ÉTAT DE L HORTICULTURE EN FRANCE
Pépinières jindré Leroy, à Angers ^
Peu de personnes connaissent la développement des pépinières en Fraftce^ et pen satant aussi les divets trftvauï, le ïtkùàb d'éôOtilelûeht des prôdtdts, enfin kH détails de cette branche de Tindustrie horticole, flous croycMis intéresser les lecleuia de V Horticulteur Français en leur donnant quelques
lensèignementè sur Féiablissement da M. André Lieroy^ à Angers.
Fondé en 1 780, cet étâbfiss^nént s*est élevé peu à peu an point de prendre la singulière extension qu'il a aujourd'hui, et de devenir la plus grande et la plus riche pépinière qui existe nonseulement en France, mais dans le monde entier. Elle s'étend sur plus de 1 00 hectares, et n'occupe pas moins de deux cents ouvriers (i ) • Le nombre de ses variétés fruitières s'élève à deux mille cinq cents environ, et celui des espèces ou variétés d'arbres et arbustes cultivés en pleine terre à près de trois mille. Ainsi la totalité des espèces et variétés qui se cultivent dans l'établissement d'Angers atteint au moins le chi&e total de cinq mille cinq cents. En supposant qu'en moyenne l'on ait chaque année cent individus de chacune des espèces et variétés prêts à être Uvrés (chifire sans doute bien au-dessous de la vérité) on ^ pourrait estimer à cinq cent cinquante mille la totaUté des arbres et arbustes formés. Ce chiffre ne comporte ni les plants plus jeunes en voie de formation, ni les plants de semis, ni les arbres qui sont cultivés et livrés en paniers. Toutes ces conditions réunies, en ne comptant pourtant pas les plantes herbacées qu'il serait trop difficile d'évaluer, nous supposons que le chiffre total des individus arbres et arbustes, variétés ou espèces que comptent les cultures de M. André Leroy, s'élève à plus de dix millions.
(1) Noas croyons intéressaut d'ajouter quelques mots qui feront mieux connai* tre encore l'importance de cet établissemeut qui n'a pas de rival en Europe.Ces deux cents ouvriers sont placés sous la conduite de seize contre-mat très, dont chacun a sa spécialité, savoir: arbres à fruits à noyaux, arbres à fruits à pépins, en baie, Rosiers, terre de bruyères, grands arbres forestiers^ d'ornement, jeunes plants du semi*, Camellias, arbres à feuilles persistantes^ Conifères, arbustes^ arbrisseaux d^ornement, plantes vivaces, etc.^ etc. Ces cootre-^mattres sont responsables du choix des sujets et de ridentité des e^^pèces. — Cinq commis sont occupés aux écritures pour la subdivision des notes pour les cootremaltres. F. H«
Je ne m'anéterfi pas plus loDgtempemr ees âétails Mdstàr ques, qui ne tendraient qu'à prouTer le sueote coimnercial da yaste étahUssemait d'Angers. Il suffira de savoir encore que ses relations, loin de se borner à la France, s'étendent en Rus^ sie, en Angleterre et surtout en Amérique (1 ). Notre pays, possédant déjà un grand nombre de pépinières, ne saurait, en effet^ consommer seul les énormes produits de cette immense manufacture arboricole.
Mais c'est sous un autre point de vue que je vais examiner rétablissement d'Angers. Je veux montrer les services importants qu^il rend à la pomologie et à la culture fruitière en général^ etrintérèt qu'il a, non pas seulement pour l'arboriculture, mais encore pour la botanique elle-même, en permettant de faire de précieuses collections de types vivants qui révèlent les phénomènes végétatifs que la nature morte des herbiers ne permet pas d'étudier.
Depuis i 780, époque de leur fondation, comme nous l'avons dit, au moment même où l'art horticole commençait à peine à naître en France^ les pépinières d'Angers ont réuni dans leur culture toutes les espèces qui ai^araissaient chaque jour, tant en notre pays qu'à l'étranger. Une école fruitière fut fondée, et là chaque fruit a été scrupuleusement dégusté, examiné, décrit, dessiné dans un album commencé il y a trente ans, de sorte que les noms différents, souvent nomlureux, d'une même variété purent être réunis en synonymie ; c'est d'après ces matériaux qu'est rédigé chaque année le catalogue descriptif et raisoimé de l'étabhssement.
