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VARIÉTÉS DE FIGUIER

Un horticulteur-du Toulousain, M. Bernard dit Nantais, — son nom a été donné à une mauvaise rose, — a présenté, à la Société de la Haute-Garonne, un travail remarquable sur le Figuier. Les variétés y sont classées méthodiquement, d'après la forme,

la couleur du firuil, les dispositions du calice, du pédoncule, des écailles, etc. Sans entrer dans ces'détails, assez bons en piindpe, contestables d'un autre côté, nous passerons en revue les meilleures variétés de Figuier, en les accompagnant d'une courte description.

Figue de Marseille. Fruit presque globuleux ; peau vert« blanchâtre presque lisse, très-douce au toucher ; œil grand, rouge rosé, cerdé brun; pulpe rouge jaunâtre, aqueuse, sucrée, bonne ; maturité, août, septenih^e. Exposition chaude.

F. pitalusse. Fruit arrondi, aplati au sommet ; peau rude, blanc jaunâtre, cendrée, dorée autour de l'ombilic, surchargée de poils blancs tuberculeux à la base ; œil jaune, grand ; pulpe bomie, sucrée, un peu grossière, blanc jaunâtre ; graines assez grosses ; maturité assez précoce, fin d'août ; tous les finiits mûrissent. Toute exposition.

F. crucifix. Fruit ovale-arrondi \ peau fine, verte, très-légèrement lavée, d'un seul cdté, de couleur lie de vin ; nervures assez saillantes; ceil blanc; pulpe excellente, très-blanche, fine^ onctueuse, trè&HSucrée ; maturité tardive, fin septembre • En cueillant ce fruit, une partie de la peau se déchire et reste attachée au pédoncule qui est très-adhérent à la branche. Exposition chaude.

F. dorée. Bifère. Fruit presque arrondi ; peau fine, presque lisse, vert jaunâtre, dorée, très-légèrement poilue ; veines assez apparentes. Pulpe excellente, fine, sucrée, onctueuse, blanc doré; maturité des figues fleurs à la fin de juillet; celle des fruits de 2* sève depuis le commencement de septembre jusqu'aux gelées. Toute exposition, le midi de préférence.

F. de lÀpari. Bifère. Fruit petit, arrondi ; écailles longues, très-courtes, arrondies, de même couleur que la peau, légèrement bordées de rouge brun. Peau assez épaisse, veinée, jaune paille verdâtre, parsemée de poils blancs très courts, la rendant douce au toucher. Pulpe bonne, fine, sucrée, teiute jaunâtre. La

maturité des fruits de la 1** sève, fin juillet; ççux de la 2* en septembre. Toute exposition.

F. Saint-Domingue t/ancfte.Bifère. Fruit ovol[de ; peau fine, lisse, luisante, vert jaunâtre, parsemée d^ poils blancs fins §t de petits points bruns visibles à la loupe. Pulpe expellçi^te, fine, sucrée, onctueuse, melliflue, bj^^^^? l^^rei^ent rp^ée. i^ maturité juillet ; 2* fin septembre. Topte exposition.

F. Madeleine blanche. Bifère. Fruit gros, pvale^ turbiiié, souvent déjeté d'un côté ; peau épaisse, vert blancbât^'e \ pulpe bonne, rose jaunâtre, sucrée, un peu sèclxe ; grsonas assez grosses. La maturité des premières figues est en juillet. Elles sont meilleures et plus grosses que celles de Ja 2* sève, qui nxùrîssent \ la fin d'août et ge succèdent jusqu'en octobre. Le principal mérite de cette variété est de donner abon^amm^t des figues de première saison, puis d'étr^ frsi,nchement bifèr^, fertile, et robuste ^ toute exposition ,

l. panachée. Bifère. Fruit ovale, turbiné, apl?tti a\i gopfwet ; peau fine, vert clair panaché jaune, lissante, lisse au touphçr; pulpe très-bonne^ rose saumoné, juteuse., Silpré^. ^es preniie^e fruits mûrissent en août ; ils sont peu abondapts j ^e^ ^econqs h la fin de septembre.

F. grosse verte. Finiit ovoïde, très-pesant pour ^on yql^flfi^ } peau fine, couverte de poils visibles J^ Vç^îl rm^ ver^ jaunâtre, régulièrement sillonnée, sovivept gprcée \ œil ro^ge vif, entoura d'un cercle vert clair; pulpe excejlepte, sucçôç, jtssez; fine, onctueuse, melliflue, rouge yif ; pédoncule gla^, couleur dç la peau. Maturité tardive, fin septepibrç, se succédant jusqu'aux gelées. Exposition chaude.

