‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 142 sur 160 · EXPOSITION D'HORTICULTURE DE PARIS · texte numérisé non relu

EXPOSITION D'HORTICULTURE DE PARIS

Je ris souvent, et de bon cœnr, en lisant les compte-rendus d'expositions horticoles de certaines feuilles politiques et surtout littéraires. Je ris^ non pas de Téloquence des savants écrivains de ces journaux^ car je les trouve sublimes, lorsqu'ils racontent les malheurs d'un pauvre épicier tombé dans un tonneau de mélasse^ ou ceux d'un mari abandonné par une vertueuse fugitive; mais je ris de leurs charmantes naïvetés — (j'espère que le mot est poli) — en histoire naturelle en général^ et en horticulture en particulier. Le Monde illustré se distingue principalement des autres^ par Textrëme profondeur de ses connaissances scientifiques ! Il y a quelques mois, ce savant journal, vulgarisateur zélé de toutes les sciences, faisait faucher en Suisse — sur une de ses ravissantes gravures, — le Crin végétal (Tillandsia usneoides), plante parasite qui ne croit que sur les arbres de TAmérique méridionale. C'est vraiment merveilleux!

Aujourd'hui, au sujet de l'Exposition d'Horticulture, un de ses rédacteurs découvre un quatrième règne dans la nature : « L'Australie, dit-il, si peu connue et si curieusement originale dans ses qttatbc iti&inss, est représentée par de bizarres végétaux; plusieurs affectent les formes les plus singulières. »

Quand on est de cette force en histoire naturelle, il n'est pas étonnant qu'on se plaise a à examiner plus longtemps une statue qu'une rose, » et qu'on avoue c que l'art du statuaire passe, et de beaucoup, l'art de planter une bouture, de faire des semis ou de coucher une marcotte. «

Je ne disserterai pas sur le goût de l'habile écrivain du Monde; il y a longtemps qu'on a déclaré que sur cette matière il n'y avait pas à discuter; mais je me permettrai de lui répondre : que l'horticulture n'est pas un aussi sot métier qu'il se plaît à l'écrire. S'il faut « un grand goût, des études sérieuses, comme il le dit, pour être statuaire, il en faut bien davantage encore pour être jardinier. L'horticulture exige une instruction solide, des connaissances assez profondes en diverses sciences : telles que botanique, minéralogie, chimie, physique, etc.; et si nos horticulteurs ne possédaient pas quelque peu leur géographie, il est probable que le rédacteur du Monde illustré n'aurait jamais vu les formes

nngalièrefl des bizarres végétaux de TAustralie si originale dans ses Quatre règnes.

L'art da statnaire demande-t-il donc antantde eonnaissanoes ) Jene le crois pas. Pour moi, je ne vois, chez la plupart des sculpteurs, q[ae des tçûUeufs de pierre, doués d'une assez forte dose d'instinct d'imitation peur Mpier oe que la nature a placé sous leurs yeux; et je crois qne si 1^ singe était plus persévérant dans ses entreprises^ il pourrait arriver, sans études sérieuses^ i foire des statues aussi médiocres que beaucoup de icelles qui figurent 4aAS nos jardins et méw dans les expositions à» beauxTarts*

AL liOgroux, tel est le nom de ce savant écrivain du Mande Ultutri, plaisante, eptuitot avec eiyrit, les jardiniers fleuristes qui sont devenus des latinistes renlbrcés^ et il ajoute, encore avec esprit, qua sî les ma* raiehers « latinisaient les asperges, les carottes, etc., ce latin appliqué aux plantes culinaires serait fort i sa place, s Enfin il termine, plaisantant toujom» tràS'-qpkitueUemenft, par cette grosse facétie : s Vous ver- M« que, pour 4toejavdinieii il faudra présenter un diplôme ûb bacbelier ès-lettres. »

