‹ L'horticulteur français de (volume 5)Chapitre 128 sur 152 · LCSGCTER · texte numérisé non relu

LCSGCTER

CHOIX DE GLÂYEULS.

Nous avons visité ces jours derniers la magnifique culture de Glayeuls de M. Eugène Verdier, rue Dunois, 3 à Paris. I^ belle floraison de cette année, quoique contrariée par les grandes sécheresses^ nous a permis de prendre note des plus jolies variétés, tant sous le rapport de la vigueur de la hampe que de la forme et la dimension des fleurs, de la richesse ou de la fraîcheur du coloris. Ce sont des plantes de choix. Les voici par ordre alphabétique.

Adèle Souchety blanc, fortement flammé de rose carminé ; plante trèsvigoureuse et d'une très-belle tenue.

Anatole Levanneur^rouge carminé, légères macules violacées ; plante très-vigoureuse à épis de fleurs très-allongés.

Bérénice, beau rose panaché de rouge orangé, très-belle et grande macule carmin pourpre.

Cûlypio, carné strié de rose» macotos carmin ; trèa-vigoareiix.

Canari, jaune clair, strié de roee sur les divisions inférieures»

Céres, bel épi, et très-grandes fleurs, hlanc pur, macules rose vio* lacé.

Clémence ^xo^ tendre satiné, nuancé de plus foncé, panaché de violet très-vigoureux, et de grand effet.

Comte de Morny, rouge pourpre foncé, larges macules blanches striées violet.

Daphné^ rouge cerise clair, maculé de carmin vif.

Dianei camé très-tendre, panaché de rose, macules carmin clair sur fond blanc; plante de hauteur moyenne, et très-florifère.

Docteur Lindlet/y fleur très-grandes, rose tendre, bords des pétales rose très-vif flammé de cerise carminé, superbe.

Dvc de Malakoff^ rouge orange flammé plus clair, macules blanc soufré.

EdtUia, divisions inférieures blanches maculées de violet, les supé« rieures lignées blanc très-distinct.

Eldorado, beau jaune pur, divisions inférieures striées de rouge.

Endymion, beau rose, très-frais.

Flore, blanc nuancé de rose lilacé, très-grande macule rose foncé; très-bel épi allongé.

Floriarij rose cerise, centre des pétales ligné de blanc, très- fortes et belles macules saumonées.

Goliath, roiige clair h fond strié, macules carmin.

Galathée^ camé tenflre macules carmin .

Héàéf camé très^tendre, strié de carmin clair ; plante peu élevée i long épi, très-belle.

Impératrice fhhnCy très-légèrement carné, petites macules rose vif.

Impératrice Eugénie, blanc flammé de rose, violacé à l'intérieur, lilas à l'extérieur, très -belle variété.

holincy carné maculé de carmin violacé.

James FciVcA fleur très-grande, rouge cocciné vif, macules violettes; superbe variété nouvelle de grand efibt

Jeanne d^Arc^ blanc très-légèrement teinté de rose, strié et maculé de violet.

Lœlia^ fleurs très-grandes, rose fleur de pécher, macules lilacées; très-belle variété.

La Quintiniey orange clair brillant.

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U Poionn, fougd ckdr a foAdblâSO, grandes maoalet blanches; Ui8« belle pUûte, de grand effet.

Lord Baglan^ rose saumoné, très-fortes macules vermillon foncée

superbe.

Madame Lesèbley blanc pur, macules rose riolacé; trte-vigourenx. •

Marie Dumortier, fleurs très-grandes et très-ouvertes^ blanc panaché de rose, macules pourpre violacé^ superbe.

Madame^ Vilmorin, rose éclairé de blanc au centre, nuancé de rose plus Tif sur les bords^ macules striées de carmin sut fond blanc ; admi^ rable.

Mazeppa^ rose orangé^ larges macules jaunes striées de rouge.

Mathiide de LandvoiÈin, bhinc trè8<*légèrement teinté chair striée de carmin ; très*belle variété.

