EXPOSITIONS D'HORTICULTURE POUR
Paris. Prolongation jusqu'au 45 août, ifou/ttif. 42, 43et14août.
Mulhouse. 40, 14, 42, 43 et 44 septembre. Bordeaux. 24, 25, 26 septembre.
Troyes. 24, 25, 26, 27 et 28 septembre. Nantes. 48 et 49 octobre.
lMris»«» Imp. borticol^ de J.<'V. Uaos et Donkaup, me Cassette, 9.
"^àorfi.-o/^rtir /n,„o'i.'- ,/•■ J.
AZALÉES DE L'INDE (Pl. xn.).
Variétés : JuHut de Sand-Projei (fig- 4). — CoqueUe de ParU (fig. «.)• —
PaulDupuy (fig. 3).
Les trois variétés d'Azalées, que nous figurons dans ce numéro, sont des gains obtenus par M. Dupuy-Jamain, horticulteui; route de Fontainebleau, 59, Paris (extrà-muros), et choisis dans un semis de plusieurs milliers d'individus.
Ces variétés sont vigoureuses et très florifères; leurs fleurs, parfaites de forme, très régulières, et de coloris bien distincts, sont de première grandeur.
Julius de Saint 'Projet (fig. 4) est d*un très joli rose avec des ponctuations rougest massées à la base des lobes supérieurs de la corolle.
Coquette de Paris (fig. 2) est à fleurs d'un blanc très pur^ lignées et striées d'un beau rouge carmin.
Paul Dupuy (fig. 3) a les fleurs d'uu rouge brique, avec des ponctuations carminées à la base des lobes supérieurs de la corolle.
De ces trois variétés, deux seulement seront mises le printemps prochain au commerce : Julius de Saint-Projet et Coquette de Paris; prix : 10 fr. l'une. 0. Lescuyer.
PELARGONIUM NOUVEAUX (Pl. xm).
Fig. 4, Géant des batailles ; 2, l'Avenir; 3, le Tasse; 4, Princesse Mathilde.
Depuis que M. Miellez s'est rendu acquéreur des Pelargonitm de M. Odier, cet habile horticulteur d'Esquermes s'est fait le propagateur de toutes les variétés remarquables de ce beau genre. Cette année encore il a livré au commerce dix nouveautés, qui méritent de prendre place dans jes collections d'amaleurs, autant du moins que nous en pouvons juger par les dessins qui accompagnent son prospectus, et auxquels nous empruntons les quatre figures de notre planche XIII.
Le Géant des batailles (fig. 1 ) a la plus grande fleur qui existe dans le genre; elle est de couleur rose clair lilacé, avec une flamme rouge et noire à la base des trois pétales inférieurs ; les deux supérieurs portent QBe large gerbe brune rayonnante sur fond rouge vif.
iriii.7*Uf. — JaUlet18]i7.
V Avenir (fig. 2) est une fleur parfaitement panachée, couleur écarlate feU| strie de blanc pur. Cette jolie variété a été obtenue de semis par le jardinier de H. Dubus ; elle est, dit-on, supérieure à tontes celles de la même section .
le Tasse (fig. 3) est une variété de grand effet ; les pétales inférieurs sont blancs avec flamme brune, encadrée de rouge et de lilacé ; les deai supérieurs ont une large gerbe rayonnante brune, encadrée de roug9 écarlate avec uue bordure blanche.
Princesse Mathilde (Gg. 4). Très grande fleur à pétales un peu ondulés, de couleur carné nuancé de saumoné, portant chacun à leur base une gerbe brune encadrée de feu. C'est un coloris charmant.
Les six autres variétés de M. Miellez sont :
Diamant^ rose orange mêlé de feu et de blanc pur.
Triomphe d'EsquermeSj merveille de Tépoque, dit M. Miellez, par sa forme, la richesse et le velouté de ses couleurs, et la teinte bleuâtre qui lui donne un caractère tout nouveau.
Le Titien; variété d'un beau rouge foncé, bien supérieure à Nec plus ultra (d'Odier).
La Ristori^ même forme et même inflorescence qû^ Eugénie Dwal Coloris charmant, très tendre et unique dans les Diadematum.
Madame Domage . Rose lilacé très joli, à cinq macules.
Modèle. Le velouté de ses couleurs, dit M. Miellez^ la teinte bleuâtre dont elle est ornée la rendent une précieuse conquête pour Thorticulture.
Ces dix variétés ont été livrées en mai dernier au prix de 4 00 fr. la collection .
M. Miellez a encore mis au commerce deux variétés*nouvelles de Geranium zonale^ gain de M. Domage :
Goliath. Ombelle aussi forte que celle de V Hortensia, fleurs écarlate vif velouté (prix : 40 fr.).
Paquita. Forte ombelle; fleurs lilas agate, à centre blanc pur (prix : 6 fr.). THÉBAT-LàRCHé.
REVUE DES JOURNAUX ÉTRANGERS (gartenfiora).
Plante* noaTelleaieiit Inirediilte* eu horttonléare.
Villaresia grandiflora (Fisch.), arbrisseau de la famille des Ilicinées et très propre, dit M. Regel, à orner non-seulement les serres, mais aussi les appartements, car il supporte parfaitement l'atmosphère sèche des
■ Sïïfrhciiifni^ /'ranpiij- de jSni
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sitons de Sain t-Péiersboiirg. Il a un très beau feuillage ei de jolies grappes de fleurs blancbes. Ou peut le multiplier par boutures tenues dans une serre à multiplication, mais on réussit mieux en le greffant sur ses propres racines.
