DES ABRIS TRES-SIMPLES POUR LES VËGÉTAUX
Ce n'est pas toujours dans les grands centres horticoles qu'il but aller pour trouver des procédés de culture très-avantageux et souvent fort simples ; ou bien des moyens efficaces de destruc tion contre plusieurs insectes des plus nuisibles au jardinage. Toutes les campagnes ont leur horticulture particulière, et, bien qu'elle ne soit pas à la hauteur de celles des grandes villes, elle est cependant rationnelle dans sa pratique, utile dans son application, et avantageuse pour celui qui s'y livre avec assiduité. Du reste , les habitants des campagnes , restés avec de simples mœurs au milieu de leurs pénibles travaux, ne connaissent rien au delà de ce qui est simple et natmrel ; et l'horticulture, réduite chez eux à la pure utilité, ne laisse pas d'avoir de l'intérêt pour le vrai praticien, sincèrement à la recherche de tout ce qui peut convenir aux besoins de la société. Ce qu'on va lire dans la notice suivante , relative à de simples abris pour la préservation
de végétaux préGiêux et à des moyena sî&rs de destruction d'iA« seded des plus niliftibles h Fagrieulture et à rhorticulture, férd aisément comprendre que îios campagnes GCfnnaissent et pra^" tiquent souvent des procédés ingénieux que nous reehercheiui |)enâanl longtemps sans même pouvoiif les déctiUYtîf ;
Chaque année^ au mois de ntars^ je tAis voii' un de mes anfis habitant d'^tmë campagne distante de qtielques lieues de netrè ville^ J'ai eu plusieurs fois occasion de teir tous les carrés de laitue d'hiver entourés de rames disposées défis les sentiers des planches pair rangées disantes etàte elles de i"j30 ft l°j50 au plus. Toutes les laitues étaient dans un parfait état de végétation ; aticune n'altaît été détruite pat les gelé€?s ou p&t Phnmidité, tandis quef celles cultîtéescbe* nous, dans les plates-bàndes et aux pieds des murs sitilés aii nridi ou à YeH^ 4taJ€Wt ppesqiie détruites, et le surplus rachitique. Sur les plantations que j'avais remarquées, nous étions fort en retard, malgré les précautions p^ëU jyoiir assuteif k tégétittiofi printaltiéère des laitues. Il arrive donc très-souvent que cette plante potagère gèle ou bien se détruit paf tme t^op grande htimiâifé àmn toftt te Nord m l'Ouest de TEurope*
IS ni'imaginais d'alM^d que ces darnes avaiesit été ainsi plë^* ©ées p&m empêcher les toîailles, très-tiombrenses daûs ce til^ lage , de pénétrer' dii piefd dés plâirtes qu'elles n'auraient pâé manqué de favelger. Mais, après un examen sérieiti, je recon*' nus bientôt qu'elles avaient un autre btft, qui me semWa d'utte' très-gt^andetitililé po* le jardinage?. Dès lors je résolus de l'âppHquer' à mes cuKurés , et , d*ffs la stnté ; j^eùs lietf d'etf éttt? satisfait. On i^âit que les gelées eït hîter ef surtout atf printémfps^, quand eBes sont suivies d'uù soleil brillant, sont tfès^miisibles aux végétaux ; qu'elles les déparent le plus sowtent â^ leurs* feuilles quand elles ne les font pas périr enlièreïùênt* 9î lerf tégétaûx étaient toujours dans un état de congélafioîi et qtj^'û^ dégèïeratîeïrt enstrite doticcsmôùt , comme (Jda àfrive pôttf ' ccrui
situés au nord et au couchant, ils ne sou&iraient nullement ; mais tous ne pouvant être placés au nord, il faut obvier à Tin- (Mmvénient causé par le soleil ; c'est ce que Toa fait en plaçant uae rangée de rames au devant, a&n d'en paralyser autant que possible les rayons et l»iser les courants d'air trop forts qui ne sont pas rares en hiver.
Les fleurs des arbres fruitiers sont trës'souvent détruites par 1^ gelées printamûères ; si on pouvait les en préserver, on se« rait certain d'obtenir une rt^lte abondante, et presque Jamais elle ne ferait défaut, surtout quand la conduite des arbres est faite avec discernement. Le moyen de les préserver des contre* temps consiste dono, au moment de leur floraison, à placer au devant une rangée de rames distantes entre elles de 0^,08 à O^^iO, en ayant soin de les incliner vers le sommet du mur. Si on cultive des plantes délicates dans les plates-bandes, elles se tfouvent bien de ce simple abrL Quand les fruits sont assurés et qu'il n'y a plus de gelées , ni de mauvais temps à craindre^ OB enlevâmes rames. U est bon de le faire, sans que ce SQÎi pour cela exigible, par un temps pluvieux ou couvert^ afin d'habituer tout doucement les arbres et les fruits au g;Kand air.