Madame Boêseville, rose cerise^ macule pourpre sur fond jaun&tre.

Madame Binder, blanc pur strié de rose carminé.

âtadam$ Eugène Verdier^ fleurs grandes, bien faites, beau rouge foncé vif éclatant, macules pourpre ; très-vigoureux et très«beau.

Madame Souchet , camé Irès-tendre, maculé de rose.

Madame Babourdin, rose flampié de carmin, centre légèrement flammé de blanc, superbe.

Napoléon III ^ rouge écarlate brillant, ligné de blanc au centre des pétales; très-vigoureux.

Olympe Lesouyer, fond camé rose, nuancé orangCi strié, très-fortes macules carmin.

Ninon de l'Enclos^ carné panaché de rose, très-vigoureux.

()pÀir, jaune foncé panaché de rouge, macules pourpre.

Pénélope^blàuc carné jaunâtre, macules carmin, très-grandes fleurs.

Prince Impérial, blanc légèrement camé, macules carmin clair.

Prince of Wnle$, ronge feu brillant, macules blanches striées de violet ; plante vigoureuse, nouvelle et magnifique.

PrifufBss of Walea, blanc flammé de rose terminé, oaacules carmin foncé ; nouvelle variété très-vigoureuse, admirable.

Princesse Clotilde^ rose saumoné tendre, très-grandes macules violeltes sur fond blanc, très-belles et grandes fleurs; superbe variété.

Bapkaël, rouge vermillon vif, centre éclairé de blanc nuancé violet.

Bebecca, blanc légèrement panaché de lilas.

Buben», rouge vermillon clair très-brillant, carmin sur fond blano^ très*beau.

Riime Vkiûriû, très-enndesfleony tfèfl-<NCTerle$, blanc pur, gnades m^eules violet canoioé ; tiès-Tigooreux, admiraUe.

Rembrandt, écarlate foncé brillant.

Solfatare^ beau jaune pur.

Stephenion, flenrs tiès-grandee, bien faites, bel épi, cerise carminé gué blanc.

SulphureuSf jaune soufré.

Vellidaf rose très^tendre, macules lilas, superbe. • Ve$ta, blanc pur, macules carmin.

Vicomtesie de Bel levai, carmin très-frais, la^ment maculé superbe.

Victor Verdier, écarlate très-brillant^ légères macules carminé.

FtifeatR, pourpre velouté très-riche ombré de violet au centre.

Nous apprenons à l'instant que la magnifique collection de Glayeuls envoyée par M. Eugène Yerdier^ à l'Exposition de Troyes a mérité, et obtenu une médaille de vermeil de première classe. Cestjusticerendreau producteur et aux produits.

E. BONABD.

CULTURE DES CEPHALOTUS, DIONiEA ET SARRACENIA.

En présentant à Time des dernières séances de la société d'horticulture de Paris, un pied fleuri de Cephalotus follicularis, petite plante très-intéressante par la forme bizarre de ses feuilles, M* Rivière a fait connaître le mode de culture qu'il emploie pour ces plantes et dont voici le résumé. U cultive le CephcUotus en petits pots, dans lequels il plafce successivement un lit de gravier ou de tessons, une couche de tourbe concassée mélangée de Sphagnum, et enfin une couche uniquement composée de ce même Sphagnum. La plantation opérée, il pose le pot dans une petite cuvette pu un lampion, dont la profondeur n'excède pas 2 centimètres. Il est de toute nécessité que l'eau séjourne constamment dans la eu*

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vette et qu'elle soit tencmveléfe sans cesse, afin d*cm|)écher sa corruptioiiy ainsi que celle des substances employées pour la plantation. Une cloche d'une moyenne grandeur est placée sur la plante. Cette cloche doit reposer sur trois godets^ afiki que la circulation de l'air ne soit point entravée. Quant à la température hivernale que réclame le Cephahtw, elle] est de plus 6-8 degrés.