Tydœa Bêssiana (Ortgies), hybride obtenu par M. Regel» de la ffteon* dation entre divtrtei Gesnériacées 1 -- Quelle précision, et comme on doit avoir confiance en de pareils hybrides. — Nous voulons cependant bien croire à celui-ci, puisque M. Ortgies n*en doute pas; mais nous aimerioQs un peu plus de concision dans les faits; car ce n'est pas parce qu'une plante a des rapports par le feuillage avec telle espèce, et qu'elle ressemble ^ telle autre par les fleurs, qu'elle doit être considérée comme hybride. A ce compte, la Pomme de terre pourrait être considérée comme hybride de la Tomate dont elle a le feuillage, et du Topinambour ou de la Capucine tub^euse duquel ou de laquelle elle a conservé le caractère tuberculeux de sa partie souterraine. Quoi qu*il en soit, la plante qui nous occupe a ses feuilles veinées de blanc d'argent et colorées en violet à la face inférieure, ce qui prouve, dit-oui que le Tyiœa picta est un de ses parents ; d'un autre c6té, son port, ses rhizomes allongés et resserrés en forme de chatons , sa villosité un peu rude, et ses fleurs d'un beau rouge écarlate marquées de quatre lignes de points noirs sur chaque lobe de la corolle, indiquent très certainement que le Tydœa oeellaia n'est pas étranger à sa naissance ; M. Ortgies ne doute même pas qu'il n'ait été la mère ! — Cependant toutes les fois que les actes de mariage et de naissance ne seront pas plus régulièrement enregistrés, nous demandons la permission de croire à ces sortes d'hybrides avec accompagnement de b^ucoup de points de doute.
Deux formes de cet hybride ont été observées par M. Ortgies ; il les nomme T. Rossiana concolor et 7. J?. lucida* Dans la première, la corolle ne présente de couleur jaune qu'à la gorge et tout à la base des lobes inférieurs ; dans la seconde^ la teinte jaune s'étend sur presque toute la moitié inférieure de ces lobes.
Tydœa Lenneana (Ortgies). Autre hybride toujours dû à M. Regel ; il proviendrait cette fois des Tydœa hillii et ocellata; la première de ces deux espèces PARAISSANT en avoir été la mère. Ici stérilité complète. H. Ortgies en distingue deux formes : toutes deux ressemblent au T. aeellata par le port, la forme et villosité des feuilles; l'abondance et la forme des fleurs rappellent le 7. Hillii. La corolle est ventrue, un peu arqaée> d'un beau rouge écarlate clair, marquée de trois lignes de gros points noirs sur chacun des cinq lobes.
Lepidoxamia Peroffshyaua (Regel). Voici ud uouveau genre de Cycadées, créé d'après un individu envoyé du Mexique par M. Karwinsky, et qui n'a pas encore montié sa fructification. Nous nous demandons, alors, comment M. Regel a reconnu dans cette plante un genre nouveau, et sur quoi est établi ce nouveau genre? L'espèce type cultivée au jardin botanique de Saint-Pétersbourg est un très beau végétal à tige épaisse, courte, formant un tronc presque globuleux terminé par un faisceau de feuilles longues de 2 met. Le pétiole commun est demi-cyliodrique^ glabre et sans épines, de 65 centim. de longueur; les folioles sooi presque opposées, ordinairement un peu arquées, planes, linéaires-lancéolées, longues de 33 centim. sur 8 ou 9 milL de largeur, et prolongées au sommet en une très longue pointe, d'un beau vert foncé et luisant en dessus, plus pâle en dessous.
Ceralozamia Knesleriana (Regel) . Le jardin de Pétersbonrg possède plusieurs individus de cette nouvelle espèce, introduite du Mexique par M. Eaiwinsky. Sa tige épaisse et couverte d'écaillés formées par les bases persistantes des feuilles, ne s'élève guère qu'à 33 centim. Les feuilles peuvent atteindre à une longueur de 1 met. 33 centim. ; le pétiole commun est demi-cylindrique, sans épines, et marqué de deux sillons en dessus. Les folioles, au nombre de quarante environ de chaque côté, sont presque opposées, rapprochées, longues de 30 centim. environ, sor 4 4 mill. de largeur, linéaires-lancéolées^ arquées, aiguës, longuement rétrécies à la base et s'insérant sur le pétiole commun par une sorte de callosité. Les chatons mâles (les seuls connus), sont brièvement stipités, dressés, cylindriques, longs de 8 ou 9 centim. sur 2 en\iron de diamètre, composés d'écaillés qui se terminent en deux cornes épaisses divergentes, et qui portent les anthères à leurs côtés inférieurs.
O. Lescuter.
CHRONIQUE HORTICOLE
Un mot a propos de Pétunia. — On reproche généralement ^ Y Horticulteur français son esprit à'^fressio^j et, cette vivacité d'allures, dont on lui fait un crime, ne saurait être excusée, auprès de certaines gens, par sa franchise et sa probité horticole que personne ne met en question. Les amis de Y Horticulteur français (car il en a) ont beau le défendre et essayée de faire comprendre que le journal dit la vérité quand même, qu'il n'est aux gages d'aucune coterie, quMl loue ses ennemis quand ils font bien, et reprend ses amis quand ils font mal : phrases
ptfdaes ! Oiacon secoaaût la télé, interprète, et très^maligaernent cet uatlième eoDDu :
Et tout n'irait qoo mieux
Quand de cet Horticulteur l'engeance toQt entière liait, la tète en bas, rire dans la riTière.
