HORTICULTURE ÉTRANGÈRE
Nous voici revenu de notre parcours sur la route horticole ramenant à destination, pour tout butin, une Papaveracée bleue» une nouvelle et très belle Rose, un nouveau cas de la maladie du Nobis, et une conquête d^ Amsterdam. Bon gré, malgré, cher lecteur, il faut que cela vous suffise. Car après avoir butiné à droite et à gauche, ici prenant une Bose, laissant là de cftté une mauvaise, insignifiante ou vieille nouveauté, abrégeant les phrases scientifiques, engageantes et ronflantes, en un mot, allant ao bon plaisir du lecteur par le plus court chemin, voilà tout ce que nous avons trouvé d'intéressant.
Meconopsis simplicifolia.
Le plus beau des Meconopsis y à en croire le docteur Hooker, bon juge en la matière, c'est tout dire aux amateurs et horticulteurs. Voici com. ment il s'exprime au sujet de cette plante dans ses Illust. of Himalayan Plants, et que Vlllust. Hort. a reproduit avec une belle figure à l'appui :
« Cette plante, la plus belle et la plus remarquable de toutes les plantes alpines de Sikkim, sinon de tout THimalaya, est très commune dans les endroits rocheux et pierreux, à 12,000 pieds d'élévation et an-dessus, où elle épanouit ses délicates fleurs en mai,exposéesauxvents violents et aux tempêtes de ces régions inhospitalières. Elle a été originairement décou-
Terte parlas colleetean da docteur WaUieb» dans leNépaol central» mais èDe n'a pas été trouvée plos loin à ronest dans PHimalaya.
c n n'existe daos cette contrée que deux espèces de Meeanapiis^ celle dont il s'agit et la Jf. harriduia Hook. et Thoms. Cette dernière a été trouvée dans le Silckim seulement; c'est une plante plus petite que la première, couverte de très nombreux et rudes piquants, qui percent la peau lorsqu'on saisit la plante avec la main, émettant de très nombreux icapes à fleurs d'un pourpre plus pâle. Cest une des plantes les plus alpines du monde; j'en ai récolté des échantillons à plus de 47,000 pieds d'altitude où se rencontrent bien peu d'autres végétaux.
c Toutes les espèces de Meeanapsiê de l'Himalaya diffèrent de Teoropéenne(if. cambricafyig.Papavêrcambrieum L.yparun style beaucoup plus long, et seraient par cette raison reportées par quelques auteurs au genre américain Stylopharum de Nuttal ; mais celui-ci n'est peut-être pas réellement distinct du Meeanopiis et en diffère par les valves de sa capsole, déhiscentes jusqu'à la base*
€LeMee(mop$i$simplicifolia réussit bien sans doute à Fair libre, en pleine terre ou dans les rochers artificiels^ si Ton a la précaution de le planter dans un endroit frais et non exposé trop longtemps aux rayons solaires. »
n n'y a qu'une seule chose à regretter dans tout ceci, c'est que ces belles plantes ne soient pas au commerce ; qu'on fasse connaître de nouveaux et de très beaux Mecanopsis^ personne n'aura le droit d'être mécontent ; mais qu'on les introduise et qu'on les lance au commerce, tout le monde en sera enchanté. Il est donc à espérer que cette précieuse plante sera promptement introduite, car une papaveracée à fleurs bleues n*est déjà pas une trouvaille très commune : nous ne savons même pas s'il en existe; aussi nous engageons les horticulteurs à faire leur bourse pour se procurer cette admirable nouveauté dès qu'elle paraîtra sur la scène horticole.
Base Victor Trouillard.
Une Rose, ce n'est pas peu de chose, surtout quand elle a le double mérite d'être nouvelle et très belle; savez-vous bien que Delille a dit :
Mais qui peut refuser un hommage à la Rose, La Rose dont Vénus composj ses bouquets. Le printemps sa guirlande, cl Tamour ses bosquets, Qu^Auacréon chanta, qui formait avec grâce Dans les jours de feaiiu la couronne d*llorace ?
