‹ L'horticulteur français de (volume 5)Chapitre 126 sur 152 · Lbscotbi · texte numérisé non relu

Lbscotbi

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YUCCA TKECULEANA {Pl . XVÏ).

Sous le Bom générique de Yucca, on entend des plantes k feuilles allongées^ en forme de fer de lance^ épaisses^ solideii roides, terminées par une pointe épineuse^ et ÎMérées tout au* tour d'one tige simple» ou au aommet d'une souohe souterraine, formant touffe et simulant aloïc un gigantesque Artichaut* Du sein de cette touffe de feuilies nait une hampe florale rameuse, qui porte de nombreuses fleurs blanches pendantes, et dont l'apparition est le signal de la fin prochaine du sujet» Les Yucca sont, en effet» des plantes dites wumocarpiennes^ c'est»àdii^ que la tige florale meurt après la première et unique pro^ duction de fleurs ou de fruits ; mais la souche souterraine dea l'uoca porte des tunons qui se développent alors, Ùeuiissent à leur tour, après un nombre variable d'années de végétation» suivant les espèces^ et meurent ensuite comme les beurgeont précédente ; chex certaines espèces caulescentes» il y a produc^ ti<»i de bourgeons sur la tige, qui devient alors rameuse.

La fleur des Yuoca offre, comme les fleurs des plantes de la famille des lilacées, une seule enveloppe florale, nommée périanthe, et composée de six folioles pétaloSdes^ c'est-à-dire qui ont l'aspect de pétales, disposées sur deux rangs, trois externes et trois internes^ toutes de même forme. Les étamines, aunom* bre de six et insérées à la base des folioles du périantbe, ont un filet épaisâ au sommet^ et une anthère petite^ obiongue» cordiforme. L'ovaire est allongé, à 3 angles obtus, et divisé intérieurement en 3 log^ ; il est couronné par 3 stifpaiates ses« siles soudés entre eux à la base. Enfin, le fruit est une capsule bacciforme, obiongue, à 6 angles obtus, contenant desgrainei un peu aplaties, obovales. -«-^ Tous les Yucca sont originaires de rAméiii|ue.

Le Yucca Treculeana^ que nous figurons dans ce numéro, planche XYI, est originaire du Mexique ; c'est la plus grande espèce caulescente* Le sujet qui vient de fleurir dans la belle et riche collection de M. Alphonse Lavallée, à Segrez, n'avait pas moins de 2 m. 35 de haut avant l'apparition de la hampe florale. La tige, dont le diamètre était de 20 centimètres, était garnie» de la base au sommet, de feuilles étalées, de 1 mètre 40 centimètres de longueur, sur 10 centimètres de largeur, dans la partie la plus large. Dans cette espèce, les feuilles sont profondément canalieulées, c'est-à-dire qu'elles forment la gouttière ; la partie pétiolaire, ou la base d*insertion, est large d'environ 20 cent. ; elle se rétrécit ensuite graduellement sur une longueur de 15 à 20 centimètres; puis la feuille s'élargit insensiblement jusqu'à 60 et 70, et s'atténue alors en fer de lance^ pour finir en une pointe dure, cornée, jaune orange tournant au brun. La face supérieure est un peu rude au toucher ; l'inférieure est relevée de très-nombreux petits mamelons qui la rendent rugueuse comme une fine râpe ; les bords sont cartilagineux, très-finement denticulés, et offrent un étroit liséré pourpre foncé, qui tourne et s'élargit au-dessous de l'épine terminale. La teinte générale est un vert un peu jaunâtre.

Le sujet qui a fleuri, se trouvant affaibli par suite d'un chancre qui s'est déclaré à la base de la tige, me permet pas de caractériser rigoureusement la forme de la hampe. Dans tous les Yucca, la hampe est généralement très-élancée, h rameaux lâches ; dans le Yucca Treculeana de Segrez, la hampe était, au contraire, raccourcie, comme contractée, très-dense, ovoïde oblongue, haute de 45 centimètres et de 80 de diamètre ; les ramifications inférieures sortaient à peine du faisceau de feuilles supérieures dressées, dont les dernières étaient transfor* mées en longues bractées membraneuses.