Comme en définitive, notre plos grand crime est d'avoir réossi, et, si lOQs sommes an pand coupable, comme nous avons nécessairemeiit poQr complices nos abonnés qui nous achètent et nous jugent, nous lab* ions dire. Dans les attaques portées contre notre jugement, la morale y gagne toujours très peu ; nous sommes ordinairement le mieux partagé dans le débordement d'injures qui pourraient bien honorer les injuriés. Et pourquoi ceLi 1 Personne n'est plus que nous porté à faire valoir les gilDs véritablement méritants, personne n'est plus prêt à les accueillir ; les exemples surabonderaient, si Ton nous demandait d'en citer. Gependasti nous ne pouvons à ce titre accepter et recommander un gain quelconqae, il fant de plus qu'il ait un mérite suffisant. Un horticulteur de Nancy (M. Meunier car il faut bien le nommer) nous apportait il y a quelques mois deux nouvelles variétés de Pétunia; après examen nous ne reconnaissions, dans Tune, qu'une variété, sinon la même, du moins excessivement proche,mais non plus méritante, du Pétunia /mp^a/rtce£tff^si>,Rend.et qui n*avait rien de bien remarquable; pour l'autre variété, la plos originale et la plus recommaodable, nous nous décidions à la baptiser sons le nom de Pétunia InimitabUy (M. Meunier dédia plus lard la première variété à H. WeissSchlumberger) et, àdnsY Horticulteur français ann. 1857, page 3, nous jugions ces deux plantes chacune selon leur mérite. Maintenant qu'elles sont au commerce, nous demandons à nos lectears si nous nous sommes trompé; cependant^ d'après notre jugement, DOQs avions commis un crime assez grand, pour que notre confrère, heureux possesseur du mirifique Pétunia Weiss Schlumberger nous jugeât assez coupable pour être pendu sans miséricorde, et si nous ne l'avons pa$ été ce n'est pas de sa faute. Amour de confrère, va! Voilà ce que nous gagnons en étant juste; enfin nous l'avons échappé belle.
A cette époque (octobre 4856), un dessin fut fait de ces deux plantes ; il ne tarda pas à être expédié à l'éditeur de V Illustration Fort, (I). H. Amb. Versachffelt, qui promit de les faire figurer dans son excellent
(I) L'HortieuUeur fronçait ayant refusé la publication du Pétunia Weias Scblomberger.
recueil» pour le mois de mars'oa avril; mais dans rintervatle parut le numéro de janvier de VEarticulteur français dans lequel ces deux Peftnita étaient jugés; ceci donna à réfléchira l'éditeur de Vllltut. Hort. qui, vou^ lant savoir à quoi s'en tenir au juste avant de les faire figurer et de les recomnmnder, attendit leur Ooraison et se décida seuleoientpoar le mois de juillet de celte année.
Or, voici ce qui est arrivé. Le consciencieux éditeur de Vlllust. Eart. a vu, comme nous^ dans le Pétunia Weiss Schlumbergerj ane plante très peu recommandaUe quand on a eu les variétés panachées GMre de France^ M. de Saint^lnnocent^ M. Loyrejmp. Eugénie^ etc., etc., il a donné au Pétunia Inimitable seul, les honneurs de la publication, en se conformant tout à fait au jugement porté six mois avant, par nous» dans YEortieuUewr français^ et qu'un illustrissime horticulteur de l'Est de la France a qualiDé d'ineinuation maheiHante.
Maintenant autre chose. D'après le dessin elle texte que r/Z/if^fra/ûm Eort. vient de donner du P. Inimitable, nous recevons d'un amateur de Dieuze une lettre de laquelle nous extrayons le passage suivant :
< Dans le dernier numéro (juillet 1857) de Yllluri.
« Eort. y ai vu que le Pétunia Inimitable qui a été donné en même temps < a deux horticulteurs de Nancy, MM. Meunier, etRendatler, et quiToot « baptisé chacun sous un nom différent Inimitable et Gioire de Dieusu, « venait de paraître ; et que M. Charles Lemaire, rédacteur de cette ex- « cellente publication, annonçait faussement (peut-être faute de bons « renseignements) que ce Pétunia était « obtenu de semis par m horti- « culteur de Nancy, M. Meunier^ qui m avait envoyé à notre éditeur « (M. Yerschaffelt) unepartie de r^diïton.D Cette erreur est d'autant plus « regrettable qu'elle est faite au préjudice d'un des bons et modestes « horticulteurs de notre ville M. THuillier. Aussi, je vous prie monsieur, « dans rintérêt de notre concitoyen de redresser cette erreur dans F^o^* « ticulteur français, seul journal existant, qui ose dire la vérité.»
« Agréez. » etc. ***
Nous ne comprenons pas, en effet, comment le rédacteur et l'éditeur de Vllluet. Eort. ont annoncé d'une manière aussi abusive, M. Meunier comme obtenteur du Pétunia Inimitable. Peut-être est-ce parceque M. rHuillier^ de Dieuze, est un horticulteur qui, ne lançant pas de catalogues sur lesquels il fait la roue^ doit être trop petit pour l'avoir obtenu» ou bien. . . nous n'osons même pas le penser; mais nous prostesterons toujours contre de tels abus, nous dévoilerons toujours ceux q^i ^ ^^
refident coopables et nous promettons de les cloaer tout vivants dans les coioBBes de notre journal. Cest an lecteur de juger si nous avons le bon droit pour nous.
Geineria egregia.
VlUëstration Sort, vient de donner la figure d'un hybride nouveau : Gemeria egregia^ aqoard'hui Beppiella nœgelioïdesqm vient de naître dans l'établissement de H . Yerschaffelt, par une fécondation artificielle do Gesneria xeMna el de VEeppiella nœgelioïdes*
Aqjonrd'bui, on fait une véritable chasse aux hybrides et aux variétés ; c'est à qui attrapera quelque chose le premier. Plaise à Dieu que cet itat de choses dure longtemps encore; qu'on ne voie pas, dans ces gains de toute natnre qui dwndent dans une si grande proportion, un signe déplorable de Tétat de notre horticulture.