n est regrettable que M- Legroux ne soit pas un peu plua an eoniant de la science qu'il veut critiquer. Qu'il sache donc quela nomendators latine qui l'effraie tant, et pour cause, sans doute, n'est pas une inveatiQU des jardiniers; elle appartient à la botanique, « science honnête, pleine d'amour mystérieux ! comme il le dit si bien, » et qui, comme science universelle, a dft nécessairement emprunter son langage i une langue ^niveneUement enseignée* En adoptant les noms botaniquesi les jardioien, comme les amateurs horticulteurs de tous les pays du monde, ont Tayantage de se comprendre ; car la même plante porte le même nom en France, en Angleterre, en Amérique, en Chine, partout, enfin^ où l'on se livre à la culture raisonnée des végétaux. C'est une difficulté, j'en conviens, pour les personnes qni veulent tout savoir sans avoir jamais rien appris; mais cette difficulté est très-surmontable, le plus généralement, pour les amateurs qui s'occupent sérieusement d'ho^ ticulture; car, pour eux, Dendrobium n'est pas plus difficile & retenir que Qeranium^ei}^ crois qu'il y a autant de poésie dans Dahlia, Camellia^ que dans Bruyère, Violette, lilas. Le nom de Sttuitive est certainement poétique; mais il me semble que celui de Mimosa pudica^ appliqué i la même plante,abien davantage encore de poésie. Pour ces amateursqui re« connaissent dans des plantes des régions les plus chaudes de l'Amérique ou de l'Afrique, « les choses, les machins qui viennent dans nos champs, »

j^ayoue que cette nomenclature est pour eux pleine de difficultés insùr^ montables; mais je ne vois pas, pour cela, la uécessité de donner aux plantes des noms français, que les personnes étrangères à la science estropieraient tout aussi bien que les noms latins et qu'elles ne comprendraient pas davantage. Il y a évidemment des noms qu'une jolie bouche française ne peut prononcer sans contractions horribles qui lui font perdre toute sa grâce; mais le plus souvent c'est parce que cette jolie bouche ne connaît pas la vraie prononciation de ces noms, en apparence barbares et qui sont cependant très-euphoniques; je prends pour exemple un nom illustre en dehors de la science horticole, celui du célèbre auteur anglais Shakespeare, qu'on prononce, comme chacun sait, très euphoniquement, Chespire. Que M. Legroux apprenne donc un peu Vart du jardinage, et il verra que son langage n'est pas plus ridicule quQ celui des autres arts, qui ont aussi leurs mots techniques. Pour être maître^ il faut avoir été élève, et si tous les jardiniers ne sont pas bacheliers ès-lettres, il en est un grand nombre qui possèdent l'instruction nécessaire pour en acquérir le diplôme. Qu'on ces8^ donc de voir en eux les êtres les plus déshérités de la nature. Je ne parlj^ pas Ici de ces ter* rassiers qui prennent effrontément le titre de j^ardinier ; je parle des horticulteurs qui connaissent leur métier et q^i raisonnent 1^ cultuiii et toutes les opérations du jardinage.

Quamt à la délicate plaisanterie de l'article du Mande illuiiréi au SQJ0i du latin appliqué aux plantes culinaires, et c^ui serait^ dlt^m^ fort à sa place^ H. Legroux, se trouvant là dans son élément, est pins apte que moi pour apprécier la valeur et la justesse de cette a{qptréciation. J#» ^abandonn^ donc à ses Betteraves (Beta sativa), k se^ Navets {JBrauica napus) pour m'occuper enfin de l'Expositioi^.

S'il me fallait rendre compte de cette Exposition», d'après les rapfç^ verbaux et écrits qui m'en ont été faits et adressés de tous côtés, j'aurai% à enregistrer la décadence des exhibitions d'hprticu^tuze parisi^^net9«

Mais j'ai voulu voir, et^ du haut de la galerie des l^e^gix-arts, j'ai pu m'assurer que la Société avait parfaitement rempli, la mission qu'elle avait acceptée : celle d'orner et d'entretenir de jolies fleurs le jardin de, l'Exposition de peinture. Ceci constaté, je descends Iq grand escalier d^n milieu, et, après avoir traversé une large galerie sombre, je me trouve en présence d'un éclatant grpupe de Pe/ar|Io»tuin jf/otrc (2e Poris^ exposé par M. Alph. Dufoy.

