‹ L'horticulteur français deChapitre 107 sur 132 · MM · texte numérisé non relu

MM

US CATAtOGBE TfR L'ÊTABLISSEMBOT ANDRÉ LEROY,

Sa synonymie pomologîqne comparée à celle ducongrès

de Lyon.

C'était pendant la nuit qui mit fin au quinzième jour du moiâ de septembre dernier. J'étais à Angers , horizontalement placé sur une couche qui n'invitait nullement au sommeil. J'avais appelé sur moi les prodigalités de la bienveillante déesse qui distille les pavots, et j'attendais béatement les yeux fermés» pour être plus vite en état de jouir de leurs bienfaits ; mais j'avais compté sans les émotions de toutes sortes de la journée.

En effet, à peine avais-je abaissé mes paupières, que des 1^ gions de Magnolia gigantesques, des Camellia pyramidaux, des Thés buissonneux, etc., s'avancèrent vers moi processionell^ ment, déployant de splendides bannières sur lesquelles était inscrit : naturalisés! Je reconnaissais tous ces magnifiques végétaux; je les avais môme vus avec plaisir dansmes promenades du jour, mais cette seconde apparition , à une heure aussi indue surtout, n'avait plus le moindre charme, au contraire! Je chassai donc , en ouvrant simplement les yeux , ces illustres fantômes^ et j'adressai une nouvelle invocation à Morphée, plus pressante encore que la première, mais ce fut pis. Je me trouvai alorsau milieu de régiments de jardiniers,piquantdes boutures de Camellia en pleine terre, à Tair libre, et me disant d'un air un peu narquois : Faites-en donc autant à Paris ! Jamais cauchemar ne fut plus insupportable ; celui des fruits de Bordeaux était dépassé de mille coudées . Fort heureusement qu'en voulant me •montrer la manière de' faire une nouvelle greffe, un jardinier m'enfonça son greffoir dans la main, et je revins à la réalité. J'allumai aussitôt la chandelle fumante de l'auberge borgne qui me recelait, et je cherchai, autour de moi, quelques livres instructifs ou amusants qui pussent me communiquer ce que la divinité somnifère me refusait avec tant d'opiniâtreté. Mais, hélas l pas le moindre Ponçon, pas même le plus petit Alexandre.

C'est alors qne je me rejetai sur le catalogue de TélaUisfle. ment veuve Leroy et fils. — 127 pages I — C'est plus qu'il me fallait 1 le Touvris donc^ et mes yeux lurent : Abiesawrinda, de 80 iy&aU à t met. 50 cent., 6 fr. à 10 fr. ; Araticaria Bidr tcilUiy de I met. 30 cent., 200 francs; Ciipre$susfunebris..,..là mes paupières alourdies s'abaissèrent, et le cauçh^nar reprit à nouveau ses droits. Cette fois la place de la Bourse venait de perdre ses MaiTonniers et tous les arbres pleureurs aiasistaient à leur déterrement. Le char fimèbre passait. Les cordons étaient tenus :en avant, par deoxSaliœ pendtda^lemàle tenait celui de droite, le femellecelui de gauche. Un LariûopendulaetxmJwUpe. rus pendula tenaient les cordons de l'amère. Le deuil était conduit par un jeune Uearaquifotium p/mâulum^ on noa moins jeune Gleditschia BujoH pendula^ assistés d'un vieux Yucca pendula. Puis venait gravement^ à la suite, une longue fiie d'autres pleureurs, parmi lesqudbs on distinguait : Betula pendula f Carptnus pendula^ Crutœgus pendula^ Cytisus pendula^ l^opulus pendula j Bobinia pendula^ Sorbus pendula , Sophara pendula^ Tilia pendula, Ubnus americana pendula et Vlmui laiifolia pendula^ Evonymus europeus pmdulus, Caragana pendula, Biota pendula, ^lyptostrobui sinensis pendula, et une foule d'autres qui ne pleuraient pas rigoureusement^ et qa'ooi appelait flaccidaf reflexa et suspensa. J'avais déjà aperçu xsbl Yucca et un Juniperus de cette tribu, quand un bruit aigu, frappant mon oreille, Ht évanouir tout à coup ce funèbre cortège; c'était le sifflet d'un convoi de voyageurs qui entrait en gare et qui m'éveillait agréablement, car j'avais assez de tous ces pendula que j'avais mis dans les pépinières de M. André

Leroy.

Comme cette lecture ne faisait qu'entretenir l'exaltation frébile qu'avaient fait naître toutes les merveilles horticoles d'Angers et qui causait mon insomnie en provoquant de fastidieuseshallucinations, j'allais fermer le livre, quand le hasard me fit tomber sur 'ce passage de la première page :

— en —

H D'après^ notreloBgueexpéneiiee et les travaux des meilleurs pomologistes 4e l'a France et cle l'étranger, nous avons établi une synonymie devenue indispensable pour éviter la répétition des mêmes espèces sous des news différents. Nous avons pensé que mettre en ordre tous les noms que pointe une même espèce elindiquer Tauteur qui l'a décrite ou fait comiallre sous ce nom> valait mieux que^ par des arrêts sans aj^l^ conmie les rend le coDj^ès pômologique de Lyon, les détruire tous, sans pitié aucune pour les différentes localités o& ils sont en usage* »

Ge trait avait éveillé mon attention. Jte refeuilletai le catalogue et me mis à parcourir d'abord ce travail de M. André LerQy, qui eut ensuite assez d'attrait pour chasser complètement tout sommeil • Je me remis donc à la besogne. Le calme de la nuit, qui n'était pas même interrompu par les pas caiencés des sen^ tinelleSy oonmie dirait un feuilletoniste quelconque, favorisait ce ttavail de dissection auquel je voulais me livrer ; en voici le ré^^ sultat ainsi quei les réflexions qu'il m'a suggérées.

Le catalogue que publie chaque année M. André Leroy n'est pas une énumération pure et simple des végétaux cultivés dans son jardin ; c'est beaucoup mieux que cela. Dans une colonne de remarques, l'auteur donne d'excellents renseignements sur les eq[>èces les plus remarquables au point de vue floral ou cultural.

Mais où le catalogue de M. Leroy sort tout à fait des limites de semblables publications, c'est dans sa partie consacrée aux arbres fruitiers. Là est le résumé d*un grand travail qui a demandé plus de vingt années d'études, et qui a exigé des conndssances profondes de la science pomologique. Je veux parler de la synonymie des fruits pour laquelle s'est formé le Congrès de Lyon, mais qui , je le crains, n'a pas su trouver la vraie roule.

M. A. Leroy, a mieux compris ce travail. Pour établir cette synonymie^ il a commencé par se mettre d'accord avec les

anciens aateurs français , belges^ anglais , amémabu, el il a rapproché ensuite tous les noms nouveaux qui se rappttPti»Qt aux variétés anciennes^ en citant ayec exactitude» à la wito de chaque nom de fruit, le nom de Fobtenteor ou 4e l'auleitr qui l'a fait connaître^ ou TouVrage dans, lequel il est %uré* Quand il n'a pu vérifier par lui-même» sur des échantittona aiUbeiH tiques, le rapprochement des noms synonymes, il ûidk|mraa* torité qui a fiût ce rapprocbetneat. Ainsi, je psends pour exen^ pie la Belle angemne^ qui a reçu dix noms. Il procède de la manière suivante :

Belle angevine, (pépinières d'Angers).

Angora (Villennoz).

Beauté de Terveren (synonyme de ViUermoz).

Belle de Jersey (synonyme de lindley).

Bolivar (synonyme de Prévost).

Duchesse de Berry (Prévost).

Duchesse de Berry d'hiver (synonyme de Prévost).

Grosse de Bruxelles (synonyme de VîUermoï) .

Royale d'Angleterre (Bivort).

