‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 97 sur 160 · EXPOSITION D'HORTICULTURE DE PARIS · texte numérisé non relu

EXPOSITION D'HORTICULTURE DE PARIS

C'estle 12 mai dernier qu'a en lieu l'Exposition de la Société impériale et centrale d'horticulture de Paris. Gomme toujours, le sol de la vaste nef du Palais de l'industrie a été transformée en une verte prairie, dans laquelle serpentait une rivière d'eau limpide^ parfois troublée par les exercices nautiques de grands cygnes noirs et de canards barboteurs ; cette rivière était alimentée par ime sorte de source jaillissante, conmie celle d'un puits artésien, et qui produisait un effet bien plus grandiose que les minces filets d'eau d'une gerbe ordinaire. Les plantes étaient réunies en corbeilles et massifs dispersés avec goût sur le beau tapis de verdure ; des allées spacieuses permettaient aux visiteurs de circuler à Taise dans ce délicieux parterre anglais. Un pont rustique reliait la rive droite à la rive gauche de ce fleuve, dans lequel se baignaient aussi quelques candides naïades éthiopiennes de la famille des aroldées, et que, dans un langage peu fleuri, on appelle Pied de veau. Sur \m autre point de ce Nil parisien,de grosses pierres avaient été jetées dans son litpourfonner une passe ; c*étaittoutàfaitna£ttr6 f Si le rocher construit dans un

des angles de la nef, eût été moins microscopique et plus naturel, on auraitpu se croire, — ^avec beaucoup de bonne volonté, et une forte somme d'imagination — au pays des Grisons, non loin des Glaciers du Saint-Gothard où le Rhin prend sa source. Les jolis pieds mignons ne redoutaient pas ce passage difficile ; ils le franchissaient même hardiment ; d'autres, au contraire, Tappréhendaient et préféraient souvent retourner au pont : ce qui prouve, une fois de plus, que tous les goûts sont dans la nature, et aussi, que tout dans la nature n'est pas parfait. L'auteur de ce pittoresque passage, n'avait pas songé à la hauteur des eaux et à la longueur des jupes ; c'est un oubli que bien des pieds ne lui pardonneront jamais.

Dans ce riant Eden, où le doux murmure des eaux se mêlait au bruissement approbateur du public, toutes les richesses de Flore s'étaient données rendez-vous, et la fraise vermeille unissait son parfum à la douce senteur de la rose, qui est et sera toujours la reine des fleurs, conune l'a dit avec tant de vérité cette autre reine des chants lyriques, la célèbre Sapho, 600 ans environ avant Vère chrétieime.

MM. Fontaine, Hippolyte Jamain, et Margottin avaient esq^sé des massifs de rosiers tiges, qui, comme toutes les fois, ont eu les honneurs de la fête ; le public ne se lasse jamais d'admirer les thés Adam, GUnre de Dijon, Mêlante de FUlermoz^ Nvphe^ tos, Souvenir d'un ami, et Safrano; les hybrides remontants : Comte BoMnsky, Jlexandrine Bachemeteff^ Baronne Frévost^ Duchesse de Sutherland, Géant des batailles^ Général Jacqueminot, et bien d'autres bonnes vieilles roses, qui occu* peront toujours le premier rang dans les collections»

H« Paré avait un groupe de francs de pied, qui n'était pas très varié en espèces ; mais elles étaient de premier mérite, et magnifiques de fleuraison. — Les fleurs coupées de MM- Eugène Verdier et René Lévêque ont su attirer aussi les regards des nombreux promeneurs. 1^ rose verte a été vue dans toute sa

