‹ L'horticulteur français de (volume 5)Chapitre 14 sur 152 · Lescuyer · texte numérisé non relu

Lescuyer

CoLTtRE. — Je commence mes semis de Calcéolaires danâ la dernière quinzaine de juillet^ et je les continue jusqu'au milieu

d'août. Je sème mes graines dans un compost de deux tiers de terre de bruyère et d'un tiers de terreau de couche bien fin et criblé, provenant de la décomposition de feuilles et fumier. A ce compost j'ajoute un peu de sable fm, de manière à obtenir ime terre légère, laissant facilement écouler les eaux de bassinages, et pénétrer les racines du jeune plant.

Je prends une terrine ordinaire, qui est du diamètre d'une cloche, et j'en garnis le fond de trois centimètres de fumier court bien secoué, ou du crottin de cheval. Puis je remplis jusqu^à trois centimètres du bord , avec la terre préparée qui ne doit pas être sèche. Les graines sont semées le plus également pos* sible, appuyées ensuite très-légèrement, et à peine recouvertes de terre très-fine ; un très-faîble bassinage complète cette première opération .

Je recouvre alors la terrine avec un carreau de vitre, et je la place sur le devant de la serre, le plus près possible de la partie vitrée, en l'ombrant cependant. Dans cette condition, huit ou dix jours sufBsent pour la germination. Je dérange alors le carreau en découvrant graduellement la terrine, de manière à accoutumer le jeune plant à l'air de la serre en quelque jours, et je bassine pour maintenir la terre toujours légèrement humectée ; car en cet état la plus petite sécheresse tue les jeunes Calcéolaires. Trois à quatre semaines après la levée, c'est-à-dire la germination, le plant est bon à repiquer. Je fais le repiquage en terrine assez dru et dans la même terre que pour les semis ; les terrines sont replacées sur le devant de la serre , le plus près des vitres possible, et les bassinages sont donnés le soir, ou le matin de bonne heure. Aint:i traité le plant croit trèS" vite. Aussitôt que tous les sujets se touchent, je les repique une seconde fois, toujours en terrine, en les écartant un peu plus, et quand ils se retouchent encore, ce qui arrive dans la première quinzaine d'octobre, je les sépare, en enlevant isolément chaque plant, avec une petite motte, pour les mettre en godets dç

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■ S<^r,f iSti.t. PL 17.

grandeur variable^ selon la force de chaque individu. Je les place ensuite sur les tablettes de la serre, toujours près de la lumière ; leur donnant Tair à volonté. Les Çalcéolaires passent l'hiver ainsi placées.

Dans les premiers jours de février, sans tarder, il faut h nouveau les remporter, et alors assez grandement et dans de la terre plus riche en humus; je prépare à cet effet un compost : moitié terre de bruyère et moitié terreau indiqué plus haut, auquel j'ajoute ensuite un peu de sable ; je ne mets jamais de terre franche. A cette époque je replace mes Çalcéolaires simplement sous châssis froid pour les garantir seulement de la gelée. Il faut, en faisant le rempotage, détruire les pucerons qui pourraient se trouver sur les plantes et qui'entravent la végétation.

Au fur à mesure que le soleil prend de la force, il faut ombrer, surtout en mars, et ne pas Arroser à midi sur les feuilles si les rayons solaires frappent dessus. Dans le courant d'aviil, on transporte les plantes dans la serre oit elles fleurissent abondamment.

Pour récolter ses graines, il faut choisir les plus belles variétés ; celles qui ont une bonne tenue, une grosse corolle bien arrondie, et tigrée sur un beau fond jaune ou blanc .

Delignk,

Jardinier cbet ntdtme Boalanger k Choisy-le-Roi.

NOLANA LANCEOLATA, Choisy. (Pl. VI.)

Autrefois de la famille des Convolvulacées ou des Solanées, le genre Nolana est devenu le type d'une famille, les Nolanacées»

Le Nolana laceolata que nous figurons planche VI, est une espèce annuelle, h tige couchée, rameuse, velue^ blanchâtre ;

ses feuilles géminées, ou qui Baissent deux à deux, soutlaucéoléeSy semi-ambrassantes, obliquement adhérentes à la tige, et se prolongent en aile d'un côté. De l'aisselle de ces feuilles, naissent isolément de belles et grandes fleurs bleues portées sur un pédicelle plus long que.les feuilles ; le calice est à cinq lobes aigus, et la corolle, dont le tube court s'évase graduellement en un large entonnoir, présente sur ses bords 5 larges lobes bifides ; les étamines au nombre de cinq, sont inégales de longueur ; 2 longues et 3 plus courtes, ce qui distingue ces plantes des Convolvulacées et des Solanées.

C'est une charmante plante, originaire du Chili, d'où les graines ont été envoyées par Cuming, à MM. Weitch, d'Exeter, qui les ont répandues dans le commerce européen. Elle se recommande par la grande quantité de ses larges et belles fleurs

bleu de ciel.

On doit la semer sur couche et repiquer le plant en pépinière

dans un sol très-meuble et bien terreauté pour la mettre en place

en mai, soit en corbeille, soit en bordure, dans les endroits biea

ouverts et exposés au soleil ; elle y produit le plus ravissant

effet.

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