Par ce moyai, j'ai préservé de la cloque et du blanc, des pè* chéri , abneoders et pruniers , qui auparavant étaient chaque printemps fortement endommagés , de ces maladies attribuées asx changements trop brusques de la tanp^atore. C'est surtout, après une pluie du soir qui vient à se congeler dans le eom^aiit de la nuit, que les fleurs des arbres fruitiers s(mt détruites ; car, passant tout à coup d'une température tiède à une température très-froide , leurs organes sexuels , très-sensibles , sont aKérés en un instant, et de là toute récolte est perdue. L'abri de simples rames paralyse les rayons solaires , de sorte que ces derniers n'arrivent que brisés sur les fleurs qui dégèlent tout doucement. Ces fleurs peuvent alors accomplir, sans inci-
dent y l'acte générateur qui leur a été assigné par la nature et pour lequel on les cultive.
On a vu du reste, par expérience pratique, ou consigné dans divers écrits , un végétal ou un insecte abrité par un simple morceau d'écorce, un fragment de pierre ou de terre, traverser librement les rigueurs d'un hiver. La neige eUe-mème devient un abri certain pour tous les végétaux, parce qu'elle empêche les rayons solaires de les pénétrer, les tenant ainsi dans un engourdissement tris-propre à leur santé ; c'est pour eux un repos nécessaire avant de recommencer la période annuelle de la vé* gétation.
Les bois les plus durables pour- rames sont les tiges du noisetier commun, de l'orme, du chêne, surtout quand son écorce a été enlevée au mois de mai ou juin pour faire du tan. Elles peuvent durer trois ou quatre années quand on a soin de les rentrer sous des hangards ou autres abris pour les préserver de l'humidité.
J*ai à faire ici une observation relativement aux paillassons dont on se sert pour abriter des arbres fruitiers, en les plaçant sur des perches inclinées au devant des murs à Tangle de 60 degrés. La surface tapissée empêche l'air extérieur ; mais les deux extrémités, c'est-à dire les deux bouts, laissent un courant d'air très-iroid qui, en parcourant rapidement l'espace vide, dessèche tout sur son passage. Mieux vaudrait alors laisser les fleurs à Tair libre que les exposer à être détraites par ces courants que tout bon praticien cherche à éviter. Les abris que je conseille sont fort simples, peu coûteux et faciles à placer. H est donc utile de les apphquer à toutes cultures bien entendues.
A. Massé.
Horticulteur à la Ferté-Mac6.
(Journal de l'Académie d^ Horticulture de Gand.) .
Pvis.— Imp. horticole de E. Dokhaud, rae Cassette, 9.
CHRONIQUE
Les effets singuliers de. la gelée.— Les grumes des tombeaux égyptiens. — L*ezploitation de la civilisation par la barbarie. — Les nouvelles introductions chinoises. — Départ de la Commission scientifique en Chine. — Le jardin de la Société d'acclimatation. «- Les expositio&s de la Société impériale. ^ Son hôtel. — Un moyen de sauver les poires véreuses. — Procédés pour fairo acquérir aux poires un plus gros volume.
Depuis la publication de notre dernier numéro ^ j'ai pu parcourir quelques localités où les terribles frimas livrèrent bataille aux malheureux végétaux exotiques, qui • depuis quelques années, vivaient paisiblement sous le ciel de la France. Je m'attendais à trouver le sol jonché de cadavres ; mon attente a été agréablement trompée ; mes yeux n*ont vu que peu de morts , beaucoup de blessés, mais dont les blessures, il est à craindre, peuvent être mortelles. Il ne faut pas, je crois, prononcer trop vite sur le sort de ces victimes : le froid a produit son effet , reste maintenant l'action de la chaleur solaire, qui ne pourra être exactement appréciée qu'au printemps. Aujourd'hui on ne peut que constater un fait , qui est celui-ci : la gelée est aussi capricieuse que la foudre ; elle frappe différemment des sujets d'une même espèce réunis dans le même lieu.