MajnteiMAti i^oiis se saYons i^ pré^î^émMit $i IMUUa 4atta M« chants a voulu faire allosioo à, la Koae Victor TrouiUard. Qu'en dites* vous, lecteur? Uettoua doue la poésie de côté et écoutons M. Lemaire qui en a donné la description et unebolle figuret
c La Base Yictœr TroMlard est une byhride remontante, d*une ampleur peu ordinaire, d'un ricbe coloris cramoisi foncé, velouté et reflété de rose carminé. Les pétales qui la composent sont extrêmement nombreux, très serrés, chiffonnés au centre^ imbriqués, réfléchis à la circon-» férence. L'arbrisseau est très vigoureux, très rustique, très épineux, doo^ d'un bel et ample feuillage, et fleurit très franchement et très abondam* ment.
« C'est un gain obtenu de semis à Angers, par M. Victor Triuiitajrd^ qui Ta cédé à MU, Standish et Noble, horticulteurs, à Bagshot (Angleterre), lesquels Tont dédié à robtenteur. Elle provient d^ graines vecweil lies sur la Bas$ géant des BatmUes, dont elle powède t<H)te& iei^ bonn^ qualités, mais avec des dimensions beaucoup plus considéraUea <t m coloris différent et plus foncée «
A en juger d'après le dessin, qu'on dit exact, ce nouveau gaine&( un dei^ plus remarqi^bl^qu on ait obtenus dans ces dernifaree Mné^s^ e|qH4t9U( amateur ou horticulteur doit s'empresser d'acquérir.
Uiervilla ou Weigelia
ou
Wagneria^ Middendorffiam.
Voilà encore une de ces plantes qui a l'insigne honneur de faire partie d'une de ces familles de Babel. Déjà trois noms pour la même plante et pas encore un de bon ; car voici M. Lemaire qui du Weigelia^ du Diervilla fera un Wagneria Middendorffiana. Comme ces noms sont déjà parfaitement connus dans les jardins, vous demanderez un TTei^efia, on vous répondra Diervilla; après vous demanderez un Diervilla qu'on vous répondra Wagneria^ sans qu'aucun de ces noms soit reconnu être véritablement chair de poisson.
Maintenant, à qui la faute de tant d'indécision? Évidemment à ces botanistes, qui dans leur position voient une sphère d'autorité et se croient le droit de faire rapporter à la grande diversité de la nature, ce qu'ils doivent à la confiance de ceux qui les écoutent comme des oracles. Il arriverait, par hasard, un audacieux qui oserait les interpeller sur quelques actes de leur volonté, parce qu'il les prendrait en flagrant délit de
erfatioD d*an nom nouveau, et le toot pour pouvoir mettre an bout ce Noiû tant envié ; ils lut répondralmt tout ttaiplaneDt : — Taisez-vous Bachi-bouzouk; tel est notre bon plaisir, nous sommes les élus du Seipeur pour débrouiller ce cbaos.— Allons, lecteur, il n'y a cpf à pUer Téchine si nous Pavons assez souple.
Dradesetmlia diicùhr van /NMoto. Miq.
CONQTitTE Q*All8TE]U>All.
Pourquoi donner le nom de Ci>nquite (FAmiteriam I une variété de ffoduânrfta, qui n'est peut-être pas du TradescœUia diseolar, et qui a Simplement les feuilles parcourues vers le milieu par une seule bande laoï^e. Le nom de 7. iiscolwr wr. lineatane serait-il pas assez attnjint ? Nous admettoos bien que les Hollandais donnent de ces noms ronflants à leurs variétés de Jacinibes, Crocus et Tulipes, mais pour une gliQte à feuilles striées, et qui est peut-être nouvelle^ ce n'est pas pos* siUe. Probablement que M. Steen, en donnant le nom de ConpiStê i Amsterdam à ce Tradeseantia, comptait sur une réputation que la Tulipe nommée Yice-roi s'est faite dans le temps : on sait que le proprié* taire de cette Tulipe reçut en échange d*un oignon : 4 bœufs, 8 pores, ti mOQtons, 40 quintaux de fromage, S tonneaux de vin, 4 Ht, 4 habillement complet, 4 coupe d'argent et S6,000 florins; mais je crois que cet heureux temps est passé, c'était l'âge d'or pour les jardiniers. Aujourd'bai, voyez combien i) s'y est glissé d'alliage; on hésiterait à donner le moindre cochon en échange de cetie conquête.
