NOUVELLES OBSERVATIONS
9«r te «dtare de I'|0— ic de Ift CMae et 4e l^ltaame de la
meavelle-BèlMide .
Monsieur le Président (1), fai l'honneur de vous transmettre le résultat de mes dernières observations sur la^ïQlture du Dioscorea batalaSy et un aperçu sur les diiférents terrains qui peuvent convenir à cette plante. J'y joins un certain nombre de tubercules provenant de ma récolte de cette année .
(4) Cette lettre a été adressée, en décembre dernier , à M. le Président de la Société impériale zoologique d* acclimatation.
Les tubercules étiquetés qo 4, sont des racines de 48 mois, plantées dans un terrain labouré à la charrue* d'une profondeur de 25 à 30 cenlimëtres; terrain très sablonneux (et à sous-sol composé de silex et de sable siliceux) .
Les tubercules n* 2, dont la forme diffère sensiblement de celle des premiers, et que je crois aussi inférieurs en qualité, sont également des plantations de 18moiS; faites dans Paris.
Vous trouverez sous le n^* 3, des tubercules de 18 mois, cultivés dans un terrain sablonneux etargileux des environs de Paris; ces racinessont allongées et peu grosses, ce qui me fait supposer que ce terrain n'est pas favorable zMDioscorea batatas.
Les tubercules n"" 4, plantés cette année en tronçons de 3 à 4 centimètres en terre ordinaire de Paris, dont une forte proportion de terreau de feuilles, sol labouré à 70 centimètres de profondeur, ces tubercules, dis-je^se sont allongés et ont acquis une grosseur satisfaisante.
Ceux n^ 5 proviennent de bulbilles faits par boutures en pleine terre et en plein air; c'est le produit de trois ou quatre mois; j'ajouterai ici que la propagation sur couche est avantageuse, sans doute; pour obtenir une grande quantité ; mais les plantes ainsi venues ne sont pas, à beau* coup près, aussi rustiques que celle qui ont poussé en pleine terre.
Voici maintenant quelques détails sur le rendement, qui est assez variable.
C'est le no 4 semé dans une terre sablonneuse et labourée à la charrue^ qui a occasionné témoins de frais et qui a produit le plus. En prenant pour base une superGcie de 10 mètres, le rendement a été de 35kll0' grammes; Tarrachage a nécessité six heures de travail.
Le n* 2 a donné 30 kilogrammes et demandé quinze heures de travail ;
Le n* 3 a donné 27 kilogrammes extraits en dix-huit heures de travail.
Le 11*4 planté cette année (1856) en tronçons, a donné 32 kilogram. et demandé huit heures d'un travail très minutieux, eu égard à la longueur qu'avaient atteint les tubercules .
Le n"* 5, provenant de bulbilles placées à 40 centimètres les uns des autres^ a donné 45 kilogrammes seulement; ici l'arrachage a été très facile.
Le n^ 6, bulbilles de trois ou quatre mois, a donné 800 bulbilles par mètre carré. J'ai consacré à celte dernière plantation une surface de 250 mètres; je n*ai arraché que la moitié des plantes, et j*ai laissé le
Kste eu terret avec une bonne litière de paille pour passer l*hiver. Je me propose de consacrer le produit de cette réserve à ceux des tubercules qni seront plantés au printemps. J*ai déjà été à même de^remarqiier que les racines demeurées en terre poussaient un mois au moins avant celles conservées en cave ou dans le cellier. Je crois même qu'il serait avantageux de placer les semences dans un sillon pour les conserver fraîches pour le moment de la plantation.
