‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 34 sur 160 · I.M h#anM« et Um choMs ea iSSV; par M. E. A. Carrière · texte numérisé non relu

I.M h#anM« et Um choMs ea iSSV; par M. E. A. Carrière

Sous ce titre vient de paraître un livre sur lequel nous croyons devoir dire quelques mots. Nos lecteurs vont sans doute être étonnés de voir dans un journal d'horticulture annoncer un ouvrage dont le titre seul semblerait devoir l'en exclure: il appartient cependant au domaine de la culture, et la qualiGcation i'uiile que nous lui donnons nous parait jastement méritée; car il convient non-seulement aux agriculteurs, mais encore à toutes les professions, à tous les âges, à tous les sexes ; c'est, nous n'hésitons pas à le dire, le livre de tout le monde, et qui doit prendre ptace dans toutes les bibliothèques.

Le bat de l'auteur^ en écrivant ce nouveau volume (S), a été de montrer l'enchatoement quMl y a entre tous les êtres, mais plus particulièrement la liaison intime qui existe entre les animaux et les végétaux, en prenant dans ces deux règnes les deux types les plus élevés : dans le premier, l'homme, que l'auteur est loin toutefois d'assimiler aux animaux, et dans le second les arbres. Dans ce travail, aussi philosophique qu'agricole, M. Carrière démontre très clairement, et par des faits nombreux, que le sort de l'homme est étroitement lié à celui des forêts, et qu'à mesure que celles-ci disparaissent au-delà de certaines limites, la vie de notre pauvre espèce devient de plus en plus laborieuse, et qu'elle est as-

(4) Chez Tauteur, 53, nie de Baffon, à Paris; à l'agence des joornaaz, S?, me MoDsienMe-Prince; et dans les principales librairies.

(i) l/hoiticnUnre doit déjà à M. Carrière un Traité des pépinières; le Traité général des Conifères^ le GtUdê pratique du Jardinier multiplicateur.

saillie par de nouveaux mautx * Il résume et démontre en qidque fiorlè, par ce que nous appelons le progrès, lamarche et la décadence des nations qui nous ont précédé; avec les mêmes arguments il nous montre le sort qui nous attend. La conclusion la plus sérieuse — et qui nous paraît très logique^ — que M* Carrière en a tirée, c'est qu'un jour viendra oi d autres natiws rechercheront dans nos propres ruines quel a pu être te peuple qui les a laissées, de même que nous recherchons auiowr-dkai dans les ruines de Fantiquité quels ont pu être les peuples dont elies sont les débris... — Dans tous ces détails l'auteur s'est élevé à des considérations philosophiques qui paraissent incompatibles avec les travaux de jardinage auxquels la plus grande partie de son temps e£t consacrée; mais partout il se montre aussi profond philosophe que savant jardinier.

Dans cette inspection générale des hommes et des choses, M. Carrière examine d'abord à divers points de vue ce qu'on nomme le progrès, puis ildémoDtre, par des faits, que le nom donne souvent une idée très fausse delà chose. Les relations sociales de toutes sortes, l'éducation des hommes, celle des femmes, ont été de sa part l'objet d'un examen sérieux, et nous devons reconnaître que l'auteur envisageant ces questions au double point de vue physique et moral les a très heureusement traitées.

L'étude des maladies qui frappent les végétaux et les animaux sont aussi le sujet d'un examen particulier; les conséquences que fauteur en tire, quoique cependant hypothétiques, oe laissent pas d'être d'un très grand poids contre le déboisement qui s^opère de toutes parts. D'après M. Carrière, toutes ces maladies seraient, en grande partie, occasionnées par la rupture de l'équilibre entre le règne végétal et le règne animal. Et en effet, les végétaux, les arbres surtout, ayant la propriété de renouveler sans cesse l'atmosphère en changeant l'air vicié en air vital, si vous détruisez cet appareil i^ivificateur il en doit résulter nécessairement que cet air ne pouvant plus être puriQé devient pernicieux aussi bien aux végétaux qu'aux animaux ; on ne doit donc pas s'étonner de voir surgir toutes ces maladies qui attaquent tons les êtres organisés. On pourra <ri)jecter que l'air recueilli sur les points les plus élevés de nos montagnes, ou dans les bois même, présente à l'analyse les mêmes éléments et dans les mêmes proportions que l'air des hospices et des pays oii règne la peste, et que par conséquent ce n'est pas à l'action de l'air qu'il faut attribuer ces maladies. A ceci, nous répondrons avec H. Carrière, qu'il existe évidemment dans l'air des principes subtils que nous ne pouvons découvrir avec les instruments trop grossiers employés pour

