COURS D'ARBORICULTURE
Dans la dernière chronique , il a été parlé des cours d'arboriculture qui devaient avoir lieu dflns un de nos départements sous les auspices du préfet. Aujourd'hui nous sommes heureux de faire connaître le nom de ce dévoué fonctionnaire, en re^nth duisant les dispositions qu'il a prises à cet effet, et le programme des cours qu'il a organisés. C'est une heureuse initiative et nous esp^ns que l'honorable pi^fet de l'Aube, trouvera des imitateurs parmi ses nombreux collègues .
Voici la circulaire préfectorale qui a été adressée à MM. les sous^-préfets et maires du département de l'Aube, et danslaquelle on trouvera des renseignements intéressants sur la production
fitdtière de quelques contrées de la France.
Le Préfet de VAvhe à MM. les Sous-Préfets et Maires du dé'
portement.
Troyes, S PéTiier 4864.
Messieurs,
Des cours périodiques de jardinage institués, dans ces dernières années, sur plusieurs points de FEmpire, ont eu pour résultat d'améliorer la qualité des légumes et des fruits, d'en accroître la production, et d'augmenter ainsi la richesse des pays où ces expériences ont été tentées.
Partout, notamment où la culture des arbres fruitiers s'est introduite, sur les montagnes, dans les terrains vagues, au mi* lieu même dés marais, le revenu du pi-opriétaire s'est élevé et le sol a acquis une plus-value considérable. Les fruits sont, en
effet, devenos dans certaines contrées Tobjet d'un commerce important et qui progresse encore de jour en jour.
Qu'il me suffise de citer les pommes de Normandie, qu! s*ezportent en Angleterre pour les besoins de l'industrie ; les poires et les pommes qu'envoie le département de Maine-et-Loire sur les marchés de Paris, et dont la valeur dépasse annuellement 1,300,000 fr.; les pèches du Midi, qui font une rude concurrence aux primeurs de la capitale^ les abricots des montagnes d'Auvergne, que Ton convertit en p&tes si renommées ; les noix du Dauphiné» les bigarreaux et les guignes du Languedoc, 1m prunes d'Âgen^ de Tours et de Lorraine, les groseilles de Bar-le- DuG, les framboises et les cassis de Dijon, les fraises d^Hyères^ qui entrent annuellement à Marseille pour près de 200,000 fr. ; les pèches de Montreuil, le chasselas de Thomery, les figues d'Argenteuil, les cerises de Saint^ris (Yonne), dont la dernière récolte, sur une centaine d'hectares, ne s'est pas vendue moins de 80,000 fr. ; celles de Chauny (Aisne), qui ont fait la richesse de plusieurs communes.
N'avons«-nous pas nous-mêmes^ à Bar-sur-Aube, le début d'un conmierce important de chasselas et de reine-Claude ?
Ces exemples sont tellement encourageants, et il existe en- Gore dans l'Aube tant de friches et de coteaux incultes, que j'ai cru devoir organiser des cours d'arboriculture ; j'en ai chargé quatre professeurs distingués : MM. Lanier^. Martin, Prévost, de Troyes, et Rousseau, d'Estissac, dont les travaux justement estimés ont été couronnés par la Société d'hcH'ticidture de l'Aube-
Vous trouverez à la suite de cette circulaire le programme de ces cours, divisés en quatre parties correspondant aux opérations principales de l'arboriculture fruitière.
L'un des professeurs se rendra, sans frais pour les communes, aux époques des leçons^ c'est-à-dii*e quatre fois dans l'année, dans toutes les localités qui en feront la demande.
Le programme des cours comprend la ciiltnre des arbres fruitiers, au doublé point de vue dû jardin du propriétaire et dés friohes communales.
Datis le prenner cas, les démonstrations se feront dans un jardin particulier et n'entraîneront aucune charge pour la ecHiimune.
Dans lé second ca$, la commune devra mettre à ladispositton
du professeur un champ d'essai et les hommes de journée qu*il
jugerait nécessaires au moment de la leçon de plantation $ ^e
devra, en outre, payer le prix des plants; ce ne sera, en définitive, qu'une très-légère dépense.