Quoi qu'il en soit, le Getneria egregia n'aurait pu naître en plus beau lieo ni sous un plus généreux patronage. Avec ses recommandations seules, cet hybride est en droit d'attendre une grande faveur du public horticole.
Farfiêgium grande.
L'objet de cet article est une curieuse Composée, introduite de la CSiine difls les Jardins de M. Glendinning de Chiswick par le célèbre botaniste voyageur M. Fortune. Proche parente des Tuailago, avec des fleurs aissi peu apparentes <pie les leurs, elle est uniquement remarquable par la graodetf , la forme et la couleur de son feuillage. Qu'on se figure de grandes feuilles cordées, arrondies de 60 centim. de circonférence , d'un vert d'émeraude mouchetées de nombreuses taches arrondies d'un jaune clair.
D'après des oftilif, cette plante aurait les feutUes persistantes durant l'kiver, précieuse qualité qui en fera une nouveauté très ornementale. Cette plante a été admirée vers la fin de 4856 à l'une des expositions d'horticulture de Londres, et comme la renommée la précède, il est tout probable que le succès la suivra.
Acacia pyramidal.
D'après le Gartenflara^ il se serait produit dans les jardins de M. Schickler, à Stuttgard, dans un semis de graines de V Acacia {Bobinia Pieuio^aeaeia)^ une forme d'Acacia^ inerme, avec port pyramidal, et à rameaux presque parallèles au tronc, dont la partie nue serait de 3 à & mètres, et la partie rameuse de 8 à 4 Omet, au-dessus du sol.
11 parait donc que la forme pyramidale est uae anomalie qui peut se produire sur beaucoup d'arbres, puisqu'on connaît depuis longtemps la forme pyramidale des Chênes, des Ormes, des Ifs, etc.
Comme l'Acacia-boule, cet arbre ne fleurit pas, mais son effet, aussi piltoresque que distingué, compense grandement ce défaut.
Son heureux obtenteur, M. Schickler, vient de mettre cette variété au commerce dans ces conditions: lagreifeSfrancs, et lespiedsenracinésà 8 francs la pièce.
Louis Irgelrest.
*QQQ^
nm dépérlssenaent de» arbres de mmm pwmmÊmmmétB
poMlqaee (4).
L'existence des arbres de nos promenades publiques est exposée à mille dangers : aussi les tables de la mortalité qui sévit dans leurs rangs semelles lamentables. A peine sont-ils plantés que, malgré les moyens préservatifs que la police multiplie autour et auprès d*eux, ils ont à subir de la part des passants des outrages de toute espèce : chocs, meurtrissures, rien ne leur est épargné . Les enfants — cet âge sans pt/tV, comme dit La Fontaine, — les tourmentent de toutes façoDS, et à cet endroit les gens qui devraient être raisonnables ne le sont guère plus que les enfants. Sauf quelques situations privilégiées, comme les Tuileries où la végétation se développe librement avec une magnificence digne de la nature sauvage, et les boulevards extérieurs parce qu'ils sont déserts, la plupart des plantations languissent et meurent prématurément, victimes du contact malsain de la civilisation. Vainement leurs racines plongent dans un terrain de choix : le sol bientôt piétiné, recouvert en partie d'un pavé ou même d*une couche imperméable d*asphalte, est infecté par les fuites des conduits du gaz. La nuit même n'a pas de repos peureux: l'éclairage qui inonde leurs feuilles, en les privant de l'espèce de som* meil qui leur est indispensable, trouble nécessairement l'économie de leurs fondions, et surtout ces alternatives d'expiration de l'acide carbonique et dû roxygène, destinées h établir avec le règne animal un si merveilleux équilibre.
Si, au travers de tant d*obstacles, Tarbre parvient à vivre et àdéve^ lopper ses branches, on l'accuse d'offusquer les maisons voisines. Trop
(I) Bulletin d9 la Société botanique de France, séance de mars IS67.
soHTeot, mûigré la sonreiilaDce des sergents de ville» il est victime d'un eopoisoDoemeot avec préméditaiion. (jui sait même si, au jour de Yé^ meule, le bourgeois imprudent oe donnera pas lui-même le signal du renversement? Mais te bourgeois ne tardera pas à se repentir de son ingratitude. L'invasion étrangère avait devancé nos discordes civiles dans cette oeuvre de destruction. Aux Ghamps-Eljsées, nos plus beaux arbres portent encore les cicatrices de 48U et de 4815. Les feux de bivouac, allumés à leur pied, avaient brûlé leur écoree ; la dent des chevaux Tavait déchirée. Grâce à de bons pansements, les plaies ont été reeonvertes d'année en année par des couches nouvelles ; et nos descendants, à défaut de rhistoirCf pourront un jour lire sur la tranche de ces arbres, la date précise de nos malheurs.
Q est évident que les causes purement naturelles, les météores, les passages brusques de la chaleur au froid, doivent agir aveo une funeste intensité sor des êtres condamnés au régime que nous venons d'indiquer. Si quelque branche est brisée par le vent, il se forme d'autant plus prpmptemeot sur son écoree des crevasses, des gouttières, le long desquelles Teau pluviale coule avec la sève extravasée : ailleurs, et ce cas est le plus fréquent, la partie desséchée de l'écorce, composée de l'épiderme et de l'enveloppe subéreuse, est minée dans tous les sens par des insectes xylophages (rongeurs de bois) ; la partie vivante, fibres corticales et liber, est bientôt compromise; l'arbre ne résistera pas longtemps. Il faut le dire pourtant< on a constaté que certains insectes s'attaquent même aux.arbres plantés dans les conditions les plus favorables.
