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ARBORICULTURE

MOYèfS DE FAIRE GROSSIR LES PÊCHES

ET PROCÉDÉ ÉCONOMIQUE POUR GARANTIR LES TRfiUi^ DU RAYA»

DES MOUCHES MELLIFÈRES.

Il est beau en horticulture, comme en toute chose, de ne négligei^ aucun détail : c'est ce qui nous engage à faire connaitre deux procédés pratiques que nous avons vu employer cette année avec un succës extraordinaire. L'un concerne leit pèches, Tautre la vigne.

Chacun a pu remarquer que dans les années très-sèches^ comme celle-ci, les pèches déjà d'un certain volume cessent de grossir, puis te dessèchent et finissent par tomber ou res* tent attachées h l'arbre, mais ne mûrissent pas et ne sont pas« mangeables ; ou, si quelques-unes le sont, elles ont peu de sayear et demeurent si petites qu'elles méritent à peine d'être cueillies.

Il est pomiiant facile de préserver les pêchers des effets si f&cheox de ces sécheresses excessives : Il faut, me dira-t«on^

mouiller copieusement les acbres. Je ne nie pas les bons effets d'aiTOsements copieux; c'est tout simple^ évidemment, mais c'est loin d'être suffisant. Il faut, de plus, non pas seulement seringuer les feuilles, mais encore les fruits ou mieux lés mouiller eu projetant sur eux de l'eau avec la main. Alors les fruits, que la sécheresse arrête dans leur développement, grossissent et deviennent énormes, sans que ce volume soit obtenu aux dépens de la saveur ; car^ bien au contraire, les superbes pêches que j'ai dégustées, et qui avaient ainsi été aspergées chaque jour, étaient aussi bonnes que belles, le recommande donc ce procédé si sitnple, qui est dès longtemps employé à Thomery pour les raisins.

L'autre procédé pratique que j'ai promis à nos lecteurs concerne la vigne ; il est, je crois, plus utile encore que le précédent, car il est économique, et à ce point de vue il ne peut manquer d'être apprécié. Il s'agit, à l'époque de leur maturité, sans employer ni sacs ni bouteilles, ni aucun engin, d'empêcher les raisins d'être rongés par les mouches. Je dois me hâter de dire, que si je reconnais la méthode conune à peu près infailUble, je ne me charge pas d'expliquer la cause de ses effets. Il suffit, quand les grappes commencent à être attaquées, d'enlever entièrement les feuilles de la treille : les mouches bourdonnent devant, mais respectent dorénavant les grains qui, bien exposés au plein soleil, mûrissent et secolo' rent beaucoup mieux. J'ai dit que je n'étais pas capable de dire le motif qui arrête ainsi ces hyménoptères. Mais le fait est bien certain ; ayant laissé 6 mètres non effeuillés, sur une treille de 40 mètres , les mellifères en ravagèrent ratière- *ment les fruits. Reste à craindre, il est vrai, que la vigne ne sou&e d'être ainsi privée de ses organes végétatifs ; c'est à voir, mais je ne le pense pas. On peut en effet attendre le mois de septembre, ordiuairement humide* Enfin le bois s'aoûte mieux et chacun sait qu'une méthode excellente^ très-

employée en Angleterre, pour donner de la rasticité aux arbrisseaux délicats, est de les e£Eeuilier de bonne heure, pour faire cesser leur végétation et permettre aux jeunes pousses encore vertes de devenir ligneuses avant les froids.

Je conseille d(mc au moins d*essayer le procédé que j'indique : il en vaut la peine, parce qu'il dispense de se servir de sacs» d'employer des bouteilles pleines d'eau miellée et

épargne ainsi des dépenses, petites, il est vrai, mais qui reviennent tous les ans . Soit, me direz-vous, mais les sacs ne sont pas destinés qu'à empêcher le ravage des antennes des mouches, ils protègent aussi du bec des oiseaux. J'aurais bien voulu ne pas répoudre à cette question, parce j*y suis mal préparé. Il m'a pourtant semblé que les oiseaux, tout efirontés qu'ils sont, ne venaient pas plus que les melUfères butiner les cHasselas ou les muscats privés de leur parure verte ; je Taffirmerais pourtant moins, parce que la saison, tout avancée qu^elle est, n'est pas finie et que les raisins sont encore aux sarments.

MÉLANGES ET FAITS DIVERS

EXPOSITION D'HORTICULTURE DE PARIS

La Société impériale et centrale d'horticulture de France, fidèle à son programme, vient de faire sa quatrième exposition partielle pour 1864. Celte fois, les concours étaient consacrés aux fruits et aux fleurs d'automne. On pourrait presque dire que c'était un gigantesque dessert, orné d'un non moins gigantesque surtout de Dahlias et de Glaïeuls.

