PLANTATION ET TAILLE DE LA VIGNE EN CORDONS OBLIQUES
Excepté dans les mauvais terrains, où une forte fumure est indispensable, partout ailleurs, surtout dans les terrains neufs, on se contente d'un défoncement de Om. 60 à Om. 80 de profondeur, sur une largeur, à partir du mur, de deux mètres au moins. Si la plale^bande avait déjà servi à élever des arbres
frifîtî^l^ çiu 4^ la yigiie^ ujae hatme fuqaure aérait nécesMÎre. L4 plantation a lieu à Vautoipne et m po^ntemps , dans de petite^ fossa» faites perpend^cvJlaireinwt au muj et à Om, âO les iines des autres, sur une longite^r de 1 m. 30 environ et profoKides de Om. ^5 $1 O91. 30; la même taff^ur e^st suffisante pow pouvoir 7 placer les plants, l^s marcottes enracinées sont préférables aux l^outures : on les couche au fond de ehaquo fosse et dan» toute leur longueur, de façon qu'elles aient leur sommet relevé contre le mur sans former de coudie trop bros-r que. Quand on a du lerreau à sa disposition, il est bon d'en mettre un peu sur les marcottes ; il aide.puissamment à la formation de nouvelles racines, On comble ensuite les fosses et on laisse, î^ la vigne, deux yeux au-dessus du sol, en taillant lea sarments qui seraient trop longs. Paiu le courant ^e l'été qui soit la plantation, il faut palisser veriicalemeut les deux bourgeons qui naissent des deux yeux laissés hors de ti^re.
Premihre taille' — Au printemps de la deuxième aunée, I on s^ppuime le plus petit des deux sarments, et l'autre, taillé à (kn. 45, à partir du sol» sur un ceil placé au-dessous ou de côté, est palissé obliquement sur le treillage qui a dû être fait Tannée précédente, te bi^t de c^lte taille est d'obtenir de l'œil terminal le prolongeaient du cap, et de l'œil placé immédiate^ ment au-dessous de lui et en dessus le premier courson.
Lorsque le bourgeon de prolongement a atteint luie longueur de Oin. 90 environ, on en pince l'extrémité aûn de concentrer la sève sur tous les yeux. Le bourgeon destiné à former le premiepp courson est pineé pour la même raison, à ûm, SO de son insertion. Tous les faux bourgeons qui naissent à l'aisselle des feuilles sont supprimés complètement, ainsi que les bourgeons qui poussent an^^dessous des deux dont il vient d'être parlé. Ces deux bourgeois sont palissés : ïm %. le terminal, obliqueoaent y et Vaiit^e veïtiçalejmen^ pour le coursop. Sur le cejii qu) commei^ce l'espalier, l'un des doux sarments est éga-
lementtaillé à Oin. 45 au-dessus du sol, pour former le premier bras, et dirigé obliquement à droite; l'autre est taillé de Om. 25 à Om. 30 au-dessus du sol> pour continuer son prolongement, et palissé v^ticalement. Les deux bourgeons terminaux du premier bras sont traités^ en été, comme il a été dit ci-dessus pour ceux de tous les autres ceps. Quant à celui palissé verticalement, on le pince à Om. 80 environ de sa naissance. Dans le cas où la vigne pousserait peu, cette première taille est remise à Tannée suivante; le plus beau sarment serait taillé i^ deux yeux, ce qui arrive souvent lorsqu'on plante des boutures non enracinées.
Deuxième taille. — Le sarment qui prolonge le cep est taillé à environ Om. 45 de la taille précédente, sur un œil placé en dessous ou.de côté; cet œil produira le bourgeon de prolongement, qui sera pincé à.Om. 80 ou Om. 90 de sa naissance et palissé obliquement. Comme les yeux placés sur les sarments . sont espacés entre eux de Om. 06 à Om. 12, il est facile d'ob tenir, avec ceux placés en dessus, deux bourgeons pour former • deux coursons. Ces bourgeons seront pinces à Om. 45 ou Om. 50 et palissés verticalement ; tous les autres bourgeons qui pourraient se développer seront retranchés. On a soin, comme à la (aille de première année-^ de supprimer tous les faux bourgeons qui naissent à l'aisselle des feuilles. Le cep doit être taillé à Om, 50 du premier bras sur deux yeux, dont l'un, le terminal , pour servir au prolongement du cep, et l'autre œil placé au-dessous et h droite pour servir à rétablissement du deuxième bras. Le bourgeon de ce dernier sera palissé obliquement, et le bourgeon de Taulre verticalement. Us seront pinces l'un et l'autre à Om. 80 environ de leur naissance . Mêmes soins en été qu'aux autres bourgeons de prolongement .
Troisième taille. — Cette taille est celle de (outes les années suivantes, jusqu'à ce que la vigne remplisse l'espace qui lui est consaci^é. Aussitôt que la vigne sera terminée, c'est-à-dire
goand le sarmenl qui prolonge chaque cep atlcindin le haut du mur, on taille à Om. 40 au-dessous du chaperon sur un œil placé en dessus, pour former le dernier conrson. Dès lors la taille n'a lieu que sur chaque courson, dans le but de les maintenir aussi courts que possible et de leur faire donner du fruit.
La longueur des tailles que je viens d'indiquer s'applique à one treille d'une moyenne vigueur; mais pour celle qui serait vigoureuse, ce qui n'est pas rare dans nos environs^ on taille chaque année le sarment qui prolonge le cep à Om. 05 environ delà taille précédente^ afin d'obtenir trois coursons, ou môme quatre si la végétation le permet; dans ce cas, le bourgeon de piolongement est pincé à un peu plus d'un mètre de longueur; on arrive ain^ à faire une treille en sept ans.
On voit des treilles où l'allongement du sarmenl qui constitue le bras est taillé bien plus long que je ne viens de l'indiquer^ mais les coursons que Ton obtient, par ces tailles longues, ne sont pas toujours bien établis ; il est prudent, dans la taille de la vigne, d'aller lentement. Les meilleurs cultivateurs de Tlio< mery vont bien plus lentement encore, ils ne prennent qu'un courson tous les deux ans; aussi^ quand leur treille est formée, est-elle sur le point d'être épuisée.
Taille des coursons. — Cette taille est des plus simples^ le sarment destiné à former im courson est taillé sur deux yeux,dont 1 un est bien apparent et l'autre tout à fait à sa base.Dans le courant de l'été, s'il se développe d'autres bourgeons que les deux au-dessus desquels on a taillé, on les retranche quand même ih porteraient de jeunes grappes de raisin. L'année suivante on as soit la taille sur le sarment inférieur,et Tautre placé au-dessus esl letranché totalement. Ce sarment inférieur est taillé à son tour comme celui de l'année précédente, c'est-à-dire sur deux yeux, c'est ainsi que se pratique chaque année la taille des coursons.
(A cmtinuer.) Vehrieu,
JardiDiçr en chef k l'Ecole de la Saulsaie.