‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 40 sur 160 · MALADIE DU POIRIER · texte numérisé non relu

MALADIE DU POIRIER

M. Mail, horticulteur à Yvetot, nous a adressé des feuilles de Poirier eouvertes de longues taciies jaunes sous lesquelles s'élëveoi des petits mamelons sphëriques et des sortes de gales verruqueuses. Ces deux sores de corps sont des états différents d'une espèce de cryptogame, que les botanistes ont nommée, les uns Rcsstelia cancellata, et les autres Œei" diumcancellalum'

Cette maladie, dit H. Mail, est causée par le Juniperus sabina mas. « J'ai remarqué» dit-il, que dans les jardins où il y a de ces Juniperus près des espaliers, les Poiriers sont tellement atteints de cette maladie, qu'il ne leur reste plus une feuille bien saine, et, plus le Juniperus est près, plus le mal est grave, au point que les Poiriers ne produisent plus du tout. »

Nous ne partageons pas l'opinion de M . Mail sur la cause de la madie du Poirier fSLtVŒcidiumcanceUatufn, Nous connaissons plusieurs propriétés où il existe des Juniperus sabina^ et dans lesquelles les Poiriers sont parfaitement sains. D*autres, au contraire, qui n'ont jamais possédé de Stibine, ont vu cette année leurs Poiriers entièrement couveris de celle cryptogame.

A l'une des dernières séances de la Société d^agriculture de Paris, H. Payen a donné communication d'une lettre de H. Massé, horticulteur dans le département de l'Orne, au sujet de cette même maladie du Poirier. Dans une note rédigée en réponse à cette lettre, le savant ctyp* togamisle M. Montagne fait connaître qu'il n'y a aucun moyen d*ea prévenir le développement, la maladie étant YŒcidium cancellatum^ champignon endogène, c'est-à-dire qui naît dans rintérieur du tissu delà feuille sous l'épiderme. Il ajoute qu'on peut seulement diminuer rintensite du mal en prenant le soin d'enlever à la main, à mesure que des taches paraissent, les feuilles attaquées (4)^

(4) Au moment de mettre sous presse, nous recevons de M. Delache, de Saint-Omer, des feuilles de Poiriers malades, et la note suivante :

« Depuis plusieurs années, un véritable fléau est venu fondre sur les Poiriers de certaines contrées des environs de Saint-Omer ; tous les moyens employés, pour combattre te mal, ont été infructueux. Dans quelques jardins nous avons arraché les arbres pour en replanter d'autres; la maladie s'en emparait de même. Nous avons blanchi à la chaux vive, — coupé les feuilles atteintes qui ont été immédiatement brûlées, rien n'a produit d'effet. — Ces taches, que vous remarquerez sous les feuilles ci-jointes, viennent lorsque Tarbre est bien vert et en pleine végétation. » F. Dsl4cbe.

M. CbevreuT, président de la Soeiélé d'agriculture, dit aussi que cette même maladie a sévi cette aooée sur diverses variétés de Poiriers dans la localité qui! babite aux enviroos de Paris. Les vieux Poiriers^ exposés au courbant, ont été attaqués les premiers ; les siens qui ont été attaqués ensuite, sont âgés de quatre ans, et appuyés de Tautre côté (le* vant) du même mur.

Comme, avant ^apparition du cbampignon, les feuilles sont atteintes de chlorose, M. Chevreul pense qu'il pourrait être intéressant d'expérimenter, en cette circonstance, le procédé indiqué anciennement par M. Eusèbe Gris, et qui consiste dans l'emploi de solutions ferrugineuses. Cette méthode a été employée au Jardin-des-Plantes, et on en a reconnu refBcacité. Il est à remarquer, en effet, que le champignon dont il s'agit n'envahit pas la totalité des feuilles, mais qu'il reste circonscrit dans les taches jaunes ; M. Payen dit qu'il y en a aussi dans la partie verte. Dans DOS observations sur un grand nombre de feuilles pour étudier ce champignon, nous ne l'avons rencontré que dans les parties décolorées, malades, et jamais dans les portions saines restées vertes.

Une maladie analogue, qui se manifeste par des plaques noires sur les feuilles des Poiriers, et notamment sur le Saint Cermain, a été remarquée par M. Bourgeois. Sous ces feuilles se trouve un petit ver Liane ; ce ver, sorti de son enveloppe, forme sur la même feuille un petit cocon blanc duquel sort, au bout de buil à dix jours, une petite mouche qui déposerait ses œufs, selon M. Bourgeois, très probablement sur les murs environnants ou sur Técorce des arbres. -- Rien de précis ici ; tout est i étudier. F. IIebincq.

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