Les fruits de tous les coins de la France s'étaient donc donné rendez^vous, pour le 24 septembre dernier, me de Grenelle-

Octobre 4S64. 20

$aiDt»CîeriO«în« «u négo 4^Ja So«ié4é> hm or^aîre dei eisposilions partîellsa de Paris* )q i^^e me rappteUe pas avoir jamais vu pareille réuiiioQ de (^ii^ et de Posaoïeaf de Poirea principalement. Pour le^r pari, MM. Baltet de Treyea ea avaient une coUectioQ de 330 variétés, très-rigottreusement étiquetées, et parmi lesquelles se tre^uvveut plusieurs des dernières nouveitn* tés ; Bézi de mai, Tardive deToulause, Pasae-Crassane^ Général Tottleben et Prince impérial, de Fi^uiee^^^ne paseonfi^odre ayec celui d* Autriche*

Mais le lot le plus complet appartenait à M. Dttpny4amaiB, 72i, route d'iUdie (M^son-EAanche), Paria, qu^ilne faut paa c^onfcaidre avec lamiu-Purand, de Bourg-ia-Reîue (Seine) , qui, oalte fois^^ n'a pas exposé,» -^ du moina noua n'avcms vu auoun de set produits, -^ et il nous permettra dé lui adresser des rej^o^bes Siévères pour sou abstention, te lot de M. DupuyJamaiii se composait de 2S0 variétés de Poires , 40 de Pommes, 47 de Raisins^ 1 7 d^i Pèches et % de Coings. Eu tout 356 vwiétés.

MM. Deseine, père et fils, de Bougival, avaient égalemeot une riche collection de fruits ; mais comme nous avions épuisé le peu de patience que Dieu, dans sa sagesse, nous a octroyé, à compter les collections Ballet et Dupuy, nous n'avons pas le chiffre de celle de MM. Deseine ; nous croyons cependant qu'elle était moins nçmbreuseque celle de M* Dupuy. Du reste, le Jury a décerné la médaille d*honiieur de TËmp^^eur à M* Dupuy* Jamain, et des médailles d*or à MM. Baltet frères et à MM. Deseine« Nous nous en rapportons à la lumière et à la sagadté de MM. les Jurés^ qui ont ainsi déterminé le mérite des trob plus importantes coUectious.

Venaient ensuite celles de MM. Croux^ Charten, Donné, Hohine, Moreau, Louis dit Major, Coulon, et de l'infatigaUe candidat humain, Adolphe Bertrou, qui» pour lo bien de l'hu-» m.anité, vise non-seulement à un siège au Corps législaâif, mais encore k vm médaille de la Société d^hoxtioultur».

MXomxDMia exposait une remar<ioabl6 collection de raisins du fameux cépage de Beaune ; mais, on préférait les beaux raisîof de tabte des deux Charmeux de Thomery^ de Bailly, amateur de Marseille, et plus encore ceux du jardinier du château de Pontcbartrain, M. Knight, et de son compatriote, M. Mérédith, pépiniéfiste à Garston (Angleterre) ; il avait des Barberassa, Black- Alicante, Frannkenthal , muscat d^ Alexandrie, White seedling, d*une grosseur de grains et de grappes comme la Franoe n^en produit pas. Ces deux collections prouvent Texcellence de la méthode forcée de la vigne en Angleterre, où, comme chacun sait, le raisin ne mûrit pas à Taîr libre.

A ^exception des raisins, qui étaient dhme beauté vraiment extraordinaire, les autres fruits n^avaient rien de remarquable QOBime grosseur ^ le mérite des collections résidait dans le nMEibre et le choix des variétés.

Les légumes étaient représentés par les magnifiques lots dé MM. Remy, de Pontoise ; Fouillot; jardinier au chftteau de Infestes } Laniel, du château d'Oriy ; upe belle corbeille de Cerfeuil bulbeux de M. Yavin ; et enfin de splendides ananas de madame veuve FVoment, de Montrouge.

La partie florale consistait principalement en Dahlias; les leurs exposées, appliquées sur des tapis de verdure, étaient toutes superbes; mais une fieur petit être belle et la plante peut parfaitement produire peu ou pomt d'effet, suivant que les fleurs sont plus ou moins enfouies dans le feuillage. Cen^est jamais sur des Dahlias ainsi exposés qu'on peut faire un choix ou juger du mérite des variétés. Ces plantes devraient être exposées avec leur tige, comme on l'exige pour les variétés nouvelles. Les exposants de collections de Dahlias étaient MM. Mézard, Dufby, Lecoq-Duménil , Hipp. Jamain fils, Rohard, Massé et Davoîline ; pour les variétés nouvelles, MM . Bâltet, de Troyes, présentaient W^ Hariot, M"* Salles, laiRanf'Desehainetir et Simart; ils avaient pour concurrent

M. Chai^dine, dont la nouveauté porte le nom de liP' Auguste Rivière.

Un lot de Phlox nouveaux de M. Fontaine ne manquait pas d'intérêt.