Uvedalès Saint-Germain (Lindley.

et il ajoute en note :

La plus grosse poire connue; elle pèse quelquefois 4 kil. 4/2. — ^Arbre peu vigoureux en pépinières ; placé en espalier, il demande le midi ou le levant.— Cette poire paraît originaire d'Angleterre, et avoir été dédiée au docteur Uvedale, qui vivait à Elttiam en 1690. Elle a été décrite <tans la première édition du dictionnaire de Ifillér, en 4TS4*

Cette manière de procéder est assez rationnelle ; la citatioii des noms d^auteur permet de recourir à ces autorités et de s'éclairer de leurs lumières. On pourrait peut-être lui reprocher de n'avoir pas donné une sufûsanle attention à l'antériorité des noms, pour établir la série synonymique. Toutefois, fl vaut encore mieux procéder ainsi , que de chmsîr le nom le plus ancien, et dire : Tous les autres doivent être détruits,"*- -

oommé proo^ kop despotiquement le Gongfès pomologîqtiie de Lyon. El du reste^ comme le fait observer Decandolle : « La dkedicm qu'on donne à la synonymie varie beaucoup selon la nature de Touvrage. » En effet, la synonymie d'un livre de jardinage, qui s'adresse à des personnes ne faisant pas profes* si<m de la smence, mais qui n'en font qu'un simple passe-temps^ ne doit pas être aussi savamment élaborée que celle d'une œuvre scientifique ; caries disciples da Flore ne sont pas aussi soumis aux prescriptions des maîtres que les disciples des Unné et des Buffbn. La population d'^un département, par exemple j qoi connaît depuis vingt ans une Poire sous le nom de Belle angeeùte^ ne se soinnettra jamais & la désigner par celui de VwdiDLlés Saiiit^Germain, Et puis, on ne pourra jamais faire que les cultivateurs^ les marchands-^fruitiers et les simples consom* mateurs^ qui ne lisent jamais de livres d^horticùlture, arrivent à connaître les changements opérés dans la nraienclature d'un fiiwt; parviendraitHiiii même à porter à leur connaissanoe ces changements, qu'ils répcmdiitmt : « Qu'est-ce que cdanous fait? Appelez-le comme vous voudrez, pour nous c'est toujours la Belle angevine ; vous ne détruirez jamais ce nom-là dans notre pays * — et c*est très-vrai .

Pour la science pomologique^ ce qu'il faut, c'est une syna* nymie qui comprenne tous les noms qu'un fruit a reçus, nonseulement dans les ouvrages d'horticultiu^e, mais encore tous ceux qui sont usités dans le langage vulgaire des différentes provinces de France, sans faire prévaloir plutôt celui-ci que celui-là ; car, je le répète, jamais la population d'une localité ne changera le nom des fruits qu'elle connaît. C'est donc perdre son temps que de chercher le nom le plus ancien, pom* le faire admettre dans la nomenclature pomologîque.

Faire .un bon tableau dans lequel seraient rapportés tous les noms appli(|ués à un même fruit, sans donner plus d'importance à l'un qu à l'autre , tel est le simple but que les hommes qui

s'oocopent de cette branche importante de l'hoctijcidture, de* vraient chercher à atteindre. Vouloir. plus, c'est vouloir édifier une ûeiuvre aussi déraisonnable que celle entreprise jadis parles habitants de Babylone, et qui fut détruitepar les foudres du ciel.

Le catalogue de M. André Leroy est un vérâtable tableau sy nonymique des fruits ; il est ^ comme il le dit luirmème , incomplet et imparfait ; mais, à mon avis» il est plus parfait que le travail du Congrès de Lyon, dans lequel on ne fait que détruire et retrancher des syi^mymes ; ce qui ne se comprend pas facilement, et ce qui lui enlève toute espèce de.confiaace. Je crois donc être utile aux amateurs, en leurfaisant^coimaitrece Catalogue raisonné, dont Timportajice est révâée par le sileace que garde, a son sujet, le CQngrès lyonnâSs (i)«

F. Herhïcq.

EFFETS DE LA GELÉE SUR LES ARBRBS DÉPUNTËS ET PLANTATION DES ARBRES SANS RACINES-

Les arbres lorsqu'ils sont déplantés sont exposés à bien des accidents ; cependant le mal est moins grand qu'on ne ]e suppose généralement. Je pourrais en citer de nombreux exemples à ma connnaissance ; en voici quelques-uns :

Une charretée d'arbres que nous faisions venir de notre pé^

pinière, située à environ 20 kilomètres d'ici , en la commune des Alleuds, fut surprise par une gelée de 4 à 5 degrés, et bien que ces arbres fussent recouverts d'uae légère couche de chaume, les racines en furent atteintes à lel point qu'il nous fat impossible d'en livrer aucun. Ne pouvant en tirer parti sous ce rapport, et ne pouvant pourtant nous décider à jeter au feu des arbres qui, pour la plupart, étaient d'une beauté remarquable,

(I) Ce catalogue se vend 4 fr., et I fr. 25 par la poste franco;

nous résolûmes de lès planter, ne fût-ce qu'à titre d'expérience . On en fit deux lots d'égale quantité environ de chaque espèce. Les sujets du i*' furent plantés dans la forme ordinaire « c'est* àndire, que les rabines furent habillées et nettoyées de toute la partie mutilée lors de la déplantât ion.

Ceux du V lot eurent les racines tout entières coupées ras le tronc, comme ^Ton eût voulu en faire un tuteur. En les fdan-tant on eut grand soin de fouler fortement la terre au pied, afin qu^ils ne fussent pas ébranlés par le vent et que les jeunes ra- ^ules, qui sortent du collet et du pivot^ ne fussent pas elles^ mêmes dérangées dans leur travail ; une couche de damier asses épaisse fut étendue sur le sol afin d'empêcher la dessication qu'aurait pu opérer les rayotis du soleil pendant Tété.

Ceux du S'^lot, c'esl-à-dire ceux auxquels on avait coupé les lacines, poussèrent mieux que ceux du l""' auxquels on les avait conservées, et les uns et les autres prirent assez bien ; il n'y eut presque pas de pette, à peine un sur ^. '

Voici ccHument étaient composés ces lots d'arbres :

600 poiriers pyramides sur cognassiers ; 200 pruniers pyra- .mides ; 12 cerisiers pyramides ; 12 noyers fertiles.

La première année on ne donna à ces arbres aucune taille ; ils ne poussèrent que quelques feuilles, mais ils ne périrent pas et c'était déjà beaucoup dans de telles conditions. La â"" année, iJs ne furent pas encore taillés ; ils poussèrent peu , mais leur aspect toutefois annonçait une meilleure santé; ils avaient déjà fait Ba assez grande quantité de nouvelles racines qui assuraient pour l'avenir une bonne végétation. La 5* année, alors qu'il n'y avait plus de doute pour leur reprise, on les rabattit à environ 60 cent, du sol et Ton tailla court toutes les branches. La végétation que l'on obtint dépassa nos espérances; tous, ou à peu près tous les yeux de la tige se développèrent vigoureusement, et aujourd'hui l'on a des sujets pleins d'avenii* avec lesquels on pourra avoir des arbres d'une forme et d'une régularité parfaites.

Les pptmers avaient repris d^ la ueeabàe nsméeme telte végétation qti'ils ont tons été vendus et qu'il n'eii reste "pins ^e trois anjomd'hmy le^(}Qels forment des hantes tiges.

iJBê celliers et les noyers ont tout aussi bien réussi que l6s poiriers et les pruniers. Voici nn autre exemple de la it>busth (été des poiriers greffé» sur coignassier et de la facilité avec laquelle as r^rennent à la transplantation.

