LES PHILADELPHUS OU SERINGA
Par ledocteur Ch. Kogh, professeur de botanique à Berlin (1).
C'est au xvi* siècle qu'on trouve cité pour la première fois,la
(4) Extrait traduit da journal aliemand Wochenschrift.
papnMH
première espèce de ce genre^ qui aujourd'imi est devenue nonseulement commune, dans les jardins, mais qui se rencontre en outre presque à Tétat spontané dans certaines régions de TEurope. Comme le Marronnier d'Inde,, sa patrie est douteuse. On sait seulement que le Syringa commun ou Philcuielphus corona^ riuSj a été d'abord cultivé dans les jardins d'Italie, et qu'il s'est ensuite répandu en Belgique et en Allemagne. D'après Ce* salpin il aurait été introduit d'Afrique, et son nom de Syringa qu'il parait avoir toujours porté, en aurait aussi l'origine.
Quelques botanistes lui assignent le Tyrol et la Styrie , pour patrie ; mais il est probable qu'il n'y est que subspontané., comme on trouve également, presque à Tétat sauvage, le Lilas et rÉpine-Yinette dans le nord et le centre de l'Allemagne. On l'a signalé également comme habitant la région Trànscaucasique occidentale; mais M. le docteur Koch déclare ne Ty avoir jamais trouvé àl'état sauvage bien qu'on le rencontre dans quelques jardins et dans les haies. J^ Chine a été aussi désignée comme patrie du Syringa, ïtiain il est à remarquer que les autres espèces de ce genre sont originaires de l'Amérique du nord, et de l'Amérique centrale.
. Sous ce même nom de Syringa on cultivait au xvi' siècle deux arbrisseaux introduits vers la même époque, mais qui n'avaient d'autre ressemblance que l'odeur agréable et très-prononcée de leurs fleurs. L'un est le Philadelphus, dont il est question, l'autre est le Lilas ou JLi7ac. Ce dernier, d'après ce qu'on sait, a été introduit d'Orient par le célèbre voyageur Busbecq ; ce qui n'explique pas précisément son premier nom : Syringa /lisitanicay tandis que le Seringa ou Philadelphus portait l'épithète de Syringa italica ^ les anglais appelaient au contraire ce dernier Lilas d'Espagne. Dans les ouvrages des botanistes du xvi« et xvn» siècle les deux arbrisseaux sont généralement désignés par les noms de Syringa alba (pom^ le Philadelphus ou Seringa) et Syringa cœrulea (pourlelt/as).
I^ iiom de SyrvA^ ne tii$ pas son orighie d^ dont il parait composé, et qui signifie flageolet ou flûte; c'est évidemment un mot étranger qui a été gricisé. Pour donner une certaine autorité à cette origine, on a prétendu que son bois servait à faire des tuyaux de pipe; c^est une erreur; en Turquie on n'emploie à cet usage que le bois de Merisier, ou de Maha« 1^. Le nom allemand : Pléifenstrauch y est la traduction du prétendu mot grec Syringa. Cet arbrisseau est encore appelé» à cause de son odeur pénétrante, FauayJasmin, et même trèsimproprem^t Jasmin. Le nom de Syringa arabica appHqué par Qttsius au Jasmin 4e l'Asie méridionale {Jasminum Mtnbac) a pu contribuer àlui faire donner ce nom. Pour les Anglais, comparant l'odeur de ses fleurs à celles des Orangers^ ils Ts^ipellent, Mock'Orange.
Gaspard Baufain et les botanistes de son époque regardent notre Syringa comme étant la même plante que Athénée d'Alexandrie cite, d'après les écrits perdus d'ApoUodore, sous le nom de Philadelphm. Suivant ce dernier écrivain^ les rameaux de l'arbre se rapprochaient les uns des autres au sommet, d'où lui Serait venu le nom de PAi/o^/pAusquiveut dire frères aînés, ou mieux frères qui s'aiment. Mais il est à peu près certain que ce nom est d^origine parthe et qu'il a pris une tournure grec. En Perse, d'ar près Athénée, les fleurs de cet arbrisseau serv^ent à tréssôr les couronnes, d~ où le nom àeFruteœ çoronarius donné par Cliisius, et celui de Philadelphus çoronarius appliqué par Linné. En France on Im a conservé le nom de Syriiiga et par corruption. Seringa, ce qui est préférable, à came de la confusion qu'il évite avec le nom scientifique du Lilâs. U est donc très-impor* tant de ne pas comprendre sous cette même déjsignatiop, les di<^ verses espèces de Lilasj avec lesquelles Linné a formé son genre Syringa.