M . Eugène Verdier avait exposé une très-belle et très-nombreuse collection de Glaïeuls qui a été fprt admirée et à juste raison.

Des Pétunias doubles nouveaux étaient présentés par M. Tabar, de Sarcelles» et par M. Cauchois, d'Elincourt-Sainte- Marguerite.

Une très-belle plante que nous recommandons tout partica* lièrement, est le Sedum connu dans le commerce sons le nom de S. Fabiana major ^ à larges et éclatants corymbes de fleurs roses ; une splendide potée était exposée par M. Berlin pèie, de Versailles^ exclusivement pour faire connaître cet admirable Grassulacée .

Nous citerons encore comme plantes à fleurs les beaux lots de Pelargonium zonale et inquinans, de MM. Ghaté, Billard et Babouillard. La nombreuse collection de M. Chaté nous a permis de constater qu'il y a beaucoup de doubles emplois dans ces plantes ; la même variété se présente sous plusieurs noms, et si Tidendité n'est pas parfaite, il faut au liioins un grossissement microscopique de trois cents fois pour en surprendre là différence. Les Reine-Marguerite de M. Loise méritent aussi d*ètie citées^ ainsi que les Œillets de Chine de M. Pelletier.

Passant aux plantes à feuillage, nous nous trouvons en pré' sence d'une vaste corbeille de Cannas, établie dans le milieu de la cour de Thôtel, et qui avait pour bordure de belles touffes de Coleus, au feuillage rouge d'intensité variée : ce lot appartenait à M. Loise. Puis venaient de beaux spécimens de Palmiers, Pandanées j Cycadées et plantes à grandes feuilles de MM. Landry, Charles Verdier, Vaudron et Mathieu; ce dernier avait on lot considérable qui garnissait toute Testrade du bureau; dans

celui de M. Joseph Landry, on distinguait de beaux Balantium antarcticum, Yucca reticulata et pendula, Phyllodendrum pertusum, et un magniOque Ch«imsBrops siuensis qui a supporté à Tair libre les rigueurs de notre dernier hiver* Un magnifique Cordyline indivisa vera, faisait partie du lot de M. Charles Ver* dier.

Un semis de Yucca de M. Boutard était représentée par plusieurs spécimens d*un beau développement ; et des Caladium d'espèces variées ont révélé dans leurs propriétaire, M. Bleu^ un homme habile dans la culture de ces plantes délicates .

Comme introductions nouvellesi nous avons vu ddns le lot de M. lierval : l'Achyranthes Werschaffeltii , Mikania Werschafifeltijy Phrynium majesticum, Calonyction sanguineum^ et beaucoup d'autres encore. M. Paillet fils, de Fontenay, près Sceaux, exposait comme nouveauté une trentaine d'espèces japonaises^ entre autres : Lilium auratum, fleuri ; Retinospora leptoclada, obtusa^ pisifolia aurea, obtusa nana ; Berberidopsis corallina, Prumnopitys elegans (du Chili), etc., etc.

Ayant aperçu un pied de Consoude à feuilles panachées,dans le lot des panachures de M. Pelé fils, j'ai pris la fuite, craignant d'être pris parla jaunisse, et je ne sais rien des autres intéressantes, petites et frêles compagnes de cette grande et robuste parente de la Bourrache. En fuyant^ j'ai seulement entendu un

monsieur qui disait à une dame : Cette plante-là, ça fait

transpirer. Ce monsieur doit être un garçon de pharmacie ou tout au moins un herboriste, car il a dit à peu près juste. La grande Consoude peut être un sudorifique, mais elle est avant tout, émolliente^ et la variété panachée me paraît possé-^ der au suprême degré la propriété de ramollir l'ardeur des partisans dos [ïâles couleurs.

F. Heringq.

MÉMOmE

sus U FKODOCnON ET LA. nSÀHOV DBS VABitTBS VISB US

puHtES d'ouiement ;

Par M . B. Yerlot, chef de culture au Jardin ded plantes de Paris .

(Ce Mémoire a remporté le prix dans le oooeoart de ISdi, par la Soditê mpêrtêlt ef

tentrule WBoriieulture.)

(SWTÈ.)

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