Vdrs la fin de mars^ on a Tbàbitudôde jeter sur les tas dn bois de feu tous les arbres de rebut des pépinières. Cette année comme les précédentes on en a jeté h cette époque un certain nombre qui était en jauge depuis le commencement de h vente. B y avait parmi eux beaucoup de poiriers pyramides sur cognassier, qui furent employés un mois plus tarda faiw des tuteurs pour des clématites ; ils furent conservés avec toutes leurs branches et aiguisée avec une serpe comme; un piquet. Plusieurs centaines furent ain^ employés et aujourd'hui le csuré oii ils sont piqués ressemble à une pépinière de poiriers plantés dans la formé et avec les précautions ordinaires. Rus de neuf dixièmes ont parfaitement repris ; ils ont aussi dfô feuilles en grand nombre et quelques-uns même (ce sont des William) ont porté des fruits (1). Si maintenant on déplante ces poiriers avec précaution, on trouve qu'il s'est développé surle sujet cognassier une quantité considérable de chevelu, lequel assure la reprise de Tarbre.

.Si. on Ifiûssait ces arbres sur place^ c'est-à-dire but le lieu même où ils o^t été fichés dans le sol à Tétat de tuteurs, et qu'on rabattit la tige principale à environ 50 centimèti^es de hauteur et les branches latérales près de la tige , en conseryant soigneusement toutefois les plis qui se trouvent à la base deœs

(4) Lots de tnot passage à Angdfs^ j'ai pu jouir de ce singulier phénomène de

•tégétaiion e( de produoiion. 1

tomdim> lesqucte plis Mofcnomt iia grand ndnibiie d'yeux kfents f un obtiendrait mie so^^he v^élatioa et des ar]»rw bien fontiéa dâ06 la suite. D6jà il y s vingt ans oô vfBJA, Usai des expériences dan» oê genre* Une einqua^taina de poi^ riers^ dont les rainnes avaîenl gelé dana la pépiiiià]:e, fu** tenï filantes^ de la sorte par notre aniâeA <^aUè§iie Maeé^ dit FritttMsips. Tons avaient parfaitement réussi et noua ont donné pendant l^ngtAu^ da superbes elr ^oaUmta fruits.

Quelle cônctùsiioii peut- on tirer dé tout ce qui précède 7 Est* ce à dire que les arbres, les poiriers sur cognassier notamment, n*ont pas besoin de racines pour subir fructueusement )a toansplantatàoti t Noâi nous né sôutiendiiixns pas un principe aussi absolu, bien que les fitits nous donnassent peut-étro rai* son; m^s nous dirons qu'il peut arriver maintes circonstances dans lesqueUes la réussite n'est pas moins bonne dans les sujets complètement dépourvus de racines et plantés comme un piquet à l'état de bouture , que dans ceux qui en sont abondamment pourvus, le suis même porté à croire que sî l'oti eût planté avec toutes leurs raciuçs ces mêmes poiriers qui sont restés près d'un mois exposés à l'air sur un taâ de bois , aucun d'eux n'eût échappé à la mort.

Mais de ce que Ton peut soutenir le principe absolu posé cîdessus , les savants, lés professeurs de taille sont-ils bien plus fcmdés à soutenir dans leurs cours le principe contraire ; à savoir, qu'un arbre doit être déplanté avec les glus grandes pré cautions, que toutes ses racines doivent être conservées dahâ toute leur longueur sous peine de mort (pour l'arbre bien entendu} et aussi de détruire l'harmonie qui exi^îte entre les branches et les jacmes : qu'en pépinière les arbres sont trop rapprochés les uns des autres pour pouvoir être levés avec toutes leurs racines, et que de T inobservation de ces principes viennent tous les accidents qui accompagnent quelquefois là transplantation des arbres.

Notre opimooi à ttOQS « c'est qu'aiimm de cee deux priâdfeB

ne peut être soutenu d'une manière absolue ; que la nature,

dans sa haute sagesse , a permis dans le plus gruid nombre de

cas qne les arbres pussent èixe changés de pbce et transportés

d'un lieu à un autre sans trop difficultés. S'il y a des ezceptîoas

à cette fèg^ générale 9 et je sais qu'il y en a , elles aont fort

heureusement en Isèfihpetit nombre, et encore ne tiennoat-cfles

pas auta&t à la manière dont ik auront été décantés, qu'à la

constitution même de l'arbre •

Baptiste Desportbs^

chef de culture chez H. André Leroy.

CtILTUBfi COMPARATIYE DES POMMES DE TERRE BLANCHARD ET MARiOUN.

Je me suis livré cette année à des essais de culture comparative des Pommes de terre Marjolin et Blanchard. Je crois devoir en faire connaître les résultats.

La Pomme déterre Blanchard est ronde, jaune, avec les yeux teintés de violet. — Loin de moi la pensée de suspecter la loyauté de M. Blanchard, dont elle a reçu le nom. Il a obtenu cette variété, je veux le croire ; mais un autre^ avant lui, parai* trait en avoir obtenu une toute semblable. J'ai de telles présomptions qu'elle existait avant 1849 (sous quel nom? je l'ignore), que je prends la chose pour un fait. — Je m'explique. Yers 1846, pas plus tard^ un ouvrier introduisit, à mon insu, dans le village i^e j'habite une Pomme de terre hâtive, qui ne tarda pas à être propagée dans les villages environnants, oh elle est aujourd'hui très-répandue. Je montrais ces jours-ci à l'instituteur de notre commune, esprit réfléchi et observateur, deux tubercules de la Blanchard qu'on venait de récolter dans mon potager; il m'apprit alors que celte Pomme de terre était cultivée depuis quatorze ans à Chaltrait, sous le nom de Pomme de terre hâtive ; et comme je paraissais très-étonné de son affirma*

lion, i} m'ftfypûrta phuneors toberculas êopoetêmma l'extérieiir M à rintécieur àeeta qui proYen&ient de mon j^ J'allai examiner sur place les touffes à-f>h ils avaient été ar?a« ohés; je retrouvai le bois, la feuille, le mode de végétation de la Blanchard. Il n'y a pas à s'y tromper*

Qadques mots sur des expériences de MM. L. Vilmorin et Vmtry.

Le 13 avril 1859, M. Vilmorin fit planter la Blanchard et la Maijolin. Le 1 4 juin^ 6 touffes de chaque variété étaient arrachées ; le produit de la Blanchard fut de 3 kiL 750 gr.; celui de la Harjolin, de 1 kil. 21 0 gr« C'est la proportion de 3 contre 1 en faveur de la Blanchard.

Pour juger du degré de maturité et aussi de la qualité , 3 tn* hercules deTui^ieet de l'autre, coupés eu tranches minces, furent mis à l'étuve. Résultat pour la Blanchard, 18.47 p. 1 00 de matière sèche; pour la Marjolin, 17.11. La Blanchard aur^iitpu être arrachée 1 5 jours plus t6t cpiela Marjolin. Çfoir Bon jaardi* nier, 4860.)

Ainsi, d'après M. L. Vilmorin, le produit de la Blanchard serait triple de celui de la Marjolin ;

Mie contiendrait plus de matière sèche ;

Elle serait sensihlement plus hâtive.

Voici maintenant ce que nous fait connaître M. Vuitry.

Le 1 S mars 1 859, il faisait planter les deux variétés dans une terre de potager médioore, sableuse et sèche. Au conimencement de juin, la maturité était suffisante pour la consommation. La Blanchard se montra plus hâtive. -^15 juin, arrachage partiel; produit moyen par talle^ pour la Marjolin^ 0 kil. 230; pour la Blanchard, 0 kih 350. — C'e^t 50 p- 100 en faveur de la nouvelle variété ; mais il a soin de faire remarquer que la proportion des petits tubercules non vendables est plus considérable pour la Blanchard , et qu'en les éliminant dans les deux variétés , la différence en faveur de la Blanchard est descendue de 50 p. 100 à 40 p. 100.

Utt àmxèaa» emtàf eompantif égaleamit, ^tttfidtléixiàiie jour, 15 mars , dau ime terre de qualité meilletiie. La Blan^ chard à encore primé la Biarjolin ponr l'époque de la lerée, la Tigueur de la végétation^ la précocité même, n y a eu accrois» sèment de produit chez les deux^ en raison de la plus grande iértiliié du 8ol; mais la proportion de cet accroissement a été moindre relativement pour la Blanchard que pour la Maijolih. La différence entre les deux variétés A'était plus que de%5 p« 100.