Un insecte coléoptère du genre Scolyte exerce les plus grands ravages i Paris et dans Tes environs ; il y en a quatre espèces :les Scolytes tn/rtcatus eipygfnœus qui vivent sur le Chêne, les S. destruclor et multislria" iui qui sont le fléau de l'Orme ; le S. destruclor s'attaque aux vieux Ormes, le S. muliistrialus aux jeunes : nous nous occuperons ici des deox derniers. Vers la fin de l'été, la femelle s'insinue dans les gerçures de récOrce, y creuse de bas en haut une galerie parallèle aux fibres corticales, et destinée à recevoir ses œufs. Après la ponte, Tinsecte se traîne à rextiémité de la galerie et y meurt, comme pour y former, avec les débris de son corps desséché, un rempart à sa progéniture; car un autre insecte, VIehneuman, s'y présentera pour y introduire la sienne, qui dévorerait dans leurs retraites les larves du Scolyte, en se formant des coques avec leurs dépouilles. Cependant ces larves se sont développées, et chacune d'elle s'est mise à creuser, perpendiculairement à la galerie maternelle, sa galerie partieutière, dont le prolongement est plus ou
moiDS sinueux. De là ces espèces de tatouages que l'on remarque à Tintérieur des plaques décollées de Técorce : chaque groupe de galeries, sorte de miniature des foudres que les artistes placent dans les serres de Taigle, présente dans son ensemble une forme ovale et dessine* sur 5 i 8 centimètres dans le petit diamètre, le champ d'activité d'une famille de Scolytes composée d'une centaine d'individus. Il existe dans la galerie d'entomologie du Muséum d'histoire naturelle une collection curieuse des travaux, soit utiles, soit nuisibles, des inàectes qui vivent aux dépens des substances végétales : c'est là que l'on peut examiner à loisir les traces de l'invasion vraiment redoutable des Termites^ dans les ports de La Rochelle et de Rochefort^ si bien décrite par M. de Quatrefages, il y a quelques années, dansla JRevue des Deux-Mondes, et que nous avons mentionnée nous-même dans notre botanique à r Exposition universelle de 4855. Dans l'une des vitrines de cette collection se trouvait un échantillon de bois d'un jeune Orme, comme sculpté pour ainsi dire parle Seolytes multistriatus.
A ce moment, une foule d'autres insectes, espèce de populace, ne manquent pas d'arriver, soit pour miner à sa façon l'écorce déjà ébranlée, soit, comme les Cloportes et les Hillepieds, pour jouir de l'abri frais que présentent les intervalles des couches décollées de récorce. D'antres, comme la grosse larve du Bombyx {Cossus ligniperda), percent du premier coup écorce et bois, n'attendant pas, pour pénétrer jusqu'au cœar de l'arbre par des galeries sinueuses aussi, que le& approches de la place aient été facilitées par le Scolyte. Enfin l'écorce se détache entièrement du tronc et se renverse par plaques souvent longues de plusieurs mètres, comme des pans de murs. Sur ces entrefaites, le Scolyte , dont la larve se sera métamorphosée, aura profité des beaux jours de juin pouraban* donner son berceau, et se sera envolé par myriades sur les arbres sains du voisinage, pour aller y recommencer la même série de ravages.
Le nombre d'Ormes ainsi détruits par le Scolyte est immense. L'administration municipale, sôbs l'excellente direction de M. le comte de Rambuteau, grand planteur lui-même dans ses terres de Bourgogne, s'était préoccupée de cet état de choses et s'était efforcée d'y porter remèxle.
C'est alors que H. le docteur Eugène Robert, déjà connu par ses travaux comme géologue attaché au voyage de la Commission scientifique dans le Nord, s'était livré à des recherches sur les ravages causés par les insectes. Le sujet, dans sa généralité, n'était pas entièrement neuf : Réaumur ne l'avait pas négligé. En 4837, H. Ratzebarg avait entrepris, à Beriin, la publication de son ouvrage sur les Insectes utiles ou
QQûiUes des foréU (4). Cù traité approfoudi contient une roule de détails iBStractifs sur les Bostrycbes, qui infestent les forêts de Conifères dansie Hars, mais peu ou point de documents applicables aux Scolytes^ qui paraissent être assez rares dans le nord de l'Allemagne. A cet égard, et dès 4836, réveil avait été donné par le savant auteur des Mémoires sur la Pjraledela Vigne, Audouin. M. Robert se livra à cette étude d'une manière spéciale. Ses premières expériences sur les arbres des promenades de Paris, de Saiat-Qoud, de Versailles, datent de 4843, et furent. Tannée suivante, l'objet d'une conununicatioa à l'Académie des sciences. La Société centrale d'agriculture avait ouvert un concours pour de bonnes observations sur les insectes nuisibles; le prix, consistant en une médaille d'or, fut décrue en 4845 à M. Robert> qui publia son mémoire en décembre de la même année. Le rapporteur de la Société d'agriculture» M. GuériD-Ménevillet avait caractérisé la métbode de H. Robert en disant qu'elle offrait an moyen simple, certain, appuyé sur les données de la physiologie végétale et de l'entomologie : 4o de rendre la vitalité aux arbres languissants, ce qui en éloigne déjà les Scolytes; S» et surtout de laire périr une prodigieuse quantité de ces insectes. Le 7 juin 4847, M. Milne Edwards présenta à l'Académie des sciences un mémoire de M. Robert, en appelant somiualrement l'attention de l'Académie sur le double effet (guérison des arbres avec augmentation d'accroissement en diamètre) produit par l'enlèvement partiel ou général de la vieille écorca du tronc et des grosses branches jusqu'au liber. Un rapport plus détaillé m ce mémoire fut présenté le 27 mars 4848, par M. Milne Edwards, au nom d'une commission spéciale dont il était membre, avec feu Achille Bichard et H* Decaisne. Les conclusions, qui tendaient à approuver les recherches de M.Robert et à ordonner l'impression de son mémoire dans le Recueil des savants étrangers, furent adoptées.
