REVUE DE LA CULTURE MARAÎCHÈRE
Culture du MeUm m pleine terre. «-> Un des nos abonnés nous prie de lui indiquer quelle espèce de Melon on peut cultiver dans le déparle* ment du Nord, en pleine terre sans clocbe ni cbissis.
Le Melon d^Arahemgel est le seul qui réussisse pour ce genre de cul* tore. H. Gustave Lenoir, jardinier de M. Delaporte, à Maisons-Alfort, le cultive depuis buit ans, de cette manière, sans avoir écboué une seule ibis. Ce Melon est d'excellente qualité. Nous en avons reçu un cette année, le 3 août, provenant d'un semis fait le 2 mai, en pleine terre, sans clocbe et sans cbaleur artificielle ; c'était un des derniers de la récolte. La cuU ture est des plus simples. Voici ce que M. Lenoir écrivait à ce sujet à M. Louesse , marchand grainetier»
c Le Melon d'Arcbangel n'est pas précoce; il n'est cependant pas tar-* dif ; car je l'ai semé cette année, le S mai« en pleine terre, sans cloche, sans chaleur, et aujourd'hui, 3 août, il ne m'en reste plus de taille» Je n*ai fait que les éléter au bout de trois semaines, après le semis ; de-i puis ce moment ils courent librement, -r- Malgré la grande sécheresse de cet été, ils n'ont été arrosés que cinq fois. -— C'est un Melon qui est ap^ pelé à jouer un grsnd rôle dans la culture maraîchère des maisons bourgeoises, où les jardiniers n'ont ni châssis, ni cloches. Beaucoup de propriétaires, à la campagne,8e refusent le Melon, parce que sa culture exige trop de frais de verre et de temps. Grâce à cette variété, le plus petit jardin pourra produire, sans frais, d'excellents Melons^ Eu la faisant connaître, on rendra, je le crois, un grand service aux habitants de beaucoup de localités. »
Bien que Maisons-Alfort, près Paris, ne se trouve passons la latitude du département du Mord, noms crojons que le Melon d' Arcbangel pourra y
être cultivé également en pleine terre avec autaat de 5Dceès. G*esi une expérience à tenter.
Culture de la Chicorée. — Un grand amateur de salade de Chicorée se plaignait à nous dernièrement» que ses plants montaient de suite à fleurs, et qu'il se trouvait ainsi privé de sa salade de prédilection. — Nous trouvons, en parcourant les Bulletins du Cercle pratique de botanique et d^ horticulture de la Seine-Inférieure^ une excellente note de M. Le* martioel, dans laquelle il indique le moyen d'obtenir des Chicorées qui ne montent pas.
L'auteur de la note, lui aussi^ a éprouvé pendant longtemps des déceptions au commencement de chaque été» avec ses plants de Chicorée, lis montaient de suite à graines ; par conséquent le profit qu il en attendait se trouvait annulé. Après de longues années d'expériences, M. Lemartinel est parvenu à remédier à cet inconvénient, qui ne tient qu à la manière d'élever le jeune plant, que l'on repique surtout trop vieux.
Toutes les fois, dit-il, que l'on sème la graine sur couche, chaude de S5 à 30 degrés à 0 m. 40 au dessous de la surface de la couche ; que le plant est repiqué sur une autre couche, 4 5 ou 4 8 jours après le semis, et mis en place après un même laps de temps, on est bien plus certain que le plant, élevé dans cette condition, n'a point rinconvénient de monter avant que la Chicorée ne soit bien développée et blandiie. Si par hasard il s'en échappe qudqnes pieds, c'est une bien rare exception.
Lorsque le planta souffert d'une manière quelconque, dit H. Lemartinel, la déception est infaillible. Une couche plus chliude que le degré qui vient d'être indiqué, brûlerait l'extrémité des racines , et pour peu qu'elles soient endommagées, le plant montera aussi bien que celui qui n'aura pas eu la chaleur suffisante pour acquérir la vigueur luxurianteqne tout bon plant doit avoir.
La Chicorée passe vite en été, et pour en avoir constamment, il faut faire de nouveaux semis tous les 46 ou 48 jours. Pour Tes jardiniers employés dans des maisons qui n'ont besoin que de 200 plants à la fois, et même moins , c'est un embarras d'être obligé, pour si peu, de faire des couches exprès, Ceux qui cultivent les Melons de plusieurs saisons ou d'autres plantes qui exigent une chaleur analogue, pourront semer dans un bout de la couche, ou dans des pots, et repiquer le jeune plant de même dans des pots, puis les {donger dans les couches au degré de chaleur voulue.
Ce moyen réussit parfaitement à H. Lemartinel, et lui évite l'embarras des couches spéciales et successives. Les pots permettent de changer
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de couche à volonté; il a mis jusqu'à 70 plants dans chaque pot de S2 centimètres de diamètre.
M. Lemartinel ne connaît pas le nom propre de la CMeorée sur laquelle il a eipérimenté, que Ton cultive en grand dans la localitë qu'il habite, et que Ton vend même sur les marchés de Hmien. Ce n'est ni la Chieorée eome de cerf, ni la Chicorée fine S Italie; mm elle a de la ressemblance avec Tune et l'autre. En attendant qu'elle soit mieux connue, il la désigne sous le nom de Chicorée de Louviers.
Les jardiniers qui cultivent un sol doux et fertile, pourront de même bien réussir dans cette culture, en mettant en place du plant qiti n'aura pas ité reiriqué, pourvu qu'il n'ait pas plus de viogt<cinq jours, à compter du mo* ment que le semis aura été fait. A Aacun maintenant d'apprécier la qualité du sol qu'il cultive.
Pour obtenir de la Chicorée bonne à être mangée vers la fin du mois de mai, il faut semer la graine 90 jours auparavant , la tenir sous chtssis après sa mise en place, pendant les deux tiers de sa végétation, ou plus 01 moins^ suivant la rigueur de la saison.
Le Zélaut. — Les amis de Thumanité souffrante sont infatigables. Après avoir fouillé tous les coins et recoins de rAmérique^ de la Chine et antreslieux aussi lointains,pour découvrir quelques racines plus ou moins alimentaires, ils se sont rabattus sur notre Algérie, où ils ont trouvé un nouveau tubercule pouvant servir à la nourriture deThomme.
Cette nouvelle racine légumière ou mieux rhizome, est le Zétaut des Algériens, et Ylrisjuncea des botanistes. Quelle est la valeur nutritive de ce Zéiout? Nous n'en savons rien. M. le Ministre de la guerre a adressé à ce sujet une note à la Société d^horticullure de Paris, qui l'a renvoyée, dans sa séance du <24 juin, à son Comité de rédaction, et jusqu'à présent rien n'a transpiré au dehors.
Haricot oléagineux. — Une autre importation non moins intéressante nous est signalée par la Société d'agriculture et d'horticulture du département de Vaucluse ; c'est celle du Ouang-Téou ou Man-téouie la Chine^ espèce de Haricot jaune poilu, duquel on extrait de l'huile. Cette plante exige peu de culture. En général les Chinois cultivent peu la terre pour leurs légumes, et pour le Oaûng-Téouencùfe moius que pour les autres; aussi le voit-on toujours dans les terres presque incultes. Nous reviendrons sur cette plante, qui ne nous paraît pas, dès aujourd'hui, d'une bien grande importance; cependant pour prononcer, il faut attendre les quelques essais tentés; attendons. F. Heringq.