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CULTURE DES ALSTROK MÈRES EN PLEINE TERRE

les Alstroémères sont des plantes vivaces qui appartiennent À la famille des Amaryllidées. Originaires de l'Amérique du Sud, elles ne sont guère connues en Europe que depuis une quarantaine d^annéês; quelques-unes ont pu être introduites à la fin du siècle dernier, mais le plus grand nombre n'ont été importées dans nosjardins que depuis 1 826. Ce sont des plantes

herbacées, dont la racine tubériforme, fascicuiée, est constituée par uDe sorte dégriffé ou patte^ à divisions chamiies, blanches, cyliïidroïdes^ très-fragiles . Ces racines ont la consistance et la couleur des tubercules de nos ùtchh indigènes, n^ais en diffèrent pour la forme. Au printemps, elles émettant des tiges dont là hauteur varie depuis 33 centimètres jusqu'à un mètre, et qui sont garnies de feuilles alternes, allongées et étroites. Ces tiges, qui sont tendres et aussi très-cassantes, se terminent en juin par une ombelle de quarante à cinquante fleurs, assez grandes, s' épanouissant douze ou quinze à la fois, et formant un bouquet peu serré, mais très-élégant. Chacune des fleurs a six divisions, dont deux ou plusieurs sont mouchetées ou rayées de nuances plus foncées. Leur couleur, variable suivant les espèces, peut présentertoutesles teintes depuis le blanc presque pur, jusqu'au jaune d'or, au rose tendre et au rouge feu. Aux fleurs succèdent des fruits secs, capsulaires^ dont les valves éclatent avec élasticité pour répandre des graines jaunâtres, rondes et dures.

Comme presque toutes les plantes de la même famille, les Alstroémères sont de jolies plantes d'ornement. L'espècedite du Chili mérite surtout d'ôtre cultivée, et c'est elle que nous avons principalement en vue dans cette note; elle forme de gracieux massifs du coloris le plus varié; chaque tige fleurie, encadrée d'un peu de verdure, constitue un bouquet tout fait. « Trop négligées pendant longtemps^ dit un botaniste, les Alstroémères du Chili ont fixé, dans ces dernières années, l'attention de plusieurs habiles horticulteurs, qui déjà les ont améliorées notablement ; et il y a tout lieu d'espérer que ces belles plantes ne tarderont pas à occuper, dans les jardins j le rang distingué auquel elles ont droit à plusieurs titres. » (DucHARtRE, Manuel général des plantes, 1857.)

La culture des Alstroémères ne présente point de diflicultés réelles, mais elle exige certaines précautions sans lesquelles on ne réussit pas. Il est bon de les faire connaître pour éviter aux

personnes qui tenteraient de les cultiver, ces essais inutiles et infructueux quifont qu on se dégoûte tout de suite d^une culture qui parait si minutieiise et si difficile. Ce serait bien à tort cependant qu'on qualifierait ces plantes de délicates; il est prouvé aujourd'hui qu'elles sont tout à fait rustiques, et elles n'exigent dautres soins que ceux d'une plantation convenable. Voici comment il faut l'établir.

Qq choisit un emplacement abrité et bien exposé, tel qu'une plate-bande ou un petit carré, au pied d'un mur au midi* La terre est suffisamment ameublie et défoncée. Celle qui convient le mieux est une terre légère et riche en humus ; on pourrait la composer avec un tiers de sable de bruyère, un tiers de terre franche, et un tiers de terreau végétal ou animal, bienconsonuné. Oq creuse^ à 40 centimètres de profondeur, une tranchée qu'on proportionne en longueur et en largeur à la quantité de tuber^ cdes d'Alstroémères qu'on veut planter. Le fond de cette tranchée est garni d'une couche de cailloux ou de tessons de pot pour drainer parfaitement le sol; car la texture charnue, tendre et succulente de ces tubercules les exposant plus que d'autres à la pourriture, ils redoutent extrêmement l'humidité prolongée de la terre où ils séjournent. On recouvre le lit de tessons de 1 5 centimètres de bonne terre légère, préparée connue je viens de le dire, et c'est sur cette couche de terre, qui se trouve à environ 25 centimètres au-dessous de la surface du sol, qu'on place, à 20 ou 30 centimètres les unes des autres, les racines qu'on veut planter. On achève de remplir la fosse avec la terre qui convient .

Cette plantation doit se faire d'août en octobre; elle pourrait aussi être faite au printemps ; mais, comme les tubercules commencent souvent à végéter en automne et durant les temps doux de l'hiver, il est plus convenable de la faire à la fin de Tété.

Si l'on a procédé de la façon que nous venons d'indiquer, on

n'a point à craindre de voir les Alstroémères ne pas résister aux

grands froids, même en l'absence de couverture de feuilles ou de tout autre abri. M« Van Houtte assure de plus qu'en tes plantant à un demi-pied seulement de profondeur, elles sont tout à fait rustiques, et qu'il les a vues mieux fleurir dans une planche, sans aucun préservatif contre le froid, que dans ses b&ches couvertes de panneaux de bois pendant Thiver. Mais il conseille fortement de nepoint oublier de mêler au sou S' sol des décom bres des gravats et autres matières de nature à empêcher l'eau de séjourner près des racines.

Les Âlstroémères,ime fois plantées etacclimatées dans un coin de terre> sont toujours assez difficiles à arracher et à déplacer, à cause de la grande fragilité des tubercules. Se cassant comme du verre sous le plus petit effort, ils ne peuvent guère s'emballer ni voyager sans dommage. Mais on a toujoiu's dans le semis un moyen sûr et facile de les multiplier. Les graines peuvent être semées immédiatement après leur maturité, en août ou en autonme, mais elles pourront ne pas lever beaucoup plus tôt xju'en les semant au printemps suivant. Cette époque paraît dondla plus convenable. On se sert pour cela d'un gi«and pot rempli de bonne terre légère, bien drainée. Si le semis est trop fort, on repique les plantes dans des pots disposés de la même manière, et à la fin de Tété, lorsque les tiges sont sèches, eu retournant ces pots et faisant tomber la terre, on trouve au fond des tubercules, qui, plantés comme nous l'avons dit, fleuriront pour la plupart l'année suivante:

Les Alstroémères ne demandent que peu ou point d'arrosé* ments. Leurs tiges étant, comme les racines, très-tendres et cassantes, il est bon, pour les préserver des accidents que pourraient leur occasionner les grands vents, surtout après la pluie, de leur donner de légers tuteurs. Un soleil trop vif et trop continu peut aussi altérer la vivacité et la pureté de leurs couleurs ; mais les soins qu'elles peuvent demander pour les prémunir et les conserver dans ces différents cas leur sont corn-

tûiïDS avec beaucoup d^autres plantes qui en ont besoin tout comme elles. Tous les soins particuliers qu'elles exigent se bornent doDo à ceux de leur plantation.

Tout ce que nous venons de dire s'applique spécialement aux Alstroérn^es du Chili. Mais les Alstroemeria aurantiaca, psitiactna et ira«t7teii^f5 peuvent exactement être traitées de même. Nous ajouterons seulement que ces espèces, quoique intéressantesy ne pcésentent pas la grande variété de nuances et la richesse de colorisqui font le mérite des autres. — VA Istroemeria Errembaultii peut aussi, avec une couverture de feuilles, supporter la pleine terre. — ^ Quant aux Alstroemeria pelegrina^ hœnuintka,pallida,pulchellay tricolor, argentavittataf elles sont regardées comme plus délicates et réclament Tabri d'un châssis froid.

Edm. Le Bêle.

{JMleHndela K\ociétè d'Horticulture de la Sar*he,)

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