• Je vous prie. Messieurs, de donner à cette circulaire la phis grande publicité possible ; vous voudrez bien, notamment, la communiquer, dans leur session de février, aux conseils municipaux, que j'autorise à voter les nienus frais de plantations.
Les cours commenceront par les quatre sous-préfectures, dès la seconde quinzaine de février; j'engage MM. les maires à m'adresser leurs demandes sans délai, car elles seront classées par ordre d'arrivée, et il est probable que les dermères ne pourront recevoir satisfaction cette année.
Recevez, MeiSsieurs, Fassurance de ma considération très*
distinguée.
Le firifei d$ l*Aùbe,
PttOGRAlUiE.
Première Leçon (Automne).
Création de jardins fruitiers et vergers. «^ Murs d^espalier, clAtures en bois, brise-vent*. -^ Prépantion du sot ~ Choix dos vaiiétés ap^ propriées à la situation. •— ^ PUntatioBi des arbres en pl^ air oa ea eq[Milier. -^ Plantation en terrain çec ou faumide. — Taille lcit& de la plantation. — Restaiuration des arbres épuisés ou mal construits.
Deuxième Leçon (Hiver).
Formes à donner aux arbres fruitiers. — Taille des arbres. — Taille
l0tigii8 ^ lallk ^tivift. «<-* fai^ de la Im&oiift à ^^^ lak«mhe
4 fruit «TT TaflliQ <Hp »tm9 4^ vc«ier« *^ Çr?Q« iacisi^q, éboigxv^g^. ^ Dr^mse «u moyen de tutçoro 0t 4e treiU^ge^. — Maladies des ar))re àfroit.
Troisième Leçon (Printemps}.
Cultmfi d«i jardw» ]^iUi»^ labw^f^ anmaye*. — Ëbouigeonoai^eot dès seiêns ^uperflu^. — - Pincemeat des rameaux à fruit. — Epamprement de la vigne. — * Abri de (a floraison contre la gelée. -^Eclaircissage des surabondants. — Effeuillage en faveur du fruit. ~ Destruction des insectes nnisdbles.
OmUriimt leçon (Été).
Opérations herbacées sur la branche fruitière : taille en vert, cassement^ paUssage. — Opérations pour équilibrer une charpente défec* tueuse. — - Greffe ea approche sur les branches dénudées* -— Greflb pour «kangor la Tailélé deraitm. «r^Greffode bontoos à fridt •^RécoMi^'dii fruits* — Dispositions pour las platitattoM tutareu
C'est noire savant eoIlaboMteor et ami, M* CSiailes BAifir^ qui est chavgé â'inatallev ehaoïm dcis proisiMats dant aa région, et de fain U leçon d'wvertiife i ûjàiUilQ d'ajouté qik'eUe ne «ara pas la moiai îq^ cessante. E« do M.
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POÏMER FORME GIRANDOLE.
Pour obtenir cette forme, il faut suÎTre le déTeloi^m^t de iaponBe ^inie greffe à bamo (ige à <ml donna;Bt. Lorsque cette poi»»e est longue de 40 i^ 50 eentimètres, snivnni la hauteur à laqudle on désire obtenir la prenûèra oouronne de bran^ che^ on arrête son élongftti<n par le pincement de Bon extrévAiéf ce qui détermine le dévdoppenient des yeux stipulaîroB de la partie supérieure un bourgèCHi. C'est par ce procédé qu'on obtient sur la tige une série de branches qui constituent la ptemiÈTe eonronne de Tarbre dont 9 s^agît.
Pendant rhiver suivant, on rabat le rameau cfe prolongement qtns'esl dérdoppé» à la smfe du pincement^ à un centimètre de
longueur pour fâtoriser le déTétoppem wt des yeux stipulaiies dont j'ai parlé ; on suireiUe leur ékmgation etoQ les dirige, par des moyens quelconques, dans les sens voulus pour former régulièrement la première couronne des hraaches.