L'exemple le plus manifeste de l'action, à différents degrés, de la gelée sur les végétaux, est celui que présentent quatre Lauriers- Amandes du jardin du Musée de Cluny, plantés près d'un mur des Thermes de Julien, à la même exposition, celle du midi, mais recevant plutêt le soleil du matin , par suite des maisons bâties de l'autre cêté de la rue. De ces quatre Lauriers-Amandes, deux seulement ont été atteints par la gelée ; l'un est complètement mort, l'autre n'a qu'une partie de ses feuilles gelée : les deux latéraux sont parfaitement sains. Dans un massif du même arbuste placé en face de ces quatre sujets , toutes les feuilles
frit, ié Y.
supérieures sont grillées. Des individus isolés dans le même jardin ^ et recevant le soleil , ne portent aucune trace des journées de décembre.
Le froid a agi de ]a sorte sur VAratuuiria imbricata. Vingt-cinq très-jeunes sujets plantés dans un taillis de chène^ dans le parc de Segrez (12 lieues au sud de Paris), sont gelés radicalement ; plusieurs autres individus plus forts, placés dans les mêmes conditions, au milieu des vingt-cinq petits, n'ont rien souSert. A Pantin, à 2 lieues à l'est de Paris, chez M. Chauviëre, des Araucaria de la même force, et même plus forts que cent de Segrez, ont péri.
Nous donnerons plus tard les Ustes des végétaux qui ont plus ou moins souffert de la gelée, et de ceux qui ont résisté. Nos lecteurs verront qu'il n'y a rien à conclure pour certaines espèces , puisque certains sujets résistent quand d'autres sont frappés plus ou moins mortellement.
Cette gelée , sur laquelle on comptait pour connaître le degré de rusticité des introductions nouvelles, a servi pourtant à nous édifier sur le sort de l'arbre gigantesque que la Californie nous a cédé. Partout, en effet, le Wellingtonia gigantea est resté vainqueur; il dresse toujours ses branches d'un beau vert glauque, dont les extrémités intactes attendent impatiemment les beaux jours du printemps pour développer leurs bourgeons. On peut donc regarder cet arbre comme acquis à nos forêts.
Le commerce des graines de momies égyptiennes a reçu , il y a quelques semaines, un coup mortel. Dans là séance du 24 novembre dernier, de la Société impériale et centrale d'horticulture de France, une panlcule de gramînée fut présentée par . un des membres de Cette Compagnie , qui l'avait reçue pour blé trouvé dans la main d'une momie, comme jadis Içrd Undsay y trouva des graines du bahlia, plante mexicaitie, comme chacun sait. Mais ce blé n'était pas un blé; c^était le Dourah, plante céréale de l'Afrique, qui appartient au gfenre Sorgho.
Cette présentation donna lieu à une discussion des plus intéressantes, et qui permit au savant président de la Société, M. Payen , de faire connaître que les graines des tombeaux égyptiens n'étaient qu'une affreuse mystification. On trouve , il est vrai, des graines dans les caisses de|momies; mais, comme Ta très-bien démontré M. l^ayeil, ces gTaines ont perdu leur faculté germînative, non-seulement à cause de leur haute anti* quilé, mais encore parce que les matières bitumineuses employées pour la conservation des momies exercent sur elles une action Suffisamment énergique pour détruire promptement cl radicalement leur germe. On est assuré, aujourd'hui, que le prétendu blé trouvé dans ces tombeaux est le résultat de fraudes exercées en Egypte, et particulièrement dans les ports de mer. Ce cpiî est certain, c'est que tous les blés vendus comme blés des tombeaux égyptiens , et qui ont germé , n'ont jamais produit autre chose qile des variétés connues dans nos cultures. Des vraies gf aineS des momies, on n'a jamais obtenu de germination. Voilà encore une industrie perdue. Cette fois , au moins , nous n'avons paô à craindre que ces industriels meurent de faim ; ils peuvent se nourrir avec le blé qu'ils ne vendront pas. Mais il est curieux de voir que c'est la civilisation qui a été exploitée par la barbarie.
De FEgypte nous n avons qu'à suivre le tracé du canal Lesiseps , puis la mer Rouge, jpour nous retrouver sur le chemin de la Chine.
Dans notre précédent numéro , il a été parlé du projet d'exploration du Céleste Empire par une commission scientifique ; ce projet est en voie d'exécution - les savants français Naviguent en ce moment vers le grand domaine des nombreuses dynasties des Tang, des Song, des Ming et des Tssing. Nous ne connaissons qu'un membre de tetle commission , c'est un jenne ingénieur qui a tjuitté cette année seulement les bancs de rÉode. fa est ehargé, dit-on, de k partie agricole. Que de
choses intéressantes il va nous apprendre sur Fart de cultiver la terre chez les Chinois !