Au résumé, le terrain sablonneux et peu profond est celui qui me parait préférable pour la culture du Dioscorea. Tous les terrains où la plante trouverait la facilité de s'enfoncer, occasionneront toujours des frais très dispendieux au moment de l'arrachage. Quant au mode de plaotation, je crois qu'il faut modifier complètement celui qu'on a suivi jusqu'à ce jour, et je me propose d'employer à cet effet le mode suivant : premièrement, je ne planterai que dans un terrain labouré à la charrue, soit qnejedéposemessemencesdans une raie, comme on fait pour les pommes de terre, soit que je les place dans un rayon que je creuserai de 40 centimètres de profondeur; c'est, je crois, la seule méthode à la portée de la grande culture. En disposant lesi^emences en lignes à 8 ou 40 centiaiètres de distance, elles seront convenablement aérées, et l'arrachage en sera plus facile, les lignes ayant été espacées de 40 centimètres; il suffira d'ouvrir une tranchée entre chaque dopble rang de lignes pour extraire les tubercules, et l'on ne sera pas alors exposé à les briser comme cda arriverait fréquemment dans le mode de plantation employé jusqu'ici.
J'ajouterai un mot sur l'Igname de la Nouvelle-Zélande, dont la Société impériale d'acclimatation a bien voulu me confier un rhizome ; la production n'a pas été considérable: les pieds mis en pleine terre n'ont pas produit de forts bulbes; ce que j'attribue à la mutilation que j'avais dû taire subir à la souche qui m'avait été remise. Le résultat de ma récolte est de 90 bulbilles, dont j'ai l'honneur de vous soumettre une partie. Nul doute que ces bulbilles ne m'en donnent l'année prochaine de grandes quantités d'autres, qui permettront d'expérimenter sur une plus vaste échelle la culture de cette nouvelle plante.
Païllet,
HortievUenr, k Pirli, eto.
COURRIER HORTICOLE
La petite ville de Beaune possède une société d'horticulture qui, à peine née d'hier, a marqué Fannée de sa fondation par de brillants débuts. Elle compte 150 membres environ, dont les <leux tiers habitent Beaune ; ses statuts, bien que puisés à une source voisine, portent le cachet du bon sens. Il y a tout lieu de croire qu'elle ne tombera pas en léthargie comme celle de son chef-lieu.
Ses deux expositions, faites la même année, et pendant une année désastreuse, en sont la garantie: vous allez voir; mais, pour rompre la monotonie du sujet (il n'y a rien d'aussi ingrat que le compta rendu d'une exposition — voir les bulletins de la Société centrale), nous chan* gérons de temps en temps la clef de notre récit, en lançant par-ci par-là quelques coups de fouet dans les publications horticoles. Le coup de fouet a toujours été nécessaire pour corriger, pour redresser^ et même par manière de satisfaction pour marquer son passage dans un endroit renommé ; c'est aussi une distraction pour le voyageur.
Et puis on s'en souvient longtemps, car M. Cher pin parlait encore dans ledernier numéro de'son journal paraissant six fois par an, de notre volée administrée en janvier 1856. Notre confrère a mis deux roses dans la commerce, eu 1853, Marie de Bourges et Marguerite Lecureux. H. £. Verdier, dans son intelligente Revue des Roses, publiée dans rfforticuh leur français^ les traite de variétés médiocres ; sur ce, M. Cherpin de s'écrier : Vantez donc toujours mes produits, je {parlerai en bien de vous ; est-ce que la ruade de votre collaborateur n'a pas sufQ Tan dernier? Votre ton cavalier sied mal à votre bon goût et à vos manières polies, etc., etc.
Nous arrivons à Beaune.
L'exposition printanière s'était installée, comme ceHe d'automne, à l'Hôtel-de-Ville. Il y a toujours, sous le plafond de ces grandes salles, quelque chose de guindé, d'officiel, dans la disposition des plantes; le gradin est à la tente ce que la serre est au jardin d'hiver. Le prix d'honneur a été décerné à M. Liger, qui avait réuni les plus belles fleurs de la saison. Dans ses Fuchsia, on admirait le calice blanc de Mii^ triss S tory, Lady of the Lake, Empress Eugénie, Queen Victoria, et les doubles Galanthiflora, Snowdrop; tandis que les Pelargonium Edouard Miellez, if *"« Chéreau, Triomphe de Latour, Eugénie Duvah etleszonales Princesse Alice, Boule de neige, Christianum, Triomphe deMonfrougç éblouissaient les regards. La corbeille du milieu^ jonchée
de 80 Yerveincs, se reaf orgeait sous une gtiiriande de Roses, donl Julêi MargoUin^ Htm du Combatif Coitellane, Auguste Mie^ Louise Oiier, Lord Raglan effaçaieot, sous leurs tons velouté, rose ou carné, M^ Guitlot^ M^ Laffay^ Marquisa Boecella^ Changarnisr^ Lady Forwieh, Et dans les plantes de semis, on peut citer avantageusement les Petnnia striés : Surprise du matin^ Coquette de Beaune et Fétiw Poisiet.