La Fior0 des mT$i {i^ année, ifi série), a donné un beau portrait de cette plante, et M. Yan Houtte croit devoir nier (peut^tre avec raison), malgré rantorité attachée au nom de M* Miquel^ que cette plante soit ne variété du f . discotar; M« Van Houtte dit encore : « Notre plante nous semble appartenir à une espèce qui n'est pas décrite; son type est onicolore, les graines que donne notre variété produisent des individus à fSQillage d'un vert uni. »
D'après ce fait, nous sommes presque tenté à noua ranger selon Popkaion du célèbre horticulteur belge. Peut-être avons-nous tort; c'est ce qve l'on verra dans la suite ; mais, quoi qu'il en soit, cette belle variété est appelée à orner admirablement nos serres chaudes humides.
Louis InoKLnEST.
DERNIÈRES NOUVEAUTÉS
Chaque année qui s'éveille nous apporte sa corne d'abondance enrichie de produits nouveaux, de légumes, de fruits, de fleurs, dus à l'aptitude des semeurs, ou tout bonnement au dieu Hasard; et chaque année ce sont toujours les fleurs qui dominent. Il faut de la patience et de la persévérance pour trouver un fruit inédit, pour améliorer une race de légumes : il faut être routine dans le métier; tandis que les plantes d'agrément sont jugées, la plupart, Tannée même de leur semis. Chacun s'en occupe un peu, le châtelain ou son jardinier, le curé et le mattre d'école, le propriétaire et le fils du fermier, le commerçant et Tonvrier, le commis et lagrisette, et mieux encore Thorticulteur de profession. Chacun se plait à jeter quelques graines dans la terre, à aller voir pousser ses enfants; puis on les baptise plus ou moins bizarrement, et ce n'est pas là le plus beau côté de la chose. Enfin, on verra son nom sur un catalogue: toute jouissance ne doit-elle pas avoir son but ? Hélas ! il en est du plaisir des fleurs comme des autres plaisirs: on en jouit davantage en espérance ou en souvenir qu'en réalité.
Voici, d'après les annonces des marchands, les productions nouvelles mises en vente pour la première fois, de l'automne 1856 au printemps 4857. Nous continuerons d'en faire part au furet à mesure que leurs cartes de visite nous parviendront.
M. Lemoine^ rue de VÉlang, à Nancy.
Pelargoniuh diadêmatum Cyclope, carmin feu velouté, centre blanc^ macule noire; Flambeau, feu brillant, centre blanc liséré rose, macule pourpre; Fr. Ad. Ifaage, rose carmin, centre blanc pur, pétales inf. légèrement tachetés, sup. maculés marron velouté; Béné de Lorraine, cerise et carmin velouté mêlé de lie d^ vin, pétales supérieurs maculés noir.
PfiLARGONiuM Odier : Naticéien, rose chamois, cinq macules très nettes, noir velouté; forme parfaite.
— Grandes fleurs : M^^ Ingelrest, rose satiné très riche, éclairé
de blanc au centre, grandes macules noires bordées vermillon; fleur très grande, déforme supérieure.
— Fantaisie : Séduisante beauté, laque brillant reflélé violet, cen-
ire et bords blancs; bouquçls compactes, fl, moyenne, forme parfaiie.
P£URGo:iiuH ZoMAU : EclatTy rose de Chine naancéfea, i grand entre blanc; Foudroyanty écarlate pourpre velouté à grand centre blanc ; Pygmiey rouge garance foncé, grand centre blancsplante naine, multiflore.