Ce mode de culture s'applique également aux Diotiœa muS" cipula, SarrcLcenia et à quelques autres plantes des marais tourbeux.

Depuis longtemps, M. Rivière désirait cultiver le Cephalotus sur une plus grande échelle ; à cet effet, il a imaginé une petite tourbière artificielle. Avec de^ planches de Sapin, il fit construire un petit auget Ayant la forme d'un auge de maçoo ; sa longueur est de 40 cent., sa largeur porte 24 cent., et sa hauteur en mesure 12. La planche du fond est percée de trous assez larges, et la partie infiSrieure des côtés Test également. Cet appareil est placé daas une cuvette en zinc d'environ 5 cent, de profondeur, et de largeur un peu plus grande que celle de Tauget. Cette cuvette est constamment remplie d'eau, qui se renouvelle sans cesse au moyen d'un cylindre voisin, dont la contenance est d'environ 20 litres» et dont le contenu s'échappe goutte à goutte par la partie inférieure ^ qui est munie d'un petit tube finement percé. L'appareil étant ainsi disposé, on planto comme il a été dit pour la culture en pots : c'est-à-dire que la partie inférieure de l'auget est remplie de tessons auxquels on superpose un lit de tourbe mélangée de SphagnuiUf recouvert lui-même de Sphagnum vivant. C'est au milieu de ce tapis qu'on opère la plantation. Dans ce petit marais artificiel, M • Rivière a réuni plusieurs pieds de Cephahtus foUiculariSf des Dtonœa muscipula et des Drosera rotundi- /b^ta.Toutes .ces plantes se développent parfaitement ; \eSphagnum végète presque aussi bien que dans les lieux où il croit

naturellement, et Ton est c^ligé de le tond^ sans cesse dan^ les parties qui avoisineot les Cep^a/otti^, afin qu'ail ne gène point leur développement,

B. Verlot.

MEMOIRE

SUK U PROOUGTIO!!! ET LA. PIZATION DES VAaiBTBS DANS LBS

PLANTES D'oaNKlCBMi;

Par M. B. Verlot, chef de culture au Jardin des plantes de Paris.

(Ca Mémoire a remporté le prix dtoi le concoorf de 1862, par U Société impériûle et

centrûle iF Bâttieutture.)

' (suite.)

2® De la fécondation hybride dans le$ espèces vivaces.

Comme dans les plantes annuelles ou bisannuelles dont nous venons de parler^ dans les plantes vivaces les hybrides ne sont pas toujours stériles, contrairement à Topinion qui est généralement admise de nos jours; la même instabilité se remarquera dès lors dans les produits; seu' lement ici, on le conçoit^ il sera facile de les propager. Nous ne pouvons citer un meilleur exemple que les expériences de M. Naudin sur les Linaria purpurea et vulgaris.

En 1854, cet observateur féconda 6 fleurs de L. vulgaris par le poUeo du L. purpurea; de ces 6 fleurs^ 4 seulement donnèrent des graines qui» récoltées le 9S septembre et semées^ les unes en, novembre de la même année » les autres en avril suivant^ donnèrent 30 plantes qui fleurirent toutes au mois d'août; 2? d'entre celles-ci n'étaient pas autre chose que le L. vulgaris^ et les 3 autres, exactement intermédiaires entre les 2 types, présentaient des fleurs de moitié plus petites que celles du Z. vulgaris et de couleur jaune p&le rayée de violet. La plupart de ces fleurs furent stériles; néanmoins quelques-unes donnèrent de bonnes graines qui, semées l'année suivante, ne levèrent point. De nouvelles graines recueillies en 4856, mais n'ayant été semées qu'en avriH858, levèrent en si grande abondance que M. Naudin put en faire repiquer environ 400 pieds qui fleurirent^tous à la fin de Tété.