Les fleurst d'un blanc de crème, naissent à l'aisselle d'une petite écaille scarieuse rougeâtre, lancéolée, aiguë, plus longue

que le pédicelle, qui a 2 centimètres environ de longueur ; les folioles du périanthe sont épaisses, oblongues-lancéolées, ter* minées pur une pointe épaissie formant une sorte de callosité • Les étamines, qui n'atteignent guèi*e qu*au milieu de la longueur des folioles du périanthe, ont des filets .popilleux, claviformes et filiformes, très-minces, dans les deux tiers inférieurs, très«épais dans le tiers supérieur, qui se recourbe en dehors, dès l'épanouissement de la fleur, ce qui donne à l'ensemble du filet la forme d'un 7 ; l'anthère est très-petite» sagittée. L'ovaire est sessile, long de 15 millimètres, surmonté de 3 stigmates bifides, soudas inférieurement en une coupe évasée, présentant 6 lobes aigus.

Le beau Yucca Treculeana, objet de cette note, a été intro-' duit du Mexique, il y a quelques années (1849), chez M. Louis Noisette» de Nantes, quientrouva unturiondans un envoi d'Orchidées, et M. Alphonse Lavallée en fit l'acquisition enl859f c'était le plus bel exemplaire connu en Europe ; aujourd'hui il n'est plus. Sa floraison, que j'ai lieu de croire anticipée, a mis fin à son existence •

Le Yucca Treculeana parait appartenir à la pleine terre. A Nantes, chez M. Louis Noisette, il était à Tair libre, et supportait parfaitement les natures hivernale de cette région de la France. A Segrez, M. Lavallée le fil d'abord mettre en caisse ; pendant l'hiver on le plaçait, le long d'un mur, et il n'était garanti que par un abri formé de paillassons simples ; un paillasson placé en dessus, formait le toit, et trois autres atta^t chés au paillasson supérieur retombaient des deux côtés et avant de manière à constituer une sorte de gage. Il y a deux ans il fut mis en pleine terre, où il a passé deux hivers avec le même abri monté sur quatre gros tuteurs , et nous n'avons jamais vu la moindre trace de soufirance par les gelées.

F, tkamcQ.

MÉLANGES ET FAITS DIVERS

EXPOSITION D'HORTICULTURE DE PARIS

Il y avait cette fois beaucoup et de très-belles Roses à cette exposition du mois de juillet; elles étaient les reines de la fête; aussi les a-t-on couvertes ^e médailles. Inutile de dire qu'on rencontrait là les noms des Margottin, des Lévesques, des Verdier (les deux frères), des Marest, etc. . Beaucoup de Roses de semis y sont venues recevoir tebap^ téme; le Jury, sans doute, a fait de son mieux. Mais tout le monde sait, et les exposants plus que 'tous autres, qu'il est impossible de juger du mérite d'une variété sur de simples fleurs coupées ; néanmoins toutes ont été' couronnées de médailles d'argent et vermeil. Qui sait si la première ne sera pas la de^ nière, et vice versa ?

Maintenant que nous avons dit notre pensée sur les Roses, nous dirons qu'il n'y avait pas le plus petit Rosier, et c*est trèsregrettable* La Société pourrait, en abandonnant franchement la routine, diriger l'Exposition dans une autre voie, en donnant^ par exemple, les récompenses supérieures aux plantes cul' tivéesj et les inférieures aux plantes coupées. D reste sous-eli* tendu que les plantes cultivées devront en être dignes.

Voici un très-beau choix d'OEillets fantaisie de M. Gaotief- Dubos. Les fleurs en sont fortes, sans être crevées, et richement nuancées ; ces plantes isolées sont maigres, mais, tëunies en gtoupe^ elles produisent un effet magnifique.

Au fond, les plantes de serre chaude de M. Garnier forme un groupe décoratif d'un très^bon ^oÀt; on y remarque un beau

Pcmâûnus uHliiy Khôpala coreoi>adensi$f Ùracena cannœfàliaf Phylodendrum pertusuntj etc «

Les Roses trémières de M. Margôttiû et celles de M. Loise étaient magnifiques ; ces deux collections ont été médaillées^ et c'est justice.

M. Ludmann avait un riche lot de plantes de haute tempetature : Orchidées, Caladium, Nidularia, Cycas, etc, Il n*y a que des plantes de prix dans le lot de M. Ludmann ; inutile de dire qu'une haute récompense lut a été décernée.