ces analyses, qui soal toujours tûtes sur des quantités d*air tdlement minimes, que ces principes et la différence de proportion des éléments se trouvent par cela même insaisissables. C'est ce que démontre très dairement Fauteur par des exemples et des comparaisons simples et très judicieuses. Il met nettement à jour rinfluence des forêts et les conséquences désastreuses du déboisement. Il s'appuie sur les documents d*bommes compétents ; invoquant leur témoignage pour donner plus de poids à ce qu*il avance, et pour justifier ses assertions. Selon lui, et c'est aussi notre opinion, à mesure que les forêts disparaissent de notre globe, on voit leur influence s'affaiblir dans les mêmes proportions, d'où résulte Finstabilité des saisons, et Tirrégularité des pluies; par suite et comme conséquence forcée, les inondations de plus en plus fré« quentes,ce qu'il constate dans un tableau où Ton voit en effet, que la progression des grandes crues d'eau pendant les trois derniers siècles est vraiment effrayante. Les moyens d'éviter ces malheurs si terribles, qui jettent si fréquemment aujourd'hui la consternalion dans la population et amènent la ruine sur tant de contrées de notre pays, sont indiqués par l'auteur. — Les recherches sur l'étendue des forêts, sur leur aménagement et sur leur diminution graduelle ont aussi été, de sa part, l'objet d'une étude sérieuse» et des tableaux particuliers, qui font voir dans quelles proportions se sont effectués les déboisements, viennent encore rendre les faits plus saillants et plus saisissables. Ce travail a conduit l'auteur à rechercher quelle est la richesse du sol forestier, et si elle est en rapport avec nos besoins. Ici sa réponse est négative : la consommation est telle que les chemins de fer, seuls, seraient capables d'absorber bientôt le produit tout entier de nos forêts actuelles.

Après avoir démontré par tant de preuves, l'utilité des forêts , à tant d*égards, il était tout naturel que l'auteur consacrât quelques pages au reboisement: c'est ce qu'il a fait, il faut encore le reconnaître, avec la plus grande concision. Cette partie de son livre est essentiellement pratique, et, si dans ses considérations générales sur les hommes et sur les choses, M. Carrière se montre profond philosophe, il apparaît ici en habile agriculteur praticien ; la darté avec laquelle Jl traite ce sujet , fait voir que tons ces travaux lui sont familiers.

Il pose, comme une règle générale, qu'il n'est aucune partie du globe — i moins qu'elle nesoit continuellement recouverte par les eaux ou par les glaces — qui ne paisse être garnie de végétaux. Il entre ensuite dans des considération4 générales sur la marche de l'envahissement des terrains par la végétation, puis il traite des différents modes de semis et

plantations suivant les circonstances et les conditions dans lesquelles on opère ; des divers moyens à employer pour boiser les montagnes, les rochers, etc., etc. Ensuite il dispose par séries les végétaux propres au reboisement^ suivant la nature des terrains à reboiser. Ainsi, on trouve indiqué pour les terres calcaires, argileuses, siliceuses, tourbeuses ou marécageuses, etc-, les essences qui ont le plus de chances d'y croître. On trouve en outre indiqué pour chaque espèce d'arbre les hauteurs qu'elle peut atteindre, et les avantages qu'elle présente; les essences qui sont surtout propres pour le midi, le nord, oulecenlre de la France y sont indiquées par des lettres; l'auteur n'a rien voulu hisser incomplet.

