CULTURE DES BRUYÈRES
En parlant ici des fouyères, ce que j'ai à dire ne d(4t étrç regardé que comme observation pratique. Jusqu'à cç jour o)a s'est beaucoup trop effrayé des soins à di3nner à ces petites plantes; tantôt, trop convaincu de la difficulté de les çonserveFi on les abandonne après lei^r floraison dans ^n coin k Ton^rei où les plantes les plus rustiques ne feraient que s'étioler et s'abâ(ardir, privées ainsi de toute influence «oUûre; t9it);ô( quelques personnes voudront leur prodiguer trop de Sifin^ et le9 rendront plus délicates à force de les trop cjioyer.
Lorsqu'une plante sort du commerce^ c'est générale|ne^t au commencement de sa floraison. Dès que le« boutons sopt bieu formés, la sève de la plante se prodigue presque tout eiitièrci dans les fleurs à venir; il est facile de compre.ntjre qu'eu laissant la plante manquer d'eau, on porte une atteinte directe ^ lafloraison, les boutons avortent et jaunissent . IJne surabondance d'huxnidité produit aussi le même fdSet, et est encprç plus pemicieusepui s qu'elle détruit souvent U plante tout potière en amenant la décomposition des racines, qui sont d'un^ extrême finesse. Mais enfin quiconque a soigné quelque plante^ n'ignore pas lorsqu'elle a besoin d'eau ; le seul emb^iT^s s^ait donc d'en donner souvent et peu à la fois ; encore faut-^il bien s'assurer si la quantité d'eau que Ton donne se trouve çgiffi^aute pour pénétrer jusqu'au fond du pot ; car il peut arriver qu'une plante paraisse fraîche en dessus, tout en se desséchant au fondj cela se voit qulelquef ois, je pourrais dire même souvent «
Les Bruyères placées dans une serre qui reçoit le jour de tous côtés avec beaucoup d'air, seront certes dans de bonnes conditions ; cependant si la serre n'est pas remplie de plantes du même genre, il faudra toujours isoler les Bruyères du voisinage
0) ftMût ie$ BuUetins do comice horticole de Maine-et-Loire.
des plantes à larges feuilles et à contexture aqueuse ; car ces dernières, d'une croissance plus vigoureuse, attirent à elles tous les gaz nutritifs et indispensables à la vie des plantes. Dans un semblable voisinage, on verrait promptement les Bruyères dépérir et se couvrir de moisissure.
La floraison ayant été complète, les fleurs tombées, les Bruyères ont un moment de repos dans la végétation, où le cultivateur doit modérer les arrosements. Mais comme le repos n'est que de courte durée, on doit en profiter pour supprimer tous les rameaux qui ont porté fleur, et en même temps pour donner à la plante la forme gracieuse qui lui convient le mieux; car chaque espèce de Bruyère a un ton de vert particulier, chacune aussi affecte une forme qui la distingue de ses congénères, et c'est cette diversité de formes et de feuilles qui les rend si attrayantes lorsqu'elles sont groupées ensemble. ' Lorsque après avoir été taillées, les Bruyères répoussent de toute part, que la végétatioii a repris toute sa force, on doit songer au rempotage. La préparation de la terre est d'une grande importance. Une suffit pas d'avoir de la terre de bruyère qid n'ait pas servi, il faut qu'elle soit complètement neuve, le plus fraîchement bêchée possible, car si l'on entasse la terre de bruyère en motte pendant longtemps, cette masse, toujours un peu fraîche et qui reçoit en dessus la pluie qui la pénètre, finit par s'échauffer; les principes les plus précieux de la terre se décomposent, et alors ce n'est plus qu'un terreau. C'est donc un grand tort de faire une provision de terre de bruyère plus considérable que n'exigent les besoins de la saison.