(4) L'établissemeDt Aodré Leroy a une maison à New-York qui reçoit les commandes et dirige les marohaDdises dansTinlérieur des Etats-Unis. 4000 à 4800 caisses d*arbres sont expédiées chaque année pour ce pays. Chaque caisse contient 300 arbret fruitiers on un nombre considérable de jeunes plants de semis de deox ans. Ces caisses masnrent enYÎron nn métré cube. Les frais d'emballage peur rétraoger, — caisse, mousse et travail compris, — * revient i 25 francs par caisse. Le tmisport.d'Ajnge^ à New-York ne coûte que 7 ou
francs les 400 kilogr. F. H.
cttf était tttniBét. LBfésuUat raflte ftfill-ibw m§lsSllî^ m^ eote, «ttl ic <w!tt idujoMg ; mais kns ceu spà FOii^mNt «'m dMp^jtt peine, pptimqt, eestea^ nettoe râ^àmml ^ V^nto
s'occupa activement de noter la qualité m^pt^Wy YéfQ(Bi% 46 mafaiiîbé, ia#ora|e, )e Mbiote, lé 4^ éehr^^t^ ^ Aacue ai^, en y jeûnant BiaMktt«ti9QaûiJtei fmà9 (mnémmum oksermtions. fiette jétude af^HifiMÎA 4e9 fvpi^j fyi\9 )ft%H#r
aMmnî» itiop emimi lrMf«ow, :x|ifd« ftw vm PP«WV^n Agouceose et JounaUèip de« tfpe^ ( peite 4Ma, difkj^ i^k? jaijooDdPhui le teavail ]fi pins p^^im6f^fc^9iii^ ^ )^ $4 talogue de M. André Leroy, qui en contiç^t i^ f^^\fAfi pc^ ^m «ntiADanant, «t peulrètm l«.miJ *t W» ^M^WW^Bt »Wologiq«ip<l). Les nagaiikiuM pabUost^OUK^se M- l^gfi^fte^ ^ «nemiiM de l'Inslatut, si, .eatoefimea ^w \» ^inm ^fvi^^ ^ Ifoséam, é€4iaîreront, il Mai ym, plu» «mfiéifemi^ mim ^tte matiète ^'a tant tÊwmtiée «i ^ altUOH^ .|I* Aff4f^ Leroy. Nms avoB« «u qa'AmaH/m rii4f»tjp|i 4f iVftWiîW ttP fraad ouwage «ur les Icnîts ; nous f«gretAwi3 JiMfP W^^^^nP^NW^ 4fiBfû n'ait pas dMné euite k œ projet (!)#
Disops ^iGOPe 4fm feute ieaiiétâ» ^^9 qs'flH^ ^i 4^ quelfaeçays ij^'dle trixA, itafA n(mrmàm»^ ^x^^h }n9» même recherchée, il a été possible, m ffôjie^ ^ çeJjiQf JWWQit«lWi^(»e)<^pfl>ai»(ïp^^ de qu^dijés ont feit .rejeter,
(4) AbmA ne ciiprmtnp pow faf i» mUiim 4iif gard» tf^Hi^^Ogn^A^
Leroy.— fovt'ii'MWH doncMoe haê^moÊét ^Mflibakjt ^h^rjp? Pf 0*
(«) Ce projet n*est pas abandonné ; M. Andr« i^i«»f #^9 SS<399P.tPPWP trta-aodTemeni, et il espère Kyrertlentôt «on 4»afall à TM^RMif ilr f- *••
d'en signaler de méritantes tout à fait inconnues et de les populariser. C'est ainsi que le Noyer ^ connu aujourd'hui sous les nwis de prœparîuriens ou fertile ; le Châtaignier, appelé iVaiivllard ou du Lud ; le Coignoêsier d^AngerSj VOlivier de Crimée^ la Poire beurré d'Arembergy à laquelle l'abbé Deschamps avait donné primitivement le nom d^OrpheHn» d^Enghien : le Bmsin muscat précoce de Saumur; et bia[i d'autres encore se sont répandues dans nos cultures par rétablissement André Leroy. Ne sont^ce pas là de grands services qu'il faut se hâter de reconnaître T
Je me suis étendu sur la partie pomologique de mon sujet, sachant plus intéresser les lecteurs du journal qu'en insistant sur celle qui concerne les arbres et les arbustes forestiers ou d'ornement ; car, il faut le dire, et à mon bien grand regret, l'enthousiasme en France est plus que faible sous ce rapport : on recherche des fleurs comme ornement, mais on néglige les arbres, bien à tort, à mon sens, parce qu'on ne sait pas attendre les jouissances que procurent ces grands végétaux si beaux et si splendides. Il y a là pourtant aussi une utilité incontestable qui plaide en leur faveur.En effet, l'arboriculture