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DE LA GADOUE

Le mjet est malprc^re; mais qae voule2«Toas, les plantes en vivent^ et nous vivcms de ces plantes-là* Qoi dit gadoue dit ordures, d'où qu'elles Tiennent et d'où qu^élles sortent ; cependant, à Paris et dans la banlieue» ce nom s'applique particulièrement aux boues des villes, et nous n'entendons païkr aujourd'hui que de ces boues . Nos pères ne s'en souciaient point et les accusaient de donner un mauvais goût aux produits de la terre* Les ducs de Bourgogne, ceux de la seconde race, ne permettaient pas aux vignerons de fumer les vignes fines avec les raclures de lantemei^ c'est-à-dire avec les ordures ramassées et enlevées des villes pendsmt la nuit ; la police de Paris ne souffrait pas non plus, il y a moins de cinquante ans, qu'on les employât dans les jardins légumiers de son ressort, attendu qu'elles jouissaient de la fâcheuse réputation de communiquer aux légumes une saveur désagréable et des propriétés malfaisantes. Aujourd'hui les règlements de police n'y regardent pas de si près et la gadoue fonctionne librement.

Malgré cela, elle ne jouit pas encore d'une bonne réputation, et ceux qui s'en servent ne l'avouent pas toujours. Les vignerons d'Agenteuil^ de Colombes^ de Suresnes et d'ailleurs, vous jureront leurs grands dieux qu'ils la proscrivent sévèrement ; les maraîchers de Clichy-la-Garenne, de Puteaux et de Courbevoie ne sont pas censés la connaître. Vous Hsez même dans certainsauteurs contemporains qui ont écrit sur le jardinage etles arbres à fruits, que les jai*diniers ne veulent pas entendre parler de gadoue^ C'est vrai pour ceux qui font beaucoup de plantes

forcées et qui ont assez de débris de couche!» pour fomer eo^ pieusement leurs légumes de pleine terre ; maiso'^st delà plus complète inexactitude pour tous les autres cultivateurs. Ob que vous alliez^ dans la banlieue de Paris, dans les vignes, dans les champs, chez les fabricants de gros légumes, chez les bour* geois, vous rencontrerez des tas de gadoue. Les gens en ont h revendre au village et vous pouvez vous y approvisionner comme sur la route de la Rév'dte.

La gadoue de Paris et des grandes villes a Tinconvénieiit d'altérer la délicatesse des produits; c'est incontestable. Mais cet inconvénient n'est plus ce qu'il était autrefois^ car Tengrais en question a beaucoup perdu de sa vieille énergie. Au fur et k mesure que la propreté s'introduit dans les habitudes des populations, que le balayage s'exécute plus rapidement, que le charbon de terre remplace le bois, que le macadam se substi" tue an pavé^ la gadoue diminue en quantité et en force . Les boulevards de Paris n*en fournissent plus ; ils ne fournissent qu'une boue sableuse et liquide, que Ton chasse en temps de pluie dans les canaux souterrains. Or, les bonlevardsen mènent large, et c'est autant de perdu pour les cultivateurs. Notez en* suite que les consommateurs de gadoue augmentent en même temps que l'engrais diminue, que chaque citadin Veut avoir sa maison de campagne, sa villa, son potager, son part^re, et^ par conséquent, ce qui convient d'avoir aussi pour la nourri» tra'e de ses légumes et de ses fleurs. Il s'ensuit que la gadoue, plus rare qu'au temps passé et d'une puissance moindre, est plus recherchée et coûte davantage. Achetée sur place^ les prix varient entre trois, six et huit francs le mètre cube; selon l'âge et la qualité.

Cette qualité dépend nécessairement des lieux de prove^ nance. Phis les quartiers sont malpropres, pliis la gadoue est puissante ; nous préférons celle du quartier Saint^Jacques et du

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fubocog Samt4lareeaa à celle de la chaussée d'Antin; nom mettons pour notre propre compte, la gadoue des balles bîsa aa«4essu0 doutes les autres» etnousnesonuDespasseulâecet a^is, attendu qu^elle est afifennée à des maraîchers de proies* sion. La gadoue des halles aux légumes est assurément le meilleur compost qu'on puisse se procurer, en ce sens qu'il eouyiwt particulièrement aux potagers, qu'il altère À peine la saveur des produits, et réussit mieux que là gadoue des rues dans les terrains secs et légers* Si nous avions affaire à des te> rains frais et à des cultures industrielles, nous lui accorderions moins de valeur et lui préférerions la gadoue riohe en débris animaux.

Quant au mode d'emploi, on s'accorde assez généralemœt à reconnaître que la vieille gadoue est préférable à la gadoue de trois à six mois. H vrai qu'avec l'âge son odeur repoussante s'affaiblit, et que la décomposition complète rend les ordores très-assimiliables ; mais il y a des limites en toutes choses, et nous sommes tenté de croire que Tengrais d'un an est bien supérieur à cehii de dix^huitmois ou de deux ans» Il y a mieux : dans les terres sableuses et brûlantes oh nous sommes, nou3 pensons que de la gadoue à moitié décomposée seulement, mais piovenant d'une halle aux légumes, serait préférable à toute antre. Dans le cas où, enraison de son odeur pénétrante, l'on craindrait pour l'altération de la qualité des produits, rien n'empêcherait de l'arroser, lit par Ut, avec de l'eau de chaux ou avec une légère dissolution de couperose verte. On pourrait même se dispenser de ces précautions faciles et peu coûteuses, et se contenter d'en* fouir de suite avant l'hiver^ à la profondeur d'un demi-fer de bêche, cette gadoue trop nouvelle. Nous nous promettons bien de laîre ces différents essais et de vous entretenir des résultats m temps et lieu. P« Jof^iiox.