Le Philadelphus coronaritts (Linné) fleurit avant toutes les autres espèces de ce genre. Ses fleurs scoii jaunàties et non blan^
ah^s; ellefl ont une odeur péaétrantç. On cohiye cfefmû loÀgte^ipa dans les Jardins , trois v^riétési qui méritent de fixer TaUention : une variété naine , à feuilles étroites semblables à .celles du Saule» a reçu dè^ le siècle dernier, le nom de Philadd^ phus nanw ; une variété à feuilles bordées de blanc qui devient aussi rare que cdle à fleurs doubles. Enfin, Schrad^ en a ajouté une troisième qu'il a nommée PA. Zeyheri^ et qui se distingue par ses feuilles plus arrondies à la base, plus lisses, et par ses fleurs qui sont à peine ou point odorautes.
Outre le Philadelphm eoronarius ou Seringa eommun, Linné connaissait aussi le Ph. inodormy qui était déjà cultivé dès le milieu du siècle dernier, en Angleterre, et qui fut introduit plus tard dans les Jardins de rAtlemagne, ainsi que le mentionneat Moench, Burgsdorf et Barkausen ; mais il était inconnu à Du Roi et Willdenow. Diaprés les ouvrages de ce demiear on est autorisé à adntettre qu*il existait, alors en Allemagne, sous le nom de Ph. inodoruSf une autre plante que. Willdenow publia plostaid fous le nom de Ph. grandi florus^ et qui, d'après les échantillons de son herbier, diffère d'une espèce cultivée sous ce même nom, et qui a été trouvée sauvage dans la Caroline et la Géorgie, par Pursh et Ëlliot, auteurs d'une Flore de T Amérique septentrionale. Il y a donc dans les jardins deux plantes qui portent le nom de Ph. grandiftorusK Quelle est celle des auteurs deit Flore américaine? La question n'est pas facile à résoudre d'après une simple description^ et les échantillons originaux manquent. Quant à l'introduction dans les cultures, des trois espèces sigiudées, la date est inconnue. . Schrader, professeur de botanique à Goeltingue, a laissé entre autres travaux systématiques, une monographie du genre PhiladelphuSf publiée dans le douzième volume de la Lirmea^ dans laquelle il fait connaître toute une série d'espèces nouvelles dont un certain nombre pourrait bien n'être que le résultat de croisements accidentels, Malheureusemeïit il n'est pas ^aoile de
-^ les —
diStenpm^ cm espèces à Vaide de «oa travail; ses desoriptioDs n'ont pas la précisicm qu'on obtient parla comparaison denonir breax échantillons^ et ses diagnoses sont établies sur des carac*tj^res qui n'ont rien de stables . En outre, Schrader n'ayant pas couservé dans son herbi^ les types de ses espèces^ il est inqposaible de recounr au témoignage si puissant de la oomparaisoiu Pour ces espèces il y a donc de la difficulté à les rétablir aveo certitude; ce qui a obUgé ML Koch à émettre ses propresr appréciations.
BosO| longtemps avant la publication de Schrader parue efa 1S38^ cultivait au jardin des Plantes de Paris, sous le nnm de Philadelphw pubescens^ une espèce, que ce savant botatûste et p<Hnologisie« avait évidemment rapporté de son voyage à ta CaroHne ; elle est figurée dans l Herbier général de r amateur (voU IV, pi. 268),
D après cette figure cette espèce n'appartient pas au PA, hirmtus de Nuttal, comme le prétendent MM. Torey et Grey ; mais bien au PA. verrucows de Schrader et au Ph. grcmdi-' florw figuré par Lindley dans le Bcianical Hegister^ pi. 870 « Parmi les caractères indiqués est celui d'être sans odeur, ce qui le distingue faoilq|ment du PA. floribundw de Schrader, espèce à fleiirs (Hlorantes, avec laquelle le Ph. pubeMcem a beaucoup d'affinité.