Sur ces 400 pieds, .Ife reproduisirent l'un des types, le L. vulgaris, avec cette seule différence que le palais en était un peu. plus coloré en orangé; 44 pieds se trouvèrent asseE semblables au 1*^ hybride de 1855;

22 pieds se rapprocheront de l'autre type ou du L. purpurea; f pied ttiùque reproduisit ce dernier» et le reste "de la plantalioo représenta ' tous les degrés intermédiaires entre les premiers hybrides et la Linaire commune.

En choisissant ef en semant ainsi les graines recueillies sur les in* dividus les plus semblables à l'hybride primitivement obtenu, M. Naudia put aymr, pendant 6 générations, des individus qui rappelaient tout à fait cette forme intermédiaire. Dans chacun des semis il remarqua en outre, comme dans ses précédentes expériences, qu'un grand nombre avaient une tendance manifeste à retourner à l'un ou à Tautre des parents, et il put même obtenir A volonté ce retour complet vers Tun. ou l'autre type en semant les graines recueillies sur les individus qui avaient une tendance à s'en rapprocher.

Faisons remarquer une particularité toujours constante dans les hybrides que nous venons de voir : c'est Tabsence dans les produits de couleurs autres que celles ou une combinaison de celles ctes parents. Nous insistons sur ce caractère, parce que nous aurons occasion d'y revenir ; il nous servira à établir que jusqu'ici les faits prouvent que, par des fécondations hybrides, on n'obtiendra, dans quelque partie du vc* gétal qu'elles se présentent, que des variations de coloris limitées à ceux des parents. Nous avons du reste d'autres exemples d'hybrides authentiques qui nous semblent trôs-concluants à cet égard. Nous les trouvons spécialement [dans le genre ^ejfonta,Man8 lequel on a pra-* tiqué des hybridations extrêmement variées. En voici les exemples les plus saillants :

Les fécondations que M. Malet fils, jardinier en chef de M. le comte d*Haussonville, a entreprises, dans ces dernières années, entre différents Bégonia nous semblent d'autant plus intéressantes à publier, qu'elles ont été faites 4ans le but de produire des individus dont les caractères avaient été en quelque sorte prévus par cet expérimenta-* teur.

Désirant obtenir des plantes qui offrissent par le feuillage quelque ressemblance avec les Bégonia Dregei, Rex, et quelques autres, mais désirant surtout que ces plantes fussent plus rustiques que celles-ci, M. Malet choisit le B. discolor comme mère; ses fleurs reçurent donc le pollen des B, Dregeiy Rex et des B, xanthina-Beichenheimity nivosa et Comtesse Théod . de Murât; ces trois dernières semblent être des variétés du B. Rex.

Les nombreuses graines obtenues de ces croisements produisirent des plantes dont Taspect extérieur trahissait l'origine hybride. Chez toutes, l'influence paternelle était plus prononcée (juc celle delà mère. La somme de ressemblance aux pères existait dans la forme et la

coloration des feuilles^ la largeur des sépales, la longueur de Tovaire et le développement plus cdinsidérable de l'aile supérieure de la capsule. Bien que ces caractères tinssent plus spécialement du c6té paternel, on retrouvait néanmoins chez eux quelque chose qui indiquait l'influence maternelle^ mais à un degré heaucoup moins prononcé. Les jeunes hybrides tenaient surtout de leu^ mère par leur robusti^ cité, par leur tige qui est droite, simple chez les uns, ramifiée chez le plus grand nombre, et surtout par cette particularité très-remarquable de présenter des bulbilles à leur aisselle. Dans les hybrides obtenus en fécoodant le B. ditcolar par le B. Rex, M. Malet constata jqw des bulbilles assez nombreuses (de 40 à 42) se développaient, non pas à Taisselle des feuilles, mais sur la partie supérieure du pétiole, à l'endroit même où il est adhérent au limbe.