Plantées en terreau sur couche, Técart entre les deux variétés est encore devenu moindre.

Le dessèchement complet des tiges a eu Heu un peu pluê t^ pour la Blanchard

Ainsi, d'après M. Vuitry ;

l"" Bus le sol est maigre , plus la Blanchard lutte avec avantage sur la Marjolin;

2"* Dans toutes les circon's tances, elle produit plus;

3' Elle est un peu plus hâtive ;

4^ Elle parait préférable dans la culture des jardins et des champs et semble devoir remplacer la Marjolin pour Tapprovisioûnement de la Halle.

J'en arrive à mes propres essais.

rOMMBS DE TSaBS BLAMCHA&D ET KÀAIOUN GOUPAIUftES.

Blanchard,

S avril . Planté on litre entcrreriche de mon jardin.

i*'maî. Elle lève également.

48 juin. Elle entre enûeur. Fleur bleuâtre.

22 juill. i*ai arraché quelques tubci^ culee de bonne grosseur; la peau s*enlève ' au plus lé^er flottement.

«-Pas assez mûrs. Ils sont cependant mangeables sautés dans le beurre.

' Marjolin.

6 avril. Planté un litre. Home terra même planche.

4i mai. Levé dit jours phis tard et inégalement. C*est le défaut ordinaire de cette . variété. Une fois hors de terré elle rattrape le temps perdu.

48 juin. Les inflorescences se détachent avant l'épanouissement de la fleur.

Blanchard.

I ftafti»' Même opér&tioii.

Même état des fanes.

Prodait : 48 litres.

6 aoftt. Même opération.

Peut être un peu moins intn, on peu gras^ pas tous.

— Bons.

AaoMi' Ailiehé ks» ttamM tous

les pieds; pas absolument ■eeoes* Produit : 3b litres.

6 aoftt. J*ai fait cuire sous la cendre et à sec dans un CYlindre de tôle'* exposé à la âaxAme du feu plusieurs tubercules de grosseurs difféfeotea.^Ni aquwx, ni sucrisy ni gras. — Les molécules sa désagr^ gent.bien. — - Fanneux.

— Très-l>ons.

JTaî ditisé les 36 lities de la Kancharà en 5 lois, las 18 delà Marjolin en 4, afin de me rendre compte de la proportion dès différentes grosseurs entre elles dans la mèpe variété et d^une variété à Tautre. En outre, j*di pesé un tubercule pris dans chaque lot et représentant le poids moyen du lot.

Blaruihatdé

Lott«

4 «r lot. Lés plus gros.

%• lot. Forts.

3" lot. Moyens.

V lot. Petits.

6* lot. Très-petits, d'une petite noix aune noisette.

Noinbra Poids m. QoftQt:

des toi): d'an tah. de lit.

ÎO 300 g' 6

4ao

S50 SOtub.

en mél.

606 tub 35 lit.

LoU:

Marjolm.

' Nombre Poids m; Quant, des tnb. d'tm tnb; de lit

4 ''lot «Les plus

gros. 30

SMot. Forts. 94 3« lot. Moyens. 76 4ilot.Très-p^ tits. 487

90 tub. 3 Ut en mél.

387tub.... ïaiiû

n ressort do ce tableau que les tubercules de la Blanchard sont très-inégaux, que sur les 35iittres de ma récolte, il s'en trouve 15 de petits ou trh-^etits. Les petits pesant en moyenne 50 grammes, sont encore marchands, mais il faut retrancher lès 6 litres de très-petits qui ne sont pas vendables, ce qui réduit le nombre de litres de la Blanchard à 29. Supprimant également les 3 Utres 1/2 de très-petits tubercules de la Marjolin, il çesle pour elle 1 4 litres 1/2.

La Bfaoïehard aura produit juste le double de la Ibijolin. Si je rapproche les essais de MM. L. Vihnorin^ Vuitry et les rnkns pour les comparer, je trouve :

Le produit de la BlftDChard.

Son dogré de hà- ▼ité.

D'après M. VU^ morin.

après M. Fmtry.

Triple delà Hapjolin.

• ATancée de près de 46 jours sur la Marjolin.

A peine d'un tiers en sus dans les meilleures con* ditions et d*un quart en sus dans les moins favorables.

Un peu plus h&tive.

ly après moi»

Double

A peine plot bàlive.

Bien que la Blanchard soit plus productive dans tous les modes de culture employés, malgré sa hâtivité et sa bonté incontestables, elle ne fera pas descendre la Marjolîn du rang qu'elle occupe, parce qu'elle n'est ni aussi élégante de forme, ni si bien robée et qu'elle ne pourrait la remplacer ni chez les restaurateurs ni sur les tables recherchées ; d'ailleurs, la Marjolin est très-bonne et très-peu moins précoce. Elle ne peut donc pas disparaître de la Halle ni des jardins soignés. H faudrait même souhaiter qu'elle fût connue de la France entière.

Mais la Blanchard peut et devrait être cultivée pareillement; comme sa végétation est vigoureuse, je suis très-porté à croire, avec M. Vuitry, qu'elle est rustique et peu exigeante sur la qualité de la terre. Elle rendra dans les champs le double de la Marjolin^ aussi elle se vendra à un prix inférieur^ j'en suis persuadé. — Elle conviendrait parfaitement aux ouvriers de la campagne, parce qu'elle leur fournirait un très- bon aliment, à une époque de Tannée oiÏL leurs petits jardins produisent à peine de légumes.

n me reste à consigner ici un petit perfectionnementque j*aî introduit, ces années dernières, dans ma culture de Pommes de terre Marjolin en pleine terre, en plein c^nô. sans ados ni cloches.

Vers le 15 «mars, on enfonce dans la terre d'une couche ma»

ralchère nouvellement plantée eu Mêlons,.. une quantité de tubercules de grosseur moyenne, serrés les uns contre les autres et à la profondeur seulement de 3 ou 4 centimètres. Mon bot unique est d'activer te développement des germes. ' — Huit à dix jours après, la terre est soulevée ; ils vont sortir; c'est le moment d'enlever les tubercules*. Une ou plusieurs planches ^ont préparées pour les recevoir, «— d^is trous peu profonds sont pratiqués de 33 en. 33 centimètres en tous sens. -— On place un tubercule germé dansrfataquetrou, et avec précaution^ on le recouvre d'une légère couche de gros terreau ; — puis on répand régulièrement sur la planche un paillis de longue litière de cheval épais de 10 centimètres. — Il ne doit pas être tassé, afin que l'air etla lumière puissent, quoique diminuéSi pénétrer encore jusqu'aux plantes. •'— Je laisse ce paillis sans y toucher^ jusqu'en mai, quand je prévois que les gelées ne sont plus à redouter. •>— Alors je le fais enlever par un temps couvert. At^ cun pied ne fait défaut et déjà les pousses, qui sont du plus beau vert, ont atteint jusqu'à 12*16 centimètres de hauteur.

Par ce moyen bien simple, nullement dispendieux, puisque j'utilise la terre nue d'une couche destinée à être occupée plus tard par les Melons (il est vrai qu'il faut avoir une couqhe à sa disposition), on avance de plusieurs jours l'époque où ce légume

peut être consommé.

C^ Léonce de Lambertye.