Ainsi qu'il a été dit plus haut, il existe encore dans les jardins une autre espèce sous le nom de grandi florus y que M. Koch re- ^de comme très-rdiffiérente des précédentes, et que Schrader a décrite sous le nom de Ph. latifoliu&; on l'appelle aussi dans les cultures Ph. nivalis (le nom de niveus sesait prélérai)te car on a voulu désigner la couleur blanc brillant des fleîurs). Cet arbrisseau a toujours des fleurs inodores beaucoup plus grandes ^t à pétales qui s'évasent en s'étalani, tandis que dans les pubescem de Bc^ et floribunduê de Schrader la corolle reste campa<» ttukflde», .
^Depuis 1 822, les coUectîoiis possèdent tmeespèce, originaire de THimalaya, que Walliohy qui en a fait la découverte» a publiée dans son Enumération des plantes de Vlnde orientale^ sous le nom de Ph. tomentûsus. Cette espèce est très-inférieure au point de vue ornementale^ à celles que nous venons de mentionner; aussi n'est elle que peu répandue dans les jardins; M. Koch ne Ta vue jusqu'ici que dans celui de Berlin; mais eSh est mentionnée dans quelques catalogues sous le nom de triflorus de Wallich .
Une huitième espèce a été introduite en Angleterre, * d'après Loudon, en 1850, du jardin de Bartram (Philadelphie); elle est originaire de Ténessée , et décrite sous le nom de Ph. hirsutm par Nuttall. Bien que plus répandue dans les jardins die n'est pas plus ornementale que le Ph. tomento^tis.Onry trouve^ le plus souvent, sons le nom de PA. tyuxiorttô/maisle véritable Ph. inodormy est un tout autre arbrisseau qui ne parait plus être cultivé, et qui peut-être ne Ta jamais été.
Enfin apparut, à quelque temps de là^ une neuvième espèce qui semble avoir devancé la précédente dans les jardins d'Angleterre ; c'est le Ph, gordonianus de Lindiey. Elle est voisine du Ph. pubescens de Bosc, et ses fleurs ne produisent pas une odeur plus agréable • Douglas , voyageur de la Société d'horticulture de Londres en fit la découverte sur la côte occidentale de l'Amârique du nord d^ns le territoire arrosé par le fleuve Golombia* Elle parait avoir été répandue plus tard, dans le commerce sous différents noms. En efiet, le Ph.Cohimbianusj ccrdifoliusj dubius^ et' même le cordalus , ne présœtent aucune différence avec le gordinianus^ qui a été dédié par Lindiey à Georges Gordon, surintendant des pépinières d'arbres d'agrément du jardin de Cbiswidc .
Le commerce s'est encore enrichi, dans ses huit dernières années des Ph. chineims^ Ledebourii et d'une troisième espèce répandue souslenom de Deutzia species iapmica. M. Koch les a
Vus en ileurs à Fécole d*arboriculture de t^otsdam , au jardin ])o(amque de Berlin, et, d'après ses remarques, tous les trois appartiennent au Ph. myrtoides àe.'Revioloni. On trouverait encore dans les jardins, une autre espèce, figurée par Paxton^ dans le Ftower-Garden^ Sous le nom dePA. Satsumi de Sieboldt, et non satsumani; elle est à peine distinct© du vrai Ph. gran* diflorus de Willdenow. Enfin hDeutzia scabra de Thunberg se rencontre quelquefois sous le nom de Ph. chinensis et sinensis thyrsiflara .
Le jardin botanique de Berlin possède encore deux autres espèces qui n'y ont pas encore fleuri, et qui trèsprobablement ne figureront jamais dans les cultures de plein air; car elles ne paraissent pas assez rustiques pour supporter notre climat, au moins celui de TAllemagne du nord; ce sont les Ph. mexicanus de Schlechtendal, figuré dans \eBotanical régister, tom. XXVIII, et le Ph. califomicus de Bentham .