splendeur ; M. Eugène Verdler en à montfê de nombréui spéd^ mené, qui ont permis aux amateurs de la juger en dewiîér ressort. Pauvre rose verte ! Encore quelque^ années, et elle aura cessé d'ètrè. Maïs c*èst elle qui l'aura voulu. ïncôuslanté Comme toutes ses feœurs de Tautre rfegne, comme elles aussi, aimant les adulations, elle a reconnu que sa parure était trop simple pour fiter les adorateurs, et qu'il fallait s'empresser de reprendre un peu de ces vives et brillantes Couleurs qui char^ ment toujours les yeux. tJn jeune bolaniste, M. Alphonse Latâlléê, qui a publié une note des plus intéressantes sur la rose verte, dans ce Journal, nous a montré en effet, cette année, des fleurs fortement teintées en rouge ponceau, et doût les feuilles da Centre se transforment manifestement en élumiiiétf et en pisiik. Il pense, et avec raison, que cette prétendue ëspèM à ftenrs Vertes, originaire du Japon^ n'est pas autre chose qu'une monstruosité, qui reviendra au type» après quelques années de culture. -*^ Que les amateurs s'empressent donc de l*acquérir; il est temps encore^ Les fleurs exposées par M. Verdier étalent encore toutes vertes.

Quant aux nouvelleif variétés, nous n'avons vu que la rose EeiM de Hollande, exposée par M. Fontaine. C'est on tiié qoi a la lÎBM^ture de Niphetos et le coloris de Mélanié ViUermos.

L^antagoniste de la rose, ^^ pour le brillant seulement, -^ était, à cette exposition, V Azalée de Vtnde. C'est en efiét dans ee beau genre qu'on trouve des couleurs éclatantes. Lea concu^ rents les plus sérieux, dans ce concours, étaient MM. Michel, Courtois et Modeste Guérin, qui avaient sorti, de leurs serres, ce que la florioulture possède de plus délicieux en Àsalées. Ea voyant ces masses de fleurs^ presque toutes malheureusement plus ou moins rouges, j'enviais presque le sort des Indiens : un combat dans une plaine parsemée de buissons d'Ajsalées fleuries doit être quelque chose de bien beau! Pourtant j*avoue que je préférais me troiiver dans le jardin de

Imposition ; on pouvait les examiner plu^ à son aise. Et pms dans la patrie de cette jolie plante, on ne rencontre pas cette quantité de vanoiés^ qu'offraient les lots exposés ; on y cheroherait en vain tous les gains nouveaux de 1857 , qu'un jeune horticulteur de Nancy, M. Lemoine, avait réunis dans un petit coin de notre palais qucui de cristal* C'est qu'en effet V Azalée Baronne de Rothschild est venue au monde chez M. Margottin, de Paris ; Alextmdre 11^ Baron de fret, sont nés dans lep serres Van*Houtte ; c'est rétablissement Verschaffelt qui a donné le jour à Baron de Vrière ; ^^ Modèle est un enfant de U. Miellez, et oe n'est pas dans les plaines ensanglantées àe rOude, qu'on a trouvé : Iveryana alba cmcia^ Louis de Smel^ Ma^niftoraj Peluniœflora et tant d'autres que nop avons ad** mirées dans le lot de M. Lemoine.

Si Ton peut se dispenser d'aller dans l'Inde pour jouir de Teffet si majestueux des groupes d'Azalées, pas n est besoin non plus de se rendre au Cap de Bonne-Espérance, pour contemple^ la ravissante diversité de couleurs des Pelargafiium ou Gera^ nium; Paris est le vrai berceau de toutes ces belles variétés qui sont enregistrées spr les tablettes de Flore sous les noms de ; Madame Place^ Madame LemicheZf Géant des batailles, Née flm uUri, Boule d' Uorlensiay Napoléon III^ Pescalore^ Roi des feun, Madame Ueina, Guaiave Odier, Madame Jlilairej Oknre de Paris, Oairis, Fir j^moi^ (entièrement blanc), Plifie. etc., variétés à grandes fleurs, et Alboni^ BrilUmt, Roea bella, Emperor, Quem oj'rose, Perfeoiion, Phidias ^ Sweel ittC|f,eti:., variétés de fantaisie- On ne peut que féliciter MM. Duval, Thibaut et Kételeer, Rougier^aïauvière, Alpb, Dufoy, Uervai, Pigny, Malet père et Pierre Dufoy, du beau choix des variétés qu'ils ont exposées ; mais nous devons une mention particulière i M, Lierval pour la belle végétation de ses plantes, ainsi qu'à M, Alphonsp Dufoy et M. Benjamin fils, qui amoefré deux gros Pelargonium Reine des Français, do plus de 1 mètre 20 de dia^-