Nous trouvons dans les bulletins de la Société d'horticulture de Paris qui ont publié l'article de M^ le comte de Lambertye, une lettre de M. Vuitry sur le même sujet; et de laquelle nous extrayons les passages suivants^ pour compléter l'historique de la Pomme de terre Blanchard,

«C'est par mon intermédiaire dit M. Vuitry ipie cette Pomme de terre est parvenue entreles mains de M. Louis Vilmorin, Tha*

bile agronome dont rhorticmltone dépko^ aujouhfhm laperte, en sorte que je me trouve en mesure de dissiper qudqaes doutes quisesont élevés à soneujet dans le sein de la Société, et d'établir auprès d'elle que« malgré sa ressemblance avec la Pomme de terre à œii violet, connue depuis longtemps, la Pomme de terre Blanchard est réellem^t une variété nouvelle et dictincte« ob-*

tenue de semis* C'est par un sentiment de justice envers M. Legendre, à qui l'on doit d'avoir conservé ce gain de son am^ M* Blanchard , et en même temps parce que j'ai la conviction qu'il n'est pas sans intérêt pour rh(»rticulture d'en favorisa la {propagation , que j'int erviepa dans le débaU

« Pour ne laisser aucune incertitude^ je suis obligé de repren* dre les dioses d^ leur origine.

€ Au printemps de 18S&, M. Legendreme donna quelquestu-» hercules d'une Pomme de terre ronde jaune, à taches violettes^ qu'il me recommanda comme étant très-hâtive et de bonne qualité. Sans m'informer de son origine, je la plantai à cdté de la Marjolin, le même jour (4 S mars i 858), en pleine terre I^ère, sableuse et médiocrement fertile.

« La Pomme de terre de M. Ijegendre, sortit de terre la première; la levée en fut uniforme et rapide; sa végétation assek vigoureuse et régulière lui assura constamment la priorité sur la Maqolin; ses fanes se desséchèrent les premières. Le i'^juin^ elle était presque au terme de son développement ; son produit moyen par talle, qui, à la maturité complète, s'est élevé à 500 grammes, était déjà parvenu h, 440 grammes. La Marjolin, bien moins avancée, restait au-dessous de 200 grammes, un peu moins de moitié. Au comimencement de juillet, la Marjolin avait regagné quelque chose sur cette grande différence ; mais la nouvelle variété produisait encore 50 p. 0/0 déplus qu'elle.

«Dans une autre plantation comparative, en sol de meilleure qualité, Iq produit des deux variétés s'éleva davantage; mais l'écart entre elles fut moins grwd ; la Piomme de terre ronde a» dépassa plus la Marjolin que de 25 p. 0/0 au lieu de 50.

« Ces faits qui ^;abUsséiit m favenr de la nourelle venue un avantage évident sur Fancienne, au triple point de vue de la précocité, delà fécondité et de la rusticité, fixèrent naturellement mon attention , et c'est alors que , pour m'appuyer sur Tautorité d'un homme tout à fait compétent, j'adressai à VL Louis Vilmorin y avec une note sur mon essai^ quelques P(ftnmes de terre de cette variété* Je le priai de me faire savoir s'il la coimaissait déjà, et, s'il la croyait nouvelle , de vouloir bien ccxitrôler, avec son expérience^ l'essai que je venais d'en faire.

« A la première vue, M. Vilmorin, sans toutefois rien affibraner^ pnflad'dl)ord, ainsi quel'ont fait quelques Membres de Société^ qu'il était possible que ce fait l'œil violet. Dans sa réponse du 14 janvier 4859, il hésite entre cette opinion et la pensée que c^est le résultat d'un semis : voici ce qu'il me dit à cet égard dans saleltre :

« Je ne saurais, à première vue, dire le nom de cette Pomme » de lerre ; elle me rappelle nne variété qui est depuis longtemps

» dans la collection de la Société d'Agriculture sous le nom d' ccii 9 violet ; c'est' nne jaune ronde très^lisse et très-hâtive.

» D'un autre côté, et dans la supposition que ce pourrait être 9 nn semis, ne pourriez-vous pas savoir quelque chose sur son » origine, de la personne de qui vous la tenect

» D'après voire note, cette variété dépasserait en |H*écocité » la Pomme de terre Marjolin, et, quoique très-hâtive, la variété i œil violet qui lui ressemble n'était pas, autant que ma mé-^ » moire me le rappelle, aussi hâtive que cela, i»

« Jem'empressai de prendre des renseignement?. M.Legendre, à qui je m*adressai d'abord, me dît la tenir d'un de ses amis, M. Blanchard , qui l'avait obtenue de semis quelques années auparavant, quand il était garde de la forêt de Preuilly ; M. Blan* chard, obligé d'aller habiter Montigny-Leucoup, oh il n'avait plus de jardin, l'avait prié en partant de lui conserver précieusement ce dépôts

' «Voulant pousser iDoninve$tigaiioii jusqu'aubont, j'écrivisà M. Blanchard et j'extrais ce qui suit de sa réponse, en date du 22 février 1859, que je n ai transmise à M. Vilmorin qu'après en avoir pris copie •

« J'eus ridée de faire un semis de la Pomme de terre violette » tardive; c^est en 1848 que j'ai récolté sept baies dont j'ai fait » sécher les graines : en 1849 j'eus une récolte de très-petits » tubercules.

» Une tige morte aviwt les autres m'avait fait croire qu^un » insecte l'avait fait périr; mais à la récolle j'ai trouvé au pied » de la tige desséchée deux petites Pommes de terre de la gros- 1» seur d' une Aveline ; leur forme un peu aplatie m'avsdi t frappé { » je les séparai des autres bien précieusement. En 1 850, j'étais » fixé sur le mérite de cette variété ; M. Legendre l'a appréciée. B En quittant le pays, je lui avais bien recommandé de me la » conserver. Je vois avec plaisir, etc. »

» Je viens de faire, en 1860, une troisième épreuve aussi favorable que les deux premières à la nouvelle variété.

» Je ne crains donc pas d'affirmer à la Société que la Pomme de terre Blanchard est une variété nouvelle obtenue de semis : qu'elle réunit à un plus haut degré que la Marjolin le double avantage d'être hâtive et suffisamment productive; que.de plus elle est moins exigeante que la Marjolin sur la qualité du sol, et qu'elle peut encore donner des produits rémunérateurs là où la Marjolin n'offrirait qu'une fort médiocre récolte^ en sorte qu'elle convient non*seulement comme variété de primeur à la culture potagère, maisqu'elle offre encore à la masse des cultivateurs une variété hâtive qu'ils peuvent cultiver en plein champ ; enfin la Pomme de terre Blanchard est abondamment douée de la faculté de pousser de nouveaux germes quand les premiers sont détruits par une cause quelconque, en sorte qu'elle ne manque jamais et se trouve complètement à l'abri de l'accident qui a compromis cette année la culture de la Pomme de terre Marjolin.

VlITKV.

pMfB. — > la^rtmeric de K. Donxaii» mc CasMlU. 9.

IM

CHRONIQUE

Vtaemée derhmr : effet de neige. -^ XSa canarà aa café»— IKstoire do pi'dinier pied de cattier introdoit en Fraacei oottBeat H est le p&re de toas eeux foi constituent les plantaiions de la Hartinique. -^ Lee cafiiers de Cayenne et de Bourbon.» Puff : Mélilot ou Luzerne géante.— Un nouveau remède eontre la maladie de la vigne, «o- Insuccès de la vaccination de la vigne.

L'hiver est décidément parmi nous : il n'a devancé, cette année, que de quelques heures^ Tépoque prescrite par le^ savants rédacteurs d'almanachs. Cest pendant la nuit du 16 au 1 7 décembre qu'il a pris possession du terrain, au Keu du 21 à 1 heure 55 minutes du soir^ comme il est annoncé par les Liégeois, simples ou doubles. Au moment où j'écris ces' lignes, il y a neige partout; jusqu'à Nice^ cette pauvre Nice, qui depuis qu'elle n'eist plus italienne, est assujettie aux loû atmosphériques de la France I .

