L. CORDIER
DISSERTATION SUR LA VÉGÉTATION
Des différentes terres.
La fertilité d'un sol dépend aussi, et surtout, des éléments qui le constituent, c'est*à-dire de la nature ou de la provenance de la terre.
Les terres sont le produit de la désagrégation des roches et de la décomposition des matières animales et végétales qui s'opère sous Faction combinée des variations de la température, de l'humidité, de la sécheresse, de l'air et du vent. Les terres qui proviennent des roches sont les terres minérales ; celles qui sont produites par la décomposition des végétaux ou des animaux sont dites terres végétales ou humus.
Les terres minérales pures sont à peu près stériles ; on les désigne sous les noms de sables, argiles et matière calcaire.
§ 1 , Les sables et terres sableuses.
Les sables sont composés de petits grains plus on moins angtileuxqui proviennent de la désagrégation ou décomposition du quartz ou cristal de roche, du silex ou pierre à fusil, du grès^ de cailloux , etc. Ces terres, à l'état de pureté, ou autrement dit ces sables, ne prennent aucun corps, c'est-à-dire que tous les petits grains qui les constituent ne se lient pas ensemble pour former une pâte ; ils sont toujours distincts entre eux^ ce qui permet aux rayons calorifiques du. soleil de pénétrer el d'échauffer profondément ces terres sableuses, qui perdent^ par la même raison , rapidement leur hun;iidité, soit que les eaux pénètrent profondément, ou que colles de la surface s'évaporent sous l'action de la chaleur. Aussi ces terres sont-elles tout à fait stériles; on les désigne généralement sous le nom de terres ou sables siliceux. Mais le sable n'est pas toujours à l'état de pureté, il contient le plus souvent. une certaine quantité d'autres matières minérales et de terre végétale, qui modifient sa stérilité ; c'est à ce mélange qu'on applique le nom de terre sableuse, quand le sable est en excès. , Les terres sableuses sont très-productives au printemps et à Tautomne, surtout lorsque ces saisons sont pluvieuses. L'été la culture en est difficile à cause de leur sécheresse, et elles deviennent improductives si des nombreux et copieux arrosements neleurrendentpas l'humidité qu'elles perdent par Tévaporaiion. On doit se garder des binages, qui, du reste, ne sont pas nécessaires, puisque privées de liante elles ne forment jamais de eroûte à la surface; il convient au contraire de les plomber. à l'aide d'un petit rouleau , pour rapprocher tous les petits grains qui les constituent et empêcher ainsi la pénétration trop facile de l'air chaud et desséchant; en outre on les cpuvre d'un épais paillis.
Les plantes qui conviennent aux terres sableuses, appelées
Siitssi (erres légères, sont les légumes précoces y les plantes annuelle d'ornement de printemps et d'automne, et les arbres et plantes nvaces à racines pivotantes. Les produits alimentaires des terres sableuses sont généralement plus savoureux que ceux des terres f(»ies et humides .
§ S. — Le$ argiles et les terres argileuses ou glaiseiMSn
Les terres glaises ou d'ai*gile proviennent de la décomposition de roches meubles qui contiennent de la silice et une grande quantitéd' alumine, matière minérale blanche très-légère, douce et grasse au toucher, happant à la langue, c*est-à-dire retenant à la langue quand on la pose dessus, absorbant et retenant une grande quantité d'eau qui en fait une masse pâteuse, très-tenace et malléable. Les argiles offrent comme on voit des caractères tout à fait opposés à ceux des sables. Elles sont tellement eompactes qu'elles retiennent les eaux à leur surface quand elles en sont saturées et que les racines ont peine à les pénétrer.
Les terres d'argile pure ou glaises proprement dîtes, sont tout à fait impropres à la culture.
Quand ces argiles contiennent à peu près un quart de sable ou matière siliceuse, on les désigne sons le nom de terres argileuses ou glaiseuses. Elles ont tous les inconvénients de la glaise pure, mais à un moindre degré. Elles sont froides, humides, et ne donnent que des récolles tardives, dont les produits sont toujours aqueux et de peu de saveur. Ces terres ne conviennent guère qu'aux végétaux à racines traçantes qui émettent un nombreux chevelu.
Le travail de labours des terres fortement argileuses présente de graves diflScultés à cause de leur ténacité pendant Thiver el de leur dureté pendant Télé. Humides, elles ne peuvent être divisées ; sèches, elles sont d'une dureté qui ne permet point à la bêche de rompre la couche superficielle, toute crevassée.
