‹ L'horticulteur français deChapitre 111 sur 132 · ST II · texte numérisé non relu

ST II

débats, — comme on dit au Palais, «*- que ce jugement est des plus téméraires, car on goûte toujours beaucoup Racine et on s'abreuve plus que jamais {de café.

Maintenant que ma conscience est déchargée à^xm énorme fardeau, je reviens à mes hortiUoHS,

Qu'eat^^e que les hortiUims et quelte est l'ori^Be de ee mot, me demandera-tH3n ? Je pourrais certainement^ à l'aide d*une longue et savante dissertation, dans laquelle je torturerais de mille manière ce aom composé de trois syllabes , arriver à soo étymologie ; mais> il est plus naturel de dire en deux mots, qu'il s'applique aux maraîchers de l'ancienne capitale de la Picardie.

Les hcrtincms n*ont rien de plus particulier que les maraîchers des autres viKes ; ce qui est tout particulier, ce sont les terrains quHls cultivent, et auxquels s'applique rîgoureusâmient le nom de marais.

liOS remarquables cultures des hortîllons sont établies sur d'anciennes tourbières envahies par les eaux. Pour rendre ces terrains cultivables , il a fallu épuiser ces sortes de lacs ; ehose qui n'était pas facile , le niveau du sol se trouvant en oontre4>as des cours d'eau qui se trouvent aux environs ; mais avec la persistance picarde^ on peut vaincre toutes les difiddtés ; c'est ce qui est arrivé pour les tourbières d'Amiens.

Pour assainir ees marécages et les rendre à la culture, de kiges tranchées ont été creusées dans divers sens ; avec la terre, qu'on en retirait, on a rechargé certaines parties des teiv rains, qui s'élevèrent bientôt à 30 et 40 centimètres au dessus 4u niveau des eaux. On obtint par là de nombreux ilôts, séparés par des ritisseaux tortueux de 2 ou 3 mètres de largeur, par lesquds le cultivateur se transporte, à l'aide du bateau, d'un îlot à Vautre. L'ensemble de ces ilôts constitue une sorte de Venise en miniature, dont les palais et les maisons sont remplacés par des carrés de choux de Milan, de belles et grosses ro-

zoaioea, et autres légmm d'une viSgétation de» pluâ luxueui es. -^ C'est trè^'^oqgiaaL et très^uneux.

En parcourant rapid^[n6nt ces marais ^ où la traaehé du lal>oai!eur est toujours rempUe d'eau, je loe dèmaiuldis oe que feraieut.certainsjardiDiers de luajisoos bourgeoises^ qui se plaigneut de rhumidité de lew potager, s'ils se trouvaient en possession de pareils terrains? C'est cependant la meilleure eondition de culture potagèrOi et la preuve est^ que les anciens cultivateurs de légumes cultivaient aussi les marais, d'où le nom de Maraiçhvré par lequel on les déffl^e encore aujour^ d'hui.

Les propriétaires qui ont des potagers humi<tes, ne doivent donc pas s'effrayer des difficultés de coltwe, que font luire w^ Tent à leurs yeux les jardiniers qui veulent atténuer les mauvais résultats de leur inexpérience. Les légumes aiment Phuaûdité^ et quand les maraichers ont le malheur de posséder des terrains qui ne suintent pas Teau, comme les marais d'Amiens^ ils sont obliger <2e jouer derjorrosoir^ po^r employer la locution con sacrée.

Le temps, ce mailf e intraitable, ne m'a pas permis de visiter les établissements particuliers d'horticulture d'Amiens, parmi lesquels on cite ceux de MM. Dewin» de Fauw, Miile^Malei et Fourdrynoy.

