DE
La Revue des Roses de 1853, que nous avons publiée dans le Dumt^ro de novembre dernier, a soulevé, contre noire collaborateur, vents et tempêtes ; le tonnerre a même fortement grondé, dans : Journal der Bosen und Baumgarten, Revue der Garten, nouveau genre de journal allemand, écrit en français pour la plus gninde facilité de tout un chacun, et en particulier des flegmatiques sujets du roi de Prusse. Le rédacteur de celte feuille avaii jusqu'alors approuvé et applaudi les Revues impartiales de M. Eug. Verdier, auquel il avait même demandé quelques-uns de ses bons articles pour son : Journal of Roses and Orchards, Rewiew of Gardens, journal anglais, rédigé en langue française pour la plus grande commodité des enfants de la fière Albion.
Notre collaborateur et ami, n'ayant rien accordé au journal mâtiné Anglo-germanico' français, son polyglotte rédacteur qui écrit toutes les langues en français s'est emparé de sa Revue des roses de 4853, qu*il a quelque peu dénaturée pour avoir plus de facilité à faire dire à M. Eug* Verdier, ce qu'il n'a jamais écrit.
M. CherpiD,— tel est le nom de nilustre rédacteur qoi jadis illnstrait de sa prose non horticole, les journaux politiques de sa localité,— déclare d*abord que H. Eog. Yerdier est un rosiculteur dbiingué, qui connaît parfaitement les roses, et qu*il est très capable de passer en revue , avec assurance, toutes les variétés nouvelles de sa collection. Seulement le ton cavalier que lui donne cette assurance, ne sied pas à son bon goût, a M. Cberpin, auquel tous les tons déplaisent, toutes les fois qu'on ne cbante pas sur le sien, engage notre collègne à laisser à on autre le triste privilège de faire des articles à cheval. — Il paraît que le rédacteur do Journal des Boses^ etc., a peur des coups d'éperon ; car si l'auteur delaReTue des roses veut lui promettre de ne pas faire de pareils articles, « ses observations seront amicalement accueillies et ses jugements seront sans appel,— pourvu cependant, qu'il trouve très beaux, archi-beaux et quand même beaux, tous les enfants nouveaux que M. Cherpin, savant rédacteur de The Journal ofBosei^ met chaque année au monde.
Cest justement cequen*a pas fait notre collègue ; etU. Cherpin, grandement en colère, comme jadis le père Duchêne, trouve, alors -- • que les appréciations et les jugements de l'auteur de la Revue des Bosfs de 4853^ sont, pour la plupart, assez près de la vérité; mais qu'ils renfer ment qoelques inexactitudes, quelques erreurs qu'il aurait pu éviter en se montrant plus impartial, et moins bon père. »
Voyons donc les inexactitudes et les erreurs de notre collègue. Etudiant avec le plus grand soin toutes les Roses nouvelles qu'il cultive, H. Eug. Yerdier dit franchement et loyalement ce qu'il pense de chaque nouveauté. Or, en 4853, le rédacteur en chef du Journal des Roses H. Cherpin, ayant mis au commerce, deux variétés nouvelles, Tune Marie de Bourges, n'a reçu de l'auteur de la Revue, qu*un passable^ et l'autre, Marguerite Lecureux^ a été déclarée de. peu de mérite^ TU Tinconstance de sa panachure. C'est en effet une erreur impardonnable, et nous comprenons que le rédacteur du Journal der Bosen, etc., prenne la plumepour] défendre les moumours chéris de leur petit papa. Comment, s'écrie-t-il, ma comiesse Marie de Bourges n*est que passable, ôl blasphème, vous l'entendez, mon Dieu, et vos foudres n'exterminent pas le blasphémateur! Ma Comtesse passable! 6 ! justice humaine I mais « if est une de nos meilleures variilés greffée sur basse tige ou franche de pied; sa principale qualité est d'avoir des rameaux courts ou moyens constamment fleuris. . . » -- Et ma Marguerite Lecureuxl dire qu'elle est incoiîstante et de peu de mérite ; ils me feront mourir, les misérables. — « C'est encore une de nos bonnes variétés pour cor-
beilles ou massifs ^ car panachées ou non, ses fleurs se succèdent toute Vannée » /— Uoderato, Papa, moderato ; le bonheur de la paternité vous égare, et vous fait dire de telles sottises, que votre paternel amour seDt joliment les articles de la 4e page des journaux politiques. — Des rameaux constamment fleuris, et des fleurs qui se succèdent toute Vannée! ne se voient pas souvent ; il faut être aveuglé par un amour quelconque pour reconnaître de telles qualités à ses enfants. M. Eug. Yerdier, auquel vous reprochez d'avoir agi en bon père en faisant un bel éloge du sien, estbeaucoup plus modeste ; il dit : — • Arbuste vigoureux i fleur moyenne en corymbesj cerise vif, ombri de cramoisi, très florin 1ère. > Yoil&, d'après vous-même, le bel éloge qu'il fait de son enfaDt. 01 papa Cherpin, comme vous êtes bien plus fort que lui, dans l'art de faire delà ... description.