Ms Bipry Jaootot, le célèbre fleuriste de Dijon, avait de notable : les LantaDa Lutea superba^ Alba grandi ftora ; les Géranium Odtdr, EoriensiOy Boi des feux, Vtrschaffetti . M^ Lemichei ; les Gloxinla Chemine blanc taché carmin, Annutata blanc couronné bleu, Petoiana UaDC maeulé pourpre, et les Acbimènes Edmond Boissier, de Ytrsehaf-felt, fond blanc strié violet, aussi harmonieuse de forme que son nom est dur i prononcer, a dit notre cicérone, H. Louis Moissenet.
Nous n'avons pas vu de Rosier Léonide Leroy , variété fleurissant peu au printemps, mal à Tautomne, citée par V Horticulteur provençal eomoie une des quatre races hors ligné pour massifs. Hais les paroles de ce petit recueil, habillé à coups de ciseaux, ne sont pas paroles d'Ëvan* gile ; exemple : « La culture et la multiplication des Clématites sont les méHies que celles des Coreopsis. »
M. Cti^m y pépiniériste à Beaune , avait apporté quelques Rosiers greffés sur racines, d'une vigueur ne laissant rien à désirer ; celte métbode et celle de H. Guillot fils , de Lyon , qui écussonne ses rosiers basse-tige sur semis d'Églantiers, sont préférables à la greffe sur Banks recommandée par M. de Lucy, ancien président de la Société Dijonnaise, actuellement à Marseille. Le Rosier Bank's est OQOins facile à se procurer pour la culture en grand, et, de plus, il a le défaut de geler ; ceci nous rappelle Tarticle d'un journal plus ou moins scientifique, criant à tae*téte : Les Rosiers Damas, Lsmarque et Labidie donnent des pousses superbes; laissez la plus belle à chaque pied ; greffez à tige la Rose du Roi ou autre sorte peu vigoureuse^ vous obtiendrez des jets dignes de la baronne Prévost. L'auteur n'avait oublié qu'un point, c'était d'ajouter que Lamarque, Labiche et Musquée, gelant bel et bien au moindre degré glacial, vous n'aviez plus rien au printemps suivant. On prétend que la Rose bleue annoncée dans le bulletin de la Société d'horticulture de Paris était ainsi écussonnée sur la Neige (Noisette) et qu'elle est fondue cet hiver. Après tout, pourquoi ne l'obtiendrait-on pas? Et qu'en dirait le secret aiie du Cercle de botanique dd Rouen, lui ^ui, invoquant les lois xanthiqoe et cyanique» pi étend que
— BS —
Jamais l'azur ne colorera les pétales de la Rose, du Dahlia ou de r(Eillet* D'après ces lois, nous disent tes savants, si la couleur jaune existe dans une espèce de plante, la bleue en est exclue, et réciproquement. — Ib ! Messieurs les savants, comment se fait-il qu'il existe les Jacinthes jaunes et les Jacinthes bteues; le Statice macroptera bleu et \eSt. Bonduellii jaune ; le Meconopsis nepalensis jaune et le M. iimplicifolia bleu, etc. — Cest peut-être un effet d'optique du hasard ou du progrès : on confond si souvent l'effet avec la cause. Il n'est pas rare de rencontrer des genjs, qui se demandent si le progrès produit les sociétés d'horticulture, ou si les sociétés d'horticulture ont amené le progrès.
Revenons à Beaune.