L'époque la plus favorable pour travailler les terres argileuses fortes, est la fin deTautomne ; on les laboure parlâmes minces qu'on dispose ensilions. La gelée les pénètre et les fendille; au printemps par l'effet de la sécheresse et de la chaleur, elles se désagrègent naturellement ; ce qui permet à l'air et aux rayons, calorifiques du soleil de les pénétrer et de les réchauffer. Nous verrons, en parlant des amendements, quelles sont les matières à employer pour rendre plus meubles les terres argileuses ; mais • dans tous les cas, elles ne fournissent jamais que des récoltes tardives.
§ 3 . — Les matihres et les terres calcaires.
Les matières calcaires se présentent sous Tapparence de graviers ou de poussière détachés des roches primitives et secondaires, autrement dites pierres à bâtir, des marbres, de la craie 9 de la chaux, toutes matières minérales qui retiennent la langue lorsqu'on l'applique dessus, et qui se dissolvent avec effervescence par l'acide nitrique.
Ces terres à l'état de pureté sont aussi infertiles que les sables siliceux et les argiles; elles sont de différentes sortes :
La craie qu'on rencontre particulièrement aux environs de Châlons-sur-Marne , est formée par la vraie matière calcaire blanche , tendre, très-légère, qui se réduit très facilement en poussière, absorbe et retient l'eau en abondance et qui la délaye en pâte boueuse. Lorsqu'elle, se sèche ensuite il se forme à sa surface une croûte impénétrable à l'air. Par sa couleur blanche, eUe a en outre l'inconvénient de refléter les les rayons calorifiques du soleil, qui produisent une réverbération brûlante.
La substance (u/yeuse provient de la désagrégation des pierres tendres à bâ^r et de chaux; c'est une espèce de craie, mais plus compacte et jaunâtre, elle est aussi stérile que le craie.
Toutes les matières calcaires ont la propriété de s'emparer de Facide carbonique de Fair et de Teau, et forment par là ce qu'on appelle le carbonate de chatêcoy dont Faction est si puissante sur la végétation. Mais, comme pour toutes choses, Texcès ne vaut rien, et c'est ainsi que le calcaire pur est impropre à la végétation.
Telles sont les substances minérales qui constituent la base des sok ou terrains. On y rencontre bien encore d'autres minéraux, mais jamais en masses, de manière à faire de la terre proprement dite : tels sont la magnésie, la potasse, la soude, le fer, le manganèse, le cuivre, etc.
Toutes ces terres minérales prises isolément, sont comme il a été dit, tout à fait où à peu près stériles, impropres à la culture. Il n'en est plus ainsi, lorsque leurs éléments se trouvent mélangés dans de certaines proportions; les défauts de l'une corrigent ceux de l'autre, et alors ils constituent une terre mixte nommée terre arable qui est plus ou moins fertile, suivant que chacune des terres élémentaires entre pour une plus ou moins grande quantité, dans sa composition. Mais là encore, cette terre arable ne serait-elle pas d'une bien grande fertilité, si, à cette combinaison ou mélange de substances minérales, il n'entrait pas une certaine quantité de terre végétale ou humus.
§ 4 . — Tmirbcj terreav, humus.
La terre végétale proprement dite, celle qui provient de la décomposition des végétaux , se rencontre en couche plus ou moins épaisse dans les lieux bas et humides qui retiennent les eaux ; c'est la terre des marais; on la désigne sous le nom de Umrhe.
Cette terre tourbeuse est de couleur brun noirâtre, très-spongieuse et élastique ; elle est formée de détritus de toutes sortes de végétaux en état plus ou moins complet de décomposition
par TacUon des eaux. Gomme les sables, les argiles elles calcaire&purs, la terre tourbeuse pure est impropre à laoulinre de toutes autres plantes que celles qui y croissent natureUement. Cette stériUté, dont est frappée la terre des marais tourbeux, parait être due à la présence de certains acides, de pyrites et à une substance huileuse que les tourbes contiennent en grande abondance « En la privant de son eau acide par rétablissement de fossés de dessèchement; en lui apportant une certaine quantité d'argile et de chaux qu autres substances calcaires, on en fait une terre des plus favorables à la culture des légumes. Les jardins maraîchers des environs d'Amiens n'ont pas d'autres terres* Les arbres fruitiers végètent toujours très-mal dans les terres de cette naturelles saules^ les peupliers, les bouleaux, l'aulne, le frêne, le cyprès chauvey croissent au contraire admirablement.
