‹ L'horticulteur français deChapitre 19 sur 132 · SI · texte numérisé non relu

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fiatioB; etqne le Inxe effiréaé des fleurs» est, comme je le difiais aosn^il y a qaatre oa dnq ans dans mii conféreace au cercle agricole, «or les progrès de l'horticaHure , le signe c^tain de rayaaUdeniière heure d'une nation ^ le symptôme de la décadence d^impeuplei en mot, et pour me servir d'une ezpreasÛHi popolaiie :le bonqnet de la civilisation. Et c'est certainement par suite de Vobservationda ces faits^ qu'on emploie par métaphore ce mot bouquet, pour indiquer le couronnemœt ou la fin d'une diose.

Le peuple breton me semble profondément pénétré de cette idée ; car ce n'est qu'à pas trè^-lmt, et trèsrindécis, qu'il se dirige vers le domaine de Flore. Dans toute la Brete^ne je ne connais que trois Sociétés d'h(n*ticulhire, et encore il y en a une née geoiement d'hier ; c'est celle de Fougères, qui vient de faire sa première Exposition^dans laquellerutile passe avant l'agréable. La Social de Fougères considère donc l'horticulture, plutét au point de vue agricole qu'au point de vue poétique et luxueux. Bon degré de civilisation.

Le premier concours est, en eflfet, consacré aux légumes ; c'est M. Martigné qui est couronné vainqueur ; après lui viennent MM. Gousdieuy Adolphe Pierre, Vivien ; mesdames Ddarue et Deleorme.

La deuxième est pour les fruits» c'est encore M. Martigné^ qui est premier; puis MM. Fesage, A. Kerre et Vaugeoîs.

Pour le concours des fleurs ; M. Fesage marcfaie en tête ; il est suivi par MM.Gousdieu et Martigné, horticulteurs. Parmi les amateurs, on cite : M. Guérin Delisse, qui se place honorablement en première ligne et apr^s lui M. Esnault^M-Tabbé Beaulieu qui exposait un beau pied du Gynerium argenteunty M. ffiniard; etc.

Cette première exhibition, qui a été presque improvisée en un mois, promet pour l'avenir, et fait le ptùs grand honneur aux hommes dévoués qui ont organisé ces fêtes horticoles; 1^

résultat nepeutqu'^der au développement et au sage progrès de Fagriculture en Bretagne. Aussi nous leur disons : Harohez ! le précipice n^est pas encore sous vos pieds ; mais ne vous écartez point cependant de votre premier programme; donnez toujours la première place à Tutile ; Tagréable envahira toujours assez tôt les étagères réservées aux produits indispensables à la vie. Puisque je nage en pleine exposition , suivons le courant

jusqu'à Saint-Gennain-en-Laye.

L'histoire horticole de cette ville ne se perd pas, comme son histoire politique, dans la nuit des temps ; nous l'avons vue commencer, il y a quatorze ans, par une brillante exposition ; mais la suite ne présente pas de faits très-intéressants ; elle n*a pas eu de Lavallière^ dont l'historique récit émeut le lecteur et Tentralne malgré lui de la première à la dernière page du livre; elle n'offre que des longues listes de noms déplantes, qui n'ont d'entraînant que la somnolence qu'elles provoquent, et qui précipite le lecteur dans les deux bras de Morphée. Inutile, par conséquent, d^entreprendre ime pareille histoire ; du reste, pour traiter le sujet qui nous occupe , le besoin ne s*en fait réellement pas sentir. Il suffit de l'histoire d'un jour, pour connaître l'état de l'horticulture, dans cette partie du département de Seine-et-Oise, et nous prendrons le 18 septembre de la présente année.