En attendant les résultats de cette campagne scientifique, les membres de la Société d'acclimatation s'occupent beaucoup des végétaux envoyés ou rapportés de ce pays par M. deMontigny. M. le docteur Turrel, secrétaire du comice de Toulon, fait connaître les heureux succès obtenus par M. Camille Aguillon dans la culture des végétaux nouvellement introduits de l'em* pire chinois ; il donne aussi des détails sur la réussite de la culture d'un Cotonnier du nord de la Chine, dans la province d'Oran (Algérie) par M. Calmels. Ce Cotonnier est inférieur à celui de TAmérique pour le produit, mais il donne une récolte plus précoce ; sa maturité a été complète à la fin de septembre, tandis que la cueillette du cotonnier d'Amérique n'a lieu qu'en décembre.
M. Lucy, receveur général des Bouches-du-Rhône, a obtenu un succès complet, auxenvirons de Marseille, dans la culture du Bambou des montagnes du nord de la Chine. Nous donnons plus loin une note de M. Charles Baltet, sur plusieurs plantes obtenues de graines chinoises.
Il parait que M. de Montigny possède un trésor inépuisable. Voici un nouveau. . . c'est le cas d'employer ici cette locution triviale chose, car on ne sait ce que c'est. Ce chose porte en Chine le nom de Su-Tchuen ; il n'a pas d'odeur^ renferme une grande quantité de fécule, et les Chinois l'emploient pour les malades et les convalescents. M. Moquin-Tandon fait remarquer qu'il faudrait l'analyser pour décider si c'est un tu^ hercule ou une truffe monstre.
Décidément on s'occupe bien davantage d'introductions végétales à la Société zoologique qu'à la Société d'horticulture . n est vrai que la première a un beau et vaste jardin au bois de Boulogne, et que la seconde croit pouvoir se contenter de celui qu'elle fera ériger un jour sur les fenêtres de son hô*
tel. Nous dirons sérieusement h nos coU^es : Vous faites fausse route. La société va dépenser 500^000 francs et plus pour n*ayoir ni jardin d*expériences, ni terrain pour ses expositions. Elle yient de décider qu'elle en tiendra une au mois de mai, du 18 auZT, jecrois^ayantla grande expositionagricole pendant laquelle elle s'engage, en outre, de fournir les plantes de remplissage. Oîi aura lieu cette première exposition T Encore au Palais de l'Industrie I Elle sait cependant bien que ce local ne convient nullement pour une exhibition de ce genre ; que les horticulteurs et amateurs se récrient, chaque fois ; que les plantes perdent tout leur avantage sous cette géante con« struction. Pourquoi résister à ces justes réclamations T Si nous faisons encore entendre notre faible voix, c'est uniquement dans rintérèt de la Société impériale et centrale d'horticulture de France qui édifie en ce moment sur un volcan. Elle a déjà payé 335^700 fr. pour son hôtd ; il lui reste à dépenser 177,000 fr., total 512,700£p. C'est donc en chiffre rond un loyer de 25,000 fr. par an, soit i ,875 fr. par séance. Or si nous admettons la présence de cent membres, en moyenne, à chaque séance, cela met le prix des places à 18 fr. Au Théâtre-Italien, on a une excellente stalle d^orchestre pour 4 0 fr. , et c'est plus amnsant.
Les Italiens me font penser aux grands préparatifs de guerre qui se font en ce moment sur plusieurs points de la France , pour l'expédition contre les vers qui attaquent les Poires et les Pommes. Chacun prépare ses engins destructeurs; car il faut pénétrer dans le fruit pour atteindre l'ennemi acharné qui, cette année, a causé de si grands ravages dans nos vergers. Une dame s'est surtout distinguée dans cette croisade contre cet ennemi caché; c'est madame Maës, de Chchy-la-Gareime. A l'aide d'un petit instrument, elle va relancer le ver dans la profondeur de sa retraite, l'en extrait, et alors le fruit peut continuer son accroissement, sans même mon*
trep la plus petite tcace de Topération. Ce procédé est cçnanfi depuis longtemps , p^aîs il a été peu pratiqué. C'était un surcroît 4e besogne, et nous sommes ainsi faits, que nous aimons mieux perdre nos récoltes que de consacrer une heure en pljis au travail ordinaire pour la sauver^ « Nos aïeux ne faisaient pas cela, pourqupi le ferîons-nouçî » Triste raisonnexneut qui dénote Tesprit de routine ^i nous dirige toujours dans nos travaux. Ainsi, voici un procédé simple de sauver les fruits véreux : il suffit d'extraire le yer ^vpc une^pointe ou tout instrument confectionné à cet usage, a^geitôt que sa présence est signalée par les déjections qyi appjaraissent à l'orifice du trou
qu'il a crpusé ; ce n'est pas une minute à y consacrer ; pourtant on recule devant ce surcroît de travail. 0 routine I
Cette opération de l'extraction des yers m'en rappelle une autre pratiquée par un tioqt^me hal^ile, qui ne praiut pfis de multiplier le travail quand il s'agit de perfectionner les produits de son art : c'est l'extraction des pépins des Poires, imaginée par M. Luizet, d'EcuJly, pour faire acquérir à ses fruits un plus gros volume. L'instrument est une sorte de sonde qu'on introduit dans l'œil de la Poire, en la faisant pénétrer jusqu'à l'endroit où soQt attachées les graines. Cette opération étant faite de bonne heure , mais quand le fruit est cependant bien attaché et formé, la plaie ce referme très^bieu, et la Poire acquiert un plus grand développement.
