‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 63 sur 160 · DES ARBRES FRUITIERS · texte numérisé non relu

DES ARBRES FRUITIERS

A la séance du I Janvier dernier» de l'Académie des sciences, un arboricolteur, M. Poulet, a présenté une note sur un procédé pour hftter ei assurer la fructification des arbres fruitiers .

La découverte de M. Poulet, qu'une expérience de huit années a couronnée de succès, prolonge en outre la durée des arbres ; ceux qu'il a soumis à son nouveau système ont toujours été couverts de benux Ihiits dont la chair était très délicate et savoureuse.

L'auteur de la communication prépare le terrain qui doit recevoir les arbres, par ud défonçage de 50 à ^ centimètres de profondeur, ce qui place la terre de la surface, la plus propre à la végétation^ dans la partie

oir êffhmtt$e trouver les-i-acines. La plaotiition se fôit seTon ta manière ordrMirê'. l>àtts \ei t^frue^ ii es argifeoses, frofdes et humides, il couvre le sol de 1 0 ceniSmètr^s d'éi^aîss^eurde dbarax vive pulvéri«^ée qii*on enterre ai»i(di;« car sr elle restait quelque temps exposée à l^ir, cite s'emparerait Ae rtaumidité atmosphérique, et rorraerait une sorte de mortier qui dufcirarit ensuite dans ta terre, sans produire d^îffet sur la végétairon des arbres. Lorsque Ta* terre est légère ou très friable, Tépaisseur de chaux doH dire beaucoup moindre. Après ce labeur, iFdoune une banae fattoure. Placés dans cette condition^ les arbres poussent vigoureusement pendant plusieurs années, ce qui permet d'éia(blir urrebonneeharpente. JueqtffCi rien de bleu nonteiiudan^'le système de M. Poulet. Ce n'est en eA^r q<^ quand la plaahiiion a atteint 5 ou 6 ans, que coliHnenee Topéraiion qu'on pourrait appeler flructifiarUe,

Cette Opération est nne sorte de bastonnade appliqnëe aux arbres. M. Poulet, en effet/ bat ses arbres avec un bâton, depuis le pied jusqu'au sommet, sur la tige et les branches, de manière h en meurtrir réeorce.

Pour les vieux arbres qui sont peu fertiles, il fait de même, mais en évitant d'enlevei' Técorce. Après cette bastonnade, Fauteur de cette découverte recommande de tailler de suite les branches cassées ou mutilées.

CêTte opération peut être appliquée à tous les arbres fi*uitiers à pépins dont les plaies se cicatrisent facilement; on doit se garder d'opérer ainsi pour les arbres à noyau qui prennent la gomme à la moindre plaie. Ce battage se fait au printemps, au premier mouvement de la sève; on renouvelle chaque année TopéraiioD quand les arbres persistent dans leur stérilité.

Une recommandation de H. Poulet est de ne point tailler les petites branchettes à fruits ; car Tarbre, dit-il, ainsi dépouillé ou à Pétat de nudité, et privé de branches intérieures, développe une grande quantité de gourmands^ qui enlèvent toute la sève au détriment de» petites branches à fruits, et qu'on est obligé découper chaque année. Mais il faut éviter de couper Textrémité de la tige principale, car la suppresaiou de cette partie est nuisible à la bonne venue des arbres.

La bastonnade proposée par H. Poulet a pour effet de produire des meurtrissures ou des plaies qui arrêtent ou ralentissent la sève dans son mouvement ascensionnel, afin d*ameoer la traudrormation des boar geons à bois en bourgeons fractîfèKs, qui doBAeront letu^ it^àta Tajiiaée suivante.

L'expérience a démQotré^ h l'autoar, qae la cornec^ipn «loaî iiifltgée lax arbres n'altère en rien leur c(>ns(iiution ^ eeax qfïi\9kÂffA^ par cette méthode n'ont éprouvé aucune déperdition. Au paulrajf e > ^ns arbres ne produisant plus ni brancbas à iKûa ui goorpuinds» la sé^ie tout entière est réservée à la nourriture des productions fraiiières.

Le svstème de M. Poulet n'est qu'une modification du cran 4e i'Uicision et du simple coup de serpette., qui nous paraissant prérérabla3 à la bastonnade ; on ne risque pas, avec ces procédés^ 4e casser des bran^he^ importantes de la charpente de l'arbre ^u des btancbettes détk ùi^fosées à se transformer en productions fruitières. Et du reste, nous lia voyons pas ('avantage de la bastonnade. Ce n'est qu'à la cinquièoie ou sixième année, au plus tôt, qu'il est possible de l'administrer; par coii>séquent, et quoi qu'en dise M. Poulet, les yeux à bols ne se transfonxumi pas en une année en branches à fruits; ce n'est que la deuxième, et quelquefois même la troisième, qu'on voit Ie.nrs premières fleurs. Or, nous garantissons que l'arbre le plus rétif peut être amené à fructification à sa huitième année de plantation, par un procédé plusen harmonie avec le progrès actuel de l'arboriculture : une taille allongée» et un«coup de serpette à la base des yeux qui se touvent au-dessous de y^il terminal on œil combiné, de manière à les décoller un peu de leur point dinsertion, amènera aussi certainement leur transformation en bratu^hes i fruits, que les coups de bâton proposés par l'auteur de la communication à l'Académie des sciences. Il est vrai de dire qu'un coup de bftion donné à tort et à travers sur un arbre, exige moins de connaissances et d'habileté qu'un coup de serpette qui peut détacher l'œil tout à fait,; nais c'est là précisément ce qui fait de l'arboriculture une science, ou simplement on art, si Ton ne veut voir dans les opérations arboricoles que des tours d'adresse. Le système Poulet n'en fait plus qu'un métier de manœuvre; car le premier venu, muni d'un bon gourdin en cornouiller, peut devenir jardinier, UiUeur d'arbres très habile, et par !a suite.... garde chiourîM.

F. Heringq.

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