Outre ces douze espèces on en trouve encore quelques autres citées dans les catalogues et qui ont été en partie indiquées par Schrader. Mais comme M. Koch n'a pas eu occasion de voir des exemplaires originaux il s'est abstenu de porter un jugement ïi leur égard.
Les arbrisseaux que l'on rencontre dans les jardins sous les noms de Ph. speciosus et laxus appartiennent au Ph. grandifloTUs de Willdenow, auprès duquel Schrader a placé ces deux espèces.
Le Ph. trinervius de Schrader doit être certainement rapporté au Ph. hirsutus de Nuttall; du moins il y a une irèsgrande ressemblance entre les individus qu'on cultive sous ces noms.
Le Ph. specioms de Lindley, figuré au Botanical register, pi. 2005, diffère, pour M. Koch, de la plante du même nom de Schrader; iî pourrait n'être qu'un hybride des Ph. grandû
flùrusy Wflld. el Laœus de Scbrader ; il se rapprodie davaintage du premier, et peut-être n'en esWl qn'une variété plus glabre.
Le Ph. Jo^uj de» jardiniers, n'est qu'une simple variété à petites feuilles du Ph. grandiflorus de Willdenow; la plante de lindley, figurée au Botanical register, tem. XXV,pl. 39, s'en distingue à peine même comme variété.
Sous le nom de Ioodus, on trouve encore une variété naine du P. coronarius^ présentant le phénomène assez singulier d'un arbuste qui possède à la fois des rameaux à feuilles étroites et des rameaux portant des feuilles elliptiques.
Le Ph. ttinervius porte aussi le nom de Ph. gracilis.
Le Ph • Grahami, edulis et ohiotensis se trouvent signalés dans les catalogues des horticulteurs. Nous ne sommes pas en mesure de nous prononcer sur cesdeux derniers^ dit Tauteur allemand, mais il est évident gue Tarbrisseau cultivé à Técole d'arboriculture de Potsdam sous le nom de Ph. grahami appartient bien à la variété à petites feuilles du Ph. grandiflorus de Willdenow.
Enfin, avec les douze espèces que nous venons d'admettre et que l'on cultive dans les jardins, il faut mentionner les Ph. lewisii de Pursh, affinisàe Schlechtendel, s&rpyllifolius et microphyllus de Asa-Grey , et qui ont été décrits par ces auteurs.
Pour terminer cette historique du genre Philadelphus, H. Koch a essayé d'en distinguer les espèces par des caractères certains et en établissant les diagnoses suivants : §.1. — Arbrisseaux dressés^ dont les branches et rameauœsont écartés et portent des fleurs réunies m grappes.
l. Philadelphus coronarius àe Linné. — Écorce dés bourgeons de couleur brune ; feuilles elliptiques dentelées, pubescentes ; fleurs disposées généralement pat cinq en grappe terminale, un peu fermées, ou au moins jamais étalées^ jaunÂtres» exhalant uâe odeur forte, accompagnées de bractées très cadu ques ; ovaire glabre, ainsi que les sépales qui sont o vales-aUon*gés ; style profondément partagé .
Var. B« *— Ph. zeyheri. — Faillies praKjne glabres, aifon*dies à labafle ; fleurs inodores.
Var. 6. — Ph. nanw de Miller. — Variété naine, à feniUet tantôt larges» tantôt étroitement elliptiques, sanUablesà celles éest saules; pétales étroils.
2.—Philadelphus p^ibescensde Bose. — Ph. vermeffÊUt û^ Schrader. — Ph. grandiflorus de lindley . — Ph nivem et d»itttôdesjaidimers«--Ee0roe des bourgeons d*mi jaune gris sâteeoo vert-jaonâtre; feuilles de forme à peu près ovales^ éiguës ou lasgement elliptiques^ dentelées, très-pubescentes en dessous ; fleurs blaaebes » inodores^ disposées en grappes au fomniet de loags rameaux et muniesde bractées très-caduques* Corolle évasée en cloche, à pétales dentés; calice glabre; orairt quadrangulaiie glabre; style long, profondément divisé.