Il y avait encore les Roses de M. Félix Poulet, au milieu desquelles tranchaient : Général Jacqueminot, une des plus éclatantes et des plus vigoureuses florifères; Panachée d'Orléans^ carné strié Itlas rouge, constante; Félicité Bigeaudj étalant à côté de )a très féconde Queen Victoria^ ses frais pétales contournés en rosette ; puis V Enfant du Mont- Càrmel, puis M*^ Bornage; celle-ci^ plante du Nord, celle-là, plante du Midi, nous disent les méridionaux. Et encore ne sont-ils pas tous d'accord.
Actuellement, ils se disputent l'approvisionnement de fruits de la capitale. Écoutez Lyon, écoutez Bordeaux, entendez Marseille, oyez Toulouse, vous entendrez le même refrain : < Par suite du réseau des chemins de fer, notre ville est appelée, par son importance, à devenir un centre d'exploitation et à expédier toutes ses productions, ses primeurs, ses fruits aux grands marchés de Paris, de Bruxelles, de Londres. » Amener vos pêches, amenez vos melons, vos fraises, vos choux-fleurs et vos poires, Lyonnais, Bordelais, Marseillais, Toulousains, vous ne parviendrez jamais à satisfaire Tappétit de ce puissant Gargantua qu'on appelle Paris. — Ainsi, voilà qui est convenu, le Midi allaitera le Nord; mais Toulouse est déjà bien marâtre envers ses nourrissons. Le Comité pomologique de son département — ne pas confondre avec le congrès de Lyon — excommunie à chacune de ses réunions hebdomadaires « les pépiniéristes du Nord, » c'est-à-dire de la Belgique ; il invite les propriétaires et les marchands d*arbres à se méfier de leurs annonces, de leurs ouvrages. M. C. Lesueur, de Rouen, n'a-t^il pas, l'autre jour, fustigé publiquement les Annales de pomologie belge? On dit même que les entrepreneurs de cette tour de Babel commencent à ne plus s'entendre — à cause du langage— à moins que ce ne soit le vent de Lyon qui en fasse trembler les échafaudages. A Paris, M. Decaisne a commencé la puMi*
eilion d'ane Iconographie des arbres fruitiers ; chiqae fmit décrit coAtera 4 fr. 25c. ; et en plus des Raisins, des Fraises, des Pooimes, des Néfliers ,etc. » 8000 noms de Poires doivent passer sons son borin. Cet ouvrage, dont la préface a déjà été critiquée par MM. Tougard et de Jongbe» aura vu le jour en même temps que la liste des 3000 noms de Poires extraits de tous les caulogues par le secrétaire du Congrès pomologique de Lyon, preuve de la raison d'être de ce Congrès.
Les antres lots exposés à Beau ne provenaient de plusieurs amateurs et praticiens ; les énormes Magnolia grandiflora , qui semblaient nés sous le ciel angevin, le Swainsonia Greyana, également orné de grappes rose lavé blanc, TAraucaria brasiliana, baut de S», le Dracœna australis, le Kalmia japonica de belle dimension et autres arbustes superbes avaient parcouru plusieurs kilomètres, de la propriété de H. Bourcier jusqu'à rHAtel-de-VilIe. Ces plantes, jetées çà et là, isolément ou par groupes, concurremment avec les Orangers de H. Hutet, les Fuchsia en pyramide élevée ou en boule de H. Clerget, les arbustes à feuillage persistant et les Conifères (vieux style! Cb. L.), sortis des pépinières de MM. JoDchery et Colin, faisaient repoussoir aux apports secondaires, aux plantes annuelles de M. deGrammont, aux Verveines de M. Ricaud, aux Œillets de poète de MM. Dazincourt et Jondot, aux Pétunia semés par M. de Juigné, etc.^ etc., et aux touffes de Roses dont MM. Véro et Gruyer avaient dépouillé leurs jardins. — Combien de sympathiques bouquets à composer sous l'égide du langage des fleurs? Rose rouge et mousseuse. Verveine, Fuchsia, Œillet de poète : jeune fille gracieuse, voluplë, enchantement, fragilité, dédain. Hais bast! Daphnis et Chloé ont été sacrifiés au dieu Métal. La galanterie frrrançaise a délaissé celte méthode orientale ou Renaissance; on vous présente un Melon comme une branche de Jasmin. Or, savez-vous que M. Latné demandait à la Société de Saint-Germain-en-Laye Tautorisation de dédier et d'offrir au Prince impérial une Violette arborescente greffée sur Ortie et sur Pissenlit? Plus galamment inspiré, dans le journal de la Société du Bas-Rhin, M. Kirschelger, après avoir quitté Nancy, et avant d'aller herboriser aux environs de Lyon avec M. Denis de TAlcazar, s'est arrêté au bois de Boulogne. Notre savant botaniste strasbourgeois suppose le Parisien capable d'admirer ou de cueillir des Roses et des Lis sous les ombrages silencieux et discrets du Pré CatelanI