Tous ces hybrides furent complètement .stériles. M. Malet essaya d'en féconder un grand nombre par leur propre pollen. Les ovaires . grossir^t notablement sous l'influence de cette opération; trois semaines ou un mois après, ils présentaient extérieurement tous les caractères d'un développement normal ; mais on reconnaissait aisément à l'aspect des graines, que la fécondation n'avait pas eu lieu, et que ces graines n'étaient pas aptes à germer.

Par la fécondation des B. rubrovenia et xanthina^ M. £. Regel obtint un hybride bien conformé et dont tous les individus étaient à peu pr^ identiques entre eux (4 ).

En croisant le B. tplendida avec le B. anr*ulata, M. Stange obtint des hybrides au nombre de plusieurs centaines, qui ne difiéraient entre eux que par de légères variations dans T intensité de leurs couleurs; déplus, ils étaient exactement intermédiaires entre les deux parents (3).

En fécondant l'hybride des Bégonia rubrovenia et xanthina par nos propres pollens, M. E. Regel a obtenu quelques individus analogues à l'hybride et d'autres qui étaient retournés à Tun ou l'autre des parents (3).

Par la fécondation du Bégonia xanthino-marmorea par son propre pollen, M. Stange a obtenu des individus en majeure partie semblables entre eux. Même résultat pour le Bégonia xanthino-gandavetuis fécondé par lui-même (4).

En fécondant |le Bégonia rubrovenio'-xanthina par l'un de ses parents, le B. xanthina, M. E. Regel constata que la plupart des indi-

(4) Journal de la Soc. d'hort, de Paris, 4S5S, p. 442. (%) Journal de la Soc. dhort de Paris, 4859, p. 295.

(3) Loc, cit.

(4) Loc. cU,

fidus étaient retoarnés au B. xanthina et qa'an petit nombre étaient restés intermédiaires eotre eux (f ).

De la fécondation du Cocûinia Schimperthindica par le C, indica, BllTNaudin obtint le Coccinia indica aussi pur que possible.

En fécondant un hybride, le Bégonia xanthino-gandavemis par le B. splendida^ M. Stange a obtenu des individus intermédiaires entre \eaB. xantkinaeisplendiday mais montrant une tendance plus marquée vers ce dernier. Par leur coloration^ les feuilles se rapportaient, en parties à peu près égales, aux B. ruin^ovmia^ xanthina et splendida (9).

Le même observateur constata que le Bégonia xanthino-argentea {la^ temaeulata) fécondé par le B. splendida^ avait produit des plantes identiques à celles dont il vient d'être question, avec cette seule différence que les teintes en étaient plus pâles [S).

En fécondant le B» splendida par le pollen du B. xanthïno^argentea^ M. Stange obtint des individus qui> par leurs fleurs et leur villosité> étaient identiquesavec ceux qu'il avait obtenus en fécondant le B, xanthino^rgentea par son propre pollen ; mais la coloration de leurs feuilles était notablement différente. A ce sujet> M. Stange tire cette conséquence^ que ces hybrides doivent Tun de ces trois caractères : port, villosité l fleurs au père^ et les autres à la mère, mais que ces mêmes caractères se prononcent selon que Tun des parents a la prédominance sur l'autre (4).

Dans les Bégonia nous trouvons un fait que nous ne citerons qu'incidemment, pour ne plus y revenir, et qu'ont souvent constaté ceux qui se sont occupés de fécondations hybrides : c'est qu'il n'est pas indiffé* rent, pour te succès de Topération, de choisir pour père l'une ou l'autre des espèces que l'on veut croiser. Dans les expérience^ de M. Stange, il n'y eut de graines produites, entre les fi,^ splendida^ xanthino-gandavensis, annulaia et laeiniata^ qu'en portant le pollen de ces deux derniers sur les B. splendida et xanthino-gandavensis. La fécondation en sens inverse, c'est-à-dire en prenant le pollen des B. splendida et xanthino'gandavensis, et en les portant sur les B. annulata et laciniata, n'amena aucun résultat.

3o De la fécondation hybride dans les espèces ligneuses. Selon les horticulteurs , l'hybridation a joué un rôle immense dans

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(I) Loc. cU.