Ce jour-là, les portes du bois qui avoisinent le vieux château où naquit Louis XIY, étaient garnies de mâts vénitiens au sommet desquels flottaient les bannières aux couleurs de la France. A cent mètres plus loin^ se dressait une tente avec entrée orientale fermée par de vastes rideaux d'étoffe algérienne, qui ressemblaient étonnamment aux élégantes portières d'un boudoir de perruquier .C'est du moins l'effet qu'ils ont produit sur moi ; car en les voyant, je me mis à penser, très-naturellement, rasoir et savonnette ; mon oâl même s'attendait à voir apparaître quelque nouveau Figaro entouré^ d'un plus ou moins grand

nombre de comtes AlmavÎTa. Mais il ne yit, derrière ces ten* tuies, que quelques très-rares Rosine, moins encore de Suzanne, beaucoup de Marceline et de Bartheloty passablement de comtes, qui tous se promenaient d'un air ennuyé, attendant rheure ot des enfants d' ApoUon et de Galliope font retentir les airs de paissantes mélodies guerrières. Quant au Figaro, il n'en vit point, et pour cause : la tente abritait l'exposition d'horticulture, et non rétablissement d'un confrère du fameux barbier andabuz.

Cette Exposition, je dois le dire tout de suite, laissait un peu à désirer sous le rapport de l'arrangement des lots, et pourtant il y avait asseas de fleurs pour faire quelque chose de coquet J*ai vu beaucoup mieux à Versailles. D est vrai qu'à Versailles c'était une Exposition purement florale ; à Saint-Germain, les fruits et les légumes dominaient, et Futile, je le sais, ne se présente jamais sous une forme aussi élégante que l'agréable.

Je me permettrai encore une observation au sujet de la place qu'occupait un certain genre de plantes.

n y avait là un lot d'Ananas présenté par le jardmier de M* le marquis de Louvencourt, et qui, certes, méritait à plusieurs égards, une place plus convenable dans celte Exposi* tion* On les avait placé autour d'un bassin ! comme garniture. Ils se trouvaient là, les malheureux, constamment ar« ros^ par les eaux jaillissantes^ et les pieds dans la ya»y ni plus ni moins qu'une Sagittaire ou qu'un Nénuphar de nos étangs. En les voyant ainsi, l'homme qui visite les Expositions pour s'instruire et pour se tenir au courant des progrès de la science, a pu croire que l'Ananas est une plaute aquatique, qu'il faut cultiver dans un aquarium.

J'ai rencontré à cette fête florale l'ancien jardinier du château de G , jeune homme qui ne brille pas par la modestie, encore moms par le savoir, et qui me soutenait, un jour, que, pour obtenir des bonnes graines de giroflées, il fallait supprimer

— S4 — Tovaire au momient àe répaaouissemaiit des fieurs. Eh bien , je guis persuadé que ce garçon-là va vouloir cultiver les Ananas dans, les bassins de son potager, en soutenant à sa maîtresse, que son oûllègue Beaudoin ne les cultive. pas autrement ; qu'il Ta vu, de ses propres yeux vu, à l'Exposition de Saint-Germain*

Il est très important, dans les Expositicms horticoles, de ne point montrer à ces malheureuses intelligences, de ces dispositions fantaisistes qu'ils peuvent prendre pour des exemples de saines cultures. Ces exhibitions doivent, avant tout, servir d'enseignement, et tout ce qui peut, par conséquent, faire naître ou perpétuer Terreur^ doit en être sévèrement exclu«