A Beaune, les léguraes et les objets d'art s'éloignani plus ou moins des besoins du jardinier, étaient à peu près comme partout ailleurs. II y avait des outils de drainage et non de draignage, ainsi ortographié par
la Bévue horticole de Marseille» publiée par une société d'horticultare qui affiche partout que les membres de son bureau sont très inexacts aux séances — - on leur mettra le bonnet de papier que j*avais à l'école — et qui va fermer la porte de ses expositions, par suite du refus des horticulteurs à y participer. On m'a parlé d'un maraîcher qui avait aussi succombé à la tentation du dieu Métal; sa ménagère lui avait préparé son petit lot de primeurs pour la grande, salle : le malheureux le vendit en chemin !
Le mois de juin est un mois presque neutre pour les fruits, quelques* Pommes et encore moins de Poires toutes flères d'avoir passé l'hiver; des Fraises qui n'ont d'anglais que le nom; des Bigarreaux et des Guignes dont répiderme vermeil et intact annonçait bien que le Cerisier se passait de Tcngraissement préconisé par M. Scheidweiler dans V Horticulteur praticien^ recueil dont l'inauguration a été de flatter les expé riences arboricoles de H. Lefèvre, géomètre octogénaire^ tout petit livre qu'on peut enterrer avec ceux de MU. Bamey, Lanier, Urbain Vasseur, — etc., et les groseillers épineux Pn«c€ r^S^en/, Trafalgar^ Monstrueuse d'Amérique, assez appétissantes pour faire la jubilation de maint enfant d'Albion, ce pays aux brouillards et aux groseilles à maquereau.
Le mois d'octobre convenait mieux pour une exhibition carpologique. Aussi, à cette deuxième solennité, vingt-cinq concurrents s'étaient mis sur les rangs. Une mention honorable couronna la reine dd l'exposition: une Duchesse d'Angouléme pesant officiellement 626 grammes ; elle aurait pu rivaliser avec la Poire Triomphe de Jodoigne, du vénérable M. Lacène, exposée à Lyon. Les Poires récoltées chez MM. d'Archiac, Edouard, Bouillot^ Babin,Girard, Montoy, Joncbery ieune, Jules et Louis Moissenet, amateurs, et celles plus nombreuses de MM. Benaud fils, Ghicotot atné. Colin, pépiniéristes, étaient de bon choix pour une année aussi désastreuse. On y admirait les Beurra Hardy y Capiaumontj Davy^ Bachelier, Bansy Picquery, Base, d^Hardenpont, Gris doré, Lombard^ Van Bosbrauk, d!" Anjou; les Broom Park, Groslin, Délices de Loven-^ joui. Triomphe de Jodoigne, Comte de Flandre, Van Mons, Doyenné d*hiver, Epine Dumas, BergamoUe Espérin, Angleterre d'hiver à cuire comme le Trésor d'amour, figuré par Poiteau, dans sa Pomologie ftançaise,so\s& le nom de Poire d^ amour, enfin le Beurré Clairgeau que nos voisins nous envient. Son introducteur, M. d'Airolles, s'est affilié à MM. Bivort, Bavay, Boyer, Hennau, eic, de Belgique., pour reproduire dans ses Notices les descriptions raccourcies des Annales de pomologie,
et pour faire chorus avec eox dans le JDraineur, Le Français est si inconstant I
Les Raisins étaient dignes des coteaux bourguignons où s'élabore le Voinay, le Clos-Vougeot, le Cbambertin. Nulle trace d'oiilium sur les grappes de HH. Poulet, Ghevignard, Hozer, ClergeUBouDetin, Sergaut. Périra-t-il après cet hiver sec, le terrible oIdium,la béte noire des vigne* ronsetdes gourmets; se jouera-t-il encore de ses mille EsculapesT A son tour, TAcadémie des sciences met au concours la question suivante^ nécessHée par l'envahissement des champignons parasites ou épipbytes sor les animaux et les végétaux : Étudier le mode de formation et de structure des spores et des autres organes qui concourent à la reproduction des champignons, leur rôle physiologique, la germination des spores^ et particulièrement pour les champignons parasites , leur mode de pénétration et de développement dans les autres corps organisés vivants. Le prix proposé est une médaille d*or de 3,000 fr.