Mais cette première opération ne peut pas donner, convenablement placées, les six branches nécessaires à la fcnmation de cette première couronne . Il faut, pendant Thiver, appliquer une nouvelle taille aux rameaux provenant des yeux stipulaires. Cette taille doit être aussi faite h un centimètre de longueur; elle provoque le développement des yeux stipulaires qui se trouvent à la base de ces rameaux, de manière qu'on a ainsi, tout autour de la tige, toutes les branches nécessaires à la formation de la couronne de la première séria, à peu près à la même hauteur, c'est*à-dire verticilïées, et nonaltanativemeiU placées comme elles le sont à Tétat naturel.
Pendant le cours de la végétation, on surveille le développe-* ment des six bowgeons latéraux qui doivent constitua* les branches de la première couronne et un septième pour le prolongement de la tige. Il est ^lutile de recommaiider d'entre« tenir un équilibre parfait entre toutes ces branches^ pour qu'elles soient toutes de même force ; par le palissage on leur donne la position horizontale, et la répartition de Técartement qu'eDes doivent avoir entre elles*
Sur la première taille appliquée à ces six branches^ on laisse dévelo]^r, à leur extrémité, deux yeux qui produisent deux bourgeons bifurqi\^^ et l'ensemble est alors de domte; à la taille suivante, chacun de ces douze rsuneaux produit, par le même procédé de taille, deux autres bourgeons, ca*qui porte la tota. lité à vingt-quatre branches que comporte la couronne inférieure de Varbre, représenté pi. tf 3.
Pour obtenir le ceintre au bout des branches, il suffit de les greffer toutes en placage*
Je ne crois pas nécessaire de continuer la description du tra*
i.'Hortictiiteai' /huiçais de isâi. î°" série tse*, i
POntlER FORME GIRANDOLE
FuU^Imprlnisrle borllcole de E. DONNADD, rvcCaMttc, »
vail au f^age» mpécieurs ; je ne iecmqne me répéter^ poiiqus les opémtioos. sont les mêmes.
Cbooi,
lortiMluar pt^MiétU^ vallée 4'A«l9ty« ^ SMau(8«iM).
CULTURE MAMIGHËRË
LA TOMATE DES CANNIBALES ( SOLANVM ÀNTHBOPOPHAGORVM).
Panni les pièces relatives à la correspondance avec les lies Fidji (Polynésie australe), présentée au Parlement anglais par ordre de la reine^ se trouve un rapport intéressant du docteur Seemann, sur les productions végétales et les ressources de Tarchipel des Ues Titi^ contenant un chapitre, page 58, où sonl^ énumérés les végétaux mangés avec la chair humaine. « n est bon de citer ces végétaux, dit le rapport, car grâce à l'influence d'un commerce actif, habituant peu à peu ces peuples au christianisme, et à la présence d'un consul anglais, le cannibalisme n'existe plus que dans un nombre restreint de localités, et rentre chaque jour de plus en plus dans le domaine de Fhistoire. La chair humaine^ m'ont affirmé les habitants fidjiens, est extrêmement difficile à digérer ; et, celui qui n'est pas doué d'une robuste santé, est certain de souf&ir pendant deux ou trois jours, après avoir pris part à un pareil repas. Aussi est-ce probablement en vue de faciliter la digestion que le bokola^ nom technique donné à la chair humaine privée de vie, est toujours mangé avec des matières végétales. Dans les lies Fidji, il y a surtout trois sortes de légumes employés pour accommoder ces tristes ^ niels. Les feuilles de Malawari {Traphis (1) antropophago-
(4) Genre de U famiUe des Vrtkéêi.