Les végétaux, en leur qualité d'êtres animés, relèvent, comme les ani« maux, de l'art de guérir considéré dans sa plus grande généralité (2). L'hygiène qui leur est propre s'appuie sur la connaissance de leurs organes et du mode deleir accroissementi sur celle des milieux où ils. sont destinés à vivre,afin d'écarter d'eux les influences pernicieuses et de leur fournir avec plus de régularité et d'abondance les éléments nécessaires
(t) RaUeborg. Di$ Forii-In$§et€n, oàtr AhbiUkmgen «nd BuùkrtiHtmng der M dm WMkm Prenê$m$ und der NachbarkUuaen als MiMich odir nueisf^ liehbikanni getoardenen Intecttn, 4 vol. in-4o. Berlin, 4837-1863.
W Meyen. PfUmxm'Pathologie. Berlin, 4841.
à leur accroissement; rétadedes parasites de toute sorte qui se fixent sur les végétau)[, et la théorie des engrais, éclairent cette hygiène \ et ions avons déjà dit combien est funeste aux arbres de nos villes le régime au* quel ils sont soumis.
Le trnitement médical des plantes dérive des lois de l'hygiène; mais H y a aussi une chirurgie, végéta le. La plus usuelle de ses opérations, la taille des arbres, c'est-à-dire Pampuiation, selon certaines règles, de certains rameaux, met en évidence cette différence fondamentale entre les végétaux d'une part et les animaux des classes supérieures d'autre part, et consistant en ce que, ceux-ci étant des êtres essentiellements terminés, la régénérescence des tissus sous Taction du scalpel est renfermée dans d'étroites limites. Une plaie se refermera par suite de la fonDation* sur ses bords, d'une partie peu étendue de tissu nouveau; lorsque les ongles et les cheveux auront été coupés, ils repousseront dans de certaines limites : mais là se borne la faculté reproductrice de la substance organique. Au contraire, le végétal, analogue aux aninraux inférieurs, aux polypes par exemple, est un être à propagatiofi pour ainsi dire indéfinie par bourgeons, ou plutôt il semble former une association d'individus à divers degrés d'évolution et susceptibles d'acquérir un développement complet, si les circonstances leur sont favorables. Ce phénomène est si général, il domine tellement l'ensemble de la physiologie végétale, que la reproduction par graines, si étendue pourtant et si variée, ne parait plus elle-même qu'une grande exception. C'est ainsi que s'expliquent le mieux l'accroissement et la durée énorme de certains arbres fameux, tels que le Dragonnier des Iles Canaries, le Châtaignier de l'Etna, où les parties atteintes par la décadence étant réduites à l'état de support inerte, de subslralumj pour emprunter le langage de l'école^ les bourgeons qui revêtent ce support se substituent les uns aux autres en se . transnoettaDt le principe de la vie :
Et quasi cursores vital lampada tradunt.
(Lucrèce, l. II, v. 78.)
M. Robert a fait sur les arbres malades plusieurs sortes d'opérations de chirurgie végétale, dans chacune desquelles il s'agit de régénérer réceree, pour recouvrir à nouveau les parties endommagées de raii)re; cela est toujours possible lorsqu'il en a conservé une portion suflftsaoteàrétaide vie : voilà ce que M. Robert appelle sa phioù^iimtie (de fUA^ écorce» et irWffuv, former).
C'est un axiome élémentaire^ en chiruirie, que les plaies doivent ftre
tennetprofiremeo t • Ceilesdas arbres» mettrlriMires, dianeres, (outiièreii seront débarrassées de toutes les parties de tissa décomposées, et grattées à vif. Si le mal a été assez profond pour meure le bois à nu, on étendra sor la surface ligneuse un enduit quelconquet pour la préserver du conuct de rair qui en bâterait la destruction. Partout, au contraire^ où il existe quelque partie vivante de Técorce en parenchyme ou fibres corticales^et à plus forte raison en liber, soit sur le fond de la plaie, soit sur ses bords, noD-seolement il faudra la respecter soigneusement, mais encore il importe beaucoup de conserver, si on le peut, pour la protéger, quelques minces feuillets de la coucbe subéreuse : c'est Tespoir de la phloiuplastic. Lorsqu'on opérera dans une saison où la chaleur sera modérée, 00 même pendant Tbivor, il ne faudra pas craindre comme pour le bois le contact prochain de l'air pour les fibres corticales; elles en ont besoin an contraire, et Tapplication d'un enduit bitumineux, surtout s'il était employé à chaud, serait funeste. Quand Topération aura été bien faitCt les bourrelets régénérateurs ne tarderont pas i paraître.
Les bons effets du traitrement méthodique des plaies ont conduit k ridée des plaies laites à dessein, avec des instruments tranciiants, comme moyen de rétablir la santé générale de Tarbre. M. Robert enseigne k les faire, dans les cas suivants, et son succès a été complet.
Lorsque Técorce do tronc et celle des grosses brancbes, entière à Texteneur, mais rugueuse et d'un aspea noirfttre, aura été envahie par le Scolyte, ce que dénote, d'autre part, le dépérissement du feuillage, illaur dra se hâter de pratiquer longitudinalement,sur les parties attaquées, des incisions pénétrant les couches corticales, jusqu'au liber exclusivement. Souvent ces incisions suffiront pour déterminer tout le long de leurs lignes la formation de bourrelets. Plus souvent il faudra enlever entre deux incisions uoe bande étroite aux dépens des couches subéreuses, mais en ménageant les plus intérieures des couches, comme nous l'avons dit pour le nettoyage des plaies accidentelles. Cette espèce de scarification déterminera uu afilax de lasévci provoquera la formation de tissus nouveaux et arrêtera la marche longitudinale des larves du Scolyte, partout où riastrumenide la scarification ne tes aura pas effectivement atteintes et enlevées.
