SOINS A DONNER A LA VIGNE ET AU RAISIN
Ebourgeonnement. — Il doit se faire lorsque les bourgeons ont une longueur de Oro. 05 à Om. 10; on retranche tout ce qiû est inutile. A e-e moment-là F opération est des plus faciles et va très- vite. Ce n'est, que plus tard, lorsque les deux bourgeons de chaque courson sont plus développés, qu'on supprime aussi les deux bourgeons qui naissent à Vaisselle de leuirs feuilles; les vrilles seront également supprimées.
Pincement. — Le pincement est pratiqué aussitôt que les bourgeons des coursons ont une longueur de Om. 50 environ; on ne retranche seulement que leur extrémité. Comme tous les bourgeons n'atteignent pas la mêîne longueur dans le même temps, on est obligé de le faire à différentes reprises; plus tard, et lorsque les bourgeons ont à peu près un mètre de longueur, on pince l'extrémité de ceux qui prolongent les bras de la vigne loi*squ'elle est en voie de formation. Cette excellente opération suspend momentanément l'essor des bourgeons sur lesquels on Feffectue, elleleiu' fait prendre plus de grosseur ^t un aoûtement plus précoce, en même qu'elle favorise la formation des yeux inférieurs sur lesquels on doit asseoir la taille suivante.
Palissage. — Le palissage a lieu peu de temps après le pincement; il consiste à attacher tous les bourgeons sur le treillage
ou Je fil de fer tendu à cet effet entre les bras de la vigne. Un seul lien suffit pour chaque bourgeon.
CisellemerU ou suppression des fruits. — Quand les grains de raisin sont à peine de la grosseur des petits pois, on en enlèye quelques-uns sur les grappes qui les ont trop serrés. C'est arec des ciseaux étroits que se fait cette opération. Il est bon, dans les années fertiles, de supprimer la grappe la plus élevée sur les bourgeons qui en ont trois. L'extrémité inférieui*e des grappes* trop longues sera aussi retranchée.
Effeuillement. — Lorsque le raisin est sur le point d'atteindre a sa maturité, il faut ôter les feuilles qui lui donnent trop d'ombre. On commence d abord par celles qui sont près des grappes et qui empêchent Tair de circuler; un peu plus Uird on eu ûte encore quelques-unes des plus rapprochées , mais on a toujours soin de laisser celles qui sont tout à fait en avant et qm protègent le raisin contre l'action directe du sqjeil; c'est aiors qu'il prend cette belle couleur dorée qui le fait rechercher. On augmente encore cette couleur en Tarrosant, avec une pompe à main, quelques jours avant sa maturité complète, lorsque le soleil darde ses rayons.
Ces deux dernières opérations sont indispensables pour obtenir des raisins de première qualité et de longue garde.
^fin il est absolument nécessaire, surtout dans les années froides ethumides, de préserver le raisin des pluies d'automne. A cet effet, dès le mois d'août , on place en haut des murs, comme pour les pêchers, des auvents de 0"*oO à 0"60 de largeur. Cts abris empêchent le raisin d'être mouillé et lui assurent sa conservation et sa beauté. La récolte, pour la conservation, doit se faire en octobre, au moment oîi le raisin est bien mûr : on peut laisser, sans inconvénient, toutesles grappes placées en haut des espaliers jusqu' à 1 a fin du mois, et même plus tard ; elles seroni préservées par les auvents^ des petites gelées (jui pourraient survenir.
Conservation du rcûsin. «— Plusieurs moyens ont été indiqués pour la conservation du raisin. Voici le meilleur et celui qui m'a donné les plus beaux résultats ; le sarment qui porte le raisin est coupé près de sa base, au-dessus de l'œil où doit se faire la taille, et on introduit sa partie inférieure dans une fiole de verre remplie d'eau. La partie du sarment qui se trouve audessus de la grappe étant inutile, on la retranche. Le sarment absorbe peu d'eau ; mais, dans le cas où il n'y plongerait plus, on remplit la fiole. L'endroit le plus convenable pour conserver le raisin, en hiver, est une pièce au rez-de-chaussée, plutôt sèche «pi'humide et à l'abri de la gelée ; cependant quelques degrés de froid n'endommagent pas le raisin quand il est bien mur, mais les fioles qui contiennent Teau pourraient éclater.
Par ce moyen, que j'ai imaginé il y a quinze ans, lorsque j'étais en Normandie, j'ai conservé des raisins verts et frais jusqu'en février. Il va sans dire qu'on doit uter les grains au fur et à mesure qu'ils pourrissent. C'est à cette époque que j ai publié ce procédé dans les annales de la Société impériale el centrale de l'Horticulture de Paris Aujourd'hui il est pratiqué, en grand par plusieurs cultivateurs distingués de Thomery, qui envoient sur les marchés de la capitale des raisins frais jusqu'en mars et avril ; ils ont ajouté seulement de la poudre de charbon de bois, pour empêcher l'eau de se corrompre. On con&srve encore le raisin en suspendant les grappes, à des cordes tendues, î\ l'aide de fils de fer en forme d'S, dont l'un des crochets est accroché à la grappe et l'autre à la corde.
Le raisin se conserve aussi sur un lit de fougère mis sur des étagères : c'est le moyen employé à Thomery depuis longtemps.