Figue (Tor. Bifère. Fruit îtllongé, déjeté d'ui^ côté, rétréci vers la queue ; peau fine glabre, jaune doré verdâtre, luisaate, légèrement suçrép^ onctueuse, excellente. \^s pre^perç fruits mûrissent en juillet ; les seconds sont plus aboq^fits, tardifs* Ef position chaude.

F. goutte. Bifère. Fraitallongé^ turfainé } peau épaisie, liBse^ jaune yerd&tre^parseiQée de poils fins visibles à la Ipupe. F)4pe excellente, sucrée, i^unâtrey légèrement vosée| n^^Uififu^, laissât paraître presque toujours v^e goutte sucrée 3^ TouverlurQ de rombUic, graines petites, noyées ^ns \^ p^lpe« L^ niati^ rite des] figues fleurs a lieu dans les preqûers jouss de )H|Uet \ les fruits de 1^ deuxième sève sont tardifs ; \e\iif n[)atpnté n^a lieu qu'à la fin de septembre ; ili; sont quelquefois surpris par les gelées; exposition très-chçiude ppur au^enite; 1^ quali^ du fruit.

F. Trompe chasseur. Fruit allongé, comprimé à la l>a8e ; peau lisse, vert foncé, glauque. PiilpA ^QgÇ fpP^^^^ presque pourpre, très-bonne ^ matu^té fin s(epteiiibrp et octpI)ref ^position très-rçl^aude.

F. Œil de pevdriçf. Fruit ovale, allongé, petit; pe^u ^ne^ jaune foncé, douce au toucher ; pulpe fine^ fouge yjf fonçé| bonne, sucrée à sa parCaite maturité ; prise Avant cette époque^ elle est acre et f^eçte les livres ; maturité tardiye \ (outft exposition.Très*eommui^Q àToulov(8e»sous le nQmdel^(|ftif Àngiliqueg

F. Bicanne. fruit petit, ovale allongé; peau finp, ja^ï^e verdâtre, à peu près lisse ; nervures séantes ; pulpe tçè^-bonne, rose rouge clair, fine, trè^^sucpée. Maturité, fin août q\ septembre; tous les fruits oiûiissept. On reconnaît le pnome^t où il$ sont bons, à rinçlinaisqn dfl fruit qui se recour})^. T^litç exposition*

F. Saint-Dominique. Bifère. Fruit ovale turbiné ; pe£|i( fine, vert yineuxjvioletée aif sommet,douce au toucher : pwlpft excellente, blancUp, légèrement rosée, fine, sucrée, o^ctueiise; maturité mi-juillet et septembre-octobre. Cette vvî^t^ trèa-méri" t^nte doiiqe ^e pluç gros fruits à \^ prpnjièpe saison-

F. Pasteliére, Fruit oblong, gros ; peau asseç épaisse, poir gyis.Tricileté, chargée de poils courts blanps, glanqvip, vçinég, à gç^ççr^ nombreuses ^ostomosées, souvent prpfond^s. Pulpe

excellente, rouge vineux, onctueuse, sucrée ; maturité hâtive, août-septembre. Très-recommandable. Toute exposition.

F. GrUe. Fruit oblong, légèrement turbiné ; peau fine, gris rougeàtre, glauque, fortement veinée, gercée à la maturité. Pulpe très-bonne, fine, très-sucrée, rose jaunâtre doré. Toute exposition. Terrain frais de préférence.

F. d'Agen. Fruit gros, ovale, souvent déjeté ; peau asses épaisse, violet vineux, verdâtre ; pulpe onctueuse, fine, vert blanc, un peu rosée, sucrée, bonne ; maturité fin septembre et octobre. Quelquefois bifère. Elle craint les pluies ; exposition chaude.

F. Gùurreau rouge. Bifère. Fruit ovoïde ; peau assez épaisse, souvent gercée, rouge brique dair. Pulpe rose foncé, boime, aqueuse ; les premiers fruits, qui mùrissenten juillet, sont plus allongés, et craignent les chaleurs, qui les font gercer ; les seconds sont meilleurs et se succèdent depuis septembre jusqu'aux gelées. Terrain frais, arrosages fréquents.

F. Franche. Bifère. Fruit ovale turbiné, brusquement rétréci à la base, dans les figues de première saison; peau épaisse, luisante, rouge brun vineux, violetée au soleil, verdâtreà Fombre; pulpe assez bonne, grossière, sèche, rose vineux ; graines assez grosses, très-sensibles sous.la dent. Maturité des figues fleurs en août ; les fruits de la deuxième récolte mûrissent en septembre et se succèdent jusqu'aux gelées. Cultivée parce que ses premiers firuits mûrissent après les autres variétés hâtives. Toute exposition.