Mais j'avais tant à voir au Jardin des plantes 1 il y a là une si belle école d'arbres fruitiers, qu'on ne la quitte qu'à regret. Jamais^ en effet, je n'avais vu d'aussi beaux arbres ; je orois pouvoir dire qu'ils soiït bien supérieurs à ceux du Muséum de Paris, et naturellement à ceux du Luxembourg^ qui ont cependant, et je ne sais trop pourquoi^ ime universelle réputation* Les arbres de l'écde d'Amiens sont parfait de forme ; ce sont de gigantesques pyramides qui n'ont pas ipcmis de 10 mètres de hauteur. Les pèches sont admirablement filées, et portent dej^deusesbranchescharpentières, régulièrement garnies, de

la base au sommet^ de nombreufies productiQns fhiitières qui n'ont rien à redouter des maîtres les plus sévères. C'est qu'aussi ces ai'bres ont été formés et dressés par un arboriculteur ba-

bile, qui raisonne chaque coup de serpette et qui sait ce que la suppression d'un rameau lui rapportera, Que M. Dufiot reçoive donc ici les témoignages bien sincères de mon admiration. Il a doté la ville d'Amiens d'une école modèle, où les jardiniers et amateurs trouvent les plus beaux exemples de forme, et oi ils peuvent puiser les saines doctrines de la taille et de la conduite des arbres fruitiers. Le séjour de M. Duflot dans le département de la Somme n'aura pas été stérile; car il y a répandu le goût de la culture des fruits, et il a épuré, par Tiiitroduction de bonnes variétés, les anciennes collections, qui n'étaient composées que de mauvais fruits acerbes, sans valeur «t souvent malsains.

La course rapide que j'ai faite au château de Mérelessdrt,m'a donné un avant goût du bonheur qu'on éprouve, à se trouver avec des hommes qui consacrent une partie de leur temps et de leur fortune, à réunir en collection toutes les espèces d'une même famille ou d'un même genre ; je n'oublierai pas Taima; ble accueil qui m'a été fait par H. d'Offoy , dont les riches collections de plantes de serres chaudes , et particulièrement celles de Cactées et de Conifères , m'ont si vivement intéressé.

Ce n'est pas d'hier que le propriétaire de Mérélessart se livre à la culture des plantes. Il existe dans sa riche collection de Cactées, qui se compose de 540 espèces, un grand nombre de beaux spécimen, entre autres 2 Cereus manstruosuSf i Perutnanus et i Opuntia vulgariSj qui ont respiré l'air pur de Paris, sur une fenêtre de la rue d'enfer, alors que M. d'Offoy cultivait forcément le droit romain et le droit français ; il y a de cela une trentaine d'années. Ces plantes ont été ses compagnes d'études; elles ont grandi avec lui. Aussi c'est avec un OBil presque paternel, que chaque matin, il va s'assurer de leur état de végé-

tation^ et c'est avec un bonheur si gtand, di vrai, qu'il ràfionte les pi^emieFS soins qu'il leur a donnés, qu'oh partage avec lui son bonheixr.

Les collections de Mérélessart ne sOnt pas des amas déplantes réunies là pour faire e&t« Tout dénote chez M. d'QfiEby, l'ama* teur connaisseur et sérieux, qui prend plaisir à Tétude des vé^ gétanx qu'il cultive. Chaque espèce est exactement étiquetée, et un catalogue imprimé fait connaître, de suite, l'importante ridiesse végétale de ce zélé promoteur de lascienoe horticole.

Ainsi pour la famille des €actées» on y compte 74 Cereus ; J^ Eehtncpsis ; 145 Echimeactusi 193 Mamillaria; 24 Opun^ lia; ^« Mais ce n'est pas seulement par le nombre que brille eette intéressante eotteetion, c'est encore par la belle ^étation et la force des su jets .

n est très-heureux^ pour la science, qu'il se trouve des hommes anssi dévoués queM. d'Offiroy, se livrant ainsi à des spécialités; car c'est à eux qu'on doit, par cette fièvre de nouveauté qui règne aujourd'hui, la conservation des anciennes espèces, ces viem types spécifiques qui, im jour, aiderrât à dél»ouiller Ift nomenclatûre^e certaines familles^ dans lesquelles des prétendues nouveautés ont jeté la confusion, comme par ex^oiple dans les Cactées , les CcMuières et les genres Gamellia , Fuchsia, etc.

Rendons donc grâce à H. d'Offoy et aux quelques rares amateurs qui, comme lui, réunissent indistinctement — par de grands sacrifices d'argent — tout ce que propose, en certain genre^ le commerce des plantes ; ils rendent ainsi de grands ser* vices à la science, en préparant les nombreux matériaux monc^raphiques et synonymiques.