mètre, formant boule, et âgés seulement de 2 à 3 ans ; c^est un magnifique résultat.

M. Benjamin n'était pas le seul exposant de gros spécimens : M. Hervieu, de Caen, avait là des Pimelea, Diosma, Polygala et Correaj qui certes n'ont pas leurs pareils en Europe. M. Durdon, de Sèvres, peut se vanter aussi de posséder de fameuses touffes de Pivoines en arbre ; un tambour-major d'un régiment quelconque, y disparaîtrait, lui, sa canne et son vaste plumet.

De ces Pivoines aux Géranium Tom-Pouce et autres, avec lesquels nos jardiniers font de si jolies corbeilles, il y a une assez grande différence. Ces Géranium appartiennent^ conmie chacun sait^ aux deux types zonah et inquinans. MM. Babouillard, Jearlot, Domage, Charles Rousseau, Perraute, Tocque et Chéron* en ont obtenu et exposé de très beaux gains, dont quelques-ims pourront prendre rang dans la petite légion qui commence à se former. La variété madame Vaucher Missiaux^ à grandes fleurs parfaitement blanches, sera une plante très précieuse pour massif, si elle conserve la pureté de sa couleur.

Une autre plante pour corbeille — que j'admire encore— c'est le Pétunia. Quel progrès on lui a fait faire ! Les doubles abondent de tous côtés, et les simples acquièrent des dimensions qui finissent même par rendre ces fleurs disgracieuses.M.Thierry Tollard avait dans son charmant lot de Lyoopodium le PetuiM Victor de Pruinesj qui est véritablement une plante de grand mérite ; les collections de MM Serru, Tabar, Toumeaux et Àlph Dufoy renfermaient des variétés très remarquables.

Les Verveines soutiennent leur juste réputation ; celles que MM. Pierre et Alphonse Dufoy, Chaté fils, Gustave Lenoir ont exposées, étaient dignes de figurer à cette exposition.

On ne peut en dire autant des Cinéraires ; le bon temps est passé. Depuis ^que M- Domage en a abandonné la culture, on ne rencontre plus que des ailes de moulins à vent, dégingandées avec des coloris faux ou barbouillés.

. Les Calcéolaires se maintiennent ; quelques jolis lots se faisaient remarquer ; ils appartenaient à MM. Tabar, Lotin et Thierry Tollard.

Je Tondrais trouver à dire ime amabilité aux Pensées, mais, je ne sais pourquoi, rien d'agréable ne veut sortir de mon cerveau ; cette fleur m*est aussi antipathique que l'affreux animal qui habite les eaux croupies ; elle m'a peut-être menti dans rage heureux des illusions 7 c'est possible • Toutefois à défaut de mon appréciation^ voici celle d'un amateur que j'ai sténographiée sur place, t H y en a quelques belles et beaucoup de mauvaises ; le jaune domine trop, le masque n'est pas assez nettement accusé, pas une ne présente la régularité cir-' culaire exigée par les Anglais >, — Pour mon compte je les en féUcite, car une fleur découpée au compas n'a jamais la grâce et la vie d'une fleur un peu chiffoimée. Je comprends cette régularité de la part de nos voisins au caractère arithmético-géométrique, mais non des Français qui préfèrent^ le plus souvent, l'espiègle minois d'une parisienne à la sévère configuration d'une Hélène.