Les Bruyères ont une quantité déracines, extrêmement fines, qui nécessitent un certain volume de terre pour les nourrir. Cependant si l'on n'enlevait pas à chaqiie rempotage un peu de l'ancienne motte, il faudrait des pots d'une grandeur disproportionnée à la plante ; cela ne serait ni joli ni favorable à la végétation « On a soutenu longtemps, on soutient peut-être encorei
qn'il ne faut point attaquer leurs racines avec un outil tranchant ; cependant je m'en suis toujours bien trouvé. L'essentiel est de conserver un peu de tranchant à l'outil pour ne déchirer les racines que le moins possible. Je dirai même qu'il est nécessaire d'entamer la couche de racines qui vient s'attacher aux parois du pot, car en observant une bruyère une fois dépotée, si elle est vigoureuse, on voit que les racines forment un tissu serré qui ne permettrait pas aux nouvelles racines de se faire jour jusqu'à la nouvelle terre, et ces vieilles racines ne feraient que sécher en emprisonnant les nouvelles. Je dois également recommander un bon drainage de tessons de pots cassés menu. Les plantes, une fois rempotées, doivent être placées sous châssis àVabri de lachaleur du soleil, avec très-peu d'air en commençant, mais sans les en priver trop longtemps. Quand elles sont bien rassurées, on n'a plus qu'à les sortir à mi-ombre. Les Bruyères prospèrent bien tout à fait en plein air, Tété, les pots ensablés jusqu'au bord ; mais à mesure qu'elles prennent de l'ftge, la végétation n'étant plus aussi active, les chaleurs de l'été leur sont dangereuses ; il ne faut pas cependant les priver tout à fait de soleil, car elles perdraient de leur grâce et il deviendrait presque impossible de les conserver T hiver, ou tout au moins la floraison serait gravement compromise. le conseillerais aussi de les rentrer dès la mi-octobre afin de leur épargner les grandes pluies d'automne; pendant la saison chaude, il ne faut donner aux Bruyères que peu d'eau à la motte, mais des bassinages fréquents et légers vers le soir. C'est surtout pendant les grandes chaleurs qu'il faut ménager l'eau, car alors les Bruyères végètent peu; il vaudrait mieux les voir se faner chaque jour ; la fraîcheur de la nuit et le bassinage les ramènent. Elles ne commencent à bien pousser que lorsque les jours devieiment moins longs. Du reste, chaque espèce de bruyère ayant sa saison particulière pour fleurir, chacune a des besoins qu'un cultivateur judicieux reconnaîtra promptement suivant
les ^poqups de végéWtion. Voilà ausâ pourqupit dana m aperçu aussi court, il me serait impossible de fixe? aucune . dom^iée pour le tpaitemeut de chacune.
Je laisse encore lûen à dire sur ce sujet, matSf oomue j« Tai dit en commençant , ce ne sont que quelques oba^mra* tiens })asées sur la pratique. Gaghet,
- HorUcuUeor, i ÀnfWSt
Note sur îles greffes bes àebhbs à fruits à motau, faites
A l'automne»
li'ancien usage de greffer au printemps les arbres à fruits à noyau avait, comme chacun sait, de graves inconvénients \ \^ réussite faisait spuveiit défaut, surtout dans les cerisiers, abii:! cotiers et pécherp ; on n'osait même pas greffer ces dQU^ derniers.
Par suite d'expériences faites dans moQ établissement, depuis bien des années, sur la taille en été de ces arbres, j'ai eu ]» pen^ ^ sée, il y a quatre ans, de faire des greffes à Tautomne* Mes premiers essais furent faits sur le cerisier, le prunier, l'abrico* tier et le pécher, l'opérai au commencement et à la fin d'octobre ; il est impossible de préciser au juste le moment le plus convenable du mois, attendu que le succès dépend de l'aoùte* mei^t des greffes et de l'état séveux du sujet ; encore est^I re^ connu que c'est l'époque de l'année la plus favorable. A cette saison» il ne reste de sève au sujet que la quantité suffisante pour souder la greffe et la faire vivre daqs une sorte d'engourdissement jusqu'au printemps.
Paadant tout l'hiver, la plaie a eu le temps de se cicatriser sous le mastic, et lorsque la végétation active du printemps vient à développer les nouveaux bourgeons, il ne peut arriver de ces expansions de suc gommeux, qui produisent tant de dé*« sordra sur les arbres, môme jusqu'à les faire périr.
Ne poŒTait-oii pas attribuer la non-céussite, si fr^entç des greffes de printemps, à la trop grande abondance de sève qui s'échappe par la plaie et qui sa forme en gomme solide par Faction de Vair? Partout où celte gomme se répand, elle obstrue les pores de réooroe de Tarbre^ etdétermine en quelque sorte une asphyxie aux parties qu'elle recouvre.
Il est étonnant que les cultivateurs n'aient pas songé plus tdt à cette grqi^de différenpe de nature de suc séveux qui existe entfe les arbres à fruits à noyau et ceux à fruits h pépins^ Que nous les ayons l'un et Tautre, jusqu'à ce jour, greffés et taillés à la même époque, l'observation devait nous conduire à recon* naître cette différence, qu'il faut traiter les arbres à fruits à noyau à la fin de Tété ou à l'automne, et peux à fruits à pépins «pendant l'hiver ou au commencement du printemps»
Il y a une 4ixaine d'années, je fis une série d'expériences de grelfes & fruits à noyau , sur l'indication d'nn f)f ticie à'\m journal anglais.
Pe journal annonçait qu'un pépiniériste réussissait merveilleusement toutes les greffes de cerisiers et pruniers faites pendant la belle saison.
Pour cda il avait, dit le journal^ l'attention de cueillir ses greffes en janvier, de les mettre en réserve dans une plate-bande au nord, et cachées en terre assez profondânent pour qu'il n'y eftt aucun symptôme de végétation au printemps.
Je fis ma réserve de greffes avec les précautions indiquées, et pendant les mois d'avril, mat^ juin et juillet, je fis tous les quinze jours un certain nombre de greffes. U arriva qu'en ayril il en réussit la moitié, en mai toutes, en juin il n'en prit pas une, et en juillet il n'en prit que la moitié.
L'expérience répétée trois années de suite me donna le même résultat. «
Gela doit nous encourager à continuer ces mêmes expériences
et chercher, par tous les moyens en notre pouvoir, le progrès de notre belle industrie. André Leroy.