F. commune. Fruit ovoïde allongé^ petit ; peau épaisse, rouge brun noirâtre, douce au toucher; pulpe assez bonne, rouge vineux, grossière ; demande à être mangée très-mûre ; en septembre et octobre. Très^conunune dans les vignes des environs de Toulouse. Toute exposition.

F. Àubique noire. Bifère. Fruit allongé, gros; peau lisse, épaisse, souvent gercée, noir violacé, parfois jaspée de vert-

jaunâtre; pulpe bonne, jnteuse^ rouge clair; maturité des figues fleurs Ters la mi-juillet ; celles-ci sont plus allongées et plus grosses que celles de la deuxième sève; les unes et les autres doivent être dégustées quand elles sont parfaitement mûres. Exposition chaude.

F. Royate. Bifère. Fruit plus long que large^ peau très-fine, vert blanc jaun&tre, luisante ; pulpe excellente, jaunâtre rosé, sucrée, onctueuse, très-fine ; graines très-petites. Première m a* turité en juillet, deuxième en septembre. Cette variété mérite d'être cultivée sur une grande écheUe.

F. Bécannê grise. Fruit petit, ovale turbiné ; peau fine, grise lie de vin, presque Usse ; pulpe très-bonne , rose jaunâtre^ graines trà^petites ; assez rare à Toulouse.

Toutes les variétés déclarées bifères ne le seraient pas dans les départements plus septentrionaux, ou plutôt y mûriraient difficilement les fruits de deuxième saison ; les firuits plus hâtifs y auront plus de chance de réussite. Cependant, on peut arriver à leur procurer une maturation factice, en enfermant les figues qui ont acquis leur grosseur, en les plaçant au fruitier, sur des tablettes, dans un lieu sec.

Les sujets qui viendraient à être gelés dans toutes leurs branches, par suite d'un hiver rigoureux, devront être rabattus, au tronc ; les jets qui en surgiront seront d'une grande vigueur.

Sur les jeunes sujets, ou dans certaines variétés, il est prudent de pincer les jeunes rameaux pour prévenir la coulure.

D'autres fois, si les arbres sont exposés à la sécheresse, ou s'ils appartiennent à des sortes hâtives, les fruits tombent au moment de leur maturati(m, avantleur dévdoppement complet. Alors la figue devient sèche et fibreuse, elle est ce qu'on appelle chauffée, et ne saurait être consommée. Pour remédier à ces inconvénients, il est urgent d'arroser assez copieusement et

même au besoin de couvrir de terre, de paille ou de fumier^ pour entretenir la fralbheur du sol,

M. Bernard Nantais se propose de compléter son travail par la description de quelques bonnes variétés qu'il étudie, puis il nous indiquera les meilleurs procédés de culture du %uier^ en spécifiant, surtout, le traitement et les observations propres a chaque variété.

^i, comme nous l'espérons, nous y rencontrons de bonaes notions, nous en ferons part à hos lecteurs. Th. Laaghé*

OUTILS DE JÀRDINAeB MOtlVEAUX BT PBIlPBCrnOimffiS.

Un hoteme ômt l'existence modeste s'èirt constMarée li d6èotivnr dès meyeits i^impias et ktgfmextt û'Abt^gèi, «h tes ^doûcii^sant , les rudies travaux de la ctilkit ^ a iÀa^é iSàiëts iBstnnomtfs de jardinage, dont les âtMitsiges MhïMiOiindèâ pKt It pratique^ tmtsrals aidé à en répaRoâre TtrMfe: Cet itdmme, M. Quentin-Durand (1), n'a jamais fait Aè détilierbheâ dans les Estpemltiôns publiques, f^ èhiàtAb éKë SiMiticitidhs qui eilfisëfit jeté pfes d'^lat stttn^ •ddetftrvërtes. fi cmt qiï'9 suffisait «d'entO^ër êgB ^chabtillbns, qiri étaient d'àirtâni inoilii^ appréciés, qu'on ne les comprenait pas toujours.

Ndts cwtyeïifi awic^tre ilifles U rhortibtdtrfre, èii (KcrWânt (Juel^pses-HiàB dé bès instrtitaeirts; après kvôir 8tt(H6 siikrpuleusement leur mécanisme, afin de faire entrevoir au lectèili* les i^ersès appticarticnS dont ils sôht sOsckpft2i)lës, là mâniëfe de les liiëttre en oeuvre et de les entretenir efa Ibon ÔtSt.

(4) M. Quedtm-Durand père a cessé de oonstnrire ponr se Imer entièreifieiit à la composition des machines; toutefois^ M. Hippolyte Quentin-Durand â|Sj son élève et son ancien chef d*atelier5 a ouvert^ rue de Chabrol^ 45, une fabrique d'ihsthtmiTîti arctictrëSfiihtltL hôh^itû'éiîôn soiiàè et de précision^ jointe t des prix modérés^ lui assure une préférence méritée.