M. Luizet n'a pas que ce procédé pour faire groissir ses fruits, il en praiique un autre qui est moins chirurgical et plus horticole : c'est la greffe d'un bourgeon à bois sur le support même du fruit, à l'endroit de son attache sur la branche fruitière. Il apporte au fruit, par ce procédé, un surcroît de sève qui détermine une augmentation considérable dans le volume. M. Alexis Lepère, fils, a mis cette greffe en usage dans l'Allemagne qu'il habite depuis quelques années. Les fruits étaient tellement volumineux, «ju'il a dû les soutenir par de petites plan-
cb^ttes ^^éù» au huit clas ^$paliera , ûu & des tuteurs pour lis arbres ça pyrasûde. Nous appeloi^ rattentiou des amateurs de beaux fruits sur ces deux opérations : Textractiou des pepinsi loais snitout la greffe de Textrémité des bourgeons sur les pro-» ductious fruitières.
Nos lecteurs a out pas oublié cette grave question : Doiion dira Ift iame ou la figure d'un chapeau? H «st bien & craindre que la question de }a plantation des arbres à fisuil}es per* sistaotes ne lui ressemble.
Pans un précédent numéro , j'ai dit , d'après des résultats obtenus, que Tautonme était l'époque la plus convenable pour la plantation des arbres à feuilles persistantes. Aujourd'hui, nous avons reçu une note d'un de nos abonnés , H. Dessaint, jardinier instruit et intelligent, qui, lui, n'a jamais réussi à Tau* tourne ; ses plantations du printemps ont toujours, au contraire, été couronnées de succès.
Gomme la rédaction de YHortieuUeur français n'a pas de parti pris, qu'elle veut, avant tout, la vérité, et que ce journal est le journal de tous, nous publions plus loin l'article de B|, ])essai]it, qui ne change en rien mes convictions sur ee sujet. J'y reviendrai du reste encore dans le courant de l'année pro* chaine, en rendant compte de nouvelles et nombreuses planta* tionsque j'aifaites k lafîn du mois de novembre, et qui ont été interrompues par les gelées. La question est trop importante pour ne pas eheveber à l'élucider complètement.
En attendant, voici un nouveau livre qui assure de son utilité tous les horticulteurs et les amateurs : c'est Y Annuaire de râÎQrlicuJMKr/ranpaif pour l'année 1860 (1), par un de nos collabcwateurs, M. Ingelrelst, jardinier-chef au Jardin des Plantes de Nancy. Ce livre contient les adresses des principaux horti* culteurs de l'Europe, avec l'indication de leurs principales cul-
(i) Ed vtAia aux l>areaaz du journal. Prix 4 fr. S5^ firanoo par la po8te.
tures, le résumé des plantes les plus belles et les plus nouvelles introduites dans ces dernières années, etc. L'idée est bonne. Uu pareil livre, bien fait, ne peut que rendre de grands services à Thorticulture. Il favorisera le commerce des producteurs et facilitera les recherches des amateurs, qui souvent ne savent où trouver tels genres de plantes. La première édition, qui a paru le i** janvier dernier, n'est pour ainsi dire que la première pierre de l'édifice que veut ériger M. Ingelrelst ; pour la pv faire il lui manque encbre bien des matériaux ^ que les commerçants seuls peuvent fournir. Aussi les engageons-nous à adresser à l'auteur la liste de leurs spécialités, pour qu'il puisse les ajouter à l'édition de Tanné i prochaine. C'est leur intérêt ; nous espérons que cette fois ils le comprendront. F. Heringq.
BHODODENDRUM BLÀNDIANUM.