C'est dans le trajet de cette navigation laborieuse au milieu des opinions si diverses émises sur le déboisement, que l'auteur jette quelques aperçus souvent piquants, mais toujours justes . sur les hommes et sur les choses, et qui rendent la lecture de son livre aussi attrayante qu'instructive. C'est ainsi qu'il traite des causes de l'augmentation continuelle du prix des denrées de toute nature et de celle des loyers , des mœurs, des habitudes de la population, et de sujets les plus variés : en un mot l'auteur a passé en revue tout l'état social; son œuvre est un compte rendu général qui caractérise parfaitement notre époque et qui justiGe son titre auquel il aurait pu ajouter : Abrégé de l'histoire pbilosophiqvieet d'économie politique du xix® siècle. Nous avions donc raison de le dire en commençant cet article : l'ouvrage de M. Carrière est le livre de tout le monde, et nous espérons le rencontrer bientôt dans les bibliothèques de toutes les personnes qui désirent connaître l'état actuel de notre société. F. Herincq.

CONGRÈS POMOLOGIQUE DE LYON

La Société d'horticulture pratique du département du Rhône a publié deux programmes , Tun pour son exposition de fleurs, fruits, etc., qui aura lieu à Lyon le 26 septembre ; Tautre pour annoncer l'ouTorture de la seoonde session du Congrès pomologique, qui coïncidera ayec cette e-xposition. La Société du Rhône, désirant obtenir le meilleur résultat possible, invite les hommes pratiques de tous les pays à prendre part aux travaux de ce congrès.

Paris. -^ Imp. borticok de J.-V. Gbos et Donnadd, rue Cassette, 9

IMS GERMANICA (Pl. mv).

▼ariéié* t 4 lêoure^ t Odette, 3 Priana, 4 Idion, 5 Madame JLeman ,

B<yn«i««;ie. /rtxéCa'u la messagère deJonoo. Cette jalouse et orgueilleuse déesse, pour récompenser Iris de ses bons senrices, la plaça dans le ciel ; o*est ce qu'on appelle l'arc-eD-ciel. Théopbraste et Pline ont donné ce nom anx plantes qui noifs occupent, à cause de la Tariélé de couleurs de leurs Aeurs.

piAMille. Iridiés de Jussieu, — Triandrie monogynie de Linné.

CAnàcSère* «éBérl^ae*. — Plantes TÎvaoes herbacées, à rhizome tubére nx on très rarement bulbeux, à feuilles largement rubanées, roides, pointues, engainantes, et attachées à la hampe florale par le bord. Les fleurs, grandes, belles el très variées en couleurs, naissent plusieurs sur une hampe rameuse, et sont accompagnées d*une spathe parcheminée. Chaque fleur n'offre qu*une seule enveloppe nommée périanthe ou périgone par les botanistes. Ce périantbe (corolle des jardiniers) présente un tube plus oumoios long inférienrement, etsijc divisions (vulgairement appelées pétales), dont 3 extérieures plus grandes, larges, réfléchies, barbues à la base dans certaines espèces; les 3 intérieures, plus petites, sont dressées. Trois étamines sont insérées à la base des divisions extérieures du périanthe. L'ovaire est infère (au-nlessous du tube de la fleur), presque triangulaire et à trois loges ; il est surmonté d'un style à trots angles et terminé par trois stigmates péuloîdes (élargis et colorés comme des pélalee), ayant en dessous, à la base d'une échancrure, une sorte de petite bouche par où pénètre la poussière pollinique. Le fruit est une capsule sèche à trois loges, contenant de nombreuses graines aplaties, disposées sur deux rangs dans chaque loge.

HISTORIQUE DU GENRE.— Les Iris ont été connues de tout temps et par tons les peuples des régions froides et tempérées de Thémisphère boréal. On les rencontre croissant spontaoément sur Tancien continent, dans la Sibérie, au nord, et, de là, elles s'avancent au sud jus* qu'à TAIgérie, la Perse et la Chine. Le Nouveau-Monde en possède aussi plusieurs espèces ; là encore, on ne les trouve que dans le nord de TAmérique ; la limite sud est la Virginie.

La France est la moins bien partagée dans la répartition des Iris sur notre globe. Son sol ne produit que des espèces à coloris peu brillant , comme Ylris pseudo-acarus, qui croit dans les endroits marécageux et sur les bords des ruisseaux. Elle a donc dû emprunter aux pays voisins toutes ces belles espèces qui ont produit ces nombreuses variétés, ornement de nos jardins pendant les mois de mai et juin.