3, Philadelphw latifoliusy Schrader. — ^Ecorce des bourgeon^ v^déire avec une légère teinte jaunâtre ; feuilles largement elliptiques ou ovales, aiguSs, pubescentes en-dessous; le* supérteures ordinairement plus étroites. Fleurs inodc^es^ blanches, trè»^anâes, très-ouvertes^ disposées à l'aisselle des feuiUes supérieures; pétales dentés; calice et ovaire velus; style long^ peu profondément divisé au sommet ,
Yar. B. — Ph, speciosus de Schrader et laœuÈ de Loddiges • llameauxplus étalés qne dans le type; feuilles elliptiques.-:-^ €e n'est probablement» comme il a été dit plus haut^ qu'un hybride des Ph^ latifoliug et grandiflorus.
4. — Philadelphiig floribundus de Schrader. Bourgeons à écorce d'un vert foncé-brunâtre ; fleurs très-agréablement odorantes, d'un blanc éblouissant, en forme de cloclie, disposées en gi'appes an sommet de rameaux eourts> rarement situées à TaisseUe des feuilles supérieures ; calice et ovaire pubescents; style fmdu josqu^au tiers supérieur en quatre branches stig* matifères*
b.-'^hiladelphus Ck^rdonianus^ Lin£ey.--^fiourgeons àécorce
èrane; feuilles oTales, aigiifig^ profondément dentdées, pnhesceiites, manifesitement trinervées. Fleun^ blaïu^hes, odoraiiteSy moinfi a^ablemeni odonféraates que dans la précédente, ouvertes ea dociie , disposées en grappes raccourcies an sommet de i^ameaux courts et nombreux, garnies de bractées très-caduques ; calice et ovaire glabres ; style profondém^it divisé.
6. PhUadelphus UmmUma de Wallid^. — Ph. Nepalemù, Loudon. PA. trifiorus, Wallich. — ^ Bourgeons à écorce jaune brun; feuilles ovales-allongées ou lancéolées-^allongées, acumir nées, d'un vert sombre^ pubescentes en-dessous, finement dentelées, à 5 nervures; fleurs peu étalées, Uancfaes, géminées à Faisselle des feuilles supérieures qui sont plus petites, ou assemblées par 3 ou 5 à l'extrémité des rameaux, munies de bractées très^aduques ; sépales glabres, excepté le bord supérieur ; ovaire glabre ; style fendu jusqu^au milieu de sa longueur.
7. — Phikuhlphus Califomicus deB«(iiham* -^Ecoroedds boiirgeons gris-brun; feuilles ovales, aiguës, pube«>entes dans le jeune âge^ seulement ciliées à Tétat adulte, peu dentelées, à 3 ou 5 nervures. Fleurs blanches, inodores, nombreuses, réunies en grappes pédonculées^ garnies de bractées caduques; sépales une fois plus lon^s que Tovaire; style fendu seulmiwt au sommet. — Les exemplaires du jardin botanique de B^lin ont les feuilles bngues à peine dç 27 millimètres, gai*nies sur les deux races de poils rudes plus ou luùiûs couchés .
8. — Philadelpl\m microphyllus d'Àsa Gray. — Bameaux grêles^ dressés ; feuilles petites, longues, entières, à? nervures peu saillantes, bnllaniesà la face supérieure, à peine pubescentes h la face inférieure. Fleurs solitaires ou réunies par trois au sommet des rameaux; sépales oyales^lancéolés, glabres a^lsi que rovaii*e ; style fendu seulement au sommet. 9. — Philadfilphus,serpyllifQlim^à^kM(k^^
talfflttbeaQCûup» à rameaux courts, serrés, souTeûttenniDéâpar dds épines; feuilles très-petites, serrées , elliptiques, vertes en dessus, grÊs*blanc en dessous, velues, à 3 nervures; fleurs très* petites , le plus souvent solitaires terminales , jaune clair ; calice et ovaire pubescents, blancs; style très-court, à A Mig^ mates.
iO. — Philadélj^us affinisy de Schlechtendal. — Grand arbrisseau pouvant atteindre 4 mèfoes de hauteur , à rameaux presque glaives; feuilles ovales aiguSs, entières ou dentdées, à S nervures pubescentes; fleurs réunies par 5 en grappes; sépales garnis de poils lidancs sur les bords; ovaire glabre; style à 4 stigmates. Espèce douteuse.