(PL. XllI.)
Le Rhododendron que nous figurons dans ce numéro est un hybride de Yarboreum, obtenu, il y a quelques années déjà, par M. Thomas Nuttal. Mais sa rusticité, sa vigueur et sa brillante fleuraison que nous avons admirée, l'été dernier, chez M. Gustave Morlet, horticulteur à Âvon , près Fontainebleau, nous ont engagé à le faire peindre^ pour attirer l'attention sur lui. Toute description ici est parfaitement inutile ; le pinceau en dit plus que la plume ; et puis, du reste, je serais fort embarrassé de dire comment sont l'ovaire, les ovules, le pollen, les étamines, etc., etc.; j'ai quelque peu oublié mes deux leçons de botanique du collège.
Je me borne donc à dire que les corolles sont très-grandes^ bien faites, et d'une belle couleur rouge ; quant à la nuance, comme mes yeux ne possèdent pas la gamme chromatique des
tons, je craindrais de commettre uae grave errem*, en ajoutant le degré d'intensité. Je m'abstiens pour plus de sûrelé. Voyez, chérs lecteurs, et jugez. Eugène De Martragny.
RHODODENDRUM NOUVEAUX
nfiU&ÉS ET BÉGRrrS DANS LE BOTAKICAI MAGAZINE.
Dans le courant de Tannée 1859, les joumaia anglais ont publié quelques nouvdles espèces^ou variétés de Rhododen* drunij que nous croyons devoir rapporter à la suite de celle que nous figurons. Nous n'en connaissons que les dessins du Boianical Magazine^ duquel nous extrayons les renseignements suivants :
Rhododendrum misoni (hybridum). Ce Rhododendrum, dédié à William Wilson, cryptogamiste anglais, a été obtenu par le croisement du R. ciliatum et du R. glauçum^ grâce à M. Thomas Nuttal. Cet hybride conserve les caractères des deux espèces dont il provient. Son feuillage est semblable à celui de la première, mais non velu, et il n'a pas la teinte glauque de la seconde. Ses fleurs sont plus longues que celles du R. glaucum, d'un rose plus intense, et ne tendent pas à devenir blanches comme chez celles du R. ciliatum. Il y a tout lieu de croire que cette acquisition sera parfaitement rustique*
Rhododendrum Smithii (finit.). Le R. Smithii est une belle espèce du Bootan introduite en Angleterre par M. Booth, et qui a fleuri pour la première fois^ en mars 1859, chez M. Holden. Elle se rapproche du R. barbatum^ et est fort remarquable par le duvet cotonneux qui recouvre une des faces de ses feuilles. I^ R. Smithii est un petit arbuste touffu, florifère, assez semblable d'aspect au it. arboreum et au R. barbatum. Ses feuilles sont oblongue9, aiguës, en cœur à la base. Ses fleurs sont d'un beau rouge vif, à cinq bbes presque égaux.
JRhoihdendrum Shepherdii (Nutt.). Eneore une eipèœ du Bootaa, mais que l'on retrouve dans les moutagaes d'Assam, où elle a été découverte par Nuttal, qui la cultive, et chez lequel elle a donné ses premières fleurs. Sur le mont Oola, dans le Bootan, elle croit en compagnie du R. ecdmium. Ce Rhododendrum diffère du R. arboreum par la couleur de la face inférieure des feuilles, et par ses oenures moins saillaptes ; du R. Kendrickii par son ovaire glabre et son large calice ; enfin , du R. barbaium — l'espèce peu1>-ètpe la plus voisine ~- par ses pétioles et son calice. 11 foime un bel arimste à écorce luisante^ à feuilles longues, aiguës, glabres, donnant de grosses ombelles capitées de grandes fleui!S rouge vif.
Rhododendrum Kendrickii (V. latifolium). C'est une d^$ plus belles espèces du Bpotan, d'oii le docteur Nuttal en a pQurtant rapporté de si magnifiques. Elle a été découverte psir M. Booth, neveu du docteur Nuttal, mêlée au R. Edgeworthii. Petit arbuste, très-rameux, à écorce lisse et claire, à feuilles lancéelées-oblongues, ondulées sur les bords, à grandes fleurs d*un beau rouge.