A, droite^à gauche, un peu partout, d'autres groupes de PelargofUum â grandes fleurs, de MM» lâerval^ Thibant.etJM^^ A}ph.

Malety Pierre Dafoy et Mézard^ parmi lesquels se distinguent surtout ceux de H. Lierval, dont le diamètre était de I^^GO à 2>^^00. J'ai vu noter par des amateurs les variétés : Beccuté de Boche foret, Comtesse de Girardin, Verschaffeltii, Bodrigues, Pline^ Eugénie Duval et Le Cri" méen.

Pour n'avoir pas les fleurs aussi grandes^ les variétés dites de fantaisie n'en sont pas moins jolies^ au contraire ; il y a dans ces fleurs une délicatesse de coloris et une légèreté de forme^ qui leur donnent quelque chose de la grâce et de l'élégance de leurs sœurs animées* Ce qui m'étonne, c'est qu'on ne les appelle pas Pelargonium femelle. MM. Thibaut et Keteleer, Alph. Dufoy^ Rougier-Chauvière et Lenormand fils^ eu avaient exposé de charmants lots qui font honneur à ces habiles horticulteurs ; mais sous cette vaste voûte^ ces délicieuses plantes ne produisent pas tout l'efibt qu'eUes produiraient dans un local plus petit. Je le répéterai toujours : la nef du Palais <\e l'Industrie n'est pas favorable aux produits délicats de l'horticulture. M. Urbain, jardinier chez madame Louvrier, à Clamart, a présenté aussi un pied de Pelargonium fantaisie qui pouvait mesurer de 4 "^,80 à 2,"'00 de diamètre.

Les Pelargonium zonale ne figuraient là que comme cartes de visite de MM. Jarlot, du château de Bagatelles ; Louis Duet, i Livry (Seine-et-Oise) Chardine, à Pierrefitte. Il est regrettable que M. Jarlot se soit cro obligé d'exposer; ses plantes, admirables de culture, manquaient de fleurs, et perdaient ainsi de leur mérite. C'est fâcheux, car les variétés exposées par l'habile jardinier du marquis d'Hertfort sont des variétés hors ligne, la plupart gagnées par l'exposant.

Le Catalogue marquait encore des semis de cette espèce, obtenus par M. Beruiau fils (d'Orléans), nous ne les avons pas vus.

Au sujet de ces Pelargonium^ le savant M. Legroux, du Monde illustré, se pose cette question : « Pourquoi les jardiniers-fleuristes ont-ils fût an Géranium le Pelargonium? » Il se répond aussitôt : « Nous Tignorons. » Je le crois bien qu'U l'ignore; de sa part, c'est magnanime de faire un pareil aveu ; qu'U reçoive mes sincères félicitations. S'il voulait se donner la peine d'aller au Jardin des Plantes, il y verrait des Gero" nivm et des Pelargonium, alors ce pourquoi ne serait plus pour lui une énigme, peut-être ?

Les Bhododendron, ces rois de la terre de bruyère, étaient représentés par un admirable bt de M. Truffkut, et par qudques individus qui entraient dans la composition du ravissant massif d'Azalées amézicaines et Kalmia, de M. Briot, des pépinières impériales de Trianon.

Si les Rhododendron étaient peu nombreux, en revanche, les Azalées de llnde n'ont pas fait défaut. MM. Truffant, Michel, Courtois (Henri), Commissaire, jardinier de M. Noël, à Villeneuve«le-Roi (Seino-et-Oise), sont entrés, dans Farène, avec les plus délicieuses plantes que nous ayons vues. M. Truffant l'a emporté, cette fois, sur M. Michel, de l'épaisseur de la médaille d'honneur de l'Empereur à une médaille d'or de la Société; M. Commissaire, arrivé troisième, a gagné une médaille d'argent, 2* classe.