horticole fait connaître et juger les espèces qui peuvent être utiles soit dans la petite, soit dans la grande culture. Que l'on songe donc que l'Acacia {Robinia pseudo-acacia) ^ le Marronnier d'Inde, plusieurs Tilleuls (TVIia platyphilla^ argentea)j le Vernis du Japon, le Cèdre du Liban et un très-grand nombre d'autres espèces ont été d'abord introduits dans les jardins, puis par eux répandus et popularisés. D'ailleurs, et ne considérant que l'agréable, un très-grand nombre d'arbres et d'arbustes devraient orner nos parterres. Quelques-uns d'eux sont connus, mais confinés dans quelques jardins seulement. Aujourd'hui que le goût de la campagne devient général, si l'on plante beaucoup, on ne sait pas attendre, et, faute d'expérience, on s'adresse à quelque jardinier routinier, à quelque
insouciant commissionnaire , en un mot à un tiers incapable, lui demandant des arbres ou arbustes d'une végétation rapide. fl indique alors toujours le Tilleul (sans se donner même la peine de faire connaître la belle espèce à feuilles argentées), le Marronnier d'Inde, le Frêne, le Catalpa, puis le Sapin, le Cèdre, enfin le lilas, la Boule de neige, le Baguenaudier, lefauxEbénier, les Ribes et quelques arbustes analogues. Nous sommes loin de ne pas reconnaître le mérite de ces espèces ; mais nous aimerions que d'autres au moins aussi belles, et offrant quelques avantages différents, comme, par exemple, une floraison plus tardive, un port bizarre ou se prêtant à être isolé, un beau feuillage rappelant à Timagination une chaude végéta* tion, une grande facilité sur le choix du terrain, ou demandant soit l'ombre d'une futaie, soit le marécage tourbeux d'un basfonds,soit l'aridité brûlante d'un coteau; nous aimerions, dis-je, que ces espèces se répandissent et apportassent aussi leur part aux paisibles jouissances de la campagne. Je ne prétends pas parler ici d'espèces rares, critiques ou seulement d'un prix élevé, mais d'arbres ou d'arbustes rustiques, d'une multiplication facile, et dignes, enfin, à tous égards, de nos soins. Les pépinières d'Angers, sous ce rapport, aideront de leur puissant concours à répandre les nombreuses espèces et variétés d'arbres et d'arbustes introduites ou obtenues ; car elles en comptent, dans les arbres à feuilles caduques, six cent quatre-vingtdix-sept; dans les Conifères, trois cent sept (1); dans les arbustes, deux mille cent trente-un, dont quatre cent quaranteneuf à feuilles persistantes et trois cent neuf de terre de bruyère. Je ne mentionne pas ici les Camellias et quelques espèces de serre cultivées en pleine terre. . ;
(4) Les GODÎfèrw sont caUi?és en grandes quantités, même les plus rares. 11 y a en ce moment dans la pépinière d'An^rs plus de 50 mille Araucaria imbricata; plus de 40 mille Cedrus deodora, des Cryptomeria japonica, des Abies morinda, des Pinus excelsa, dos Cupressus torulosa, et autres également par milliers* F. H.
La première fois que j'eus entre les mains le catalogue de cette maison, je pensai que, semblable à plusieurs autres, elle offrait bien plus qu'elle n'avait; mais j'ai eu la meilleure preuve du contraire : toutes les demandes que je lui ai adressées, et qui ont été assez nombreuses ces deux dernières saisons, ont été satisfaites à très-peu d'exceptions près, bien que je fusse complètement étranger à M. André Leroy.