Rhododendrum NuUaiii (Booth), Le Botamcal Magazine appelle cette spiendide espèce le Prinee des Rbodôdendrum^ et dit que ce nom est aussi mérité que cehii de Reine des eaux donné à la Fictoria regia. Le R. Nuttalii a fleuri, àKew, pour la première fois, en mai 1 859^ Il avait neuf pieds de haut. La branche (ffincipale portait un corymbe de dix à douze fleurs, ne mesurant pas moins de 1 5 pouces anglais de large. La corolle est blanche, Jaune au centre, teintée de rose sur ms lobes, et large de six pouces. Les feuilles sont aussi fort bdles. Les plus larges n^ont pas moins d'un pied, compris le pétiole, qui est court et épais. Le corymbe avant son développement est renfermé dans une sorte de bouton écailleux, long de six pouces et large de quatoe, foi le fait ressembler à un oônè de pin« Les
graad» éMflerm s6iit riehemeat eolorées. ESIes sont blanehet à la Ime^ rose foncé au centre et bordées de Tert.
Cepréei^ta afbuMe a été déeouvert par M. Booth, qni Ta dé- ^ à Nattai ^ et sa pfemière floraison (à Ketr) fdt la dernière joie de ee botaRMe GOâsciaioieux et dévoné. Il fat trouvé dans la Bôotan^ à Mere4^tao, près du village de Seram, dans des maréeagesy associé aux ifs et aux chênes^ et parfois épiphyte sur ces arbres, à une élévation de quatre à cinq mille pieds anglais au^desstd du niveau de la mer. C'est assurément une remarquable acquisition qui se répandra dans les cultures ; on ne saurait ti^D insister sur son mérite. 0. Lescuter.
ARBhES ET ARBUSTES NOUVEAUX OU PEU CULTIVÉS.
Amnocarpus. D. g. Les Adenocarpus sont de petits arbres ou des arbustes de T ancien continent, propres surtout à la région méditerranéenne. Ils ont des rameaux divariqués , des fenilles à trois folioles et des fleurs jaunes en grappes serrées, toujours terminales.
Les ailes de la corolle sont de même longueur que la carène, ébtuses, et l'étendard est étalé, largement obovales. Les étamines monadelphes à tube fendu ; le style ascendant est terminé pay un stigoittef capité. Lé fruit est une gousse comprimée, couvert de glandes, d'où le nom de Adenocarpus, du grec carpos, fruit, Qcteni glattduleux.
A. ïwecoaTïGANS. (Boiss.) A. Boissieti. (Webb.) Cette espèce, découverte en Espagne par son célèbre explorateur Boissier, est remarquable par les longues lanières d'écorce qui se détachent horizontalement de son tronc, et par les glandes de ses gousses couvertes de poils roides. C'est un petit arbre de 4 à mètres de haut , dont les rameaux sont très-garnis de feuilles serrées , pétiolées , velues , qui, par leurs tons blanchâtres et
soyeux, produisent beau(X)upd*effet.Ses fleurs jaunes réunies en des sortes de petits capitules , qui terminent presque chaque branche^ contribuent à l'élégance de cet Adenocarpus.
Vj4. decorticans n' est ^bs cultivé, malgré son mérite. Il serait bien placé dans un fleuriste, car il gstgne à être vu de près ; c'est nn gracieux petit arbre. Il n'a pas souffert, dans .nos cultures, des froids des trois derniers hivers ; toute terre lui convient ; il ne redoute ^que l'humidité. ^ -.
A. Fouosus. D. C. Cytisus foliosus. (Act.) Assez commun dans les fourrés presque impénétrables qui abondent sur les côtes des lies Canaries. Cet arbuste est aussi tout à fait digne de.fi-. gurer dans nos cultures. Il s'élève à 3 mètres au plus et ses longues branches, non ramifiées , sont complètement couvertes par ses petites feuilles vert tendre, singulièrement contournées et hérissées de poils. Quoique peu florifère , il a constamment quelque grappes de fleurs , même durant les premiers froids. Même culture que pourl'il. decoriicans. . .
VA. foliosus n'a guère été cultivé aux environs de Paris
qu'en orangerie. Nous pensons que c'est à tort , car nous le cultivons depuis longtemps en pleine terre sans aucun abri , et il n'a jamais paru soufirir.
Ces deux espèces se trouvent chez messieurs Noisette frères, horticulteurs-pépiniéristes, à Nantes. . . . ,
On cultive encore les A . denocarpus teUmtnsis , hispanici^ et parvifolius. ...
Gleditsghia MiifoSiEFOLiA. (Lodd.) Far. Pendula (G. pendula Bujotii Hort. ) Malgré le goût que l'on a, depuis quelques années, pour les variétés à rameaux infléchis que 1 on appelle arbres pleureurs, ce Gleditscbia de Bujot n'est répandu que dans l'Anjou et la Bretagne. Il n'y a pas de description à en faire. Tout le monde connaît l'espèce mimosœfoliay dont les feuilles rappellent celles des Acacia et des Mimosa. La variété pendula a les mêmes feuilles amoindries peut-être encore et par consé-
quent plus légères. Ses longs !*ameaux, minces et flexibles, retombent gracieusement en formant une belle tête ronde. Il pousse vigoareusement, et dans toute terre.