Le terreau ou humus est le résultat de la décomposition des végétaux et matières animales à la surface du sol sous Tinfiiuence de Toxygène de Tai^i^ ; il n'y a pas ici de fermentation conmie dzms la fornaationde l'élément tourbeux, ce qui fait que les terreaux ne sont pas aussi acides que la tburbe, et sont d'une très'grande fertilité.
Le terreau ne se trouve jamais isolé dans la nature; il esttouours mélangé aux terres minérales auxquelles il apporte l'élément fertilisant; c*est donc plutôt comme engrais que nous devons le considérer. F. Hérincq.
REVUE DES JOURNAUX ÉTRANGERS
WoiTziA TENELLA, Lelim. {Compositeœ).
Plante australienne, assez gracieuse. Elle est de celles que Y on nomme Immortelles.
RiTCHSA POLYFBTAIA^ Hook. (CapporidecÊt) .
tes Capparidées^ selon nous^ ne tiennent pas en horticulture
la place qu^elles méritent. Le genre Capparis ne renferme- t-il pas, ontrele C. spinosa, d'ailleurs fort joli et très*peu r^>anduy de ravissantes espèces N'y a*t*iL pas les Gynandrupsis^ les Cléome, lesPolanisda? Ces plantes ne passent pour être d^ane uulture dif&cile que parce que leur culture a été peu étudiée.
Ce Ritehiea polypetala est une fort jolie espèce de l'Afrique australe^ d'oti elle a été rapportée par M. Maux^ collecteur des jardins de Kew. Mais, dès 1850^ le regrettable M. Baster, dn-* rant l'expédition du Niger du docteur Baillie, l'avait découverte à Abeokuta. C'est un arbuste droit, croissant au milieu des fo« rèls, et qui se garnit de grandes fleurs très-clégantes et très-curieuses, apétales très-étroits, ligules, blanc-pailleetàétamines très-nombreuses, longues et divergentes.
Pan.£TIA Lessonii, Cassini. {Compo$iteoB .)
Le genre PanîBtiane comprend que cette seule espèce. C'est Qne sorte d'Immortelle^ du reste fort gracieuse, annuelle et très florifère, importée par M. Thomson, le directeur des jardins J'Ipswich.
Ophïopogon spiCATus, Gawl. [Ophiopogoneœ).
M. Pemberton Hodgson envoya, le premier, Tannée derrière des graines de cette plante du Japon (Hakodadi), au jardin de Kew; mais je l'ai vue en 4861 en fleurs chez M. Yan Siebold, à Leyde.
C'est une jolie plante, d'une culture facile et qui a passé chez moi cet hiver, il est vrai remarquablement doux, sans paraître en souffrir, abritée seulement par quelques feuilles. Elle est assez semblable à l'O. Japonicus, mais ses épis de fleurs bleues sont plus longs et plus garnis.
Cyprtpeuium STONEi,Hort. [Orchideœ,] Espèce superbe, toute nouvelle, due à MM. Hugh tow qui la reçurent des environs de Sarawak à Bornéo. C'est, dit le Bo-
tanical Magazine, la plus belle plante reçue de l'ancien monde, mais elle est très-voisine du C. caudatum découvert au Pérou
parRuizetPavon.
Helipterum Sandfortu, Hort. {Ccmpositeœ )
Plante australienne, assez insignifiante.
PHAL^a^opsis Lowii. Reichenb. (Orchideœ.)
Ravissante plante, découverte par leRév. Parish à Moulmein et mise aucommerce par MM. Low. Une des onze espèces nouvelles décrites par le- Dr Reichenbach , dans la collection de MM. Low. Cette espèce ressemble beaucoup au P. amabilis;e\\e est moins grande et 'ses fleurs sont d'un blanc moiu's pur ; les pétales et le labelle sont teintés de rose.
DRÂG^9fA PHRYNioiDES, Hook. {Asparagincœ.)
Nouvelle espèce découverte et envoyée par M. Mann de Fernando de l'Afrique tropicale, ce pays si riche en Dracœua. Mai^ M. Mann l'avait improprement considéré comme un Phnpiium.
Les feuilles assez grandes^ ovales^ -finement acuminées, coriaces, striées, sont d'un vert foncée et couvertes de larges points blanc soufre .
Aerotrema Walkeri. Wight. {Dillenieaceœ).
Jolie petite plante de Ceylan, qui pourra garnir le rocher d'une serre,
A. de Talou.