(S) Loc, etï.

(3) Loc. cit.

(4) loc* ctl.

Septembre tS64 . 48

la productiQQ de la plupart des Mkôdodendrim dits hybrides. Nous sommes loin de prétendre que cette cause soit tout à fait étraogère à cette production^ IDais il est peu évident^ pour, nous, qu'elle ait toute Timportance qu'on lui attribue. D'ailleurs ici, comme malhaufeusement dans toutes les questions de ce genre, il n'a pas été publié de hits il exactement et sévèrement observés. On nous pardonnera donc de n'être

pas tout à fait du même avis que nos confrères sur la réalite de ces prétendues hybridations. Néanmoins nous croyons que la fécondation entre les Rhododendron arboreum et sinense a donné naissance à une longue série d'hybrides, faciles à distinguer d'ailleurs en ce qu'ils sont stériles; que leur feuillage, quoique persistant, rappelle celui dupera {H, sinense) et que la couleur de leurs fleurs est une combinaison de celle des fleurs des deux parepts, quoique dérivant plus manifestement de la couleur des fleurs du père, c'est^à«<lire offrant des teintes jaunâtres, mordorées, etc.

4« De la fécondation entre individus d'une espèce et sa variété, ouetUre individus de deux races où de deux variétés appartenant à la même espèce»

De ces fécondations on obtient une série de variations^ en général intermédiaires entre les parents , plus ou moins fixes salon que les parents l'étaient eux-mêmes^ mais dont la fertilité sera illimitée sans retour obligé à Tun des parents,

Nous désignons^ avec MM. Decaisne, Naudin et L, Viluiorin, les produits de ces divers croisements par le nom de métis. C'est pour avoir généralement méconnu cette distinction^ que les jardiniers ont presque toujours appliqué la dénomination d'hybrides à d^ produits qui ne sont en réalité que de purs métis. Qu^on parcoure sn effet les catalogues des horticulteurs, et l'on y trouvera de nombreuses plantes indiquées à tort comme hybrides ; comment en serait-il autrement quand l'oO' vragej horticole le plus répandu, celui qui se trouve entre les mains de tout le monde, suit les mêmes errements ?

Les exemples que nous pourrions citer à Tappui de l'idée que nous venons d'émettre» seraient trop nombreux pour être consignés ici ; nous nous contenterons d'en indiquer quelques-^uns.

Parmi les variations les plus bizarres obtenues dans ces demien temps par MM. Vilmorin, nous citerons en première ligne celle qui a été produite par les Leptosiphon androsaceus eiluteus, dont l'un de nos plus zélés écrivains horticoles, et en même temps Tun de ceux qui ont cependant le niieux étudié la question de l'hybridité, afaitcon-

oaitre Tbistoire : variations pures et simples, i^omme nous nous proposons de le démontrer et que M. Groenland est allé jusqu'à considérer comme 4^ vrais hybrides.

Rappelons Tbistoire de ces prétendus mulets.

IsLepimpkon Intrus STEun-yles variétés lilas et blanches du Z« an* drosaceuB^ le L^ aureus nouYellement introduit dans les cultures, et enfin le Z. demiflorus et sa variété blanche» étaient cultivés non loin les uns des autres ; nous ne mentionnons ce dernier que pour bien préciser les faits, car il n'a servi en quoi que ce soit à la formation des prétendus hybrides.