Nos lecteurs n'ont pas oublié que c'est le] 21 décembre dernier, que le soleil est entré dans le signe du Capricorne pour s'avancer vers Téquateur^ afin dé nous ramemer un temps meilleur. Depuis ee moment les frôi^ ont sévi avec une ri-

giirar qoi a dû fane bcm QooibM de nelin^ En Fnmce, e'cst Oftokerque qoi aeu la plos baase temptetaife; dans la matinée du 9 janvier, à 8 heures, le thennomètre est descendaà 15 degrés centigrades an dessons de xéro. Le mtaie jour, à Tonlon, la tempérotnie était de 14 degrés an-dessns ; 30 degrés de différence! Hais, par \m contraste frappant, le 22, le thermomètre aecosait à Dunkerqne S degrés S diziàmes aodessns de zéro, et à Toulon seulement 2 ; soit 1 degré de {dus dans la ville du nord. A Paris, le minimum a été de lOd^rés 1 dixième au-dessousde zéro le 16 janvier, à 8 heures da matin. Aux lies d'Hyères, il y a en 2 jours de gdées, oendant lesquelk le thermomètoe est descendu à 2 degrfe au^essous de séto*

Pendant que la gelée arrêtait les travaux des jardins, les Sociétés d'Horticulture ont travaillé à la rédaction des programmes dia concours pour i 861 .

Ghàlons*sur-Hame a constitué mie Commission, sous la présidence d'un des hommes les plus dévoués à la science, M. le comte de Lambertye, pour organiser une exposition horticole^ pendant la durée du eoncours régional qui se tiendra en cette ville dttns le courant de mai.

Au Hàvre^ le Cercle pratique a décidé qu'une exposition au* raitlieu du 16 au 19 mai. J'ai déjà eu occasion de citer parti* culièrement cette Société, qui, par ses travaux, a obtenu le pa* tronage de L. A. I. le prince Napoléon et la princesse Qotilde, et qma.é\ATeconnnEtablissement d'utilité publique. Aujourd'hui je retrouve en tète du programme de ses concours (1 ) une nouvelle &veur qui lui est accordée, oettefois,par lamunicipaUté et les habitants. C'est une liste de souscription pom* l'exposition du mois de mai. La ville s'est inscrite pour une somme de l,âÛOfr.; les souscriptions particuUères s'élèvent au chîflre

(4) On peut te procurer ce programme graUi, eteo. faisant la demande à M, Uao&m«iKlde i'Oaier, ruede rHApital, 37, au Havre.

dd 4,348ir«iiei. GdiiouvelmKMttaflMiuit^ d8iap«iâu(iiddie) pfpttve suffigawmept que câMe Soeiété a reiidu d'utiles eerviee» au département, et j'ai la confiance qu'dle ccmtiBuert à se montrer digne d'une, aum importante faveur. Nods adreiMms pofl {élicitationa bien ainoères aux membres de ea Cerole, qui (xaX su ccoiquérir de si vives sympathies, et nous ne félicitoni pas moisi^ les nombreux souscripteurs, pour Tappui aussi moval que mitâtiel qu'ils viennent de prêter aux hommes dévoués de oelteSoûiété^ qui se consacrent, avec tant de xèle, à Tamé^ Uoration de la culture des jardins. C'est un bel enseignement que nous voudrions voir se développer dans les autres villes de Frai|oe;aiais, tontes les Sociétés horticoles ne cmnprennent pas, epmme celle du Havre, leur ipiportante mission. C'est en tiayaiUant pour tous, et non pour quelques-uns, qu'on fait naître de telles sympathies; car l'honmie honnête est peu sympa-» thique au misérable esprit, de parti qui n^engendre que la. discorde^ et il n'a jamais eu que dumépris^ pour les cbarlatani et les acrobates de la science.

Paris ewa un concours de Camellia^ au mois de mars^ dans les salons de Thêtel de la Société impériale Bt centrale d'Hor^ ticulture, rue de Grenelle-'Saiot-Germam, M.

