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MOYEN DE FACILITER LA REPRISE DES ARBRES

De toutes les déceptions que l'horticulteur est exposé à rencontrer dans le cours de ses travaux, il n'en est peut-être pas de

(4) Elirait du Bvlhtin du cerek pratique de botaw'gue et d'krrtkidiure d» Havre.

plus sensible que le défaut de reprise des arbres dont il a fait la transplantation.

Qu'y a-t-il, en effet, de plus fâcheux à voir que des arbres morts? Quelle dépense et quel retard occasionnent ces insuccès ! De plus, eomtnen ramour-propre n*a«t**il pas à en sooifrir, sur* tout si les plantations sont faites dans des lieux publicst Aussi ne fani-il pas demander, si dans ces conditions, le planteur n'est pas à la recherche de tous les moyens capables de favorisa la reprise. Il en eat un, entre autres, qui m*a donné dé bons résultats et je me fais tout à la fois, un devoir et un plaisir de vous en entretenir.

Noos savons généralement que la chaleur et l'humidité exercent une tr^s-grande influence sur la végétation , selon que la première est plus intense et la seconde plus abondante, suivant aussi la plus grande durée de leur action et selon que les transitions se font d^une manière plus brusque.

On voit souvent au printemps les vents nord-est et est, ordinaires en cette saison, dessécher i'écorce des arbres récemment plantés, les brûler comme on dit vulgairement, altérer le derme, ^u*ayer, pour ainsi dire, la circulation de la sève, troubler le développement et la vitahté générale du sujet, amener son d^ périssement et assez souvent sa mort.

Ces accidents se produisent également sous Uinfluence des transitions brusques de chaleur et de froid, de sécheresse et dliumidilé.

Ces transitions me semblent surtout à redouter pour les plan^ tiitionsqui se font dans les villes, dans le voisinage des grandes constructions, d'édifices élevés, parce que, par suite de la réflexion de la chaleur solaire^ l'air ambiant se trouve avoir, dans le jour, ime température beaucoup plus élevée que pendant la nuit.

C'est pour obvier à ce grave inconvénient qu'en plantant des arbres dans ces situations, je les recouvre sur toute la tige, à

rinstantmème de là plantation, d'un vêtement de paille longue fixée avec de» liens d*osier. Immédiatement sur cette première couverture j*applique un enchevêtrement de branches dlépines ou de ronces solidement fixées à Taide de fils de fer. Cette cui-* fasse est uniquement destinée à protéger le jeune plant contre les ennemis.

Cette espèce de chemise de paille, dont je parlais plus haut, a l'avantage de protéger contre les rayons calorifiques du soleil les plantations dont les écorces seront d'autant plus susceptibles d'altération qu elles seront sorties des rangs plus serrés des pépinières. Nous savons, eu effet, que, dans les pépinières, les arbres étant très-rapprochés se mettent réciproquement à l'ombre et à Tabri des vents et que, dans ces conditions, les écorces restent molles, tendres^ délicates et impressionnables au soleil et au vent.

Cette chemise entretient aussi un certain degré d'humidité sur Tccorce, la rend plus poreuse, plus vivante ; le mouvement de la sève se fait plus à Taise et Tarbre végète d^une manière satisfaisante.

Cette précaution ne me dispense pas, bien entendu , d'apporter dans mes plantations tous les soins indiqués par Texpérience, mais je n'hésite pas à dire que j^altribue à son emploi la réussite de mes plantations.

En effet, j'ai planté depuis deux années plusieurs centaines d'arbres très mal exposés et j'ai eu la satisfaction de n'en perdre qu'un très- petit nombre, environ 4 p. 100, tout au plus, tandis que dans les plantations ordinaires la perte peut être évaluée à 10 ou 15 p. 100 et même quelquefois plus.

Je ne saurais donc trop recommander ce moyen ; il est applicable aussi bien dans les campagnes que dans les villes, je dirai même qu'il est assez généralement employé dans la plantation des pommiers ; mais quoique mis simplement en usage dans le but de protéger les arbres contre les bestiaux, son action n'en

est pas moins très-boone et très- utile au premier point de Tue et l'exemple est bon à soivre.

Lgchevauc».

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