{Moniteur de V agriculture).

FAITS raSTORIQUES SUR Lis. PREMIER FUCHSIA. Le Fictti elasUeOf VEorteima et diverses Fradses.

Le Padisia écarlate {Fuchsia eocinea)y fat introduit en An g^eterre vers la fin du dernier t&hdey et dédié à Fachs^ botamste distingué. Longtemps après, nne autre* espèce, Tenant du Chiiî^ fut introduite en France sons le nom de Fuchsia Li^ cicïdes, et jusqu'en 1 825 on n'a possédé que ces deux types.

Depuis cette époque, le Fuchsia a subi tant de transformation grâce à la fécondation et aux soins intelligents des cultivateurs, qu'à peine si on pourrait reconnaître aujourd'hui le type primitif.

Je crois faire plaisir aux lecteurs de ce journal en leur faisant connaître le fEiit historique de cette plante^ que j'ai extrait d'un discours prononcé à l'occasion de la distribution des prix de la Société d'horticulture de Melun et Fontainebleau^ par H. le vi«f comte de Valmer , son digne président •

«n y a une soixantaine d'année (ou environ) que Lée^ jardi-» nier près de Londres, montrait son jardin à un de ses amis. Celui-ci lui dit : Tout cela est bien beau^ mais ce n'est lien comparativement à ce que j^ai vu ce matin à Wapping •

—Vraiment, répliqua Lée, et à quoi ressemble cette merveilleY...

»-* Cette plante est d'une élégance parfaite^ ses fleurs pendent comme des glands au bout de ses branches flexibles. La couleur pure est d'un beau cramoisi ; le calice est semé de pourpre et d'or ; ses pétales roulés sont bleu et violet ; les filets des étamines soQl rouge, et leur anthères blanches dépassent les pétalen.

Le vieux Lée demanda l'indication du lieu qui recâait ce tsé^ sor^ courut à Wapping, découvrit cette plante sur Vappui d'u9« fejbuètre, s'assura du premier coup d'œil qu'dle était (awore liw

comme en Angleterre; entra dans la maison et demaada àla pauvre femme qui Thabitait si elle voulait lui vendre cette petite plante.

— Oh 1 non, monsieur^ répondit-elle, je ne veux pas m'en défaire ; mon mari me l'a apportée des Indes» il es^ Kqparti^ et je lui ai promis de conserver cette fleur.

, Le jardinier insiste, la femme refuse de nouveau ; alors^ tirant de sa poche tout Targent qu'il a sur lui» huit^guinées (200 francs)^ il le lui offiit.

— C'est bien de l'argent, répondit la femme hésitant, et L6e, se h&tant de conclure le marché, emporta la plante après avoir promis à la femme du matelot de lui donner la première multiplication qu'il obtiendrait «

Lée se jeta dans un fiacre^ cachant la plante sous ses habits, comme s'il l'eût dérobée. Arrivé chez lui, son premier soin fut de couper les fleurs et les boutons ; il boutura, il marcota toutes tes branches, et au commencement de la saison suivante, Thabile jardinier avait 500 plantes de Fuchsia.

« Une grande dame acheta la première un louis ; elle la montrait avec orgueil à ses amis • Tout le monde voulut bientôt avoir cette jolie fleur, et Lée gagna trois cent louis pour huit qu'il avait risqués.

Si ce brave homme pouvait revenir au monde, quel serait son étonnement en voyant ce que nos horticulteurs on fait de son petit Fuchsia ; pourrait-il le reconnaître en voyant le Fuigens^ le Corymbifiora^ le Mazeppa; le Prince Arthur^ la Dvr chesse de Lancastre^ le Tricolor, Madame Comelmon, Solferim à fleur doublcy V Impératrice Eugénie^ à corolle blanche, et mille autres.

^ Cest que nos jardiniers français, moins favorisés par l'humidité de Vm, par la régularité de la température que ceux de. quelques pays voisins, n'en sont pias moins de très-ha-

biles pM^Mgalêim, et le goût des fleurs se popularisant de jour enjour, il se trouTO parmi eux des hommes industriels^ capables, comme le vieux Lée, de donner tout l'argent de leur bourse peut obtenir une plante ou fruit rare.

J'igottterai que feu Louis Noisette, horticulteur, rue du Faubourg Saint-Jacques, à Paris, e(»nme le jardinier anglais, après avoir vidé sa bourse, a vendu au commencement de ce siècle, diverses plantes et fruits nouveaux pour plus de cent mille francs en deux différents envois faits au prince Desling , et entre autres la première multiplication du Ficus elasHca^ vendu mille francs.

M. Audebert, jardinier, même rue, vendait aussi quelques années après, YHortensia, dédié par Commerson à Hortense Le* pautre,' femme d'un célèbre horloger, et dont les premières multiplications ont été acheté à raison de 300 francs chaque plante, par S. M. l'impératrice Joséphine. Tous les amateurs de fleurs voulaient avoir cette plante, ce qui a fait la fortune du jardinier Âudebert.

J'ai vu plus tard, en 1823, lorsque j'étais employé à ses cultures, multiplier sous châssis les fraises Wauilfnotky ou Wilmoth superbe, la Roberti'-prolific du Chili, et vendre 200 francs le cent de petits filetSé Les recettes se sont élevées dans un mois, pour la vente des fraises, au chi&e de dix mille francs •

Cette disposition à conquérir des plantes nouveDes, dirigée vers les espèces comestibles, peut amener les résultats les plus favorables pour le bien être des classes laborieuses, et elle mé* rite rattention et les études non-seulement des jardiniars et des maraîchers, mais encore de tous les agriculteurs.

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