C'est ainsi que je me suis procuré une collection de trentedeux espèces ou variétés du genre CyiisuSj une de vingt-neuf du genre Salix^ d'autres de Magnatia, de Caragana; de Rubus; des espèces rares ou critiques, telles que les Acer rubrum et eriocarpum^ Betula rubra^ Catalpa Bungii^ des Nyssa, Casta^ nea, Quercus, et bien d'autres encore à peine cultivées dans quelques grands établissements publics. Beaucoup de personnes se fussent empressées de planter les espèces commîmes dont nous parlions plus haut ; j!ai mieux aimé réunir des espèces différentes offrant à nos regards des aspects variés, des floraisons inconnues, venant de pays divers, et ainsi satisfaisant à la fois les yeux et l'imagination de ceux qui aiment les solitudes de la campagne.
Je me suis étendu longuement sur un sujet qui, j'en conviens, me plaît infiniment . J'espère que mes lecteurs y auront trouvé quelques renseignements intéressants ; qu'ils pensent, comme moi, que, si la France n'occupe pas le premier rang en horticulture, ses pépinières, du moins, sont de beaucoup les premières, et que l'établissement d'Angers pourra servir de modèle à tous les autres. A. de Talou.
œURRIER HORTICOLE.
La sécheresse permanente de Tété dernier a stimtilé le génie inventif des fabricants de pompes et manèges. Nous ne nous y arrêterons pas ; nous citerons seulement un arrosoir imaginé par M. Moyen. Une soupape, placée à sa base, donne, pour puiser Teau, une facilité extraordinaire ; il suffit de l'introduire dans le liquide pour qu'il s'emplisse inunédiatement. C!omme il est dépourvu d'ouverture à sa partie supérieure, il n'y a pas de débordement possible. Mais le fond sera-t-il aussi solide que la forme? C'est à essayer. M. Groulon, quai St-Michel, 9, en a le dépôt.
Une autre invention d'un grand intérêt pour les services qu^eUe est appelée à rendre, en même temps que par sa simplî* cité d'exécution, c'est le Diviseur Padllety destiné à diviser et à broyer les terres de bruyère, les engrais compacts, à mélanger les terres^ former les composts. Cet appareil se compose d'un bâtis à quatre pieds, muni de coussinets chargés de recevoir l'arbre d'un cylindre en bois dur placé horizontalement sur le bâtis ; ce cylindre est armé de crochets émoussés, disposés en spirale sur toute sa surface. Au-dessus de ce cylindre se trouve une trémie pour recevoir les mottes de terre de bruyère et les engager sous les crochets qui doivent les décliirer. Cette machine sera améUorée probablement ; mais le mérite de l'invention en revient à M. Paillet, l'un de nos premiers horticulteurs parisiens, qui l'abaudonne du domaine public, sans aucun droit d'auteur.
Nous devons à la générosité de M. Ferdinand Gaillard, l'habile pomologue de Briguais, la connaissance d'un mastic poisseux pour enduire les greffes et les plaies des arbres, qu'on peut fabriquer soi-même de la manière suivante :
Fondre ensemble dans une grande bouteille et au bainmarie,
940 gr. poix de Bourgogne ;
840 » — noire;
450 > cire jaune ;
425 » cendre tamisée ou craie pulvérisée, et 1 litre ou 1 kilogr. de benzine. Dès que la matière est fondue, le mélange doit être retiré du feu et conservé dans un vase bien clos.
M. G.-F. Willermoz, d'Ecully, a trouvé le moyen, pour leg petits jardiniers, d'avoir des cloches économiques ; la carcasse est un cercle supportant trois ou quatre baguettes formant dôme; autour d'elle court en spirale une lanière d'écorce, et par-dessus une toile de calicot enduite par une composition de chaux éteinte et fromage blanc délayé dans Thuile de lin coite, le tout réuni dans un mélange d'œufs battus et d'eau, poids égal.