La Société de Saint-Germain aurait dû se montrer aussi plus sévère daùs Tadmission de certains objets qui lui ont été présentés. Par exemple, d'un lierre en arbre, dont la cime mesurant près de 2 mètres de largeur, était portée par une tige de 25 à 30 cent, de hauteur, sur 5 environ de diamètre, et que l'exposant présentait comme obtenu de semis. Ceci n'est pas seulement une mystification, c'est plus encore ; car ce Lierre a été exposé dans le but d'attirer des acheteurs. Or, toud ces prétendus Lierres en arbre, dont il est question depuis quelques années, ne sont jamais sortis de semis ; ils sont le résultat du bouturage, et mieux, du grefiEage de rameaux florifères sur racines de Lierre rampant. Quelques sujets se maintiennent parfois arborescents ; mais le plus souvent ils émettent à leur base des gourmands nombreux qui reprennent bien vite leur direction rampante, et Tarbre disparaît bientôt. Quanta l'individu exposé à Saint-Germain, ce n'était pour moi, ni une bouture ni une greffe ; c'était simplement une grosse touffe florifère détachée d'un Lierre de la forêt, et qui avait été mise quelques jours avant, dans une caisse toute neuve. Que MM. les Membres de la Société sondent la terre, je doute fort qu'ils y rencontrent des racines.

Les ejrpomite à Saint-^rmam étaient assex nombreux, et leurs beaux produits contrastaient singolièrement avec Tatti* tnde de la population. On voyait très^clairement que tous ces magnifiques fruits et légumes, toutes cet charmantes fleurs n'étaient pas cultivés sous le ciel de Saint-Germain» mais qu'ils provenaient des pays environnants ; c^est tout naturel : Ibrs n'a jamais su culttvw les Lauriers qu'il fait moisson* ner; le bruit des camps ne s'allie pas avec la doucereuse tranquillité des jardins.

Clén^nt Saintier, Jardinier de H. Parant, à Port^Bfarly, est plus habile que Mars ; il récolte lui, des Lauriers, en cultivant la plus nombreuse et la plus belle collection de légumes* Aussi son lot, à l'Exposition deSaint^Germain» a-t-il obtenu le premier prix. La beauté de ses produits prouve qu'il y a, chez ce jar» dinier, de l'intelligence, du savoir, et qu*il possède l'amour du travail. Mais nous donnerons à H. Saintier un conseil : Qu'il ne se laisse pas éblouir par ce succès ; quoique connaissant déjà beaucoup, il lui reste encore à apprendre, pour acquérir toute la science du parfait jai*dinier ; qu'il n'oublie jamais que la modestie est la plus belle des vertus.

Ce conseil, nous le donnons à toute cette jeune et intelligente gâiâpation horticole qui s'élève aujourd'hui, et qui, malheureusement, s'engage trop souvent dans le labyrinthe de la vanité : le vrai savoir a de tout temps été modeste ; il n*y a que l'ignorance et la médiocrité qui embouchent pour elles la trompette de la renommée.

Après le jardinier Saintier, et peut-6tre sur la même ligne, se place Henri Beaudoin, jardinier de madame Lecomte, à Blarly. Là aussi, nombreuse collection de légumes ; belle cul* ture, et instruction horticole ; chaque variété était exactement nommée. Nous ajouterons aux récompenses du Jury, pour ces deux collections, nos bien sincères félicitations.

Le jardinier, Charles Beaudoin, de M. le marquis de Lou«

vencourt, à Marly, mérite aussi des Qogei pour sa raltare d'Ananas, et de Cucurbitacées variées. M. Vivet, jardinier au ch&teau de Goubert (Seine-ei-Mame), a droit à une mention toute spéciale pour sa persévérance dans la culture du Cerfeuil bulbeux, et les beaux résultats qu'il en a obtenus.

Les Patates du jardinier Froment, chez H. Rousseaux» à Bagneux, sont aussi dignes d'être mentionnées pour leur dimension extraordinaire qui excitait l'admiration des gour-*

mets.

Mais oii la figure de ces amateurs du bon s'épanouissait, c'est devant les beaux lots de fruits de mademoiselle Whately, à Louvenciennes , de M* Lecomte, de mademoiselle Levas* seur (jardinier Isidore) de Louvenciennes, et des jardiniers Do* rizon, Berger, Gbambroux, Menfray» Lionet, Florent Hoflenus, Sinet, Horeau , et David qui avait, dans son lot, vingt-deox variétés de raisins de table.

