DICTON POPULAIRE A RÉFORMER
Quoi qo'en dise Arittoie et sa doet« eabalf. Le labae etl dlYlD; il n'est rieD qal réfale.
Maintenant que la voix du canon est éteinte, les écrivains, les journalistes, les économistes tournent leurs regards vers l'agriculture ou Tindustric, et nous donnent des articles d'horticulture incroyables^ des recettes de ménage impossibles. Actuellement ils en sont au chapitre du Tabac; ils l'échinent tous à la fois et ne trouvent pas de phrases assez sabrantes pour le pulvériser et le réduire en fumée. Soyons ici l'écho de ces messieurs, car jamais notre palais n'a humé les délices de la pipe, et
la (abaiiëre D*est pas encore venue stimuler nos nerfs olfactifs (style L ).
Le Tabac est originaire de rAmériqoe méridionale, et c'est de la conquête du Nouveau-Monde que date son introduction en Europe; tour à tour défendu et peimis, Tusage a fini par en devenir universel. Le gouvernement français a eu le bon esprit d'en faire l'objet d'un impôt particulier ; il figure au dernier budget pour une somme de 460fflilHons de francs. Les fumeurs, les priseurs et les chiqueurs ne se douteraient pas que le revenu de leur délicieux passe-temps peut bfttir des villes ou soulager bien des misères. Ils ne se doutent pas davaniage des efièts funestes à leur santé, que peut amener la nicotine, ce principe acre et brûlant du Tabac, qui a joué un rOle si déplorable dans un fameux procbs belge. La nicotine est le revers de la médaille du Tabac ; celui-ci vous transporte dans les nuages, celle-là vous conduit au tombeau.On ferait un volume des empoisonnements, des folies, des accidents produits par l'emploi immodéré de la feuille du Tabac— Vauquelin^Mutel, Roques, J. Lanzoni, Fourcroy,Orfila, Richard, Moston, Rrodie^ Macartney, Malapert et autres, médecins, savants ou écrivains, ont démontré, par des expériences ou des récits, que le Tabac, dont l'introduction en France par Jean^ Nicot remonte au règne de Charles IX, n'est qu'une herbe sale, puante, vénéneuse, un poison lent auquel on peut attribuer le rachytisme, l'apoplexie, l'affaiblissement de la moelle épinière, la perte du goût, de l'odorat, de la mémoire, etc., qui stigmatisent notre époque.
La cigarette, à Tinverse de la crinoline, a remonté du demi-monde jusque dans le grand.
Pour parer à ces inconvénients, l*un a proposé la pipe à réservoir, pour recevoir l'huile volatile ; l'autre la pipe neuve ; un troisième remplace le Tabac par des feuilles de vigne ou des pétales de roses ; un autre conseille aux fashio de ne fumer leur cigare qu'à moitié;— de sorte que les culotteurs de pipe deviendraient ramasseurs de bouts de cigare. — On connaît tout l'attachement de Raspail pour le produit du lauriercamphrier.
Un ancien professeur de physiologie, M. Emile de Tarade^ est encore plus exclusif. Il demande à grands cris la suppression du Tabac en lui substituant une plante vivace connue, la Mélisse ordinaire, Melissa officinalit, qui croit en Europe dans les terres incultes, sur le bord des haies et le long des bois, et mieux dans les terrains frais, au nord. Les tiges se coupent une ou deux fois par an, on les fait sécher àTombre en les retournant de temps en temps, et plus tard on détache les feuilles.
Pour les fnttier, il suffit de les mettre dans la pipe ou de les rouler en cigarettes lorsqu'elles sont bien sèches. Pour les priser, on les bumecte après les avoir réduites en poudre fine : pour cela on se sert d'un peiil moulin à café ; mais il faut laisser le tout à Tair pendant plusieurs jours avant de l'employer. Les feuilles en infusion tbéiforme offrent une saveur^ un parium très agréables et une boisson qui peut remplacer le thé.
La Mélisse produit des effets diamétralement opposés à ceux du Tabac; elle en est le contre-poison. Nous n'entrerons dans aucun autre détail relatif à ses propriétés bienfaisantes, aromatiques, anti*asthmatiques. Noos dirons seulement qu'il est permis d'exploiter et de cultiver cette idée ; car le règne végétal est une mine sans fond où les novateurs trouveront toujours à piocher, toujours à nous enrichir de productions économiques, médicinales ou industrielles.
La régie trouverait aassi bien son compte en imposant une plante indigène, et les cultivateurs y auraient peat-étre des avantages (t). Mais ce changement sera long à arriver, -- sll arrive! — ei les partisans du nouveau rencontreront des gens qui leur diront : Vous voulez détrôner le Tabac au profit de la Mélisse, eh bien ! remplacez donc :
La guerre à coups de feu par la boxe ;
L*eau de vie par Teau de puits ;
La crinoline par le haut-de-chausses ;
Le Charivari par Y Univers.
Nous nous arrêtons là.
Thébat-Larché.