Le prix des nouveautés, en ce genre, a été obtenu par M. Michel, qui s'est présenté au concours avec une douzaine de nouvelles introductions, parmi lesquelles nous citerons : Étendard de Flandre, Brilland, Dona Maria, Madame Andry, Madame de Toster. M. Yerschaffelt avait exposé un nouveau gain de ses semis, que nous n'avons pas vu en fleurs.

Les Azalées américaines, outre celles qui figuraient dans le lot de M. Briot, avaient pour représentants deux lots : un de M. Croux [^ prix) et l'autre de M. Jamain-Durand, qui a obtenu une médaille de bronze. — Je me suis demandé, si le besoin se faisait réellement sentir de recourir au bronze pour couronner les quelques grêles sujets de cette dernière collection; mais le Jury a prononcé, je m'incline devant mon incom* pétence.

M. Michel est toujours le seul et Vheureux cultivateur de Bruyères. Son petit lot d'Erica était charmant de coquetterie et de bon goût.

On voit rarement dans les expositions parisiennes des collections d'orangers ; cette fois les amateurs ont pu contempler les belles Oranges Pompoléonnes et autres de M. Henry Courtois, dont le lot se composait de 4 3 espèces.

Les choses excentriques ont le privilège d'attirer brusquement les regards ; aussi, les Calcéolaires de MM. Tollard, Deligne et Jacques se sontils vus constamment entourés de curieux, qui cherchaient à pénétrer les mystères de leur conformation, et le sens des hiéroglyphes qui ornent leur singulière corolle vésiculeuse ou en pantoufle.

Je mentionne seulement pour mémoire les Cinéraires de M. Jacques, jardinier de M. Vertamier, à Provins ; les fleurs ne manquaient pas de régularité, mais elles étaient un peu petites; décidément le règne des Cinéraires est passé.

Les Verveines se maintiennent encore ; la seule collection que nous ayons vue, appartenait à M. Chatéfils; elle était composée d'un beau choix de variétés.

Un genre dont la vogue va cr«<cemfo, c'est le genre Canna. Il est actuel-

lement partout ; on le met à toutes les sauces : les exposants de ce beau genre étaient MM. Chaté fils, Thiéry et ToUard.

J'ai revu avec plaisir les Chrysanthèmes de M. Bedinghaus, qui ont été figurés dans notre numéro du mois de février ; ce sont toujours des plantes intéressantes.

En lots de plantes variées de serre froide, on en comptait deux seulement et le public admirait surtout celui de M. Hervieu, de Lisieux: il était en efifet composé de sujets d'une force extraordinaire et d'une végétation vraiment luxueuse, bien digne d'arrêter les regards des moins connaisseurs ; l'autre, celui de M. Quihou, présentait des petits sujets coquets et gracieux d'arbustes australiens, tels que Boronia, Chorozema, Gompkolobium, Pimelea, etc.

La serre chaude était représentée par les magnifiques lots de MM. Chatin, Fichet, Ludmann, Mathieu, Rougier-Chauvière, Thibault- Keteléer, Thiéry et Verdier père. Us étaient composés en grande partie de Palmiers, Cycadées, Pandanées.

M. Rougier-Chauvière exposait les espèces nouvelles suivantes : Ardia parasitica etpeltata, Agapetes Imxifolia, Billbergia magnifica^ Himantophyllum cytikanthiflorum et miniatum, Pimelea elegansj Rhopala glaueophylla et australis, Simaba speciosa, Toreniapulcherrima; un DraeœM et un Vrieêia nouveaux non déterminés.