Mais si^ fante d*une scarification pratiquée à temps» Tarbre a été ea* vahi de tontes parts par le Scolyte, et si la maladie est arrivée à ses der* aieis périodes, alors il Caiulra recourir aux remèdes héroïques. M. Robert n'hésite pas, dans ce dernier cas, k pratiquer ce qu'il nomme dieortiea^ tm sur «ne partie notable, ou même sur la totalité du pourtour de Tar-
bre, jusqu'aux premières brancties; les simples incisions étant réservées pour le tronc des arbres nouvellement atteints et les grosses branches des arbres très malades.
Pour ces diverses opérations, H. Robert se sert d^instmments très commodes, analogues à la doloire des tonneliers et à Thermlette des charpentiers. L'ouvrier détache avec facilité des plaques minces ou copeaux, procédant avec précaution, par petites entailles, de manière à ne pas offenser le tissu vivant; la plupart de ces copeaux sont remplis de larves de Scolytes. Dans les opérations de l'enlèvement des lanières longitudinales et de la dëcortication se manifestent plusieurs effets liés Tun à l'autre : d'abord, une sorte de débridement^ pour parler avec H. Robert; les parties jeunes d^ l'écoree sont comme soulagées du poids qui comprimait leur développement, le tissu cellulaire s'étend, la sève circule avec plus de liberté pour repousser en dehors les parties anciennes, et il est évident que cet effet de dilatation doit se propager jusqu'à l'aubier Iui*méme. De tout lemps, les jardiniers avaient remarqué qu'un moyen sûr d'activer le développement des jeunes arbres était de fendre leur épiderme; ces jeunes aitres étaient trop serrés dans leurs langes, on laissait plus de liberté à leurs mouvements.
En second lieu, et c'est le phénomène principal, il se forme, comme nous l'avons vu, des bourrelets; dans le cas de l'enlèvement des lanières, ils se développent sur les bords de la bande longitudinale ; dans le cas deladécorlicationion voit se former sur toute la nouvelle surface une espèce de réseau dont les mailles sont tracées par les lignes mises à no des fibres corticales.
De tout temps aussi il a été pratiqué en Normandie avec succès, sur les Pommiers languissants, ime décortication partielle, mais très superficielle, et qui consistait le plus souvent à nettoyer la surface de la tige. Saussure et plusieurs autres s'en sont occupés; mais ils ne s'étaient rendu compte que sommairement du phénomène: aujourdliui les progrès qu'ont faits Panatomie et la physiologie végétales nous permettent de le suivre dans son développement intime. On pourra donc rechercher si, dans la formation pour ainsi dire artificielle des nouveaux tissus corticaux, les organes élémentaires se produisent selon le même ordre que dans la formation naturelle et normale; si, par exemple, et à quelle épo^ que, sous Tépiderme des bourrelets, on trouve les cellules cubiques de Tenveloppe subéreuse ordinaire, si distinctes des cellules polyédrîqtJfis à parois plus épaisses, plus lâchement unies, de l'enveloppe cellulaire proprement dite; si celte position relative se maintient, ou bien si à aucune
époque de la vie de ces bourrelets^ qui se coAfondeut peu à peu avec les iBdennes formaiions» il n'y ade différence entre les cellules. Nous recom- BumdoDs ces questions à ceux des membres de la Société qui sont familiarisés avec les recbercbes anatomiques.
EiifiQ, l'accroissemeat de Tarbre eu diamètre résulte nécessairement de la vigueur rendue à sa végétation» et par conséquent de la formation des bourrelets. A prioriy on pouvait le dire ; on s'en est assuré par l'expérience. Il est remarquable, en effet, que la partie ménagée de l'enveloppe subér(suse tendra bientôt elle-même à se détacher naturellement ce qui ne peut s'expliquer que par un plus rapide accroissement des parties intérieures appelées à la remplacer. De plus, comme les bourrelets qni se sont formés sur les bords des incisions longitudiuales font bienlAt saillie et constituent des côtes sur le tronc, faute de pouvoir se loger dans le vide formé par ces incisions ; qu'ensuite ces côtes disparaissent etumne résorbées par le tronc qui redevient cylindrique, il faut bien que le diamètre du tronc se soit accru. Knigbt avait remarqué depuis longtemps que les arbres décortiqués avaient plus grossi, dans l'espace de deux annéesf qu'ils ne l'avaient fait pendant les dix années qui avaient précédé l'opération.
On Ta vu, les procédés de H. Robert n'ont rien en eux-mêmes d^absdnment nouveau ; mais ce qui lui appartient en propr^, c'est d'en avoir systématisé la pratique et de l'avoir appliquée hardiment, profondément , et de manière à amener la destruction du Scolyte. M. Robert est allé jusqu'à se demander si, en vertu du principe que nous avons eiposé drdessus de la multiplication pour ainsi dire indéinie des bourgeons» on ne serait pas fondé à espérer un accroissement considérable de durée chez les arbres déjà vieux, qu'on soumettrait à une déeortica* Uon périodique, et il a été conduit, par ses expériences variées et ses observations rétrospectives sur la longévité des arbres en général, à regarder comme probable le succès d'une pareille méthode ; elle ne serait, après tout, qu'un corollaire du principe sur lequel toutes les opérations sont fondées.