M. Seringe, professeur à la Faculté de Lyon, vient de livrer à Timpres' sion sa nouvelle disposition des familles végétales en spermophytes, se reproduisant par graines (Phanérogames), ei en 00PHTES,se reproduisant par œufs Cryptogames). Je dis, moi, qu'il y a plus d'analogie entre une graine et un œuf, qu'entre un œuf et la spore des cryptogames. L'embryon est visible dans la graine et dans l'œuf, et non dans la spore, quoi qu'en dise le Journal des Bases, qui est si fort botaniste, qu'il prend les graines de truffe pour de véritables graines de niais.
HM. Gorget et Pétot, de Beaune, ont encore à perfectionner leurs arbres de pépinières ; la taille, le cran, le pincement, n'avaient pas été sagement pratiqués sur leurs exemplaires.
ITallez pas écouter la Société de Versailles, qui donne la greffe Girardin pour garnir les jeunes sujets dénudés, ni la greffe Tschuody, trouvée, dit la Normandie, par H. Dubreuil dans un vieux manuscrit, comme la pommade des châtelaines du moyen âge, par Chalmin. Ce dernier arboriculteur— Dubreuil — a introduit la mode de planter Pun sur l'autre lesarbres destinés à former des cardons verticaux, obIiqiies,en spirales; nous disons introduit^ et pourtant les méridionaux réclament la priorité des spirales et des verticaux, tandis que des cultivateurs de Gentillyi Bougival, prétendent avoir commencé les premiers p<!chers obliques i on ne peut nier que U. Dubreuil les ait fait connaître et adopter. Au.ssi, les marcbaodsd'arbres se proposaient-ils de lui offrir une médaille, pendant que les acheteurs se disposaient à lui en montrer le revers.
Mais voici venir un autre système encore pire ; les Pêchers pour cor-
obliqae seront plantés à 85 centim. de distance ; il vous suffira de tailler la flèche et de pincer, pincer et repincer toujours les bourgeons, les coursons, les brindilles, ni plus ni moins qu'un Abricotier ou un Poirier ; les bouquets à fruits arrivent en bataillons serrés, couchés sur la branchemère ; plus de serpette, plus de treillage, plus de cloque, plus de blanc. Doucement, UM. les inventeurs, nous emploierons encore un peu la serpette, un peu le treillage et nos Pêchers seront encore atteints d'un peu de blanc, d*un peu de cloque. Attendons les expériences des arboriculteurs d'Eure-et-Loir, sous l'impulsion de M. Grin, de Chartres, et celles de M. Luizet, d*Ëcully, de l'orphelinat de Bourg, et de quelques autres hommes spéciaux qui étudient ce pincement continu. Essayons* en tous ensemble , et nous dirons nos résultats dans VHorticuHeur français.