Les horticulteurs ont compris que cette exposition n'était pas une véritable exposition d'horticulture, et qu'il n'était pas nécessaire d'y exhiber des raretés, des plantes d'un grand prix. Aussi n'avons-nous à constater la présence, en plantes préGieuses,que ces quelques espèces, les Caladium à feuilles panachées de M. Chantin, et une vingtaine d'Orchidées de MM. Keteléer et Ludmann.

M. Marest fils avait aussi exposé un joli petit groupe de Gloxiuia qui lui a valu une récompense; le choix en était bon, et la culture parfaite.

Les Bégonia^ cette fois, ont fait véritablement irruption dans le domaine de Flore; on ne s'en plaint pas, car réellement, les nouvelles espèces introduites sont charmantes par leur feuillage panaché, aux coloris métallique et velouté ; ce numéro contient le dessin du Bégonia Grifithii, on en peut juger. Les exposants étaient : MM. Ludmann, Fichet, Joseph Guétrel, Ryfkogel et Thibault-Keteléer. (Voir page S44 .)

Une nombreuse collection de plantes grasses de MM. Landry frères, présentait des Cactées, des Agaves, des Aloës, etc., dans un état parfait de culture ; on a pu voir que ces habiles horticulteurs comprennent par-

faifement les mœurs et habitudes de ces plantes bizarres, dont la présence sur les rochers ajoute encore au pittoresque.

M. Villeyieille, à Manosque (Basses^ Alpes)^ a présenté à cette exposition plusieurs espèces de Cactées greffées sur le Certus peruvianus, les Phyllocaotus, les Epiphyllum ainsi portés sur cette tige avaient un cachet tout particulier d'originalité.

n a été très-certainement exposé d'autres collections de plantes de serres^ pendant toute cette longue période d'exposition ; mais je n'ai pas été assez heureux pour les voir.

La même observation est appliquable aux espèces de pleine terre qui ont dû faire les plus grands frais d'ornementation du jardin des beauxarts. Celles que j'ai vues, dans mes visites, se bornent à quelques genres de collections, et à quatre ou cinq lots en espèces variées.

Celait d'abord la collection de Fougères de M. Rouillard, qui persévère dans sa passion cryptogamique. Cette collection s'est considérable* ment accrue depuis quelques années ; elle est actuellement très-intéressante.

Les Graminées de M. Pelé fils ne manquaient pas non plus d'intérêt; — certaines espèces de cette famille de mauvaises herbes^ comme dit le public, sont réellement très-ornementales; — malheureusement, dans le lot exposé, les plantes ne se montraient pas empanachées, et le commun des martyrs n'a pas compris leur présence dans ce lieu où il venait pour admirer ce que l'horticulture a de plus beau et de plus parfait.

Il était un peu tard, lors de ma première visite, pour juger des Anémones et des Renoncules; celles que j'ai vues étaient trop avancées ; elles appartenaient à M. Thibaut-Prudent.

Quelques Œillets de MM. Dubos et Bourgard s'étaient glissés dans un petit coin, uniquement pour dire aux amateurs : Nous sommes toujours de ce monde, ne nous oubliez pas.

Deux lots de Phlox Drummondii de MM. ToUard et Doyen n'avaient rien de bien remarquable.

Pour les Pétunia c'est une autre affaire ; ils sont venus là en colonnes serrées, pour montrer aux amateurs comment une fleur charmante par la forme et la légèreté, peut, en quelques années, arriver à une affreuse obésité ! Je ne désespère pas de voir les Pétunia produire bientôt des Choux de Milan mal pommés. Si les producteurs de ce beau genre ne veulent pas le voir tomber dans le même abandon que les Cinéraires, il est temps qu'ils modèrent leur fougue productrice, et qu'ils mettent la plus grande sévérité dans l'épuration de leurs gains. -- Dans les lots des

MM. Alphonse Dufoy, Tollard, Goût et Thiéry, il y avait quelques belles fleurs doubles qui méritent la culture, non comme plantes de massifs, mais comme plantes de salon, pour la culture en pot.