Le éreue bordure de Quéntin-JDwan^ (i),

Ainâ que l'iirfiqiie son nom, cet otitil est destiné à l'alignement et au drfeaage des Bordures, qu'elles soient dessinées en lignes droites, circulaires on sinueuses : l'instrtunent coupe Yerticalrftient en suivant avec facilité [tous les contours : il se compose d'un disque roulant ou molette trancliaiite d*un seul morceau d'acier anglais (acier fondu), dont la trempe est assez douce pour ne poutoif A'ébrécher en passant sur du gravier.

Ce dùqae A, /ig. 1 , est sarmonté par une dooille fi, assez forte pour recevoir un manche de bêche; cette douille se termine par une double chappe , dont le bas est terminé par l'axe ou pivot de la roulette oii il serait bien de mettre une goutte d'huile d'olive toutes les fois que l'instrument doit travailler, et jamais d'huile à brûler qui forme cambouis ; cette précaution adoucit le roulis et empêche le pivot de s'user.

Avant l'invention de cet instrument, les jardiniers dressaient les Bordures avec la bêche; mais quelque soit leur adresse, ils

(1) Médaille de U Société impériale et centrale d'Horticulture.

ne peuvent faire qu'un travail imparfait, chaque coup de bêche formant un crochet ou dents de scie, que l'œil le moins exercé reconnaît facilement ; tandis que le Coupe-gazon, dans les mains d'un homme intelligent, fait les Bordures d'autant plus propres qu'elles sont tranchées nettes, surtout si la terre conserve une certaine humidité, condition encore plus indispensable pour débiter des parpins de gazon qu*on enlève ensuite à la bêche; ce dernier travail a valu à l'instrument le surnom de Coupegazon.

Sarcloir on Canne *de ronde.

La fig. % représente cet instrument qui est une espèce d'échardonnoir, dont la douille est suffisamment relevée pour qu'on puisse sarcler en le faisant glisser sur la terre sans être obligé de se courber : le triangle rentrant A, sert à pousser devant soi, pour saisir une plante herbacée aussi forte qu'un chardon : les deux pieds de biche B, sont pour saisir à droite et à gauche et tirer à soi des herbes plus faibles : on se sert aussi de ce même outil pour herboriser, et même pour déraciner des Églantiers épineux : à cet effet, il sera emmanché d'un long manche ; l'on en fait de très -élégants pour servir de Canne de ronde (instrument d'amateur). 0. Lesguyer.

ANNONCES EXGLUSIVEBIEHT HORTICOLES.

Cultures spéciales de Bruyère, de Gardénia.

M. Savoie, horticulteur, 8, rue Fontarabie, à Charonne (Seine),

Paris. --iDip. horticole de E. Donnaud, rue Cassette, 9.

CHRONIQUE

Les premières gelées, "--Expédition scientifique en Ciiine.— Vente des plantes de M. Fortune. — Distribution des graines ; réclamations.

Nous venons d'avoir un échantillon de ce terrible hiver annoncé par M. Babinet. Le froid^ qui a pris vers le 8 décembre, a continué pendant douze jours, et a fait sentir ses rigueurs par un crescendo rapide. La température s'est abaissée jusqu'au mardi 20. A Paris, le thermomètre est descendu à 16*; à Amiens, on a constaté 19«; à Arras, 20* 5/10, et même 23* 5/10 chez M. Gh. Demay> qui avait placé un ther* momètre dans un arbre de son jardin. La soirée de ce même jour faisait appréhender de nouvelles rigueurs pour le lendemain matin ; le ciel était pur et les étoiles scintillantes ; le réveil fut anxieux; mais on a été agréablement surpris. L'air avait molli pendant la nuit, et le thermomètre ne marquait plus que 4* 2/10 au-dessous de zéro à 6 heures du matin ; à midi, il avait repassé le point de congélation, et s'élevait à 3* 5/10 au-dessus. C'en était fait du premier acte de ce grand drame intitulé by ver f| Combien de temps va durer l'entr'acte, je rignore; M. Babinet^ le moderne Matthieu Lsnsbcrg, est probablement de même. Aussi, pendant que les comparses des terribles aquilons répètent leurs chants du second acte, les ama« teurs feront bien de se préparer pour la prochaine mise en scène. Qu'on se hâte donc de préparer les paillassons pour en* velopper les malades. Quant à nous, notre r^istre est ouvert pour enregistrer les décès.

Que de victimes, en effet, n'allons-nous pas avoir à inscrire

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