Rentrons à Beauue. La Rose qui trônait au printemps avait cédé, le 4 1
octobre, le sceptre au Dahlia; et c'est H. Félix Poulet qui l'avait dans ses mains. Son étalage, composé de 200 fleurs coupées, dont une quarantaine, semis de Texposant, pouvaient soutenir la comparaison avec ce que lesDufoy, les Mézard, les Ghauvière sont habitués à nous montrer aux Ghamps-Elysées. Lui aussi, H. Poulet, court au Dahlia bleu, comme les mécaniciens au mouvement perpétuel, comme les mathématiciens à la quadrature du cercle, comme les numismatesau liarddeGhilpéric. 11 n'est pas un semeur qui ne raitjrévée, la couleur céleste, sur cette inconstante mexicaine, pas un amateur qui ne Tait désirée, pas un écrivain qui n'en ait parié, — jusqu'à M. Isabeau qui croit, dans le nouveau Journal des Connaissances utiles, qu'un Dahlia franchement bleu serait d'un prix inestimable.
Faut-il parler, pour en finir, des Ghoux-fleurs, des Choux pommés et de Bruxelles, des Navets boule-d'or et de Morigny, des Courges sucrés du Brésil, Turban, Pastèque à la moelle et Potiron des Indes, des artichauts, des Champignons, des Carottes, des Oignons; faut-il nommer le Radis rose d*hiver, l'Igname, le Céleri-rave d*Erfurt, le Chou marin ou crambé ; à peine si nous y trouvons l'occasion d'un coup de fouet ; à peine si nous oserons dire qu'un recueil très répandu a prétendu que la germination des Pommes de terre s'arrêtait en hiver quand on avait enfermé les tubercules dans du charbon pulvérisé. Un bourgeois du Cal* vados l'a essayS, et jamais les yeux de ses tubercules ne s'étaient autant allongés ; ayez donc confiance I
J'aime mieux cette fois, dans les articles industriels : les tuteurs im* mettes au sulfate de cuivre, par M. Ricaud, en les laissant baigner 40
joarsdaiis une fosse conteDani I kilog. et demi de sel par 100 litres d'eaa ; la coatelleriede H. Babin, les fraiis plastiques de H. Buchetet, l'excellent Cassis de M. Coartot, l'ean-de^vie de Prunes, supérieure et moins chère que celle de Betteraves, distillée cbez M. Laboureau. Celte année, les propriétaires de la côte exposeront les vins du terroir, et les membres du jury seront invités à les dégusta ; si nous étions juré I
Maintenant, la Société d'horticulture de Beaune veut-elle nous permettre un tout petit conseil. H ne doit pas lui suffire de montrer au publicdes produits intéressants; elle doit,— si ses finances lui permettent, — publier un bnlletin périodique où seront consignées les observations, les expériences de ses membres. Alors, nous souhaiterons i son Comité de rédaction des ciseaux moins tranchants que ceux de la vieille Sociétémère ; écoutez plutAt les plaintes de HH. Lenormand, Jamin, etc. On en est réduit à faire imprimer ses notices à ses frais ; notices données dit M. Jamin, pour couvrir « la pauvreté de nos annales.» Or, qu'est-ce que la pauvreté ? C'est la misère, les haillons, la nudité, la mendicité. Notre pomologue de Bourg-la-Reine proclame aussi la France, terre classique des bons fruits, titre dont voudrait s'approprier la Belgique. Hais qui donc ne connaît pas les fruits racbitiques de ses marchés, l'absence toialedebeaux fruits à ses expositions (nous ne parlons pas des fruits d'empnint) et la tenue de ses pépinières que renierait le dernier cultiviueur de Vitry ou de Doué.
Les sociétés belges commencent à lancer des annales ; c'est TAcadémie de Gand qui a ouvert le feu, noblement. Elle a décerné des prix à ses collaborateurs, et sur 9 médailles accordées, S sont échues à la Prusse, 4 à la Bohême, 4 an Limbourg et 5 à la France, dont 1 d'or, 3 de vermeil, 4 d'argent.^ La société de Paris va l'imiter : grand bien lui fasse,
ThébatLarché.