Pourtant il faut vous rendre tin« justice : vous reconnaissez dans la Comtesse de Bourges des tendances très prononcées à passer au mérite très secondaire lorsqu elle est sur grand églantier. C'est très bien, et cet aveu me touche. Pour vous en marquer ma joie, je me permets de vous adresser cette question : Pourquoi une greffe faite sur un sujet de iO à 30 centimètres de hauteur produit-elle de plus belles fleurs que celle qui est posée sur un grand églantier? Est-ce que, dans les deux cas, ce n'est pas la même sève qui les alimente? Et croyez vous, tendre père de Marie ue Bourges, que la hauteur agisse réellement sur la perfection des fleurs? Dans ce cas, si ce n'est pas ce que les gens de mauvais goût appellent une balançoire il faudrait ajouter après la désignation que les Lyonnais proposent : excellente &diXis le Nord, pitoyable dans le Midi, — celte autre non moins importante :— magnifique à 10 centim., très belle à 20, belle à 30^ pas trop mal à 50, passable à 60, médiocre à 80; et atrocement laide au-dessus de \ mètre.
Mais résumons-nous : — Les deux roses de M. Gherpin ne sont pas en effet ce que M. Eug. Verdier en a dit; c'est uae erreur typographique : au lieu At passable, de peu de mérite, nous prions nos lecteurs de lire, — superlativement|belles, incomparables, très constantes, qui fleurissent toute Tannée et môme plus qui répandent Todeur la plus exquise, ta plus enivrante, ayant de Tanalogie il est vrai avec celle de la Truffe^ dont les graines, — dit le savant et spirituel journal de M. Gherpin,— sont de véiitables graines de niais.
F. Herincq.
C i-^-y/^^y^ yA/^/■^^/W■/^^^^^
CROWEA LATIFOLIA.
(Pl. VI.)
■«^«•■•sie : Dédié à James Crowe, botaniste anglais. rftMUle des Diosmiei et de la DécandrU monogynU.
CMMlèrcs ^éméwî^mem t Petits arbrisseaux de la Neavelle-Hollande, à tiges droites triangulaires, garnies de feuilles sessiles, alternes, simples, entières ponctaées. Les fleurs qoi naissent solitaires, à Taisselle des feuilles, sont rouge lilacé et présentent : un calice à cinq lobes arrondis, membraneux et un peu diiés sur les bords ; une corolle à cinq pétales sessiles, ovales -lancéolés aigus, insérés sur un disque glanduleux ; dix étamines insérées sur le disque, beau« eoop plus courtes que les pétales, à filets ciliés, élargis et rapprochés en tube t la hase filiformes au sommet^ et terminés par une anthère linéaire à deux loges; an ovaire cylindrique, à cinq sillons, surmonté d*un style très court, terminé par un stigmate obtus. Le fruit est une sorte de capsule à cinq coques.
Historique et description des espèces. — Trois espèces seulement sont cultivées : les saligna^ stricta et latifolia. Celle que nous figurons r- d'après les individus cultivés chez H. Paillet, horticulteur, rue d'Aosterlitz à Paris, — est un charmant arbrisseau de la Nouvelle-Hollande, à feuilles lancéolées, d'un beau vert, et à fleurs du plus charmant rose qui se^montrent dès le mois de juillet et se succèdent jusqu'en no- Tembre. C'est une délicieuse plante pour l'ornement des serres froides ondes jardins dTiîver. Elle est bien supérieure au saligna ; son port a qnelquc chose de plus étoffé ; ses feuilles sont plus larges ; ses fleurs plus grandes et plus nombreuses. Sa culture est celle de lous les végétaux de
l'Anstralie.
Le nom de Macrantha^ sous lequel M. Paillet a reçu cette espèce, etqneporte notre plante, est un synonyme du Crowea latifolia.
F. Hérincq.