Cest 17m xiphioïdesy vulgairement appelé Iris ou Lis i! Espagne j de Portugal^ d'où elle est originaire» qui, ja première, a reçu les soins de

iui.8*UT.'Aoàt1Sa7.

la culture en France. Son introduction renoionte à l'année 4574, année du mariage du malheureux amiral Coligny^ ce héros du calvinisme, si lâchement assassiné, avec soixante mille de ses coreligionnaires, de par ordre d'un roi chrétien^ Charles IX, en 4572. Un an après le massacre de la Saint*Barthélemy, les jardins français s'enrichissaient d'une seconde espèce, originaire de TÂlIemagne, Ylris germanica, qui est, dit-on, lé type des nombreuses variétés obtenues dans ces dernières années. Pendant tout le règne de Henri III, règne de troubles et de débauche, on s*occupa beaucoup plus de plaisirs licencieux que de culture des fleurs ; nous ne voyons, en effet, apparaître aucune nouvelle espèce d'Iris. Lors de l'avènement au trône de France de HenriIV,Mars régnait encore en maître absolu dans toutes les provinces françaises, et il n'était guère possible à Flore de se livrer à ses douces et innocentes occupations ; elle n'aurait eu, au reste, ponr arroser ses fleurs, que le sang de milliers de soldats égorgés, et elle a horreur du sang. Enfin, après 33 années de guerres civiles qui avaient dévasté le sol de la France, Flore put reconquérir ses Étals, en même temps que le roi de Navarre prenait définitivement possession de son trône. Il semblerait que les Iris attendaient Tabsolution du pape Clément YIII, ponr venir prendre place dans les jardins français; car dans la même année (4596), les Annales de l'horticulture avaient à enregistrer six nouvelles espèces. C'est qu'aussi la fleur i^Iris est la fleur qui figure sur les armes de la maison de Bourbon, sous le nom de fleur de Lis, et il est assez probable que VIris devint alors la plante à la mode. L'Espagne, au lieu de soldats, envoya en France — sans doute pour faire sa cour au roi — Vlris Xiphium; la Sibérie, Ylris sibirica et sa variété à fleurs blanches ; l'Autriche, VIris pumila ; les États romains, Ylris florentina^ et c'est évidemment aux soldats hongrois, qui combattaient, à cette époque, les Turcs dans la terre sainte, que nous sommes redevables des Iris de ce pays, les païlida et Susiana.

En 4597, pendant que le bon roi Henri faisait baptiser, en grande pompe, la fille que venait de lui donner sa belle Gabrielle, la floriculture française enregistrait aussi deux nouveaux membres de la famille des Iridées : la Peree lui avait envoyé Ylris tuberosa, et la Hongrie lui fournissait Ylris variegala.

Le xYir siècle, qui a vu inventories microscopes et les perruques ; qui a vu fonder l'Académie fraûçaise et le Jardin-des-Plantes de Paris; qui a vu prendre les premières tasses de thé (en 4636), de chocolat (1662), et de café (4693) ; ce xvii« siècle, si riche en découvertes et en importa-

tioos de toutes sortes, B'a pourtant vu iotroduire que deux espèces d'Iris : b Persicaen 4629,et la Sambucina (i058) qui a joué plus tard un grand rôle dans la production des vaiiétés jardinières.

Le xTiii® siècle, plus heureux, en voit cultiver une vingtaine d'espèces nouvelles. Le Nouveau-Monde commence de fournir son contiugent: En 4732^ on introduit de rAmérique du Nord Vins vertieolar; en 4756, c'est la eristata, et en 4758 la tnrginiea. On reçut de la Sibérie Y Iris Spuriaen 4750, et 1*/. halophila en 4780. Deux espèces cliinoises marquent une époque douloureuse et mémorable à la fois de Thistoire de France : Tlris orientalis a profité du règne de régalité(l790) pour sMntroduire dans les jardins français; c*est deux ans après, pendant les massacres de Paris^ que le chinensis vint prendre place auprès de sa concitoyenne. Les autres espèces introduites durant ce siècle n*ont jamais joué un bien grand rôle dans Tornementation des parterres; nous n'en parlerons pas.