L'année suivante, les semences du Z. androsaceus et sa variété^ ainsi que celles des L. a^ireus et luteuê, donnèi'ent naissance, en mâme temps qu'aux Leptotiphan précités, à des produits dans lesquels la couleur des fleurs tenait à la fois des L. aureù$ et androêoceus lilas. Ces variations, qui s'étaient présentées sur un grand nombre d'individus, furent cultivées isolément; elles fleurirent et fructifièrent abondamment; leurs graines récoltées avec soin furent semées de nouveau, et reproduisirent la forme intermédiaire, dans la proportion d'environ 60 0/0 ; le i*eat6 était rentré dans les types précités. Les couleurs des fleurs, chez ces plantes, étaient si diverses qu'il était difficile à l'œil le plus exercé de rencontrer deux pieds dont les jleurs'se ressemblassent. A la troisième génération, les graines recueillies sur les formes intermédiaires re{^roduisirent presque toutes ces formes, et, malgré la sélection rigoureuse qui avait été pratiquée, une dizaine de pieds conservèrent seuls le caractère des types. On remarqua même, dans ce semis, quelques individus qui présentaient des fleurs de couleur feu ou acajou, tranchant très-agréablement sur les autres^ dont les nuances étaient un peu ternes. Les pieds issus de ces graines furent cultivés à part et > ne reproduisirent pas 'identiquement omette variation, mais donnèrent des plantes dont les couleurs étaient néanmoins un peu plus vives qne celles des formes primitivement obtenues. Nous ne doutons pas que les efibrts auxquels se livrent MH. Vilmorin, pour la fixation de cette variété, ne soient couronnés de succès. Telle est l'histoire des Leptosiphm -hybrides qui ont été décrits C4)mme tels, et figurés dans la Jtevue Aor^ieo/e de 1863.

Examinons donc quels ont pu être les parants de cette race nouvelle, que M» Groenand appelle hybride. Le Leptosiphm densifloru$ et sa variété doivent être de 'prime abord écartés, les L. hybrides ne pré« sentant aucun des traits qui les caractérisent; restent donc les L. Qndroêaceu$^ auret/s et Ivteus. Mais le L. luieust bien qu'il ait été décrit dans le Pr^dromù» comme distinct, ne diffère absolument du £. androsaceus que par la couleur de ses fleurs; or si le L. androsaceus

a pu Yarier à fleurs blanches et à fleurs lilas, il n'y a rien qui s'oppoae à ce qu'on admette qu'il a pu varier à fleurs jaunes. Ce qui confirme encore cette manière de voir, c'est que, sauf la couleur des fleurs, les descriptions de M. Bentham s'appliquent exactement à Tune ou à l'autre espèce. Quant au Z. aureus, il ne constitue évidemment qu'une variété d'intensité de coloris du Z. luteus. Si donc, ce qui est extrêmement probable vu la nuance obtenue^ les Z. aureus et luteus ont reçu le pollen du Z. androsacevs lilas , c'est par le pollen non d'une espèce difiérente^ mais d'une variété de la même espèce quils ont été fécondés •

Les Leptosiphon obtenus ne sont donc pas des hybrides, mais des métis, et ce qui le démontre encore c'est leur fertilité.

Les Pivoines de la (Ihine sont encore considérées comme des hybrides', et cependant il est hors de doute que cette appellation est erronée et ne repose sur aucun fait précis. Pour qu'il y ait hybridation, il faut des espèces difl'érentes; or, bien que le Bon Jardiniet' de 1862 décrive encore séparément et dans des sections différentes les Pœonia sinensiê et fragrans^ qui seraient sans doute les types de nos prétendues Pivoines de Chine hybrides, il est évident que ces plantes doivent être rapportées au Pœonia albiflora (edulis). Nous aurions ainsi un groupe spécifique caractérisé, entre toutes les Pivoines herbacées, par la tige pluriflore, de même port, même feuillage, et présentant dans les codions les nuancés qui se retrouvent chez le P. a/ii/7oralui-même.*Qaant aux caractères de la villosité et de là glabrescence des carpelles^ on ne peut leur attribuer aucune valeur.