Mais c'est un charmant spectacle qu'une vue de neige et de givre. J'admirais, le jour de Noël, avec un plaisir extrême, cette blanche campagne de nos environs qui paraissait sortir des vastes ateliers galvanoplastiques de l'argentier Ruollz. Les feuilles de Mahonia, de Laurier cerise, étaient comme bordées d'une fine dentelle de la plus franche blancheur. Les Pins, les Sapins et les Cèdres n'étaient plus qu'une masse d'élégantes aiguilles argentées, et les Bouleaux, avec leurs branches flexi* blés et pendantes^ ressemblaient à de blancs fantômes éche* velés, fraîchement sortis des tombeaux dû Grand Opéra .

La- plus basse température a été de 9 degrés et quelques dixièmes dans la nuit du 24 au 25 ; mais dans la journée le temps a commencé à mollir, et le soir, une pluie £ne fit croire ftu dégel. U n'en fut cependant riea« kgvè» deux joum d'une

température douce, les vents de Test ont ramené les frdds et arrêté la fonte des neiges (1).

La saison des frimas est aussi la saison des canards. Les grands journaux signalaient demi^ment le passage d'une tdie haxïàe de ces volatiles, qu'on crut^ un instant, qu'un nouveau Josué avait, cette fois, soustrait le soleil ; je n'ai pas vu Teffist de ces fameux canards ; mais j'ai vu celui d'un canard échappé des bureaux du Moniteur universel^ et qui a fait courir tous les Parisiens au Jardin des Plantes de Paris* Voici ce que publiait le journal officiel, dans la partie qui ne l'est pas.

« On remarque en ce moment, dans une des serres chaudes

du Muséum d'histoire naturelle de Paris, un pied de Ca^éUr » en pleine fructification^ etc. »

Suit, l'histoire plus ou moins véridique et lamentable cTune bouture du premier pied de Caféier cultivé à ce m^e Muséum,

dont les serres « sont chauffées par gtia/re foumeauao; » laquelle bouture transportée à la Martinique, donna naissance aux vastes plantations de Caféier qui couvrent aujourd'hui les Antilles.

Uu journal spécial d'horticulture qui a reproduit l'artidedo Moniteur^ l'a fait suivre à son tour de la réflexion suivante : « La fructification du Caféier dans une serre est un fait impor- > tant ; les réussites en ce genre sont assez rares. » ~ Aussi tout le monde d'accourir au Muséum^ et tout le monde de constater que le Caféier du Jardin des Plantes en pleine fructification, n'était qu'un astucieux canard de Barbarie.

En effet, de toute cette histoire, voici la vraie vérité.

Les serres du Muséum de Paris possèdent plusieurs pieds de Caféier, dont un, qui peut avoir de 2 mètres à 2 m. 50, fleurit à peu près tous les ans^ et donne assez souvent quelques fruits. Si des soins particuliers de culture lui étaient donnés, chaque

(4) An moment où nous mettons soue preise, il n*y a plus de neige; mais It grtéè a reprit a^ee «ne nottifelle iataiwité*

année le lÊohitéwry éi notre coîifrère qoi tnmveqae les réos» siies en ce génie saut nures, pourraient annoncer la pleine fructification an Caféier. Maiji cette année^ il n^a ni fleuri ni fructifié I

C'est ce fait anormal que le Mmitefitr a sans doute voulu coûtât^*

Quant à Tanecdote qui accompagne Tamionce de frnciifica* tion du Caféier, relative à Tintroduction de cet arbuste à la Martinique par de C3ieuXy elle est assez exacte, mais incomplète.

Le premier pied de Caféier qui a été cultivé au Jardin des Plantes de Paris, y fut apporté par un officier d'artillerie nommé de Ressens; mais il y mourut quelques temps «près* Un nouvel individu fut alors envoyé à Louis XIV, en 1714, par le boniv guemestre d'Amsterdam (Hollande), M. Bancras, et c'est un . morceau détaché de l'histoire de ce deuxième Caféier que le Moniteur a racontée très-imparfaitement.

Malgré Tassertion de notre confrère — que la fructification du Caféier est assez rare ens^re^-^il est arrivé quedès 1716, • déjeunes plants, élevés degraines du pied envoyé au Muséum St ans auparavant par Bancras (1), furent confiés au doc* teur Isemberg pour les transporter à la Martinique. Ainsi, à cette époque, cet arbuste fructifiait parfaitement dans les serres du Muséum, qui alors n'étaient pas chaufTées par 4 fourneaux*

La tentative du docteur Isemberg ayant échoué, de Clieux, capitaine d'infanterie et enseigne de vaisseau, tenta un nouvel essai en 1 720. U obtint, de Antoine de Jussieu (onde du grand botaniste, Antoine Laur^t de Jussieu), par le crédit du docteur Chirac, un jeune pied provenant des graines récoltées sur le Caféier du Jardin du Roi (comme on rappelait alors)^ et non

■« ■■ ai ti, -^ 0^ *«.

Il mii»iii««

(4) Anblet : Ob$mati$ni mr la cuftMfe 41» (k^ikr, 477S.

4*10^ lxmte6> «ani4pi'il«rt ^ éans . IVfftÎKfe da MmHèmr : Mfûtert trèMiiqK>rt»Dtà.ïee^ car Uptouye^uele Ca£6ier &uctifiait'alo£9 parfoitement en seire. .

Voici maiatenant Thistoire de ce jpied qm trayersa leBmen* Cest de CSieux, lui-méine , qui la raconte^ dtns une lettie adressée à Fusée AuUet, botaniste du roi, le 22 févri» 1774; par cûoséquent^ 54 ans aji^s le fait accompli. Ou jugera par là» de la prodigieuse Sertilité â» Tintéressant arbuste qui nous occupe.

' « Dépositaire de cette plante si précieuse pour moi^ dit de CUeuXt je m'6ml)arquai avec la plus grande satisfaction; le vaisseau qui me portai était un vaisseau marchand^ dont le nom, ainsi que celui du capitaine qui le commandait^ se sont échappés de ma mémoire ; mais ce dont je me ressooTiens parfaitement^ c'est que la traversée fut longue et que Feao nous manqua tellement, que pendant plus d'un mois , je fus obligé de partager la faible portion qui m'était délivrée, avec ce pied de café m lequel je fondais les plus beureuses espérances et qui faisait mesdélioeiç il avait tellement besoin de secours, qu'il était extrêmement faible, n'âant pas plus gros qu'une marcotte d'œillet. Arrivé chez moi, mon premier soin fut de le planter avec attention dans le lieu de mon jardin le plus favorable i son accroissement : quoique je le gardasse k vue, il pensa m'ètre enlevé plusieurs fois t de manière que je fus obligé de le faire entourer de piquants, et d'y établir une garde jusqu'à sa mar turité.

Le succès combla mes espérances ; je recueillis environ deux UtMi de graines, que je partageai entre toutes les personnes que je jugeai les plus capables de donner les sofkis convenables à la prospérité de cette plante. La première récolte fut très-abondante ; par la seconde, on ee trouva en état d'en étendre {ffodigieusement la culmre. Mais ce qui &- Yorisa singulièrement sa multiplication, c'est que deux ans après , tons les arbres du Cacao du pays, qui faisaient Toccupation et qui étaient la seule ressource de plus de deux mille habitants , furent déracinés, ea-» levés et radicalement détruits par la plus horrible des tempêtes, accompagnée d'une inondation qui submergea tout le terrain où ces arbres étaient plantés; teiraîn qui fbt sur le champ^employé, avec m-

taUt de "rigilancd qae d*habiIelé,.eB plantation de GattieM, qid fiMH moveiUe^ «t muent las cidtiTalauia an état de le répandra à Saint Oo«minguCt à la Goadaloape et autres Uas adjacent^}, <^9 depoîs, fl & été cultivé aTee le plus grand succès^ etc., etc.