Son voisin et ami, M. Luizet père engage les personnes qui ont des plantations nouvelles à redoubler de vigilance pour les soustraire aux feux du soleil. D'abord un bon paillis de fumier de cheval (iO centim. d'épaisseur et 50 centim. de diamètre) mis au pied des arbres aussitôt leur plantation, leur tient le pied chaud en hiver, frais en été. Ceux qui pousseront moins seront ombragés de feuillage ou de planches, jamais de tuile ; le soir des journées chaudes, on les arrosera et on bassinera le feuillage. Il ne faut pas négUger de combler les fentes d'écartement, qui ne manquent jamais dans ces moments de sécheresse, de se produire à la base des murs par l'affaissement du terrain profondément remué. L'absence de ces soins aurait de graves conséquences dans la réussite des arbres ; et M. Luizet, qui les signale, a sa longue expérience pour garantie. Cest sur cette garantie qu'il se fonde^ quand il engage les pinceurs à outrance du Pécher, à supprimer les coursons placés en avant et en arrière des branches pour éviter l'encombrement. M. Luizet et M. Willermoz ont épuré et propagé la pomologie et TarboriouK
ture dans le sud^est de la France^ comme MM. Lepère et Jamin) dans les environs de la capitale. Il y a cette différence que ceuX'* ci sont décorés, mais les premiers habitent loin de Paris.
Maintenant, veut-on connaître une nouvelle variété de vigne très-robuste, très-fertile et très-bonne, demandez le Gamai Magny, dû à un triage persévérant, par M. Magny, cultivateur à Légny (Rhône). Les Gamai Labroude et Picard étaient déjà avantageusement connus par leurs grandes qualités^ mais on re* prêchait à l'un de donner prise à la pourriture par ses grajçes compactes, à l'autre d'exiger beaucoup d'engrais ou de riches sols. Le Gamai Magny prospère sans fumier, dans tout terraia où la vigne peut végéter; son sarment est bien constitué; ses grappes sont noires, volumineuses, et les grains convenablement séparés. Sa fertilité Hsi extraordinaire ; il a produit jus« qu'à dix pièces (beaujolaises, 210 litres) par bicherée lyonnaise (1 2 ares 93 centiares). Deux autres Gamais encore peu répandus, et qui méritent de l'âtre, sont le G. Châtillon ou lyonnaise du Jonchay, cultivé par M. du Jonchay, à Anse (Allier) ; le G. Charmeton, du nom de son trouveur, propriétaire à Moiré (Rhône).
L'étude des no^eilleures variétés de vignes et des procédés de culture les plus avantageux est une des branches principales de Fagriculture ; nous engageons vivementles amateurs à s'y livrer; et s'ils veulent être guidés par deux auteurs honorablement connus dans les sphères élevées du monde et de la science, nous leur conseillons de parcourir VAmpélographie française^ de M. Rendu, inspecteur général de l'agriculture, et le Traité des cépages, par M. le comte Odart, propriétaire à la Dorée, près de Tours, d'une des pbis riches collections viticoles.
Nous voici en hiver; qu'aUons-nous faire dans nos jardins î N^attendons pas au printemps pour travailler nos arbres fruitiers, la besogne d'hiver à la serpette ou à la bêche n'est jamais perdue. Après avoir écouté les savantes reconmiandations de
M. WiUennoz sur les engrais solides ou liquides à donner aux arbres fruitiers, frappons à la porte de M. Luizet, ses conseils basés sur Texpérience et l'observation seront pour nous des ordres.
Après la cueillette des fruits, nous dira ce vénérable pomiculteur, alors que la terre a été serrée par des piétinements multipliés durant l'opération des taiUes et les revues que nécesûtent les arbres, c'est vers l'automne que le moment est le plus favorable pour donner au pied des arbres un léger labour, nne petite façon, qui ne doit être faite qu'à 8 ou 10 centimètres de profondeur, à l'aide d'un trident, d'une petite houe dentée, mais jamais avec la bêche ou un outil tranchant. En général, on travaille trop profondément la terre près des arbres ; on détruit le chevelu des racines qui sont la source de leur fécondité. Cette opération convient mieux aux terres bonnes et saines qu'à celles qui sont humides ; pour ces dernières Ja façon doit être encore plus superficielle, afin d^attirer les racines dans les couches extérieures du terrain, et par suite les éloigner d'un sous-^ol où elles pourriraient faute d'un assainissement quelconque.
De même, en été, il ne faut au pied des arbres fruitiers, dans es jardins, aucune culture à la terre excédant 3 ou 4 centimè*tres de profondeur, afin de ne pas déranger le chevelu des racines ; la ratissoir et le râteau suffisent à entretenir la propreté si nécessaire près des arbres et à tenir éloignés les insectes nuisibles, qui,là, ne trouvent plus nourriture et refuge.