§§ II. — Arbrisseaucû généralement peuélevésj à rameaux nom-' breuœ, le pl^s souvent étalés horizontalement, à bourgeons lâches, et souvent pendants ; fleurs solitaires ou réunies par trois*
44.— Philadelphus grandiflorus de Willdenow. — Bourgeons à éûorçe brune ; feuilles eUiptiques, lâchement et finement dentelées, exceptée la base, généralement couvertes de nombreux poils couchés en dessus, glabres en dessous (D'après Willdenow, les feuilles sont ciliées sur les bords et garnies de nombreux poils h l'angle des nervures delà face inférieure). Fleurs grandes, blanches, assez ouvertes, réaniois par 5 au sommet des rameaux; sépales et ovaire glabres; style long, dépassant les étamîn.es, terminé par 4 stigmates. Cette espèce s'élève quelquefois davantage et forme le passage entre les deux groupes. Il a été déjà dit qu'elle est peut-être un hybride des Ph. inodorus et pubes^ cens de Bosc [grandiflorus des auteurs delà Flore de l'Amérique septentrionale) ;c*est ce que paraissent démontrer toutes les formes intermédiaires entre ces deux espèces. En effet, on en possède une qui présente à peine une différence avec lepubescenB et une autie qui est très-voisine du P. inodorus^ et qui comme
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lot a «es rametox g^Hèn et souveirt tiêéàBB ; die porte 4Ïn$ le» jardins le nom de Pk lawusj et Sehrader ea a fait luie espèce sous ce Bom. Le Ph.Satsumide P^xton, ne diffère certainement pas du Ph. grandi flams, var. lapom^et il n est pai originaire du Japon*
12. —T Philadelphus inodorus, de Linné. — Bourgeons à écorce brune ; feuilles allongées , presque toujours entières^ glabres^ à 3 nwvures ; fleurs envoies, d'un beaù-Uanc laiaairti solitaires ou réunies par Sa rextrémité des rameaux ; sépales et ovaire glalnres; style plua long que 1^ étaminea^ fenda seulement au sommet en 5 stigmates^
15. — Philadelphus Lewisii , de Pursfa» -»- Arbrisseau trèspeu élevé, à rameaux horizontaux, pubescents seulement sur les parties herbacées ; feuilles ovales , acuminées ^ généralement entières, presque toujours glabres , à 3 ou 5 nervures; fleurs blanches, petites ; sépales glabres , une fois plus longs que Tovaire qui est également glabre; style de la longueur des étaïninesy fendu seulement au sommet*
14. — Philadelphus meœicaims, de Sehlechtendal. — Ar^ brisseau élevé, à rameaux pubescents étalés ; feuilles ovales aiguës, dentelées ou entières, à 5 nervures^ couvertes de poils serrés ; fleurs trèsTodorantes semi-doubles ou ayant régotière* m,ent plus de 4 pétales, solitaires ou remues par 3 au sommet des rameaux; sépales courts, pubescents, ainsi que Tovaire; style très-profondément fendu. — Les individus du jardinbotanique de Berlin, qui à la vérité n'ont pa& encore fleuri, ont laplus grande ressemblance avec le Ph. Californiens qui est très-voisin du Ph. myrtoïdes, avec lequel il serait trèchdifScile d'établir des différences spécifiques •
15. --r. philadelphus hirsutuSy de Nattai.^ — Ph. trinerviSi de Schrader, et Ph. gracilis des jardiniers. — Arbrisseau peu élevé, à bourgeons bruns; feuilles petites, ovales-lancéolées ou lancéolées-allongées, dentelées,fpubescelites,d'nn gris»-blanc en
dessoQi?^ à S ou 5 nervures ;ft6iirB petites, Uanoheii^ iBodorap, solitaires on réunies le plus souvent au nonÛKe de trda u sbnunet de petits rameiiux courts ; calice ei ovaîve poilu» ; style entier^ à 4 stigmates rapprochés.
