‹ L'horticulteur français deChapitre 25 sur 132 · PL-VIU · texte numérisé non relu

PL-VIU

Ettmologie : du grec Eiprè^y Vénus, et pociton, pantoufle : de la forme du labelle de la fleur» qui ressemblerait à une pantodfle. Famille : Orobidées : — Gynandrie diandfk de Linné.

Carâçtèbes génériqufs. Les Cypripedium sont des plantes terrestreS; à feuilles radicales, et dont les fleurs grandes et d'un aspect des plus bizarres^ naissent ordinairement seules au sommet d'une hampe nue. Ces fleura présentent une enveloppe florale ou péiianifae i six divisions étalées très^rrégulièreS; dont trois extérieures et trois intérieures : des troi3 extérieures^ que Ton nomme ànssi sépales , l'une est supérieure, très-graude^ deux sont latérales, quelquefois soudées entre elles, et alors placées sous le labelle ; des trois intérieures^ ou pétales. Tune est située inférieurement et est creusée en une sorte de sabot, les deux antres sont latérales, planes, généralement plus étroites que les trois extérieures. A la base du labelle. se dresse une cdonne composée des étamines et du style; deux étamines sont fertiles^ -eejont les latérales ; le style presque libre est terminé par un stigmate discoïde. '

Description. Le Cypnpedium superbiens est une des plus belles et des plus curieuses espèces de ce genre. Ses feuilles sont longuement lancéolées pointues, d'un beau vert, avec des ma* cules plus foncées. La hampe peut s'élever à 1 0 cent. ; elle est terminée par une fleur qui ofire im sépale supérieur largement ovale arrondi acuminé, blanc verdâtre nuancé violacé avec des lignes longitudinales d*un beau violet foncé. Les deux pétales latéraux allongés retombant sont ciliés, blancs fortement teintés de violet à leur base, et parsemés de nombreuses verrues ou taches violettes ; le la belle est violacé à reflet lilas clair.

Cette belle espèce, introduite tout nouvellement de Tlnde, a fleuri cet été pour la première fois chez MM. Thibaut et Keteleer, horticulteurs, rue de Gharonne à Paris, n"" 149, oùnousTavons

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£ût peindre. Elle porte encore les noms de Weiickianum et Barbatum-grandiflorum. Son prix varie de 75 à 150 francs!

Historique des espèces. L'Europe possède trois représentants de ce beau genre de la famille si curieuse des CTrchidéeSy dans nos cultures ; le premier est le C. calceoltis des Alpes , dont la tige feuillée est terminée par une ou plusieurs fleurs brunâtres à labeUe jaune; Fautre^ le gutlatunij qu'on rencontre aux environs de Moscou et dans toute la Sibérie, a ses fleurs plus petites, mais jolies, pourpré- violacé tachées de blanc. La troisième esi le mcuranthosy originaire de la Sibérie, à grandes et belles fleurs rose lilacc veiné de pourpre foncé. L'Amérique du Nord (Canada et Caroline) a fourni en 1731 les C spectabile ou album, à fleurs blanches ou légèrement lavées de pourpre, et dont le labelle est rosé ; Yhumile ou acaule qui a les fleurs pourpre brun, avec le labelle rouge vif veiné de pourpre foncé, a été introduit en i786. On doit au Mexique le C. irapeanum dont les tiges poilues portent plusieurs fleurs de 12 cent, de largeur, jaunes, avec le labelle marqué de maculures écarlates. Le catidaturriy apporté du Pérou vers 1 848 est le plus curieux par ses deux pétales latéraux, jaunes sur une face et ilas pourpré sur Tâutre, et qui se prolongent en une très-étroite lanière dont la longueur n'a pas moins de 40 cent. ; la couleur d'ensemble de la fleur est d'un vert jaunâtre, avec labelle lavé d^un peu de rouge.

Les autres espèces cultivées appartiennent à FAsie. Vinsi^ gne^ introduit en 1819, a les fleurs d'un vert pâle avec le sépale supérieur bordé blanc et maculé brun marron ; les pétales latéraux hgnés de marron et le labelle nuancé de couleur marron avec le bord jaune. Le barbatnm porte ses fleurs solitaires ou réunies par deux au sommet de la tige ; elles sont très-grandes et d'une couleur nuancée blanc et pourpre , rayées pourpre foncé; le sépale supérieur est blanc avec de fortes lignes longitudinales pourpre ; les deux pétales latéraux sont allongés ondu-

lés, ciliés et portant vers le bord supérieur 4 ou 5 verrues noi<* res poilues*

C. Ursulissimum est une espèce introduite vers 1856 et qui est toute hérissée de poils : le sépale supérieur et le labelle sont Terts ; les pétales latéraux sont d^un beau violet.

Le C% Fairieanum est très-curieux par sa coloration : le labelle est jaune verdâlre marlM^é de violet; les pétales sont comme crépus, blanc verdâtre, parcourus par un réseau violet foncé. C'est vers 1 856 qu'il a été introduit.

Enfin le C. purpuratum^ à feuilles maculées et à fleurs pourpre nuancé de jaune pour les pétales et le labelle , blanc ligné de pourpre pour le sépale, supérieur est cultivé depuis 1836,

Tels sont les principaux et les plus remarquables Cypripedium cultivés jusqu'à ce jour dans les collections européennes.

Culture. Les Cypripedium se cultivent en pots, remplis de terre de bruyère pure concassée mais non tamisée ; les calceo-liu^ guitatumy macranthos^ spectabile et humile peuvent à la rigueur être livrés à l'air libre ; mais alors il faut prendre de grandes précautioas pendant l'hiver, non pour les garantir des gelées, mais de Thumidité stagnante. Après les fontes denei*^ ges, les dégels, il siu:vient généralement, dans les régions du nord et de Test de la France, de l'humidité surabondante qui pourrit bien vite toutes ces plantes. Il est donc mieux de les rentrer simplement sous châssis froid jusqu'au premier printemps. — Pour les espèces de l'Inde et de l'Amérique méridionale, ilr faut la serre chaude ou la bonne serre tempérée. Pendant la floraison, on peut les placer dans les jardins d'hiver ; elles n'y souflrent pas trop. 0. IjEsgoyer.

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