Les mauvaises herbes dessèchent et épuisent la terre dans ^outes les saisons, et leur présence dans les cultures doit être la honte du jardinier. Il faut se bien pénétrer de ce fait expérimenté, que les soins etla propreté sont aux arbres ce qu'ils sont ànous-mémes : une portion de la vie.
Rappelons-nous que Columelle a dit, il y a déjà longtemps :
« Qui travaille les arbres, les prie de porter,
« Qui les fume, les supplie,
« Et qui les taille bien^ les y oontraint.
Les auteurs modernes disent-ils autre chose ?
Après tout, ils ont bien recopié le pincement de la Quintynie et du jardinier solitaire^ils peuvent bien encore nous donner sous un nom nouveau, maintes méthodes pratiquées, améliorées ou rejelées par nos ancêtres.
Ce pincement vanté par les uns, abîmé par les autres, a trouvé son meilleur défenseur en Normandie. M. Durécu, amateur à Saint Pierre-de-Tranqueville qui l'a employé au xix* âède un des premiers avec connaissance de cause ; qui, ]e premier,lui trouva de Tanalogie avec le pincement du jardinier de Louis XIV, et qui le premier, enfin, a su Tétudier, le modifier, l'apprécier, formule ainsi la manière de s'en servir: Le premier pincement doit être fait au-dessus du sixième œil susceptible de développement ; on ne comptera donc plus le^ feuilles, mais 1^ yeux bien constitués. Peu de temps a^i^ cette première opération
un ou deux des yeux supérieurs' né/tardent pas à s allonger en bourgeons anticipés, on pincera fies derniers au-dessus de la deuxième ou de la troisième feuille^ et l'on répète deux ou trois fois, s'il le faut, cette opération-^ été; de cette façon on évite des longueurs de rameaux inutiles et une perte de sève sans profit. ' ;
Ces principes sont formulés d'après Texpérience de plusieurs années. . . ^^ .» *
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l'aHs. «* Inip. bortieole de J.-B. Gao3 et Donnaud, rue Cassetie, ?.
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^ ■'^/^/^'Avv/^y //^y,'^/^ /^/^ . AJ .r.i^«.
MPOLEONA HEUDELOTn. Adr. de Juss.
(Pl. XI v).
Étymologie. Ce genre, dédié à l'Empereur Napoléon P% pré sente le singulier caractère d^une fleur ayant, dans l'intérieur de la corolle, une double couronne, dans laquelle on peut voir les couronnes de France et d'Italie , que possédait le chef de In dpastie napoléonienne.
Famille des Napoléonées , d'Adrien de Jussieu ; PetUandrie monogynte de Linné.
Caractère générique. Le genre Napoleona comprend des arbustes à feuilles distiques oblongues obovales. Les fleurs sont solitaires y à Taisselle des feuilles , et portées sur un trèscourt pédoncule muni de bractées écailleuses qui constituent une sorte de calicule. Le calice est soudé avec l'ovaire , mais il se prolonge au-dessus et s'évase en une sorte de coupe présentant 5lobes. La corolle est monopétale, large de 4 à ocentim.y fonnant un peu la coupe (le dessin représente les fleurs déjà trèsavancées et même un peu fanées ), à 5 lobes peu prononcés, subdivisés chacun en 7 ou 8 petits lobules, et parcourus par de nombreuses nervures, confluentes à la base, divergentes et s'amincissant vers le bord de la corolle ; chacune de ces nervures correspond à un des lobes marginaux. — Dans l'intérieur de la corolle se trouvent deux rangées d'organes particuliers : la première, l'extérieure, est composée de lanières distinctes trèsétroites, jaunes, étalées, au nombre de 35 à 40 ; la seconde est une sorte de couronne découpée en lanières plus larges que celles de la rangée extérieure, mais en même nombre, et alter-
VIU. 3« liT. - Mars 1859. 3
nant avec elles • Enfin, en dedans de cette seconde rangée d^cnv ganes, on en observe une troisième à peu près de même forme que cette seconde, et sovdée avec elle dans sa partie inféiieure, distincte supérieurement et découpée en 5 parties, qui portent chacune 2 anthères uniloculaires. — Les lobes de ces deux verticilles intérieurs sont infléchis et roulés en dedans , au moment de l'anthèse, et conservent cette disposition longtemps après l'épanouissement de la fleur. L'ovaire est infère , couronné par un disque glanduleux, et surmonté d*un style court, épais, élargi vers le sommet en un large stigmate pelté à 5 angles.