16« — Philadelphus myrtoïdes^ de Bertotom. -^ Arbrisseau petit, à rameaux bruns^ un peu grêles, parsemés de faisceaux depoils; feuilles lancéolées-allongées, finement dentelées, à 5 ou 5 nervures, couvertes de po3s roides et seités qui tcmibeit souvent, du moins à la face supérieure ; fleurs blanches plutâl en forme d'entoùnoir qu'en cloche, disposées en grappes oourtéa à Textrémité de petits rameaux, et portées par des pédoncules grêles ; calice et ovaire grabres ; style plus long que les étamines, fendu jusque vers le milieu. Cette espèce est décrite et figurée dans le tom. IV des Mémoires de l' Académie de Èolùgne.
FLORAISON EN PLEIN AIR DE L'EURYALE l EROX
Dans le jardin de Montpellier, et remarques sur quelqties plantes
aquatiques (i).
Au printemps dernier, le jardin reçut de M. le duc d^Aremberg quelques graines à'Euryale ferox contenues dans une petite fiole remplie d'eau ; elles provenaient de fruits mûris dans l'Aquarium de la serre d'Enghien, près de Bruxelles, et avaient été fécondées avec du pollen de Victoria regia. Deux graines furent semées dans un petit pot le 17 mars 1860 , et le pot fut placé dans une terrine remplie d'eau. Chauffée seulement par le soleil et une couche de fumier sous un châssis bien exposé au midi , Tune des deux graines germa au bout de dix jours. Vers le 15 avril, la plante fut rempotée dans la terrine même, et le 20 mai elle fut placée dans un grand baquet qu'on abrita dans la serre tempérée. Enfin, le 20 juin, ce baquet fut immergé lui-
(4) Ëitndt au Balktin de la- Société cl^aectimaUiiôn.
même dans un baBsm d'arrosage en* plein air. La plante produisait des feuilles , mais ce n'^t que le 18 juillet que nous vîmes un bouton apparaître à sa base. En même temps les feuilles atteignirent de plus grandes dimensions ; il en parot successivement douze ayant chacune 0m.80 de diamètre. Les boutons^ également au nombre de douze, se sont montrés assez régulièrement de cinq en cinq jours environ. Le 21 juillet^ trois jours aprèd Tapparition du premier bouton, on prit quatre fois par jom^. à cinq heures du matin, à une heure après midi, à trois heures et à huit heure» du soir, la température de l'eau du bassin. Pendant les onze derniers jours de juillet, elle ne descendit jamais au^essous dé 19^,5, ne dépassa pas 24% 5^ et elle se tenait en moyenne à 21%5. La température deTeau fut sensiblement la même en août ; elle ne s'éleva pas au-dessus de 24% 5. Dans l'espoir de forcer les boutons, qui s'entr'ouvraient seulement un peu, à s'épanouir davantage, j'élevai le soir la température de quelques degrés en ajoutant de l'eau chaude au bassin. Ce fat en vain. réchouai|également en baissant le niveau deTeau de façon que le bouton ne fût pas immergé. Je me rappelais que certaines fleurs ne s'épanouissent qu'au^iessus de la surface de l'eau, j'espérai qu'il en serait de même pour celles de VEuryale ; mais le bouton ne s'ouvrit pas plus sous l'influence directe des rayons et de la chaleur solaires que sous Teau moins chaude et moins éclairée oîi il végétait la veille. Une lettre de M. le duc d'Aremberg m'apprend que les fleurs de VEuryale ne s'épanouissaient pas entièrement dans les serres d'Enghien , mais qu'elles n'en ont pas moins produit des graines fertiles, même lorsqu'elles restaient entièrement closes.