Les travaux de M. Robert furent malheureusement interrompus en 4848 ; l'administration d'alors en perdit de vue, ou à peu près, le but et Timportance. Les nouveaux inspecteurs des promenades crurent remé* dier suffisamment au dépérissement des arbres par l'emploi de moyens bj^éniques et médicaux. Par exemple , on traitait les arbres malades par l'application à leur pied d'une certaine quantité de bon terreau ou d'engrais énergiques, tels que le sang de bœuf, nourriture trop substan-
tielle poar des coBstituHons délabrées. Ailleurs on reooaveiait; sur une assez grande étendae et à une certaine profondenr , le sol tout entier d*une plantation y et l'on ne comprenait pas que le mal principal était causé beaucoup moins par une proportion insuffisante des principes nutritifs dans le sol que par la détérioration de fécorce, et que là deYait être appliqué le remède : c'est ce qui est visible, en ce moment même, dans les travaux qui s'exécutent dans le jardin du Palais-Royal. De plus, on commit la faute d*enduire de goudron employé chaud la surface des incisions, et on brûla une partie des tissus nouvellement formés sur les plaies et incisions longitudinales. La propagation du Scolyte avait fait des progrès surprenants sur les Ormes. Les forestiers allemands conseillent de disposer, de place en place , des troncs attaqués par les insectes, afin d'y attirer ces animaux, dont on se débarrasse ensuite plus facilement, et ils les appellent des arbres-piéges (Fangbœume). La plupart des Ormes de nos promenades étaient réduits à ce triste état, mais ils propageaient le fléau au lieu de servir à l'arrêter.
Alors fut organisé le service municipal des plantations et promenades de Paris, sous la direction de M. Alphand, ingénieur en chef des ponts et chaussées, heureuse association de TEcoIe polytechnique et du jardinage. Le nouveau service ne manquera pas, sans doute, de se mettre en communication habituelle avec le savant professeur de culture au Muséum^ H. Decaisne, et parviendra, nous l'espérons, à concilier l'application des lois de la physiologie végétale avec les exigences de la voirie urbaine. On ne tarda pas à reconnaître que les arbres traités, notamment en 4847, par M. Robert, et abandonnés depuis à eux-mêmes , étaient, à peu d'exceptions près, parfaitement guéris, pleins de vigueur: on réclama de nouveau le concours éclairé de M. Robert. Malheureusement, pour un grand nombre d'arbres il était bien tard. M. Robert, eu médecin dévoué qui ne recule pas devant les cas qui semblent désespérés, a répondu à cet appel et s'est remis à l'oeuvre avec un généreux empressement. En ce moment même, il dirige une opération assez étendue aux Champs-Elysées. Aux environs du Palais de l'Industrie, la curiosité des passants est attirée et leur inquiétude s'émeut jusqu'à m certain point, à l'aspect étrange d'une foule de troncs décortiqués etcomme écorchés ; l'espèce de pellicule qui reste de la couche subéreuse et des libres corticales tranche par un brun rougefltre avec la teinte noire du trône. Cette couleur rougeàtre qui, au reste, ne persistera pasiontemps» est due au contact de Tair sur les parties en voie de formation y parenchyme et fibres corticales , dans lesquelles la sève est déjà en mouve-
meot : il eo est auiremeot ioreqoe ropémioo est pratiquée à Teotièe de l'hiver. Or^ on peut recaeillir au pied de l'arbre, avec les lambeaux de Peuveloppe subéreuse eu état de décomposition avancée qui ont été simplement détachés à la maint de nombreux copeaux enlevés par le fer ; les uns et les autres sont attaqués, à divers degrés, par les larves du Scolyte .
Nous engageons les membres de la Société à se hâter d'aller étudier ropératioo^ que la saison déjà avancée où nous sommes viendra bi3n(ôt interrompre. Non pas que M. Robert ne la pratique aussi quelquefois dans le cours de Tété, lorsque la végétation est dans toute son activité ; mais niors il a soin d'entamer moins profondément Técorce, et d'employer pour garantir les plaies contre les ardeurs du soleil, cet onguent très connu dont rinvention est attribuée au saint patron des jardiniers. On remarquera aussi^ au pied d*un certain nombre d'arbres, des tranchées pratiquées à 50 ou 60 centimètres de profondeur dans le sol, et disposées comme les ra jons d'une croix d'honneur, dont elles ont laforme élargie vers la circonférence, rétrécie vers le centre. Ces tranchées, qu'on remplit ensuite de pierrailles, sont destinées à procurer aux racines Taccès de l'air et de l'eau des pluies ou des arrosements artiAciels : pour en être plus sûr, vu le piétinement auquel le sol est sans cesse soumis, des tuyaux de drainage sont adossés verticalement au pivot de l'arbre et on en couvre l'ouverture avec un tulleau. Cette méthode accessoire a paru utile dans cette partie des Champs-Eljsées , où le collet des arbres se trouve trop enterré par les remblais qui ont eu lieu à la suite de la construction du Palais de l'Industrie.
Nous ne terminerons pas cet exposé sans féliciter l'administration municipale de sa sollicitude pour l'extension et la conservation des plantations qui contribuent à l'embellissement, d'ailleurs si rapide , de Paris dans ces dernières années. Ce qu'il en coûte, ce que cette extension de la capitale entraîne de conséquences diverses et d'une haute portée, n'est pas de notre sujet; naais le botaniste, qui naguère encore herborisait en dehors de la barrière de l'Etoile, lorsqu'il voit nos fortifications de 4840 comme égarées au milieu de quartiers nouveaux, et le bois de Boulogne devenu une promenade de Pai is et un jardin peigné^ oh il n'y aura bieiH tôt plus une seule mauvaise herbe^ peut avoir quelque droit de se plaindre. Toutefois, s'il est forcé d'aller chercher plus au loin dans la campagne la trace des Jossieu, il est appelé à prendre sa part dans les jouissances du citadin, et il mêle volontiers sa voix à celle du public pour rendre hommage aux soins prévoyants d'une administration qui , non
contente de bfltir, semble avoir pris aussi pour devise le mot du sage octogénaire de la Fable :
Mes arrière-Dey eux me devront cet ombrage.
Comte Jaubert.