Caractères spécifiques et historique. Le Napoleona Heudelotit se distingue du Napoleona imperialis par ses fleurs pour^ prées, liserées de jaime et parcourues par des nervures pourpre foncé ; les couronnes intérieures sont jaunes et le sdgmate
orange ou rouge.
Le genre Napoleona a été créé par Palisot de Beauvois, en 1 808, pour un arbuste de l'Afrique centrale , à fleurs bleues , qu'il a nonmié spécifiquement N. imperialis. Cette espèce est restée fort longtemps inconnue des botanistes ; on ne la connaissait que par la figure publiée dans la Flore d'Oware et de Bénin. La singulière organisation de la fleur, présentant deux couronnes intérieures , qui prêtaient si bien à Tallusion des couronnes de France et d'Italie, fit dire à certains incrédules qu'une pareille plante ne pouvait pas exister, et que cett^ dé* dicace n'était qu'une plate flatterie. Aujourd'hui ilfaut se r^dre à Févidence. Heudelot^ intr^de voyageur naturaliste français, martyr de la science, mort pendant une exploration dans l'Afrique centrale, retrouva * dans le Fonta-Dialon, non pas l'espèce de Palisot de Beauvois, mais une seconde, présentant les mêmes caractères génériques, et à laquelle M. Adrien de Jus* sieu a donné le nom du malheureux Heudelot. On avait donc
des preuves de Texistence de la plante, mais on ne la possédait pas vivante. C'est un voyageur anglais qui l'introduisit dans les cultures de rAngléterre, et c'est de là qu'elle a pénétré dans celles de la France.
Un fait assez curieux : c'est que le pied qui était cultivé depuis plusieurs années dans les serres du Jardin des Plantes de Paris, a fleuri pour la première fois en 1849, à Tépoque où le prince Louis Napoléon, président de la République, était reçu dans le midi de la France aux cris de Vive l'Empereur. C'est vers le même t^mps, qu'une autre plante, dédiée à l'Impératrice Joséphine (née de Lapagerie) , le Lapageria roseaj fleurissait aussi, et pour la première fois, dans ces mêmes serres du Muséum. Ne sembleraiiril pas que ces végétaux attendaient l'avénement au trône d'un descendant de ces deux Majestés, pour montrer leurs premières fleurs ? Celte coïncidence de fleuraison et d'avènement de Napoléon III est au moins un fait remarquable.
CcLTunE. Les Napoleofia sont des arbustes de serre chaude ; on les cultive en terre de bruyère, et la multiplication se fait par boutures.
E. Heiuncq.
PLATYCODON AUTOMNALE, D^^.
(Pl. xv).
Étymologie, . du grec platys, large, et côdôn, clochette , allusion à la forme et à la grandeur des fleurs.
Famille : Campanulacées de Jussieu; pentandrie de linnée.
Cakagtèkes génériques. Ce genre, créé par M. Alph. de Candolle, et qui a pour type le Campanula grandi flora, comprend des herbes vivaces, de couleur vert de mer (glauque), i feuilles alternes on presque opposées, sessiles, plus ou moins ovales-lancéolées, dentelées. — Les fleurs, peu nombreuses au sommet de chaque tige, sont bleues ou blanches, pédouculées, grandes, en clochette largement évasée. Le calice, dout le tubr est soudé avec l'ovaire, présente 5 lanières étroites, ù la base desquelles est insérée une corolle à 5 lobes larges. Les étamines, au nombre de 5, n'ont aucune adhérence avec la corolle et s'insèrent directement an sommet du tube calicinal; les filets sont élargis à leur base et en forme d'écaillés. L*ovaire, situé au-dessous de la fleur (infère), est divisé intérieurement en 5 loges ; il est terminé par un style simple épaissi, chargé au sommet, de poils nommés poils collecteurs qui retiennent une grande quantité de pollen ; les stigmates sont au nombre de 3 ou 5 étalés en étoiles. Le fruit est une capsule ovoïde s'ouvrant en plusieurs valves, an sommet; il contient un certain nombre de graines ovoïdes et luisantes. —
Observation. Ce genre , comme ou le voit, diffère peu du genre Campanula. La fleur ne présente réellement aucun caractère distinctif ; la différence réside dans le fruit. Or, nous le demandons , — au risque d'être traité d'homme léger, — comment les botanistes peuvent -ils déterminer les espèces de pareils genres quand on ne leur présente que des fleurs? Ils sont obligés, dans ce cas, de renvoyer la détermination à l'époque de la maturité des fruits. Quelle satisfac*