Notre Golonie de Cayenne doit ses Caféiers à un fugitif dt la colonie, qui s'était réfugié dans les ékblissements hollandais. Éprouvant le besoin de revenir à ses compatriotes, il écrivit au gouverneur de la Guyane française que, si on vou* laU M pardonner sa faute et le recevoir, il apporterait avec lui des graines dé Caféier. Ce qu'il fît en effet, au risque de rece^ voir les peines rigoureuses que le gouvernement hollandais infligeait aux individus qui sortaient de sa cotlonie avec les graines jde cet arbuste. Ceci se passait en 1 719«

C'est en 1717 que File Bourbon commença la culture du Caféier. Quelques plants de Moka furent envoyés par la Compagnie des Indes, établie à Paris, au lieutenant de l'Ile, M. Des forches Bouchot. En 1720^ il n'en restait qu'un seul pied qui produisit cette année là au moins quinze mille fèves de café.

Quant à l'usage de l'infusion préparée avec les grains torréfiés et pulvérisés, il remonte beaucoup plus haut; on a la certitude qu'on en 'vendait dt^jà sous le règne de Louiâ XIII, au petit Chàtelet, sous le nom de cahovs ou cahùvet , et, quoiqu'en ait dit 11°"* de Sévigné, Voltaire et le café ne sont pas passés;

Du canard au pu/f^ la transition est naturelle. Le premier est un volatile très-inoffensif qui ne s'en prend qu'aux jambes des personnes trop curieuses ; le second est moins bénin ; c'est un canard effronté qui s'attaque à la bourse des gens qui ne sont pas comme saint Thomas. Tous deux ont vu le jour aux États- Unis d'Amérique ; ce qui explique la facilité avfic laquelle ils se sont rapidement acclimatés en France.

Un nouveau puff (prononcez pouffe),] circnle en ce moment dans les grands journaux politiques, où les puffs en général

^tui {acfleaocte; c'est la Lussetm géante! qui va faire pàlîr l'étoile du iBoneux Chou eohssaL On lit dans la Patrie :

« Le Mélilot blanc de Sibérie, appelé aussi Luzerne géante du Ckiliy Trèfle de Bokara, est une plante fouiTagëre des plus précieuses , qui réussit très-bien dans nos climats et dans tous le$ plus mauvais terrains ; sa culture a été vi vem^it [recommandée par Thouin et Bosc. »

Or ce fameux Mélilot, est pour le moins aussi vieux que le monde, et pour n'étoa pas sorti du sac du célèlNre Bamum, il a'en est pas moins un bel €tt bon pu/f^ avec lequel quelques ùt dustriels espèrent tirer de beaux écus, aux agriculteurs trop confiants, car cette plante exige les sols les plus riches en calcaire; ses tiges sont ligneuses, hautes de 2°^ à S'^SÛt, et plus {propres à chauffer le foyer du cultivateur qu'à nourrir ses bestiaux, qui n'en pourraient manger, tout ou plus, que les extré* mités herbacées. Que les amateurs de nouveautés se le tierment donc pour dit.

Autre nouvelle.

On vient de découvrir un remède infaillible contre Toldium. Quel e3t-il? le n'en sais rien I Mais son efiicacité est attesté par des certificats de personnes honorables, qui en ont fait Texpé» rience. Il se recommande par la facilité et la rapidité avec laquelle on l's^phque, ainsi que par la modicité des frais qu'il occasionne. S'adresser, pour plus amples renseignements , à Madame Priou, route de Bayonne, 55, à Bordeaux.

Ce remède me rappelle naturellement la vaccine végét^e dontj'ai parlé dans un précédent numéro, en démontrant l'erreur sur laquelle elle reposait. C'est donc avec le cœur rempli de douleurs cpe j'ai vu un de nos confrères, essayer ce procédé, et publier sérieusement l'insuccès de ses expériences. H est vrai que des médecins, de vrais médecins diplômés par les facultés de médecine, ont cru aussi à l'efficacitévderinoculation

>vx/X'/^^.rw^^^' ^ //^^'^^ .

du mal de la vigne ; mais ils n'ont jaaiais essayé deprésenrar l'homme d'une certaine maladie contagieuse, en lui en ino^ eulantle virus. Mais passons, c'est par trop.... puéril.

J'ai souvent oui des flâneurs ômérites, se plaindre de Tappli-r cation delà vapeur aux éhicules delocomotion.Âvec les chemins de tet, disent-ils, on ne peut plus admirer les Imauœ sites des plaines de la Beauce^ ni contempler à son aise les bords fleuris de la Biévre ! Pour moi je ne regrette nullement ni les névraiigifères coucous de Versailles , ni les pestUentiels Patacheens d'Âuxerre. Depuis Tiavention des lignes ferrées et des bateaux à vapeur, le cercle étroit des anciens environs de Paris s^eti considérablement élargi» et je trouve très-agréaUe de pouvoir pousser mes promenades dominicales jusqu'à Dunkerque ou la soyeuse ville de Lyon. Sans les chemins de fer, je ne connaîtrais pas les Aor^tllpf», les beaux arbres fruitiers du jardin des plantes d'Amiens, ni la riche collection de Cactées du château

de Mérelessart.

Mais la longueur de cette chronique me force à ajourner le

récit de mon expédition en Picardie au prochain numéro.

t9 décembre 1860.

F. Hérd^cq.

AMPHICOME EMODI (Roylet LindleyJ —PI XV.

Etymologie : Du grec amphi, autour, et kome^ chevelure ; allusion aux petites houppes qui garnissent les anthères.

Famillb des Bignoniacées de Robert Brown ; Didynamie anffyospermie de Linué.

Caractères génériques. Le gçnre Amphicome^ établi par Lindley» comprend jusqu'à ce jour deux espèces de Tancien genre /ncam//ea • Elles sont herbacées glabres, àtigescyhndriques, dressées, vivaces ou annuelles. Les feuilles sont al-

taenei pétioUes penaatiseqQées avec impaife6> composées de cmq à OBxè legmeiits cvales^Jancéolés , dentelées. Les fleurs sont disposées en grappes tmninales lâdies roses. Chacune présrate : un oalice campanule à cinq lobes aigus ; une corolle » iosme d'entcmnoir à cinq lobes presqu'égaux , arrondis ; quatre étamines fertiles, 'dont deux plus longues, et une stérile ne présentant qu'un filet subulé; les anthàres rapprochées par paire ont les lobes pcâlus et munis d^une sorte d^arète. L'ovaire «ntooié d^nn disque est linéaire, surmonté d'un style filif(»ine qne terminent deux stigmates lamellesox. Â cet ovaire succède un fruit capsulaire en forme de silique, séparé en deux par une doiscm libre, et qui s'ouvre par les deux sutures ; les graines sont nombreuses munies aux deux bouts d'un petit paquet de poils.

CARAGTÈass SPÉCIFIQUES. VAfnpkicome Emodi, est Tancieii Incarvillea Emodi de Wallich. Uest vivace par sa racine; mais ses tiges sont annuelles et ne s'élèvent guère à plus de 20 ou 25 centimètres ; elles sont dépourvues de feuilles et ne portent que quelques bractées. Les feuilles sont radicales^ longues de 12 a 15 centim., composées de 9 ou H folioles disposées par pairs, ovales échancrées en cœur à leur base, obtuses au soïnmet, crénelées en leurs bords. Les fleurs sont larges de 3 à Acent., très- belles, rose au sommet (limbe), jaune dans la partie iuférieure ou tube.

C'est une très-jolie plante d'ornement, dont les fleurs d'une çrande fraîcheur de coloris, se montrent vers le mois de septembre.

Cette espèce» originaire du mont Emodi. dans THymalaya, a été introduite en Angleterre en 1 852 par les soins du major Vicary ; elle a fleuri pour la première fois en 1 855 . On la trouve dans le commerce français depuis cette ^oque.

Une autre espèce moins remarquable, YAmphicome argtUa se trouve dans les cultures depuis 1835 ou 1836 ; elle a les fleurs

d'un rose foocé, beauooop plus petites que eeltei de TeipkM que nous figurons.

Toules deux sont de serre froide; (mies molàpUd par grtiiiM» par rejetons et par bouture.

