‹ L'horticulteur français de (volume 5)Chapitre 55 sur 152 · QUELQUES MOTS SUR LES PETUNIA · texte numérisé non relu

QUELQUES MOTS SUR LES PETUNIA

DilE&peiits auteurs et horticulteurs ont déjà bien écrit sur le Pétunia, mais il me semble qu'il reste encore quelques mots h dire, ne serait-ce que sur les fleurs doubles.

Le qmH Pétunia, Tient du mot Petun, nom que porte le tabac dans le BrésiL Pendant quelque temps il fut confondu dans le genre Nicotiana, avec lequel il a des analogies de forme ; mais aujourd'hui il constitue ute genre distinct, dont le nom Pétunia roppelle les antécédents. Une quinzaine d'espèces compose ce genre, toutes originaires de l'Amérique méridionale, la plupart de Buénos-Ayres et dn BrésiL

Deux de ces espèces ont donné, par l'hybridation, les nombreuses variétés qui font aujourd'hui iWiiement des jardins ; ce «nt : 1^ le Pétunia nyctaginiflora à corolle blanche, peu large, à tube presque cylindrique, à lobes arrondis, obtus ; sriginaire des bouches du fleuve Rio de la Plata, et importé en 1 824. 2"^ le Pétunia violaoea, à fleurs violettes, larges, à tube évasé et à lobes ovales, aigus ; originaire de Buenos- Ayres^ et importé eft 1830.

De ces deux espèces sont [MmFenues les nombreuses variétés que nous possédons aujourd'huii Toutes les autres variétés ou espèces ne peuvent figurer que dans les collections botaniques, etc*

Le priacipal but de cette note, est d'encourager les amateui!» à cultiver le PeUnua en général, beaucoup plus que

l'on ne le fait, et pour l'ornement des serres et pour celui des jardins en été.

Le Pétunia double en serre tempérée, où l'on peut donner une très-grande quantité d'air, réussit très-bien, et toutes les serres tempérées, qui. Tété, sont presque vides, pourraient être avantageusement appliquées à des collections de Pétunia doubles qui peuvent fleurir pendant quatre mois, lorsque les Géranium Tbm-Pouce et autres sont sortis de la serre. Du 15 avril au 15 mai, toutes les plantes qui étaient dans la serre sont en massifs ; c'est donc alors que Ton peut empoter quelques Pétunia doubles, qu'on a en boutures sous un châssis ou sur une petite tablette de la serre, en godet de 2 à 3 pouces .

n y a bien, pour garnir les serres en été, les Gesnériacées, telles que les Âohimènes, les Tidœa, les Gesneria, et même les Bégonia; mais ces plantes demandent des soins assidus,

et une assez grande quantité de préparatifs que tous les amateurs, vu le peu d'emplacement dont ils disposent, ne peuvent accorder ; des Pétunia doubles, tous peuvent en avoir et se procurer de jolies floraisons pendant l'été.

Le Pétunia simple peut aussi, dans les variétés de fantaisie que nous possédons aujourd'hui, se joindre aux doubles; mais leur place est en pleine terre, dans les- positions les plus arides et les plus brûlantes du jardin ; après leur reprise ils ne demandent presque pas d'eau et donnent, pendant toute la saison, des fleurs en grande abondance.

Jusqu'à ces dernières années, nous n'avions eu que des Pétunia violets ou blancs, qui sont toujoiurs très-bons; depuis trois ou quatre ans, des variétés panachées sont venues em- ])e\\iv cette série de plantes et rendi*e nos massifs plus gais, par la grande quantité de variation de coloris, purs ou panachés, k bordures blanches sur des fonds roses, rouges, violets et striés. Déjà on peut voir^ par ce que l'on possède^ ce que pourront devenir ces Pétunia de semis qui rendent

de 40 à SO pour cent de panachures par fécondation. Encore quelques ssinées, et les Pétunia rempliront, je Tespère, une plus large place dans Fomement des jardins. Les panachures, jusqu'à présent, avaient été rebutées, et à juste titre, par bien des amateurs, parce qu'elles étaient d'abord trèsinconstantes , et puis, parce que toutes étaient basées sur de mauvaises couleurs; par suite, lorsque le Pétunia n'était plus panaché , il ne restait que le plus laid des coloris anciens» Actuellement la panachure est fondée sur des tons vifs et pnrs^ tels que le rouge, le violet, le rose, les striés veinés de rouge et de noir ; si donc le Pétunia n'est pas très-bien panaché, il reste encore une très-belle plante qui ne fait pas regretter la panachure.

La culture des Pétunia est, en général, très-facile, et la question a été assez traitée, pour que je ne m'étende pas sur ce point. Pour conserver les plantes à massifs, il faut faire des boutures en été, au nord et sous cloches ; elles reprennent ti*ès* bien; on les hiverne sous châssis bien sèchement, ou dans une serre très-près des vitraux. Le semis se fait en mars, sur couche tiède, en ayant soin de ne pas recouvrir les graines. La terre qui conTient le mieux serait le terreau bien consommé, mé<« laogé par moitié de terre de jardin; si l'on peut y ajouter une faible partie de terre de bruyère, la réussite est encore plus certaine. Les semis peuvent se faire jusqu'au 15 juin, et servir de remplacement pour les mois d'août et septembre ; le repi* quage se fait également sur couche tiède.

La fécondation du Potunia est des plus simples et des plus faciles ; lorsqu'on veut obtenir des fleurs doubles et belles, on choisit des plantes à fleurs doubles qu'on place à côté de porter-graines à fleurs simples ; à mesure que les sujets simples fleurissent, on ouvre la fleur pour en extraire et détruire les étamines ; on prend ensuite le pollen qui se trouve dans les fleurs doubles, en petite quantité et sons des formes assez dif-

fuses^ pour rappliquer en temps convenable sur le pistil des fleurs simples aux couleurs les plus vives et aux formes les plus convenables.

La fécondation des fleurs simples doit se faire dans un coin réservé de la serre et le plus éloigné possible des autres variétés. Il faut au moins six plantes porte-graines pour réunir et obtenir les principaux coloris. Lorsque les plantes sont fécondéeSy il faut les empêcher de pousser, en pinçant toutes les pousses qui ne doivent pas porter des fleurs artificiellement

fécondées.

Chrétien,

Employé oa fleuriste du parc à Lyon.

(Extrait de la Société d'horticulture du Rhône)

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