Mm IS64. 6
Ht nûn/ la Tàdàno ^Ow^^^Butims {i ypêâkellaH^f) et ]» tibtoéiûa ^ » espèce de tomate {Solanum ^mAiifpùpkàgmwv^). lÀ ^}^ » lawari et le Tudana iont des arbres de moyenne taille, réi> pandujsdàns toutes }cs parties dé ces lies; mais la tomate » y est cultivée, et on peut en voir presque toujours plusieurs B beaux pieds près de chaque bure (ou maison des étran- 1» gers), lieu destiné à reeervob les eoi^ps'dè ceux qui sont » morts sur le champ do bataille. Cette tomate est un aiboste » buissonneux ays^t M^nê 2 laètref» Son iaulDage ekitsombre » et luisant. Ses fr^ts soût dft is^èuttô Iftrtne ^l de même couleur » que notre tomate commune, mais ils ont une iine odeur «ron matique. On en fait une sauce, comqae notre sauco ipmatef T Les feuUlQs des ti;ojs.plantes que nous citions seryent à entou- » rer le 6aA'o/a, comme celle que nous plaçons autour du poro^ « et que nous faisons même cuire avec. L^-sel ^'estp^s oublié. » Tandis que chez ces peuples, toute espèce d^aliment yégétaj » ou animal est mmg^ avec les doi^s, la chair humaina n^est, 9 au coutr^ire, touchée qu'avec des sortes de fourchettes à trois » ou quatre dénis faites çn boisdenogonokp {Cassuarinaequi- V setifolia) ou de Vesi (Afseîia bijuga^ A. Gray), et portouat des » noms incroyables . La raison qu'ils donnent de cette difTé- 9 rence dans leur manière de manger, vient de. la croyance n bien enracinée où ils son,tj que lea doigts qui ont touché de » la . chair humaine ont la propriété d^engendrer des malais dies cutanées mortelles, dès qu'ils touchent la peau très** » tendre d'un enfant; et comme les Fidjiens ont up grand j» amour pour l^ur fils et, Içucs filles, ils ont l)ien aoia dé se » servir toujours de ces fourchettes dans de pareilles occa- % sîons. »
La tomate, dont il est ici. question^ provient de gr^unes? envoyées par le docteur Seemann. Ses premiers fruiits se sont
mm
(1) Genre de la famille des Composée*
montrés en juillet dernier dans les serres de Kew. C'est le seul moment où cette espèoe soît omemmtale. £Ue ne présente guère, dît l'auteur du rapport, qu^un intérêt historique^ joint aux détails d'une habitude de mœurs heureusement de plus en plus rare aujourd'hui.
Le Botanical magazine^ qui mentionne ces faits dans son numéro de janvier 1864, me paraît se tromper eu considérant cette tomate comme intéressante, seulement au point de vue historique • U ne faut pas ouUier que son goût et son odeur diffèrent de notre espèce commune, et il faut snrtout penser qu'elle n'est pas grimpante ; et, à ce titre, elle pourrait être d'une culture plus commode. Nous avons bien la tomate de M. Fleurieu et celle à tige raide de Laye^ mai» ces variétés bu mieux ces espèces, "sur lesquelles j'ajouterai quelques mots, sont essentiellement tardives, et par cela même, jusqu'à obtention de variétés hâtives, très^peu aptes à se répandre. La tomate des anthropophages est originaire d'un payil assez chaud, il est vrai ; mais qui peut l'être moins que celui où se trouve la tomate de Layc que je ne puis considérer comme une vmété, mais qui est une espèce bien caractérisée ; presque tons les Solanum de la section Lycopersicum^ïit originaires de l'Amérique équatoriale, et celui-ci est océanien, d'une contrée à peine plus chaude que le Cap. Il doit donc être essayé, malgré son horrible nom.
J'ai le souvenir d'avoir lu Tété dernier des détails sur une
autre tomate employée comme condiment pour manger la
chair himaaine. Je m'étais alors persuadé que la description de
cette espèce se rapportait à la tomate à tiges raides de Laye^
quoiqu'il n'en fût aucunement question . Je ne puis me rd][>
peler malheureusement où j'ai lu ce dont je parle ici. Ce ne
sont que des souvenirs assez vagues : je tâcherai toutefois
d'arriver à me procurer des renseignements précis sur cette
question.