La Société de Mulhouse ouvrira, une exposition dans sott jardin du 30 mai au 3 juin. -^ Le programme annonce que les enfants an-dessous de douze ans payeront moitié prix d'entrée. Nousapplaudissonsà cette innovation; c'est un sûr moyen d'être délivré delagente enfantine^ cefléau des expositions deprovince.

A Océans, c'est pour le 5 mai^ jusqu'au 9 juin, en même temps que le concours régional.

L'exposition de la Société de la Gironde aura lieu du 8 au 10 juin. .

Je ne sais si les Truffes seront admises à ces différentes expo^ Citions ; piais ce champignon souterrain préoccupe beaucoup, depuis quelque temps, les membres de la Société impériale et

oentrale de France. Desommuisioiis sontaQées^àÊtiimpeSyEtré^ ehy, iriniier des Truffières non orHfkielles^ et eDes ont rapporté y avoir vu des Truffés !

On tient de faire une autre découverte bien plus imputante. Les fameuses Truffes que Pline, Apicius et Lucullns aimaient tant, les Truffés d'Afrique, au grain délicat, et d'un arôme dé^ Ucieuz, viéxment d'être retrouvées. Un grand négociant trafSer est allé, dit-on, tenter la fortune dans notre colonie alg&ienne ; il va exploiter ce produit, qui devient insuffisant pour la con^ sommation de la France. De cette déi^buverte il est résulté un fait intéressant pour la science; c'est que la Truffe qui, en France, semUe se plaire dans le voisinage du diêne et du charme^ vient eai Afrique plus abondamment à l'ombre des pins et des cèdres ; < ce qui prouve, dit le Salut public, de de Lyon, que la prétendue mouche troffigène, déterminant Té* dosion de la Truffe par sa piqûre sur les racines de diène, n'esiste que dans l'imagination de ceux qui l'ont invenl^e. » — Que va dire H. Jacques Yalserres?

Le dernier Bulletin de la Sodété impériale et centrale d'Agriculture de France publie une note de M. Pépin sur Vététage et l'ébranchage des arbres de nos routes et boulevards. Il reproduit exactement les arguments dont nous nous sommes servis, pour démontrer Terreur de ces différents systèmes d'élagage; c'est donc la confirmation des principes émis h plusieurs reprises, par la rédaction de fHortietdteur français (I ).

Ce même Bulletin contient une note de M. de Lavergne, propriétaire viticulteur de la Gironde^ sur la maladie de la vigne et sur l'influence du soufre.

ic V Oïdium, dit-il, ne disparaîtra complètement que lorsque la vigne elle-même cessa^a d'exister. » M. de Lavergne est dans le vrai. Tant qu'il y aura un pied de vigne sur le sol, on pourra

i*««Vi«H

(2) Voir annéô 4868^ p. 44 et 67.

le voir de temps en temps se couvrir da fameux Oïdium; il est de lui comme des terribles maladies qm accablent l'espèce hu* maioe : ces maladies ne disparaîtront complètement que quand le damier homme aura quitté la terre. Il ne s*en suit pas, ce* pendant^ qu'il faille abandonner, pour cela, Thomme et la vigne atteints d'un mal qu^Qp ne peut détruire radicalement. Nous avons déjà démontré l'absurdité du raisonnement dès adv^v saires du soufire, et jious sommes heureux de pouvoir appuyer notre opinion, de Topinion deM. de Lavergne. Nous reproduirons^cette intéressante note dans un prochain numéro; elle est trop substantielle pour qu'il soit possiUe d'en faire une simple

analyse.

F. Héringq.

LYCHNIS HAAGEANA (Fig. XVH. ) Ou Fulgens hybridus — Sieboldii fulgms»

ETTMOtiOGUs. Lychnis vient évidemment ]du mot grec • /ycAno* , qui veut dire lampe. Ou aurait donné ce nom aune espècedece genre, parce que ses femlles^ couvertes d*un épais coton^ servaient à faire des mèches de lampe.

Famille des Cariophyllêei de Jussieu^ et de la Décandrie pentagynie de Linné.