HÉuoTROPES : Multiflorumj plante naine; onobelles très larges; fleurs abondantes et compactes, blanc et lilas verdâtre ; Jtan Mes* mer y port dressé, ombelles très larges, blanc et violât bleu.
Verteduss : Amphitrile, blanc nuancé abricot, centre jaunâtre; Clémence Robert j amarante Tif, grand ceiitre blanc; Comte de Cavour^ fl. tr. gr. , beau violet clair, midtiflore; Eclipse, fortes ombelles pourpre foncé à centre cramoisi velouté; M^ Battien; fl. tr. gr. chair, centre carmin; Minotaure, fortes ombelles, forme parfaite,!fl. cramoisi foncé mêlé de violet velouté, grand centre blanc ; M .Flandre, saumon rosé, point jaune; Psyché^ blanc de nacre^ point pourpre, fl. tr. gr, ; Sire de FfffnC'Boisy, ponceau cramoisi, taché rose> bizarre ; Soerate^ fl. tr. gr , fortes ombelles, rose brique violacé; Yertemine^ fl. tr. grande, plante très vigoureuse et multiflore, rose pourpre foncé.
CoRïSANTHÈiiES PRÉCOCES : Pierre Coindre^ fl. moy. blanche, très florifère ; Comte de Lambertye^ fl. moy. , belle forme, orange mordoré vif, pointes jaunâtres.
Pektstemon iCardinaliSy nain, fl. tr. gr. rouge vif velouté à centre blanc; Inêignis^ fl. gr. violet à centre blanc; Elegans, Lemoinei et OmatuSt décrits et Ogurés dans notre livraison de décembre 1856.
Pétunia : la Pintade, obtenue par H. Ingelrest, fl. moy., beau carmin veiné et réticulé de violet foncé.
VsRONicA : 5p/^dîda« épis nombreux, fl . rouge cerise vif à centre blanc, très bonne plante.
Phlox : Drummmdi cruciata ; couleur porcelaine, centre blanc, cinq longues taches violet bleu.
t MM. Avoux et Croizy, à Lyon,
Passiflore : Impératrice Eugénie ^ très vigoureux, fleurs nombreuses et très odorantes, larges de M cent., se présentant bien; pétales extérieurs blancs, pétales intérieurs roses; couronne moins grande que la corolle; les Glets sont divisés en deux par un
cercle blanc; la partie inférieure est marron foncé et la supé* rieure bleu indigo passant au clair,
M. Quetier^ à Meaux.
Dahlia : Yieomteuê d$ Montesquieu; fleurs régulières, pleines, pétales en cornets demi-ooverts ; coloris jaune chamois se lavant de lilas et arrivant au lilas violet vif au sommet des pétales. Auteur 4 m. 40; pédoncule long et ferme, multiflore. Gefte be le plante^ qu'il vous sera permis de posséder moyennant 30 fr., a fait époque aux expositions partielles du quai Halaquais.
M. Bemiau^ rue du Coq-Saint-Maur^ à Orléans.
Fuchsia : Comtesse de Liniers, calice gros, bleu légèrement lavé de rose, à pointes verdâtres ; corolle rose vermillon née ; Comtesse de Tuder^ fl. moy., calice rose, corolle rose brillant, larges pétales; Due de Malakoff^ calice grand, rouge violacé à pointes blanchâtres; corolle rouge cramoisi foncé; Pirouette , originale, sépales longs de 6 centim. horizontaux, rose carminé, corolle bien campanulëe, bleu violacé.
Héliotropes : Roi des Noirs, ombelles et fleurs très grandes, bleu indigo foncé à centre blanc, odorantes ; M^^ Miller et ^ fl. tr. gr. blanche à centre verdâtre, bordée de violet clair, odorante.
Géranium zonales : M^ Chrétien, ombelles et fleurs grandesi blanc mat, lavé rose clair, bordé rose vif; Vainqueur de Sébastopol^ fl. tr. gr. en fortes ombelles, rouge pourpre à centre blanc; feuillage zone de pourpre.