Si je n'aime pas les Pensées, en revanche j'adore les Pivoines. Elles n'étaient pas très nombreuses à l'exposition ; les fleurs coupées que MM. Verdier père, Modeste Guérin et Eugène Verdier ont exhibées, étaient de la plus grande beauté. Nous reviendrons sur ces plantes en parlant de leur mode de culture et de multiplication qui nous est demandé par plusieurs de nos abonnés.

n y a peu de chose à dire des Iris des mêmes exposants ; collection de choix; fleurs toujours d'une admirable facture, nuancées de mille et une couleurs aux reflets chatoyants.

Et les Clématites ! ne sont-elles pas les reines des plantes grimpantes ? Quelle majestueuse ampleur dans les Clematis lanuginosa et paUida et quelle élégante coquetterie dans les Clématites Sophitty païens, AmcUia, Louisa, Helena. Le joU petit lot de M. Lemoine de Nancy, a fait bien des envieux.

Un arbuste très remarquable, que la mode néglige un peu trop, — le clianthus puniceus — était représenté par un groupe appartenant à M- Vivet ; nous avons vu aussi cheu M. Burel , le printemps dernier, de nombreux et beaux sujets qui nous ont faitregretterrabandondans lequel cette magnifique légumioeuse est tombée ; la fibriculture gagnerait de la tirer de l'oubli : son port est élégant, et ses belles grandes fleurs d'un rouge ponceau ont une forme très originale.

Assurément il ne faut pas le comparer aux Rhododendrùn^ surtout quand ces Rhododendron sortent des cultures de M* Briot de Trianon ou de M. Bertin de Versailles. Nous n'avions encore rien vu d'aussi riche que le lot exposé par ce dernier : variétés choisies ; végétation luxueuse ; coloris très varié, depuis le blanc pur,et le délicat camé tendre transparent de messirs flémait^ jusqu'an carmin foncé de Vesuvius. Quanta la collection de M.Briot, sa réputation justement acquise est universelle, et nous n'avoua ici qu'à enregistrer sa présence à la fôte du 1 2 mai. Cependant il n'est pas sans intérêt de signaler^ dans cette belle collection, la présence de plusieurs nouveautés inédites, obtenues par M. Briot. Déjà la floriculture doit à cet habile directeur des jardins de Trianon, un certain nombre de beaux /tAododendron répandus dans les jardins particuliers ; on pourrait aujourd'hui doubler ce nombre, en choisissant dans les gains qu'il a exhibés, en partie, à cette dernière exposition, et ajouter à la collection de Lilas, qu'on possède, une admirable variété nouvelle, qui, jusqu'à ce jour, n'a servi d'ornement qu'aux jardins de nos rois : ce beau lilas, M. Briot le désigne sous le nom de lilas rouge de Trianon ; on ne peut se faire une idée de la magnificence de sa fleuraison.

Maintenant à qnoi passons-nous 7 aux Quarantaines de M.L^ normand fils î je le veux bien ; elles étaient très belles et n'avaient point de rivales. M. Lenormand fils est le digne successeur de son père, qui vient d'être nommé chevalier de la Légion

d'hoimeur, pour les services rendus par lui à la culture maraîchère : c'est le premier maraîcher qui figure sur la liste des lé» gionuaires.

A côté des Quarantaines je vais placer les Anémones de M"* Quêtel, les Amaryllis deUL. Lepère d'Alençon, et les Gloxi^ nia de M. Semi. Ces plantes ayant chacune un genre de mérite diftérent, ne doivent pas redouter la comparaison ; je me gar* derais bien de réunir ainsi, dans un seulgroupe, certaines fleurs brunes, blondes et rousses ; il pourrait m'en cuire.