CARACTiEss 6ÉNÉK10CB8. Los plautes qui sont réunies dans ce genre^ sont presque toutes vivaces ; deux ou trois seulement sont annuelles* Ckmune toutes les Caryophyllées^ elles ont la tige articulée, noueuse, et les feuilles opposées. Les fleuis sont composées d'un cahce tubuleux à 5 dents, sans bractées à sa base ; de S pétales à long onglet munis généralement d'une écaille, et insérés aunlessous de l'ovaire avec les. 4 Oétamines qui constituent Vandrocée. L'ovaire est à une loge, surmonté de 5 styles. Le fruit est une capsule qui s^ouvre par 5 dents au sommet ; il contient de nombreuses graines qui sont généralement rénifonnes ou lenticulaires.

Les fSsaxe^GUhago, Agrostemma et même Viscaria, ne sont que des ousectionsde cegeure. ,

itisTOtûQUE. i-^ Le Lyehnis Uaogeaûa est, dit-on, un hybride du jL. fulgens et du L; sieboldtii. il a été obtenu en même temp&, ^n 1858, par M; Benàry, d'Ërfurth, et à Nancy, par M. Lemoine, qui lui a donné le nom de Fulgens^hybridui ; il porto aussi celui de Siebotdtii-fuigemé Nous ne voulons pas lui contester son hybridité : nous dirons seulement qu'il mûrit parfaitement ses graines, et, qu'en les semant, les plantes qui en proviennent, ne reproduisent pas du tout le type; qu'au contraire, où en obtient des sujets dont les fleurs présenteot des coloris différents, exactement èomme d'une siriiplç variété.

La plante est vivace, et haute de 50 centim« .envii'on ; à feuilles ovales, velueà ainsi que la tige ; les fleurs apparaissent en juillet et août ; elles sent disposées par 2 ou 5 au sommet des rameaux.

On possède^ comme il a été dit, plusieurs variétés de cet hybride ; entre autres, la variété à jlmn blanches^ que nous avons trouvée dans les semis faits au château de Segrez, et qui est placée sur notre planche , avec celle qu'on peut considérer comme le type de l'Heuisfêafia , à fleurs orange écarlate, è pétales largement obovales , fortement échancrées au sommet, et inùnies de 2 longues dents sur le côté.

M. Crousse, de Nancy, nous a annoncé une variété intéressante à fleurs doubles, d'un très-beau rouge vif; nous n'avons pas pu joindre le dessin à notre planche^ qui était gravée qnand il nous en a fait FannoDaee.

Outre les espèces et variétés que nous venons de eitet, le commerce possède les Lyehnis alba^plena ou dioica flore /)îeno, c'est-à-dire le Compagnon blanc à fleurs doubles ; — le Grandi flora^ à fleurs grandes, écarlates, à pétales frangés ; — le Chalcedonica ou Croiœ de Jérusalem^ à fleurs rouge-éclatant, et qui a produit des variétés — (j'allais dire dés hybrides; ce que c'est quelaforce d'habitudel) à feursT bbtichejt, carfiée:^^

safiranées, éearlates doubles, et blanches doubles; — le FhseuciUi^ autrement dit, Véronique des jardiniers^ à fleurs rouges on blanches, siniiples et doubles ; — le Coronaria, ou Passe fleur ^ et encore Œil de DieUj à fleurs écailaies ou rougepourpre, simples ou doubles ; — le Bungeana* d'un très beau rouge éèlatant; — le Cc^li'Tosaj ou rose du ciel^ espèce annuelle à fleurs d'un très-joli r6se ; — enfin le Visearia ou Boutbdnnaise^ 'vivace avec de bdies panicules él^antes de fleurs puipurines» ou rose-pàle, ou blanches, selon la variété.

Culture. — Toutes ces plantes sont très*omementales et de pleine terre. Le^ Lychnis fulgens^ grandiflora^ Bungeana^ SiêH>ldt%i^ et naturellement le Haaseana, sont moins rustiques qàe les autres ; il fondent facilement dans les terrains xm peu humides; les terres légères, mais riches en humus, leur contiennent particulièrement. Les endroits ombrés leur sont défavorables ; trop de soleil nuit à l'ampleur des fleurs ; la mi-ombre est l'exposition (foi leur plaît le mieux. La miultipli» cation se fait par la séparation des touffes, de bonne heure au jn^intemps ; mais souvent les éclats pourrissent. On a plus de ehànçepar lesgraines^ qu'onpeut semer^ aussitôt aprèslarécolte, où eu avril-mai.