MM. Pradel père et fils ainéy route de PariSj à Montauban.
Géranium à grandes fleurs : M^^ Jules Château^ rose vif à cinq taches marron foncé ; Jf''* Eélène Sciamay blanc pur» légèrement maculé lilas.
Poiriers : Maréchal Pélissier^ fertile, moyen, beurré, fondant, par-
fumé, mûr au commencement d*août; Esther Comte^ fertile, moyen^ allongé, chair fine, fondante et parfumée; mai et juin. —Voilà deux variétés à fruits moyens> il est vrai, mais mûrissant à des époques ob les Poires n'abondent pas ; si leur fertilité et leur chair répondent au prospectas, nous aurons encore deux arbres à introduire dans notre jardin fruitier. Nous invi-
tons MM. Prndel, aiosi que tous les introducteurs de fruits» k suivre la recommandation du Congrès Pomologiqub , consistant à soumettre leurs nouveautés^ — Tariéiés semis ou inédits, — à la Société d'horticulture de leur pays. Quiconque ne s7 conformera pas doutera lui-même de sa conscience.
Nous recevons aujoordlitti une deuxième circulaire du Congrès par rentremise de Tun des secrétaires. Nons voyons que l'année 4857, vérifiera et complétera le travail commencé à Lyon, en septembre 4856. Les pomologues, les iiorticttUeurs, les amateurs, se proposent de supprimer les variétés médiocres et les noms faisant double emploi dans les espèces Poirier, Pommier, Prunier, Pécher, Vignes, etc. ; puis, et ce sera le meilleur, on publiera le tableau complet et deseriptif des variétés de fruits reccMomandées pour haute tige, pyramide tu espalier au mur. Un travail de ce genre que nous entendons féclasMr par tous ceux qui s*occnpent d'arboriculture et rédigé par les connaisseurs de tous les pays sera une bien belle œuvre, à laquelle chacun doit participer dans le cercla de ses connaissances, si on veut qu'elle devienne la gloire de la Pomologie française. — Nous ajournerons donc notre appréciation sur les travaux du Congrès jusqu'à la publication du Catalogue définitif.
TifiBÀT-LABCHÊ.
CULTURE DES GALCÉOLAlBES..
Cultivant spécialement les Calcéolaires herbacées, pour satisfaire aux nombreuses demandes de graines qui me sont faites chaque anuée, j'ai acquis, pour ce genre de culture^ des connaissances pratiques, qui m'ont fait obtenir de ces charmantes plantes une brillante floraison, et que je m'esnpresse de porter à la connaissance des lecteurs de VHorticulteur français, afin qu'ils puissent jouir de toute la beauté de ces bizarres fleurs, qui ont été si admirablement représentées dans ce Recueil,en 4854, planche xiv.
Je ne prétends pas cependant être le seul qui possède l'art de bien cultiver les Calcéolaires ; mais les succès que mes plantes obtiennent depois plusieurs années aux expositions d'horticulture de Paris, prouvent suffisamment en faveur de mon procédé de culture, qui est très simple et peu dispendieux et qui permet à tous les amateurs de posséder de riches et belles Calcéolaires, trop peu répandues dans les cultures.
Les semis de Calcéolaires doivent être faits au mois de juill^n ou au com-
mencement d'août. Je sème mes graines en terrines remplies de terre de bruyère passée au tamis, et plombée légèrement pour enterrer la semence. En plaçant ces terrines sous cbàssis exposé au nord, et en entretenant la terre toujours fraîche, on a^ au bout de six semaines environ, nn plant bon à être repiqué.
Je remplis alors de nouvelles terrines avec un mélange de terre composé de deux tiers de terre de bruyère et de un tiers de terreau, bien tamisé, et je repique les plants en laissant entre eux une distance de deux à trois centimètres. Après un léger bassinage, je place mes terrines sou$ châssis, à l'exposition du levant, et j'entretiens ensuite la terredans une bonne condition de fraîcheur.