M. Lecomte possédait de bien belles Poires, mais le lot de mademoiselle Wbately était plus varié en espèces de toutes sortes, et les fruits, tous étiquetés, dénotent lé bon goût et les connaissances de la i»K)priétaire ; aussi, ie Jury lui a*t-il décerné la médaille de vermeil.

Quelques arbres fruitiers formés ^de MM. Lionet, Latinois, Berger, Âmoult, étalaient leurs bras dénudés au-dessus de fleurs charmantes, dont les formes gracieuses contrastaient singulièrement avec les branches roides des pahnettes. C'est M. Lionet, de Sceaux, qui a remporté la médaille d'or du prince lérôme. J'ai remarqué que les palmettes étaient toujours mieux réussies que les pyramides ; c'est qu'aussi il est plus facile de dresser les premières que les secondes •

Entrons maintenant dans le domaine de Flore. Voici d'abord les beaux Fuchsia et les Pelargonium de M . Chambroux, jardinier de M. Goupil, au Pecq; la belle forme de ses plantes atteste que ce jardinier a quelques connaissances des lois de

la végétation; et qu*il raisonne les opérations qu^il pratique. Dans son lot de Pelargoninm, il y avait un gain nouveau : Coquette du Pecq^ qui m'a paru mériter Texamen ; le Jury lui a décerné le premier prix. Les seconds prix ont été pour MM. Foucard et Jarlot. Nous avons eu occasion, plusieurs fois, de parler de ce dernier, qui se livre avec une sorte de véné-^ ration au perfectionnement du Pelargonium tonale et titf mnom.

De belles Reines-Jilarguerites étaient exposées par H. René Lottin (l** prix); dont nous avons souvent admiré les ravissantes ClalcéoIaireS; et par MM. Florrat Huffenus et Portier, do Saint- Germain , Achille Jourdau; de Chatou^ et Charlet jardinier chez M. Malençon, au Vésinet, qui cultive aussi et admirablement bien la Balsamine» Le Jury lui a décerné le 1** prix pour cette dernière; et c'est justice. Le second prix a été accordé au jardinier en dief de S. E. le maréchal Magnan, M* Dorizon, dont les Héliotrope et les Pétunia sont cultivés avec un rare talent.

le ne puis qù^applaudir aux récompenses accordées à M. Kel« 1er pour ses magnifiques Pervenches de Madagascar » (Vinca rosea); à M. Odienne pour ses Fuchéia; aux Cactées de M. Dieuzy Filion; aux Glayeuls de MM. Corbié du Pecq; aux plantes variées de M. Dieuzy (David); aux Roses de MM. Alloiteau et Cagneux; aux Dahlia si beaux de forme de MM. Mézard, Poisot; Gagné et Couvreux; aux Phlox de M. Lierval, et enfln^ aux plantes de serres et à la belle et nombreuse collection de Bégonia de M. Mézard.

Mais je me réserve de décerner une palme à M. Pelletier, jardinier chez M. Louis Courant; à Poissy, pour son incomparable collection de Verveines, dont la culture dépasse tout ce que j'ai vu jusqu'à ce jour ; honneur donc à lui t II y avait dans sa collection ime admirable variété nouvelle, -^ gain de l'exposant, —* qui est supérieure à tout ce que nous possédons ;

~ 5« ~ sa fleur est violet mauve avec un oeil blanc. Espérûas que M. Ck)ura&t^ auquel rhorticultture doit déjà tant de fUsntes précieuses, rahandonueca btentôt au doinaiiaie publie^ conune il a toujours fait pour les belles Pivoines^ et les remarquables Glayeuls qu'il a obtenus de ses intelligents semis ; sa Yerveîm couronne noblement son oeuvre ; aussi Tai-je réservée ponr l^uqmt du compte rendu de iEqpowJtion de SaûiNjiennain.

F. Heringq.

iESCHYNANTflUS TBICOLOR.

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