0* Lsscirm*

SALYIA INVOLUCRATA {Cavanillei). — (PI. XVI.)

ÊTYMOLOGiE : du latin Salvus, ssân : des propriétés attribuées à la sauge officinale.

Fomilk des Lakiées de Jussieu ; Manandrie monogynie de linné.

Caractères gInériquxs. Les Sauges sont des herbes,, quelquefois des souS'-arbrisseauXy à tiges carrées et à feuilles opposées, de forme très-variable.Leursflenrs sont disposées en petits bouquets ou fascicules à Faisselle des feuilles, et semblent constituer des verticilles floraux. Elles se composent d'un calice tubuleux à deux lèvres, non poilu à son orifice ; d'une corolle tobuleuse à deux lèvres, dont la supérieure est arquée, et Finférieure étalée, à trois lobes; de 2 étamines seulement, à anthères êomposées d^une seule loge fertile^ unie à une loge stérile par un long connectif linéaire, qui est fixé latéralement au filet, et formant une sorte de bascule ; de 4 ovaires implantés dans un disque; d'un style unique naissant entre les 4 ovaires, et terminé par un stigmate bifide. Le fruit est une espèce de petit noyau sec nommé nucute ou akène, de forme ovoide-triangulaire, et qui ne s'ouvre point ; il constitue la graine du commerce.

Caractêrrs s^ÉGiFiQinBs. — Le Sahia involucrata est une espèce très -belle, originaire du Mexique. Il peut atteindre juque 1 m. 30 centim. de hauteur. Les tiges sont ligneuses à la hase, à 4 angles, glabres ; les feuilles sont glabres^ échan-

^eifes eh éoBor^ acaimii&es ^ dentelées , verte» arec lei nerrares pourpres à la face inférieure. Les fleurs soat d'tùi beau touge fôoÈpre, disposées au sommet des rameaux ea ûue sôite d'épi, qui , avant la floraison^ forme un très-gros bouton OTdide de coulmr rose» Gès fleurs naissent par S à Vaisselle des beactées larges et d^un beau rose ; le calice est coloré rouge; ta corolle est pourpre, tubuleuse ventrue au milieu, contractée au sommet, glabre, à àtwL lèvres, dwt h wpérieure est seule poilue.

. Cette espèce a été introduite en 1827^ par William l^bert^ qui en« avait reçu 'les graines de M. Tate.

Sa cuUure est fort n^ligé aujoùrd'hid , *éi I»eii à tort ; car c'est une très-belle plàntç, qui fléiuît tard et qui pent coiloourir ài'omementation des jardins d'hiver. —Je Tai refaM^ûvée dans la collection de plantes deserre du château de Guitrancourt, o& Madame de Morel de Àougèmont avait réuni, il y a quelques années, toutes les. plantes d'ornement les plus remarquables. Mais une^ succession de jardiniers incapables a anéanti preiqu'entièrement toutes ces richesses horticoles^ et c'est avec grande pein^, qu'on a pu en sauver quelques débris.

Historiques des espèces. -«^ Le gmre' Saivia comprend plus de 400 espèces répandues dans toutes les régioifs du^ôuveaâ et de Tancien continent^ DeeandoUe dans /son Prodromus, publiée en 1848, en décrit 407. Mais la culture n'a pas crùdeveùr donneur ses soins à, toutes ses Sauges, dont le plus grand nombre est parfaitement inomemental, et parmi cdles dont les fleun ont quelque beauté, il s'en trouva qui sentent tellem^At la plante médicinale^ que le. jardin dVrnemait hésite à leur donner asile. De ce nombre il faut citer la iSa<t;îa of/îcma/^ et ses variétés; les S, Sclarea,* Btacteata, Bicolor, Austriacay Hablitziana et Horminum*

Pour qu'une Sauge soit acceptée dans les Jardins d'agré-

mealk, ilbut qu^oUe ne rappelfe enffen)atnMeqpft(M>l|i ghapipacie; les espèces suivantes ont ^elquea succès dyis !• moniie hortipple :

ScUvia involucrataj Ccnfertifioray Grahami, Splendem, Car^ dinalis onftjdgetis^ Regla^ Porphjfrata et Coccitiea à fleurs rpuges ei^ les Salviapatem, Hion^^ à fleurs ïileues« L^ espèces de cette couleur sont plus nombreuses ; mais elles sont tellement insi* gni^antes et si inférieures à notre Sauge des près {Salvw pratm^. $i$) que je me dispense de les dlest^

Gsi^ruaç^ — ^Les Saqges que j'aimentionnées^ comme rappelant piff ^p Tofficine de l'herboriste ^ sont toutes de pleine terre, et vivaceS) àTexception de YHorminum qui est annuelle, et qui peut trouver grâce devant les ennemis des plantes médicinales» % causQ de ses élégantes bractées roses ou violettes dont sont çcHironnées ses r^meau^ . Cette espèce vient très-bien dans les terres sèches et légères, exposées au midi ; elle est vraiment jpUe

Quant ai|x Sauges qui reçoivent les soins des amateurs^ elles sont toutes de sçrre tempérée ^ ou serre froide . On les livre à la pleine terre pei^d^nt Tét^ ; h^ Tautpmne on les relève pour t^ paettre en se^re, où çUe ne doivent recevoir que peu d*ar* rpsement.

L^ mnltiplicatioa se fait par boutures pu par éclats des touffes.

T. HERINCQ.

MULTIPUCATION DES VÉGÉTAUX UGNEUX PAR LE

œuCHAGE OU MARœTAGE.

n 7 a longtemps qu'où a dit que tous les végétaux se multipliaient par la bouture et par le couchée , mais pour la réus*

dtè ii tàxA connaifre Tépoque la plus Cronvénable pour faire C6tte opération. Je dis Fépoque à tort, car c'est plutôt Vétat

' d^aoùtement où se trouve le jeune bois de l'année qui fait le succès des boutures et des couchages.

Si le bois dé la jeune pousse est trop tendre, le couchage pourrit; i» il est trop dur, les racines ne peuvent sortir au travers de Técorce. H faut donc un terme moyen, c'est-à-dire que 1& jeune scion dont on veut se servir ne soit ni trop tendre ni trop dur. Cette appréciation d'aoùtement de bois est assez difficile à faire; il &ttt beaucoup d'expéri^ce pour ne pas se tromper. Une longue pratique peut seule guider sûrement dans cette opération.

Les marcottes se font généraleioient de trois manières : la première tout simplement en couchcoit la branche en terre et en relevant la sommité hors du sol ; la seconde y de la même manière en ajoutant une torsion à la branche ; la trcnsîènxe ; en faisant une incision à moitié bois. 11 y a deux manières de la faire : d'abord l'incision simple en dessous de la branche; puis rincision en dessus de la branche avec torsion et placement vertical de la marcotte. Ce damier moyen est le meilleur, l'incision étant faite à la base d*un bouton ou sur le vieux bois au point d'attache du jeune bourgeon de Tannée. Il s'y trouve ou un œil ou un talon , qui^ étant placé à la partie inférieure de la marcotte, est dans les conditions d'une bouture attachée à la mère par la position verticale y la sève descendante vient s'accumuler au talon et produit promptement des

* racines.

J'ai dit qu'il n'y avait pas d'époque fixe pour faire la mar* cotte, qu'il fallait savoir reconnaître le véritable point d'aoùtement du bois. Cependant on peut indiquer connue- saison et époque convenables pour faire les marcottes des végétaux à bois dur^ la fin du mois de juin. A ce moiùent, la pousse prin*-

iaxàUfe est acbeviâe» et» pai les ohaleiics, le hwa géaéwlémwit pris assez de consisiance pour ne pas pourrir en. terre.

Je n'ai rien à dire sur la nature du terreau et les soins à don^ ner.auz marcottes; ils varient sekm les espèces et la nanire des végétaux.

Akdrë Ijekoy.

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