C'est une chose terrible que la fabrication d'un compte rendu d'exposition d'horticulture. Ce ne sont pas les matériaux qui font défaut, c'est le ciment qui doit les unir les uns à la suite des autres, et la légion d'adjectifs qui doit fournir ses admiratifêoa ses réprobatifs. Tai déjà mis tant de fois en réquisition les beaux, les magnifiques, les délicieux, lesravissants, etc., que je redoute les répétitions. S'il s'agissait de faire une chronique à la Lenoir, la difficulté serait vite vaincue. Je ferais comme les gens de bon goût ; je m'élèverais aux généralités ; je parleraisde l'aspect général des Roses, des Rhododendron, des Géranium, d'une foule de plantes connues de tout le monde, de banalités qtie chacun sait et qui n'intéressent personne, sans me prononcer sur le mérite de chacune d'elles. Mais je suis un spécialiste, et, bien qu'une spécialité pure et exclusive soit une absurdité , ainsi que le déclare la Science pour tous , il me faut descendre aux détails, faire usage du qualificatif, surtout ne rien oublier, en un mot il me faut devenir absurde. Pourtant je déclare que je ne descendrai pas jusqu'aux pigeonnier^ cage à lapins et moulin à vent du Rébus qui figure en tète du n* 23, du Journal scientifiqiœy écrit pour tous^ sous la rubrique: Quelques plantes et appareils de l'Exposition d'horticulture. Je craindrais de tomber dans la Science serieuse j et de bon goût ; car à force de descendre dans la spécialité, je finirais par m'élever aux généralités en parlant un

peu de tout, comme de la Poudre à punaise Yicat^ du Bocal de Phosphate assimilable azoté, des boules miroirs qui reflètent avec tant de bonheur votre image, qu'on ne s'y regarde pas deux fois, et d'une foule d'autres objets qui sont essentiellement liés à la science des jardins, et sans lesquels toute culture est impossible !

. Je suis persuadé^ en effet, que M. Charles Michel fait usage de tous ces objets pour cultiver ses jolies Bruyères, qui font toujours l'admiration des amis de l'élégance et du bon goût, -— pas du bon goût Lenoir.

Et MM. Ludmaim, Thibaut et Kételeer, linden, etc., croyezvous qu'ils n'emploient pas le Stéréoscope de l'exposition dans leur belle culture d'Orchidées ? Qu'on essaie de cultiver saos cet appareil, des Burlingtonia venusta, Anguloa Ruckeriij Lœliu cinnabarina, Saccolabium retiASum^ TriehopiUa sturviSf Cattleya jdcklandiœ, Senelipedium caudcUum ro^eutn, et vous verrez si l'on obtient une fleuraison de toutes ces admirables et curieuses plantes, comme celle des individus qui figuraient au Palais de l'industrie. Jamais! non jamais !!

Le bruit court aussi que c'est dans un mélange de peau de chien de mer (Cat. exposit, page 62), de dépouilles de Djebira, Lynx, Gazelles, Sangliers et autres, (p. 65), macérées pendant plusieurs mois dans du vin blanc sec de 1853 (p. 61), que MM. Verdier père, Leroy, Rougier et Renard, cultivent les intéressantes Broméliacées qu'ils avaient exposées ; si le fait est vrai, la présence de toutes ces fourrures-engrais à l'exposition des fleurs de mai dernier, se comprend parfaitement.

L'éventail chinois est devenu aussi, m'assura-t-on, un appareil horticole de première nécessité. Jusqu'à présent^ on construisait, à grands frais, des ventilateurs dans les serres pour en renouveler l'air, aujourd'hui on obtiendrait des résultats bien supérieurs avec l'éventail. S'il faut en croire les on-dit, les beaux Bégonia argentea^ cupreata^ rex , lamprophylla^ lor

zuU nivosa , Simonsii, ricinifolia, xanlhina splendida du lot de MM. Rougier-Ghauvière, et Linden, seraient cultivés dans une serre ventilée d'après ce nouveau système. — Je m'explique maintenant la guerre qu'on fait aux Chinois , et je ne trouve pas déplacés les éventails qui figuraient à l'Exposition !