Parmi les plantes qui embellissent nos parterres, nous trouverions encore un grand nombre de faits analogues à citer : les Phlox^ les /rtt, les Canna!, les Glaïeuls en sont les plus manifestes. Quelles plantes plus que les Glaïeuls sont géùéralement désignées sous le nom d'hybrides? Aucune peut-être, et pourtant qu'y a-t-il de moins prouvé que ces faits d'hybriditéf Pour nous, l'hybridation n'a dû jouer qu'un rôle très-rôstreint dans la production de nos nombreux Glaïeuls ; s'il en existe de réellement hybrides, ils sont toujours stériles ; mais la généralité d'entre eux n'a pas d'autre origine que celle que nous avons indiquée pour les Leptosiphon hybrides et pour les Pivoines de Chine ; il en est absolument de même pour les Phlox, les Irts^ les Canna.

En multipliant davantage ces faits, nous ne ferions qu'allonger inutilement ce chapitre. Nous espérons que ceux que nous avons éoumérés suffiront pour démontrer, que la plupart ^des végétaux cultivés dans les jardins, auxquels on adonnéet on donne encore l'appeUation d'hy* brides, et spécialement ceux qui se reproduisent de graines, ne sont en réalité que des métis ou de simples variétés.

Arrivés ici, nous avons examiné la fécondation au point de vue des produits qu'elle pouvait faire naître, selon qu'elle était pratiquée entre genres^ espèces» races ou variétés. Cet examen était 'nécessaire et il nous permet de formuler d'une manière générale les règles suivantes :

4 * La fécondation entre deux genres est généi alement impossible» et à Texception d'un ou deux faits, dont rexactitude a encore besoin d'être sanctionnée par de nouvelles expériences^ nous n'en connaissons aucun de certain.

i? La fécondation entre deux espèces est possible, mais elle est comparativement rare; elle donne naissance à des produits qu'on est con* venu d'appeler /lybridei; ceux-ci sont exceptionnellement stériles, le plus souvent fertiles, et par conséquent capables de se reproduire; mais leur fertilité est de courte durée, par le retour plus ou moins rapide de leurs produits aux types qui leur ont donné naissance. Tous leurs caractères, de quelque nature qu'ils soient, à l'exception d'un développe* ment pins considérable dans les organes de la végétation, sont en général intermédiaires entre ceux des parents, mats toujours limités ptar eux.

3" La fécondation entre une espèce et ses variétés, ou entre des races ou variétés d'une même espèce, est très-fréquente et donne de nombreux produits qu'on nomme métis ou variétés, et ces produits plus ou moins fixés sont doués au plus haut degré de la fertilité et peuvent devenir la source de races nouvelles.

Ces conclusions [ne sont pas les seules que nous puissions tirer des faits que nous avons signalés, et il en est d'autres non moins importantes qui, on l'a déjà deviné, vont servir à formuler une définition de l'espèce.

L'espèce, dirons-nous avec MM. Décaisne et Naudin, est la collection de tous les individus qui se ressemblent les uns aux autres autant qu'ils ressemblent à leurs parents ou à leur postérité.

Si maintenant, avec les mêmes auteurs, nous ajoutons que le caractère essentiel de l'espèce est moins peut-être dans la ressemblance desr individus qui la composent que dans l'impossibilité où elle se trouve de donner, par sou croisement avec une autre espèce, une série d'êtres capables de se perpétuer indéfiniment de semis, nous aurons la définition, un peu longue peut-être, maïs la plus exacte possible de l'espèce.

Comme on le voit, Texpérience et la culture sont le critérium le plus certain qu'on puisse invoquer dans cette question si importante de l'espèce. Nous ^vons que cette manière de voir ne sera pas goûtée d'un certain nombre de personnes; mais lorsqu'on voit combien sont con* 8ià^rable^ les variations que peut revêtir une plante, on ne peut ex^^

cus^r le botaniste descripteur qui crée des espèces dans le silence de son cabinet.

Nous aurions encore beaucoup à dire sur la fécondation : nous y reviendrons toutes lés fois que son action aura ,été ou sera nécessaire pour la production des différentes variations que présenteront les végétaui que nous aurons à passer en revue.

(k cùHtinucT.)

MÉLANGES ET FAITS DIVERS

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