Les autres espèces sont tèès-rustiques et se plaisent à peu ptès bien partout : terrain et exposition; on éclate les touffes pour multiplier les espèces vivaces ; ou bien on sème au prin« temps en pépinière, daùs un terrain léger, bien traîné ; on re« pique le plant de bonne heure.

F. HERmcQ.

PRIMULA SINENSIS.

Variété : Fiinbriaia Cermesina splendens (Fig. XVDI).

Les Primevères de Chine sout actodlemeiit des plantes fort redierchées }H>ur romement des jardins d'hiver et des appartementS) pendant les derniers jours d'hiver et les prenaiers du printemps ; et elles méritât en effet de Tèire. , {

Le type de l'espèce a été introduit en Europe en^l 820 • Ses fleurs présentent cinq lobes arrondis, paiifaitement-^ntiers; la couleur était d'un beau rose. La culture n'a pas t^dé à modifier ces couleurs, ainsi que le contour <des lobes de la corolle. Douze ans environ après l'introduction de cette plante, apparut en effet une variété à pétales découpés aux b(^ds, à laquelle on a dom^é le nom d^ fimbriata ; depuis cette époque, la mode, cette déiesse si capricieuse et si illogique, a donné la préférence aux Primevères frangées , s'inquiètant peu des lois de la jfloriculture, qui exigent, pour les fleurs àe qualité, la pureté de coloris, la régularité des lignes dans le contour des pétales, et qui condamne , sans remordsy sans pitié ^ tout Œillet dont les bords ne sont pas exactement entiers. 0 homme !!...

Les Primevères frangées sont donc les divinités du jour; nous les acceptons comme telles. On en possède déjà un assez grand nombre de variétés ; mais nous croyons qu'aucune ne peut rivaliser avec celle qui est figurée sur la planche

Elle porte un nom qui pourrait être réduit de moitié sans le plus petit inconvénient : Primula sinensis fimbriata Cermesina splendens est, on en conviendra, un peu long ; les botanistes, avant Linné, n'auraient pas fait mieux. On la doit à M. Benary, horticulteur à Erfurlh, qui l'a mise au commerce l'année dernière. Elle se distingue par sa belle corolle régulière à lobes non pas frangés, mais simplement sinués, ou mieux bordés de

// y^/yy/'/' .^^ ^/^-^y.JAJ /^ / /^'^ /■ ^ y .'/' /^^^ .

grosses d^its arrandiôs, et surtout pat son riche coloris, rouge écarlate brillant.

Culture. Bien que vivaees^ les Primevères de la Chine sont actuellement cultivées comme plantes annuelles. On sè^le en juillet dans des terrines remplies de sable et tenues à liombre; on fait le repiquage, d'abord dans des godets, puis on rempote dans des pots plus grands au fur et à mesure que les racines apparaissent trop nombreuses en dehors de la terre.

Pour obtenir une belle végétation, il faut que le plant soit poussé vigoureusement par la chaleur et par l'arrosement* Autrement, par une végétation lente, les tissus durcissent et l'on n'obtient que des sujets grêles, qui n'ont que quelques feuilles avortées et encore moins de fleurs. Cependant cette plante craint l'humidité stagnante. Les pots doivent être parfaitement drainés et la terre doit être assez légère pour laisser écouler facilement Teau; la terre [de bruyère et [terreau de feuilles, mélangée de quelques débris calcaires, est le compost qui convient le mieux.

Il est très-important de placer ces plants dans une partie bien éclairée et près des vitres. Pendant la belle saison^ c'est-à-dire au commencement du printemps, on peut exposer à l'air libre; mais alors il faut choisir l'exposition du nord^ car trop de soleirarrête la végétation.

Il va sans dire que les graines doivent être récoltées sur les pieds qui présentât les fleurs les plus parfaites et les plus riches en coloris • En choisissant bien ces graines, on est presque assuré d'obtenir de beaux types de plantes .

Pour conserver sûrement de belles variétés, on les multiplie par éclat de bourgeons, qu'on bouture vers le mois de septembre.

Page 1