Ici^ qu'on me permette une observation. — Ne craignez rien, gens timides, ce n'est pas une observation aiguë ; c'est une simple et honnête observation en faveur de l'industrie française ; — la voici : — De même qu'on faitdes chapeaux de paille de riz avec l'écorce de nos Peupliers et des Panamas avec de l'Osier blanchi par des procédés plus ou moins chimiques , et qui font, à très peu près, le même usage que les JPanomas vrais de Carludovica, ne serait*il pas possible de fabriquer des éventails chinois avec des feuilles de pahniers ? MM. Verdier père, Ludmann, Chantin^ Gontier fils, ont exposé de beaux lots de ces arbres, qui poiirraient fournir déjà uncer* tain nombre de ces nouveaux appareils de ventilation , et si leurs collections étaient insuffisantes, le prince Troubetskol ne refuserait pas de mettre la sienne à la disposition des fabricants.

Ceci n'empêcherait pas de faire la guerre aux habitants du Céleste Empire ; mais on pourrait, au moins, fermer les portes des expositions florales aux éventails chinois. Les amateurs n'ayant plus de chinoiseries et bimbelotteries à regarder, seraient forcés d'admirer les plantes pour lesquelles ces expositions sont faites, et qui, le plus souvent, sont abandonnées pour des conserves d^JnanaSy des confitures des Iles, du Rhum de la Jamaïque^ et autres produits horticoles du même genre. On s'arrête devant un malheureux chien qui fait tourner une roue ; devant un Jet d'eau qui fait mouvoir des polichinelles dans ime boule, et on passe, sans même les regarder, devant les délicieuses corbeilles de plantes annuelles de MM. Vilmorin et Tollard frèresi et les intéressantes plantes vivaces de pleine terre de MM. Pelé, Varengues, Loise, etc.

Si ces chiffires, ami lecteui^ vous paraissent erronnés, comptez YOQS-méme.

Cette notice sur les pierrots et pierrettes doit entrer dans les colonnes de la Science pour tous, du Cosmos {florescutU omma prœmis. . .) et des autres journaux de la même farine : la Science qui encense l'arboriculture, brevetée s. g. d. g», de M. Millet- Brûlé, le Cosmos s'agenouillant devant le gourdin de M. Poulet, de la Nièvre. Il est vrai que l'Académie des sciences avait accepté la bastonnade horticole. La dernière volée reçue par Fauteur lui a été administrée par le Journal pour rire^ devant lequel n'a pu trouver grâce, naguère, Técorchement des vieux arbres des promenades de Paris.

Nous signalons à cette nuée de recueils périodiques, voués déjà au culto des oiseaux chanteurs ou parleurs, originaires des Canaries ou d'Amérique, à ces recueils toujours à la piste de la lumière, la lanterne de M. Belliard, amateur, à Àlençon^ racontant les aventures de sa Reine-Marguerite couronnée. Nous leur recommandons encore les deux questions horticoles posées, par la Société de Marseille, à toutes les associations françaises et étrangères avec promesse de médaille : 1*" Indiquer le moyen de conserver intactes dans un vase d'eau,les fleurs de Dalhias et de Reines-Marguerites ; 2"* trouver une substance capable de neutraliser le principe indigeste du Choux.

La Société de Caen prévient que son Exposition, projetée pour le i 5 juillet, sera retardée, pru^ce que la salle ne pourrait éb« décorée complètement à cette époque.

Le Bon cultivateur, de Nancy, décrit une Poire nouvelle obtenue par Yan Mons^ en 1840, le docteur Bénit^ fruit moyen, fauve et gris lavé, rouge, fondant, décembre. — Le cercle de Rouen a admis, en mars, deux Poires inédites, gagnées ^ M. Boisbuvel, fils. Thébat-LarghÉ'

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l»ârti*«* Imp« borUMlf àê J«*D. Gaoi et Donnaudi m GUMltei «

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