LES PENSÉES
Monsieur le rédacteur, Dans votre dernier numéro, vous avez moissonné dans Texposition parisienne; permettez -moi d'y entrer derrière vous, afin de glaner les quelques épis que vous avez pu laisser. Nous
paiim)iis^ si vous voulez Imcd, de rhortiottlturo tt de* h<Mii« cnlteors. Poorquei ne commeacerions^DOos paa par celui q«û fait %urer ses produits dans une exposition? Gar> s'il les ex* pose, c'est pour les soumettre non-seulement au jugement du jury, mais encore et surtout à Tappréciation du public. Or* Tappréoiation comporte autant la louange que la critique , et quand on se présente dans la lutte» il faut en subir toutes les conséquences. Ceci dit, commençons par une humble plante qui composait un lot de Pensées françaises f appartenant à M. Courant, semeur infatigable. Les fleurs en sont très-grandes» striées et ponctuées de toutes couleurs.
Ce genre n'est pas nouveau; il y a longtemps que nous Favons vu chez un horticulteur du faubourg Saint-Antoine« qui ne manque pas d'intelligence. Pourquoi esi*il resté stationnaire entre ses mains? Pourquoi ne IVUil pas amélioré? M. Courant» loi^ a marché ; il a agrandi les fleurs du double, et a tiouTé des nuances nouvelles. Mais il lui reste encore trois choses à trou- Ter pour que ses Pensées ne laissent rien à désirer. Il faut que les pétales de ses plantes soient moins allongés et plus épais^ afin de donner à la fleur une forme arrondie ; puis, plus de maintien^ -et enfin les moustaches^ c'est tant à la mode les moustaches ! Du reste , nous pouvons compter sur M. Gourant : son passé répond de Tavenir.
n y avait d'autres exposants de Pensées» entre autres» M* Falaise. C'est le geiu'e qu'on est convenu d'appeler anglais, que cultive avec succès M* Falaise; la forme ne laisse rieft à désirer et les moustaches sont partout. Nous devons jouter cependant que ce genre a moins progressé qu'on ne pourrait le croire à première Mie. Depuis longtemps le commerce est en possession de variétés aussi parfaites et aussi grandes» sinon tout à fait semUables. Cette réflexion a pour but de constater sim^dement les faits.
Les autres lots n'avaient rien de remarquable* et nous enga«
geoQS leurs propriétaires à remplacer au plus vite leijffs plantes
par d'autres; une mauvaise Pensée occupe la même surface de
terrain, met le même temps à pousser qu'une bonne et se vend
4 ou 5 fois moins cher.
Lajeunnesse.
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