‹ L'horticulteur français de (volume 5)Chapitre 105 sur 152 · CONSERVATION DES JEUNES PLANTS D'ARTICHAUTS · texte numérisé non relu

CONSERVATION DES JEUNES PLANTS D'ARTICHAUTS

La culture de TArtichaut a une telle importance dans notre pays, qu'on ne saurait apporter trop de soins à la conservation des jeunes plants qui servent aux plantations du printemps. — Il arrive assez souvent que les jeunes drageons gèlent aux pieds

des vieilles toufiTes ; que ee» mém^ drageom plantés d'autome pourrissent pendant l'faiver, par la neige el les grands froids , quand le thermomètre descend à )0^ à 42 degrés centigrades au-^dessous de zéro. Lorsqu'un hiver ngourenx survient , les plants 8ont rares et chers^ souvait même on ne peut s'en procurer n'importe à qud prix ; alors les plantations se font difficilement, et il en résulte par conséquent une pcfte eonsid^hle pour les fermiers qui font en grand oette prédeuse ouHnre.

Le hasard m'a servi pour trouver un moyen peu ccfAteux de conserver les jeunes drageons d'Artichaut.

Ayant la manie des collections d'aiAxres^ d'arbostes et de plantes, j'ai nécessairement aussi telle de coUectio&ner les Artichauts. J'ai fait venir des divers points de la France et de ritalie les variétés cultivées ; leur nombre s'^àve déjà à 28 (i), et la différence qui existe entre ohacone d'elles est sm^ mar* quée pour qu'on les distingue facilement les unes des autres. Recevant de tous pays ces jeunes plants y et en asses grand nombre, j*eus la pensée de les enterrer dans le sable, sous châssis, et l'on peut en placer ainsi trois cents soos un panneau de 1 mètre de largeur sur 1 m. 80 c de longueur, sans qu^ils soient trop serrés. Voici comment j'opérai : je disposai dans un coiire une couche de Om. 50 c* de sable, dans lequel je mis en jauge mes jeunes plants, de manière à ce qu'ils fussent distancés entre eux de 0,5 c. à 0,5 c«» afin que l'air circulât librement, et qu'on pût enterrer les quelques feuilles qui poitfrissent pendant l'hiver. £t, à cet égard, je ferai observer que si le sable a été mis mouillé, il ne faut pas arroser pendant les froids. Ce n'^est que vers le mois de mars, époque ou le soleil prend quelque force, qu'il est utile de donner de légers bassînages. Or, au cours delà maiafvaise saison, mes dra^cms sous châssis ont fait assez de nouvelles racine^ pmt en assurer la rtpcise ;

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mais Ion de la pllontatioii, afin d'éyiter la transition trop subite de température^ j'ai eu 6oin de remplacer par des claies de bruyère les châssis , qu^on a enleyés au commencement ou au milieu de. mars, quand le temps s'est montré favorable.

L'installation d'un coffre asses grand pour conserver pen-dant Thiver un millier de planis d'Artichaut, coûterait au plus trente-six francs, et ponri^ait servir au moins vingt ans. Il faut trois panneaux h dou2e francs chaque, peints et vitrés. Le coffe se fabrique avec de mauvaises planches tenues sur champ par des piquets fichés dans le sol ; et le long de ces planches on fait un ados de terre, qui suffit pour abriter convenaUe*» ment les jeunes plants.

Tel est mon moym, et j'ajoute et affirme qu'il me réussit à merveille depuis cinq ans. Ce n'est donc, on le voit, qu'après de sérieuses expériences que j'ai cru devoir donner de la publicité à ce procédé de conservation, peu coûteux et si facile h pratiquer.

André Leroy,

Président du Comîcd horticole d^Angers.

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