Quoique la chaleur de l'air doive avoir une influence restreinte sur la végétation d'une plante dont la surface supérieure seule des feuilles est émergée^ cependant on ne saurait la négliger, car elle règle la respiration âéri^[me et l'évapors^on d'une
swGaee ^gale à^deùx iqÈtoes oaités enviKMupewlaQlia période de la floraison. La somme de chaleur aéxieime accumulée sur la plante depuis son exposition en plein air, le 20 juin ^ a été de 21 47 degrés. Je la calcule en additionnant les maœima de chacun des soizante*douze jours écoulés entre le 10 juillet et le 31 août : c'est bien l'expression de la chaleur reçu par les feuilles de la plante. Le froid peut également s'apprécier par la somme des minirna, qui s'élève à 99S degrés. La moyenne des maxima et dàs mmima est de 1571 degrés. On peut donc dire que les feuilles de la plante ont végété sous l'influence d'une tempéra-^ tureïnoyenne de 2i %8 ; mais cela ne signifie en aucune manière que , si réellement cette température eût régné uniformément pédant les soixante-douze jours , la plante eût développé ses fleurs en plein air. Le contraire est même excessivement prcH ba})let et la floraison s'est effectuée principalement parce que^ tous les joun;, les feuilles étaient soumises, dans le milieu de la journée^ à une température de 30 degrés. La nuit surtout, vers If s matin, cette température descendait en moyenne à 14 degréS) pour se relever ensuite et atteindre 30 degrés. La végétation et floraison de VÈuryale ferox sont donc possibles et probables lorsque le thermomètre atteint au moins 30 degrés en moyenne chaque jour, et ne descend pas au-dessous de 14 degrés. La plante peut par conséquent être considérée comme acquise pour la pleine terre dans la région méditerranéenne, puisqu'elle a fleuri avant la fin d'un été peu favorable, et que cinq fleurs se sont entr'ouvertes entre le 18 juillet et le 30 août. Quoique la fleur mère ait été fécondée avec du pollen de Victoria regia^ la plante avait tous les caractères . de VEuryale feroœ ; il est donc probable que l'hybridation est restée sans eifet appréciable.
Dans le même bassin où fleurit actuellement VEuryale^ j'avais essayé il y a deux ans la culture de son congénère , le Vtcton(i regria. Le? feuilles s'épanouirent parfaitement ; l'uned'eUes
attelait nàme le Aimàtre de tm.40, mm aMimeflewiiepir rat. Oa sait que la planta a fleuri, en llSS?^ dans le jardin royal de Païenne, sous le$ yeux du directeur, M. Michel Ângelo Console, sans qu'on élevât la tempéraliu^e de Teau. Dès 1835, Delile avait naturalisé, à Montpellier , le iVe2um6tufli speciostm. Le Jussiœa grandiflerap planté dans le Lez au commencement du siècle, a envahi cette rivière au point de gêner la naviga* tion , et s'est propagé dans tous ses affluents , non par ae$ graines, car il ne fructifie jamais, mais par ses stoîona. VAp(h nogeton distachyum passe Thiver dans tous les ka3sins , et a ac* quis de magnifiques proportions dans un réservoir alimenté par une source , à la campagne de M. Pagezy, maire la ville. Enfin le Limnocharis H\imJboldtii et le Pantederia cordata fleor rissent tous les ans dans le canal de Técole botanique^ On voft par cette énumération que la flore horticole du midi de la France a fait de belles acquisitions en plantes aquatiques ; c est un champ à exploiter , car la géogeaphie botanique nous eor seigne que l'aire des plantes aquatiques est plus étendu qua eelle des végétaux terrestres. Les rhizomes des espèces vivaces restent enfouis pendant l'hiver dans la vase, où ils sommeil* lent à Tabri des variations de la température de l'air^ Lorsque le bassin vient à geler^ la couche de glace eUe-mèive les protège contre le froid aérien aussi efficacemaut que le ferait la meilleure couverture. Dans Télé, on. a la ressource, en chauffant Teau^ de suppléer à la chaleur insuffisante de l'air^ et de provoquer ainsi leur floraison. Sous tous ces points de vue^ les plantes aquatiques méritent l'attention et appellent les efforts des horticulteurs de la France méridionale.
Ch. Martat*
Professeiu' et Directeur du jardio de boUvi^pHi à Montpellier.