DES GYNERIUM ET DE LEUR MULTIPLICATION
11 est des plantes qui gagnent ou se perfectionnent par la voie
des semis; il en est d'autres qui/au contraire^ perdent de leur
mérite ornemental, et de leur éclat. Tel parait être le Gynerium
argenteum, aux grandes et belles aigrettes argentées, qui jusqu'à
présent n'a fait que donner des variétés dont le panache floral
est tantôt jaune sale; ou tantôt blanc violeté, et qui est loin de
produire le scintillement métallique du blanc d'argent comme
dans le type primitif. Ce n^est donc pas par la graine qu'il faut
chercher à maltiplier ce beau type» mais bien par la séparation des touffes ou par drageons .
Cette opération, simple en a^^arence, n^est cependant pas sans difficultés, car elle ne réussit pas toujours ; c^est cpi'il n'est pas indifférent de choisir l'époque. Au printemps la reluise des drageons est souvent très-dîfEcile. « On ne peut opérer avec succès, dit M. André Leroy, que dans la première quinzaine ' d'août. » Cet habile horticulteur prend ses éclats sur des jeunes touffes d'un ou deux ans, pour que les drageons ne soient pas trop gros, afin qu'on puisse plus facilement les séparer avec quelques racines qui facilitent la reprise ; il met ses drageons en pots remplis d'une terre assez substantielle, et il les place ensuite sur tme couche de fumier de 50 à 60 centiHiètres d'^aisseur, et recouverte d'un châssis .
Les bassinages qu'il donne sont très-légers pour les éclats, qui n'ont presque pas de racines; en quinze jours la reprise est assurée, et de nombreux chevelus tapissent le pot ; on donne alors beaucoup d'air au châssis .
Pour les œilletons qui n'ont aucune racine au moment de la mise en pot^ on les arrose comme les autres, mais après, M. André Leroy recommande de renverser le vase dans les châssis pour éviter l'humidité de la terre, qui ferait pourrir la base ou talon; par le procédé du couchage, la terre s'assainit en se desséchant et en s'échauffant plus vite • Dans ces conditions les racines se développent, et ne tardent pas à remplir le pot. On relève à ce moment la plante pour aiderau développement du feuillage, et bientôt après on possède des sujets aussi beaux que ceux qui proviennent d'oeilletons enracinés.
On peutavoir aujourd'hui, pour! fr. 25 à 2 fr. de belles touffes de Gynerium . Livrées en pleine terre, elles fournissent dès la seconde année de plantation plusieurs magnifiques panaches, qui se balancent gracieusement au gré des vents des mois d'août, septembre et jusqu'aux fortes gelées. Pour l'hiver il est
prodent de garantir les Gjfnerium en i^e?ant toutes leurs longues faiiUes, en entourant le pied avec des feuilles ou fumier sec, et la partie supérieure à Taide d'un paillasson . Lorsque le printemps s'annonce on les débarrasse dutout, et on supprime avec sQsn toutes les feuilles dëeséchées, sans atteindre le oceur d'où doit sortir la nouvelle hampe plumeuae ei les nouveUes feuilles.