Quarante ou cinquante jours après ce premier repiquage, je sépare de nouveau mes plantes, qui ont alors acquis une certaine force, pour les repiquer isolément dans des godets de 5 à 42 centimètres, suivant la force des sujets, et cette fois dans un mélange composé moitié de terre de bruyère et moitié de terreau. Je place ensuite mes GalcéxH laires sur les tablettes d'une serre, le plus près possible des vitres, et j'arrose à partir de ce moment, toutes les fois que besoin est.
Les Calcéolaires sont souvent attaquées par le puceron ; c'est an ennemi dangereux qu'il faut s*empresser de détruire au plus vite; autrement les plantes qui auraient la plus belle apparence deviendraient bientôt détestables, et leurs fleurs se trouveraient toutes picotées par l'insecte. Il est donc très important d'enfumer les plantes atteintes par le puceron, toutes les fois qu'il apparaît.
Me servant journellement du fumigateur pour cette opération, j'ai éié à même de juger les différents appareils qui ont été inventés jusqu'à présent, et je n'ai pas toujours été satisfait de leur emploi. J'ai imaginé un nouveau fumigateur qui me semble bien supérieur à tous les autres ; car^ pour en faire usage, il suffit de mettre au fond un peu de braise allumée, et, par-dessus, la quantité de tabac qu'on juge nécessaire pour la fumigation; un instant après on voit sortir la fumée avec force, comme si elle était poussée avec un souflSet ; ce n'est pourtant qu'un simple courant d'air qui la chasse ainsi.
Les plantes qui ont échappé à la voracité des pucerons demandent à être rempotées une seconde fois au mois de mars suivant. Je me sers pour ce dernier rempotage, d'une terre à Pelargonium bien Iégère,et de pots qui varient depuis le petit jusqu'au grand Basilic.
A cette époque, je replace mes Calcéolaires sous châssis et à bonne exposition ; j'arrose. avec discernement et j'entretiens la propreté et la moi-
leur aux feoilUiges par des acriogages. Peo de temps après ce rempotage les plantes montrent leur première tige. Je la pince pour la faire ramifier : autrement on n'aurait qa*ane seule lige haute et grêle, ce qui n'est pas graeieui.
Lorsqu'on veut donner un plus grand développement aux Caleéolaires, on les rempote une troisième fois; les soins à leur donner sont toujours
les mêmes.
Tabàr,
Horticultear i SareeUes (Seiae-et-Oise).
POIRE RONDELETTE (Pt. m).
Arbre vigoureux sur Cognassier; bois jaune verdAtre» parsemé de quelques lentilles grises, à mérithalles courts ; œil un peu aplati, sitoé au-dessus d'un coussinet saillant ; feuilles très variables de forme : elliptiques, obovales, lancéolées, munies d'un pétiole de un et demi à 2 centimètres, finement dentelées, les unes obtuses, les autres aigués.
Fruit ayant la forme de Crassane, mais à pédoncule plus court, dont la longueur est d'environ 45 millimètres, et implanté dans une cavité peu profonde; Tépidermeest jaune marbré de fauve]et de verdâtre, avec de nombreux petits points roux ; œil presque à fleur du fruit; chaire fine, fondante, très juteuse et parfumée; présentant quelquefois cependant de petites concrétions pierreuses autour des loges séminales. La maturité a lieu au OQOis d'octobre.
L'origine de cette excellente variété nous est complètement inconnue.
Nous Pavons observée l'étédernier, chez M. Dupuy-Jamain, pépiniériste,
route d'Italie, 59, barrière Fontainebleau {extra muros) ; i! en a eu les
greffes vers 4843 du docteur Bretonneau, qui en avait reçu de la Société
liooéenne de Londres.
F. Herincq.
Nous extrayons des Instructions familières sur tHorticuVure^ par M. C.-F. Willermoz, de Lyon, le chapitre suivant ; nos abonnés pourront juger par là, du mérite de l'ouvrage.