J'ai vu deux charmantes collections d'Iris à rhizomes de MM. Yerdier Eugène) et Guérin Modeste, et une de M. Doyen composée i'Iris bulbeux.

Les Pivoines ont été admirablement représentées par les lots de MM. Yerdier père, Guérin Modeste et Yerdier fils. Quelles majestueuses fleurs!

De très-intéressants lots de plantes variées ont été exposées par liM. Toilard frères, Thiéry, Loise, marchands grainiers. Croquet et Bazin jardiniers, qui entendent parfaitement la culture des plantes annuelles ; leur lot était composé avec beaucoup de goût, pour le choix des espèces.

Et les fiosesf Cinq massifs répandaient, sous cette immense voûte, le plus doux et le plus agréable des parfums. Ces rosiers provenaient des cultures de MM. Fontaine, Margottin, Jamain, Touvais et Paré. Des fleurs coupées ont été exposées par MM. Lévèque, Yerdier père, Marestet Yerdier fils. La Rose triomphe des beaux arts et dames au Camellia, sont deux bonnes variétés que l'amateur peut admettre dans sa collection. Nous n'avons pas été assez heureux pourvoir le nouveau gain qae S. M. llmpératrice a baptisé Rose Montebello, en l'honneur du beau fait d'armes du 20 mai.

C'est la première fois que je vois un massif d'arbustes à fleurs dans nos expositions. Ce massif formé de forts sujets fleuris appartenait à M. Deseine.

V Aulne impériale obtenu par M. Desfossé-Thuillier, était exposé par M. Eugène Yerdier. C'est une variété très-distincte et très-remarquable.

Une belle et intéressante collection de Houx de M. Portemer mérite une mention particulière. Ce jeune pépiniériste avait encore une collection de Conifères^ dans laquelle figuraient les deux plus beaux Arau* caria imbricata que j'aie jamais vus. — Les autres lots de Conifères appartenaient à MM. Honoré Defresne, Deseine, Gauthier et Thiéry.

Telles sont les collections de plantes qui m'ont le plus frappé : mais je crois devoir revenir sur le concours de belle culture , qui a amené sous cette trop vaste nef du Palais de l'Industrie : les majestueux Azaiea, Pimelea, etc., de M. Hervieu, de Lisieux; Rhododendron et Azalès caucasiennes, de M. Briot; Pelargonium à grandes fleurs^ de M. Lierval; Palargonium fatUaisie , de MM. Urbain Alphonse et Pierre Dufoy ; Y Azalée blanc, de M. Commisssaire; deux Eupatoires, de M. Nansot; Hoteia, Polygala, de M. Burel ; ^t le beau pied de Saxifrage pyramidale

de madame la comtesse Fernand de Montesquiou. Tout ce luxe de végétation atteste des comiaissances profondes dans Tart du jardinage • que M. Legroux, qui sait si bien faire les boutures^ les amène à ce degré de perfection, et il aura alors conquis le droit de critique,

La culture potagère montrait de magnifiques produits : légumes variés de MM • Langlois et Jumat ; choux des jardiniers Lecomte et Moreau ; belles salades des jardiniers Ghauvet et Lecomte déjà nommés; gros artichauts de M. Gaborit, marsdcher; asperges gigantesques de M. Lherault; beaux melons de MM. Ghantrier et Moreau qui avaient en outre de très-beaux fruits forcés.

Enfin, comme industrie, je crois être agréable et utile à nos lectrices en leur signalant M. Bernard, rue Laffitte, 8, à Paris, comme un fleuriste de bon goût. Je me suis surpris en contemplation devant ses bouquets à la main et ses vases garnis. Son travail est vraiment parfait; je suis heureux de lui rendre cette justice.

Versailles a eu aussi son exposition; mais je crois qu'il me faut remettre la partie à une autre fois : donc, comme le feuilleton : au prochain numéro. F. Hbringq.

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