De 4800 à 48i6, quarante-cinq nouvelles /m sont encore introduites de différentes parties de TEurope; nous ne mentionnerons que les plus remarquables. Cest à la suite de la nouvelle invasion de l'armée française en Italie, en 4 800, qu'apparut 17m violaceOy originaire de ces contrées. L'Algérie envoya, Tannée duGoncordat (4804), 17m alata; c'est au moment de Texécution du duc d'Boghien, que la Russie nous expédia, en 4804, VIriâ Buihenica ; et c'est pour souvenir que nos soldats ont rapporté de Russie, en 4842, 17m desertortm. En 4815, le même motif fit agir les Hongrois qui, à leur tour, introduisirent 17m hungarica, — L'année 48S0 n'a pas fait de brillantes acquisitions ; elle a acquis pour la floriculture Y Iris Pallasii de la Tartarie chinoise, le Tangeriea du Maroc, et le très humble auteur de cet article ! — Enfin, Dn enregistre encore, en 482S-4823, les Iris kmnei et nepalensis, du Mépaul ; en 48S4 et 48S5 les Iris cœlestina et gracilis de l'Amérique septentrionale; puis les introductions étrangères semblent s'arrêter. C'e.U qu'à cette époque commence une ère nouvelle pour Y Iris, Cette plante devient l'objet d'une culture particulière ; on s'attache à semer ses grai-^ nés, qui produisent des variétés, et les espèces étrangères sont abandonnées; on sème encore et toujours, et chaque année apporte de nouveaux gains qui font à leur tour oublier les anciens. Aujourd'hui on compte près de SOO variétés d'Iris.

Les premiers semis A'Iris ont été faits par H. de Bure, amateur passionnë pour ce beau genre, il y a environ trente-cinq ans, avec les graines de 17rt^ gertnanica ; mm comme cette espèce ne produit que

peu de graines, il eut recours aux /. sambucina^ pallida et plicala plus fertiles, d*ob sortirent de nombreuses variétés d'un grand mérite sous le rapport du coloris, et parmi lesquelles on doit citer 17. BuriensiSy qui devint le type d'une foule d'autres variélés nouvelles. Un fait remarquable et très intéressant au point de vue de la science botanique, c'est que M. de Bure, semant des graines des /. sambucina et plieata, vit souvent sortir, de ces semis, des/, variegaia^ squalens et autres, considérées comme espèces par certains botanistes. Ce fait donnerait raison i Lamarcky Tournefort et Bauhin, qui regardaient ces Iris comme simples variétés de VIris sambucina. La Germanica est-elle bien réellement une espèce? ou ne serait-ce pas aussi une variété hybride de la Sambucina? Sa stérilité donnerait à le penser^ et sa fertilité, après la fécondation artificielle avec le pollen d*autres variétés, pourrait appuyer cette opinion; car chacun sait que les hybrides, naturellement stériles par suite ' de rimperfection, le plus souvent^ des antlières, deviennent fertiles lorsqu'on les féconde avec le pollen bien conformé d'une autre espèce ou variété. Quoi qu'il en soit, et bien que les semeurs aient toujours pris leurs graines sur les Iris sambucina^ pallida, Buriensis, etc., c'est la Germanica^ cette espèce presque inféconde, qui a les honneurs de la paternité; c'est toujours elle qui est considérée comme le type des/ri> barbus.

Après H. de Bure, H. Jacques, ancien jardinier en chef du domaine de Meuilly, se mit à semer des Iris vers 1830, et s'en forma une très remarquable collection. C'est en voyant le succès de son confière que M. Lémon fit aussi des semis, et, vers 1840, il en possédait une centaine de variétés. Puis vinrent HM . Victor Verdier, Guérin Modeste et la maison Bossin-Louesse et C%dans la collection de laquelle nous avons choisi les variétés figurées dans notre planche. Jusqu'à cette époque de 1840, les Iris avaient échappé à la nomenclature ; on les cultivait sans nom ; mais, le nombre augmentant chaque année, et la mode s'éiant portée sur ces plantes, le besoin se fit vivement sentir, — comme on dit dans les prospectus, — de désigner chaque variété par un nom, — malheureusement quelconquei — la nomenclature botanico-horiicole ' n'étant assujettie à aucune règle, à aucune loi. Disons cependant, à la louange des cultivateurs d'Iris, que les noms qu'ils ont donné à leurs plantes sont généralement euphoniques; on y trouve peu deChipetoth sikoffj Backmele/ff Helfeinbein^ etc., noms qu'une jolie bouche ne peut pronona*r sans perdre de son attrait ; ils ont été avares dts monsieur y madame, mademoiselle, qui s'harmonisent si peu avec cette poésie su-

blime des fleurs^ et nous sommes heorenx de constater qa*il n'y a ni souvenir, ni triomphe, ni gloire; mots qui sentent le charlatanisme i cent lieoes à la ronde.