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lion pour une pei*sonue qui apporterait ces plantes du foinl de TAsie ou de l'autre côté de TAinérique ? Serait*elle bien blâmable si elle disait, alors, que les botanistes no sont pas des hommes sérieux ? Car en vérité, est-ce avec la gravité du savant que ces naturalistes cherchent une différence, dans la forme d'un seul organe, pour établir un genre nouveau ou changer le nom d'une plante connue depuis un siècle? et est-il besoin d'une éducation supérieure , d'un génie transcendant, pour trouver que les poils de telle plante sont plus longs que ceux de telle autre? Voilà pourtant comment la botanique est comprise par la plupart des savants du jour. Us ne font plus de science pour faire progresser la science ; ils en font pour se créer un nom , qui doit être d'autant plus célèbre qu'il se trouvera plus souvent accolé à celui d'une plante. De là aussi celte mobilité de la nomenclature qui rend la botanique sans intérêt aux jeux des personnes sensées. Quelle idée, en effet, peut-on avoir d'une science ainsi abandonnée à l'arbitraire et qui ne produit qu'une stérilité de noms ou la plus inextricable confusion ?
Où e8t-«lle cette science aimable des Linné, des de Jussieu, qui doit nous offrir < le spectacle si grand et si harmonieux » de la nature, en faisant voir combien le beau réel de la créa- » tion est au-dessus du beau idéal des inventions humaines? v Qu'en a-t-on fait de cette science « qui élève l'âme et ramène » sans cesse l'esprit à de hautes et salutaires pensées ;» qui doit « donner au jugement cette rectitude sans laquelle les qua- » lités les plus brillantes perdent leur valeur, etc.? (1)» Cette science-là est bien loin de nous ; quant à celle d'aujourd^hui, elle ne nous enseigue qu'à détruire^ sans motif, les édifices sublimes que nos maîtres ont érigés avec tant de peine et après bien
(4) Milno Edwards, Élément d^ histoire naturelle.
des années de méditations. Ils étaient arrivés à poser les bases d'une classification naturelle d'après laquelle on aurait pu, en effet , admirer ce c spectacle si grand et si harmonieux de la nature, i Actuellement, avec cette terrible maladie du nobU qui ronge les naturalistes , avec ce principe du caractère exclusif, la botanique nous offre le spectacle de la nature convulsionnée ; il est vrai qu'elle nous fait voir aussi combien le beau idéal des inventions humaines est bien au-dessous du beau réel de la création. — Etonnons-nous donc après cda de la suppression de chaires de botaniques, et du peu d^encouragement donné aux sciences naturelles !
Descriptiou. Le Platycodan atUumnale est vivace ; sa tige est roide, dressée, un peu grêle et garnie de feuilles alternes presque sessiles, ovales-lancéolées, inégalement dentelées, trèsaiguës, glabres, vert gai en dessus, vert pâle en dessous. — Les fleurs,peu nombreuses au sommet des rameaux, sont largemeut évasées , très-régulièrement lobées , simples ou à double et même triple corolle, de couleur beau violet foncé brillant, ou bleue ou blanche.
Cette espèce est très-distincte du PUuycodon grandcy autrefois Campanula grandiftora. Sa tige est plus ferme et se tient plus dressée ; ses fleurs sont plus resserrées sur la tige , et apparaissent plus tard que celles du P« grande. Cette plante nous parait plus convenable , pour la culture, que Tautre espèce, dont les tiges débiles et les longs pédoncule» grêles ont besoiu d'être soutenus par autant de tuteurs pour produire un peu d'effet.
Culture. Les Platycodan sont de culture facile ; air libre ; pleine terre , toutes expositions. Le grande est plus délicat et se trouve bien d'une terre légère , la terre de bruyères pur exemple. VatUumnale se plaît dans le sol ordinaire des jar-
dins. La muUiplicatioD se fait par graines et par éclats des touffes; cependaut le grande supporte diffidleinent cette der« nière opératiou.
F. HEniMGQ.