Rappelons ici le procédé de M. Carrière, chef des pépinières au Muséum d'histoire naturelle de Paris, pour obtenir de beaux arbres pleureurs. Ce procédé consiste à greffer à ras de terre et non à haute tige ; c'est alors avec le rameau greffé que s'obtient la tige. L'arbre parait ainsijplus naturel^ et on peut lui laisser des branche^ dès la base.
Dans le commerce, les hêtres pleureurs sont généralement grefiTés ainsi; je ne sais à quoi tient cette exception. - RoBiNu PSEUDO-ACAGU, Var. UNiFouoLA. L'Acacia à feuilles simples est une nouvelle variété, intéressante, comme le sont toutes celles qui nous montrent une végétation monstrueuse, plus frappante encore pour le botaniste que pour Thorticulteur. L'Acacia déviant de son type et produisant des feuilles simples est une anomalie, non passeulanent pour le genre Robinia, mais encore pour toute cette vaste famille des légumineusesj dont l'un des caractères est d'avoir constamment des feuilles composées.
Les botanistes, dès longtemps, ont donné comme caractère absolu de la feuille la pri$enee d'un bourgeon à la bote de $on pétiole^ et ils ont nommé foUoles les divisions de certaines feuilles, quand ces divisions sont complètes et ressemblent elles-mêmes à des petites feuilles ; mais l'absence du gemme ou bourgeon à leur base démontre très-clairement leur nature. Les feuilles ainsi formées de plosieurs folioles articulées sur un pétiole commun furent appelées composées, et elles furent ainsi assimilées à des feuilles ordinaires, dont le limbe sai^ait découpé de manière à former de petites feuilles régulièrement placées. Des anoma- ,lies.excepUonnelles qui servirent de preuves, vinrent bientôt confirmer cette théorie. La nouvelle variété d'.Àcacia, mons«- .truoaité probante fixée par la culture, ne peut laisser de doute
dai» Tesprit de personne. C'est surtout soua œ point da vue philosophique que nous la recommandons.
Ce gain a été obtenu en 1 858 par M. Deniau, d'Angers ; il a été couronné à Texposition de cette ville et à Nantes. Il est mis AU commerce par M. Lebigot, pépiniériste, route du Pont^de*- Céj à Ângersi qui en possède de nombreux et forts sujets*
Oft#. Cette tariété) par erreur^ est dans le commerce et a été présentée aux expositions sous le nom v^yolia^ce qui signifie^ r^it que chaque sujet n'a qu'une feuille. U va donc [sans dite qu'elle doit être appelée unifoliola, c^est-à-dire à feuilles GOm* posées d'une seule foliole, ou par conséquent simple.
SOJ.ANUM FASTiGiATUM. (Willd.)« C'est un joli arbuste de U ré. gion méditerranéenne, introduit dès 1828 dans les cultures» puis abandonné et perdu, ou relégué dans quelques rares jardins. Nous l'ayons retrouvé à l'École de botanique de Nantes^ où il nous a été signalé par M. Ecorchard, l'heureun créatew du nouveau jardin des plantes. La MorelU fasUgUe forme un arbrisseau d'environ un mètre, légèrement épineux^ à feuillage presque persistant. Ses feuilles sont oblongues, entières, ou peu sinueuses, pubescentes ; dès mai, à l'époque des Ulas, il se couvre d'une multitude de fleurs d'un bleu clair, maculé de jaune, de manière à former une sorte d'étoile, peu apparente il est vrai. Ses fleurs sont disposées en grosses grappes leffBÙr nales, qui ressemblent assez à celles des lilas. Ses £ruits sont des baies globuleuses jaune orange, qui, quoique petites, ajon« tent à l'effet delà plante. Sa fleuraison se prolonge toute k beUe saison. Ajoutons que ses fleurs répandent une douce et agréable odeur.
Le Soîamm faêtigiahitm produit l'effet d'un Ulas, et il a l'avantage de rester fleiui fort longtemps. C'est, au dire même de Hé Ecorchard, une précâeuse acquisition pour les jardins, d'autant plus qu'il est rustique, qu'il s'acc(M(nmode de tout terfiiil et qu'il se multiplie aisément de boutures* A. PB TauO.