Les cinquante plus belles Tariétés dlris s'appellent (4) : hanire^ Odette^ Priana, Idion^ madame Lémon, figurées pi. xiv; puis : "* Grandin. Bougainville. Nationale. Marjolln.

Berthea.

Apollon.

Pulcherrima.

Louise de Savtsse.

Clément.

Gatenat .

Reine des Belges.

Emma.

Gracieuse.

Honorabile.

Noémi.

Amanda.

Sylphide.

Julia Grisi.

Bacchus.

Simile.

Fatime.

Malvina.

Paros.

Galypso.

Mécène.

Bergeana.

Azael.

Bossuet.

Agénor.

Othello.

Célinl.

Friès Morel.

Aîxa.

Pelopidas.

Mardochée.

Arlequin Malinais.

Paqoita.

M** Jouneau.

Arnold.

Erigone.

Julie Meunier. Spectabilis. Duch.deNemours.Ignacite.

Heracleus. Reticulatasuperba.Agatbe.

H"* Cfaéreau. Innocenza. Adonis.

(7fi//iire.— Les Iris sont des plantes essentiellement rustiques. Elles se plaisent dans tous les terrains, excédé ceux qui sont trop humides. Les terres sèches, les terres pierreuses sont très bonnes pour cette culture ; 17m pseudo 'ttcorus senl est aquatique. On peut planter les Iris depuis le mois de novembre jusqu'au mois d'avril ; mais Tautomne est la saison la meilleure ; les plantes végétant un peu pendant les belles journées d'hiver, assurent leur reprise, et on est plus certain de la floraison pour l'été suivant. Dans la plantation, il faut avoir soin de ne pas trop enterrer les rhizomes d'/m, qui veulent être presque à découverts ; enfoncés trop profondément en terre^ ces rhizAmes pourriraient ou végéteraient mal. On peut se dispenser d'arroser les Iris et de leur donner des engrais. Mais pour avoir toujours une belle floraison» il faut rajeunir les plantes en séparant les touffes tous les quatre ou cinq ans. Quant à Texposition, pourvu que l'Iris soit en grand air, peu lui importe qu'elle soit au nord ou au midi.

Les Iris ne dégénèrent pas ; elles sont rarement malades. Si parfois elles fondent tout à coup^ c'est par excès d'humidité ou parce que les rhizAmes sont trop enterrés ; la cause du mal étant ainsi connue, le remède est facile à trouver.

(0 Noos les ioscriyoas par ordre de mérite.

La multiplication des Iris par la voie des semis est aussi des plus simples.

On sème les graines aussitôt après leur récolte ; c'est-à-dire au commencement d'août^ soit en terrines, soit en pots bien drainés, et remplis d'une terre un peu sablonneuse et qu'on tient toujours un peu moite. On rentre pendant Thiver ces terrines ou pots dans une serre ou sous châssis froids, en évitant rbumidité. Les graines lèvent au printemps suivant. On repique le plant vers les premiers jours de mai, en laissant une distance de 30 centim. entre cbaque pied; en cas de grande sécheresse seulement, on lui donne quelques petits arrosements. Jusquau moment de la floraison, qui a lieu la troisième ou quatrième année, il n'exige d'autres soins que des binages et des sarclages. On choisit alors les plus belles fleurs, celles qui présentent les qualités recherchées dans les Iris, et qui sont : pétales bien étoffés, larges et arrondis, bien étalés ; les extérieurs gracieusement réfléchis en dehors^ mais sans s'enrouler. On doit aussi rechercher les coloris qui vont au rouge ou brun velouté, et les couleurs vives, qui sont encore rares dans ce genre. F. Herincq.

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