Je cite pour mémoire un lot de Géranium qui n*a rien d'extraordinaire*

Au milieu de la salle, sur une tahle, nous voyons quelques beaux Qloxinia 6t une trës-intéressante collection de Fougères arborescentes de MM. Thibault et Keteleér •

À côté de ce lot, M . Burel a exposé quelques Foug^s heiv céesi Adiantum, Pteris, Cyathea et autres, d^une belle venue •

Un lot de Caladium de semis, exposé par M. Bleu, renfertnait quelques variétés nouvelles qui ne sont pas sans mérite.

Tout le monde connaît les belles cultures déplantes annuelles de la maison Vilmorin. Ces plantes couvraient tout rxùê grande table, et Tensemble en était ravissant; il est fâcheux que ces belles touffes de plantes, étant mises en pot la veille, per** dent aussi Vite leur fraîcheur.

M. Loise avait aussi un très-joli lot de plantes annuelles.

Une très-belle collection de Géranium sonale^ exposée par M. Malet, au milieu duquel présidait un Lilium auratum portant quatre belles fleurs, attirait vivement l'atlenlion; la culture en est bonne. Mais c'est surtout la floraison éMouissanté de cette nombreuse collection qui était remarquaUe ; on voit que c'est conduit de main de maître ; aussi une récompense hors ligne lui a-t-elle été décernée. En outre de ces lots supérieurs, il y en avait encore d'autres de Pétunia^ Œillets fions, Géranium^ Ananas , etC .

J'allais oublier un carré de plantes produisant à peu près l'effet d'une planche d'Asperges montées et desséchées ; ce sont des Humeaf le jury leur a accordé une médaille d'argent, sans doute à cause du grand nombre.

Tel est l'ensemble de l'Exposition du mois de juillet. Pour être juste, il faut dire qu'elle est bien supérieure au deux précédentes.

Ijueunnesse.

EXPOSITION DE f ONTENAY-AUX-ROSES.

Fontenay*auX' Roses vient de faire sa deuxième ExpositioD, non plus dans la mairie, mais bien sous une tente dressée tout exprès par un tapissier de la capitale. .

L'entreprise de M. Armand Gontier aura encore une fois réussi. L'Exposition de Fontenay a pris place au soleil, puisque, avec le seul concours des horticulteurs de la localité» le succès a été complet ; que sera«t-elle donc quand Içs étrangers s'y présenteront?

On y comptait six exposants de Roses coupées ; l'échelle des récompenses les classe ainsi :

MM. Margottin, premier; .

— Mares t et Fontaine, deuxièmes ;i

*- Paillet et Armand* Gontier fils, troisièmes :

— Jean Théodore, quatrième : il est juste de dire que ce lot n'était pas inférieur aux deux précédents.

Il y avait aussi quelques Roses de semis difficiles à apprécier.

M. Margottin avait exposé sa magnifique collection de Roses trémières ; une médaille de première classe lui a été décernée; une médaille de seconde classé a été accordée à la collection de M. Loise, en fleurs coupées.

Un lot de plantes à feuilles panachées, exposé par H. BQlard, dit la Graine, a été couronné d'une médaille de deuxième dasse.

M. Qbé, jardinier chez M. Guidon, amateur à Fontenay, exposait un très-beau choix de plantes de serre chaude, d'une ôolture bien raiaonnée, et parmi lequel on remarquait de magnifiques Bégonia de diverses variétés, Rhopala carcavadensis^ Nidularia fulgens, Pandanus javanicuSf Adiantum tenerum^ Blechnum brasiliensef etc. Une médaille de première classe lui a été décernée.

M. Boussarit avait aussi contribué à Tomement de TExposi* tion, par deux palmiers, deux DrcLcena indivisa très-beaux.

M. Gautier^Dubos a présenté une collection d*OEillets fantaisie avranchains et anglais, au nombre de 300 variétés, sans répétition aucune, d'une fraîcheur admirable ; seulement ils étaient en fleurs coupées* Le jury leur a décerné une médaille de première classe .

C'est seulement après trois heures qu'on a ouvert les portes de l'Exposition, qui étaient gardées par un chasseur de la vieille garde en uniforme complet, et qui ne vous aurait pas laissé entrer avant l'heure, « quand même vous seriez \e descen^iant du petit caporal. »

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