perdent totalement leur saveur, attendu qu'ils réclament beaucoup de chaleur pour acquérir toute leur perfection. On cultive l'Abricotier en espalier, mais plus particulièrement en haut vent ; dans le premier cas, il est soumis à une taille an-
Diidie» comine le Pichcr; dans le second, on se contente de le tenir propre lorsqu'il est formel et de le dépointer pour qn'il ne se dégarnisse pas de produciiofls à fruit et à bois à la base de ses branches.
D. La conduite d*nn Abricotier en palmetteou cordon oblique double est-elle la même que celle du Pécber conduit sous les mêmes formes?
R. La conduite des brancbes cbarpentières est la même, sauf la dis- Unce qui les sépare les unes des autres; pour le Pécher cette dis* tance est de cinquante à soixante centimètres, tandis que pour l'Abri* coiier elle n'est que de la moitié. Les rameaux à fruit du Pécher ne se prennent que dessus et dessous les brancbes ; on les prend dessus, devan t et dessons sur celles de l'Abricotier, avec la précaution, toutefois, que ceux de devant ne seront que des bouquets courts.
D. Comment doit-on conduire rAbricolier élevé et greffé en haute tige?
J?. Pour répondre à cette question, il faut prendre Tarbre à sa nnissance. Koos supposons donc qu'il vient d'être greffé à l'œil dormant ; pendant fêté qui suivra cette opération, on surveillera la poussée de la greffe, et on aura soin de la pincer à dix ou quinze centimètres pour laire développer trois ou quatre rameaux, entre lesquels on cooservera le plus grand équilibre possiUe; au moyen du pincement de celui qui l'emporterait sur les autres, s'il s'en développait un plus grand nombre, oales supprimerait ou on les pincerait dès qu'ils auraient atteint une longueur de six à sept centimètres.
L'année suivante, on taille ces rameaux à vingt ou vingt-cinq centimètres de leur naissance, au-dessua de deux bourgeons placés de côté ; ces deux bourgeons se développent et donnent naissance à de nouveaux rameaux; on a besoin, comme l'année précédente, de pincer toutes les ramifications qui naissent sous cette espèce de fourche, et de maintenir réqutlibre entre les six ou huit jeunes branches. Si elles avaient une tendance à prendre une direction trop verticale, il faudrait y remédier au moyen de longs tuteurs qui les forceraient à prendre une direction plus oblique ; en un mot^ on fera en sorte qu'elles forment dans leur ensemble une espèce de gobelet. La troisième année, ces six ou huit branches sont taillées de la même manière qu'on a traité les trois ou quatre l'année avant, et on leur donne les mêmes soins à Tautomne. On possède un Abricotier formé de douze ou seize branches couvertes de petites ramifications fruitières depuis leur base jusqu'à leur sommet. Les années suivantes, on se contente de dépointer les nouveaux rameaux afin d'empêcher les productions fruitières inférieures de s'éteindre. Le dépointe*
ment consiste à retrancher, à la fin de Tbiver^ rextrémité des rameaux; mais toujours en consultant leur vigueur ; s'ils sont forts, on supprime le quart de leur longueur; sMls sont faibles, on ne fait tomber que le bourgeon terminal. Lorsque les rameaux-bouquets sont réunis en trop grand nombre sur un même point, on retranche les plus mal placés sur la couronne ou l'empâtement. Les autres soins consistent à tenir l'arbre dans une grande propreté^ à enlever tous les bois morts, à faire tomber ou à pincer tous les rameaux qui naissent sur la face supérieure des branches et qui ont une tendance à devenir rameaux gourmands, et enfin à décharger les rameaux de tous les fruits superflus. Cette précaution est importante ; si on la néglige, on ne récolte que de petits fruits privés de toutes leurs qualités, et on compromet fortement la sécurité de l'arbre.
D. L'Abricotier conserve-t-il longtemps sa fertilité, et que doit-on faire pour la lui faire recouvrer lorsqu'il commence i la perdre?
R. Après dix ou douze années de rapport, l'Abricotier commence à perdre sa fertilité; les fruits qu'il continue à produire sont petits, galeux et de mauvaise qualité ; mais comme cet arbre a la propriété do repousser sur le vieux bois, on le couronne pour faire pousser des branches nouvelles sur lesquelles on récolte, comme par le passé, de beaux et bons fruits. Le couronnement consiste à couper très proprement les branchesmères à une distance de quarante ou cinquante centimètres du tronc, et à enduire les plaies avec du mastic. On choisit sur chaque branche coupée les deux rameaux les mieux placés et les plus vigoureux, qu'on traite ensuite comme les branches primitivement taillées.
D. Désignez-nous les meilleures variétés d'Abricots.
D. Les Abricots les plus estimés sont : XAngoumoU^ le Commany Y Alexandrin^ le Portugal, le Piche ou de Nancy , le BeseoUmges, et le Millou ou Piche hâtive aOullins.
AUBERGINE OU MELONGËNË A FRUIT ËCARLATE.
Nous avo&s reçu cette année du Portugal, sous le nom de Melongène à fi uit écarlate, une espèce ou variété nouvelle qui nous a parue très intéressante.
Semée fin d'avril sur couche (ce qui est un peu tard pour les plantes de cette famille), nous avons obtenu des plants qui se sont développés avec une grande vigueur et ont atteint une hauteur de près d'un mètre.
Craignant qa'une végétation aussi exubérante ne nuisit à la firnctiflca* tioo» qui menaçait d'être en retard, nous avons soumis nos plants à une taiUe analogue à celle employée pour les Tomates, et qui eonslste à pincer rextrémité des rameaux et à retrancher une certaine quantité de branches inutiles, le tout au proBt du fruit ; le fumier et les arrosements s'ont pas non plus été épargnés.
Les fruits, qui naissent le plus souvent par 3 on 3 attachés ensemble, sont d'une forme ovale^ quelquefois un peu arrondis et marqués de plusieurs sillons qui partent des pédoncules; ils sont d*un beau rouge-vermillon ou écartate vif brillant ; quelques-uns ont atteint le volume d'un œuf de dinde.
Ce fruit ne nous paraît pas, quant à présent, devoir être comestible comme celui de TAubergine violette ; ce sera tout bonnement un fruit d'à* grément qu'on pourra cultiver à la façon de l'Aubergine blanche ou Plante aux œufs ; il aura sur ce dernier l'avantage de la belle couleur rouge, ce qui le fera préférer dans beaucoup de cas : c'est à ce titre que nous devons le recommander aux amateurs, en attendant qu'on lui reconnaisse d'autres qualités.
LOUESSI.