OBSERVATIONS SUR LES EFFETS DE LA GELÉE
MonMeur le Rédacteur,
Le froid de la fin de décembre dernier a fait de grands dégâts dans nos cultures ; il indiquera désormais d'une manière positive le degré de rusticité de nos végétaux introduits depuis le commencement de ce siècle» À la Ferté-Macé , le thermomètre est descendu à 19® au-dessous de glace ; à Verveine, près Alençon, à 20 degrés. Dans cette belle propriété, où M. Dubreuil a fait de grandes plantations d'arbres fruitiers, sont gelés : les rameaux des pêchers , notamment ceux soumis au pincement court ; le bouton à fleurs des poiriers est également détruit. Si dans quelques variétés le bouton se trouve sain, la moelle est noire dans les lambourdes ; tout donne à penser que la récolte des poires à couteau et à cidre est déjà faite. Mais ce sont surtout les haies et forts arbres du parc qui navrent le^ cœur^ quand on pense à leur verdure charmante il y a seulement un mois, dévorée aujourd'hui par ce terrible incendie.
Sont morts : les beaux Araucana imbricata^ les Pinus pallablanca^ P. itingnis^ P. palula,P. radicda^ P. longifoliay etc.; les Àbie$ nordmanmana^ A. speotahilisy A. nohilis; Podoearpui purdiana^ P. neriifolia^ P. japonica^ Saxe-Gothea conspicua ; beaucoup de Juniperus et de Cupretsus ; Fitz-royOt patagonica; Taxodium sempervirens ; Cedrus africana, C. cramfolta\ C. robusla et le C. deodara de semis; ceux de greffes sur cèdre du Liban n'ont point souffert.
Parmi les arbres et arbustes à feuilles persistantes : Arbulus tmedOf Magnolia grandiflora^ diverses variétés; LmurierMn; Escaloniaf diverses» variétés ; Buaus^ diverses variétés ; Laurieramande; Houx^ bewcoiq^ de variétés ; Cistus beaucoup de va* riéiés ; Coronilla^ Cotoneaster^ Cratœgus^ Eleagnus, Evonymus, Ligus^m^ RbamnM$^ presque toutes les variétés.
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Dans les terrains très-secs , sur les hauteurs , une partie des arbres cités se sont parfaitement conservés ; cela tient, je crois, au parfait aoùtement de leurs tiges^ qui sont bien plus aqueuses dans un terrain humide et froid, sur lequel régnent souvent des brouillards en novembre et décembre.
Dans ces terrains , on voit les premières gelées blanches du mois d'octobre détruire les cimes des Cryptomeria du Japon, des Althea frutex, des frênes et une foule d'autres arbres encore en végétation.
Comme vous le voyez, Monsieur, le mal est très-grand et irréparable dans beîmcoup de cas , surtout pour de beaux exemplaires plantés depuis une quinzaine d'années. Tous nos rosiers noisettes, thés et Ile-Bourbon sont détruits ; quelques hybrides sensibles sont dans le même cas. À. Massé ,
Horticulteur, i U Ferte-Macé, le 1S janyier 1860.
NOTE SUR LE CHjEROPHYLLVM PRESCOTTII DC,
ou CERFEUIL DE SIBÉRIE.
Le Cerfeuil de Sibérie, Chœrophyllum Prescottii DC, possède toutes les qualités du Cerfeuil bulbeux^ et il a, sur celui-ci, l'avantage de la grosseur. La racine qu'il produit est aujourd'hui déjà trois fois plus volumineuse que celle du Cerfeuil bulbeux; lorsqu'il aura été cultivé comme celui-ci pendant un certain nombre d'années , il n'est pas douteux qu'il ne produise des racines de la grosseur de nos Carottes de Hollainde. Les jardiniers qui voudront s'occuper du Cerfeuil de Sibérie en vue d'améliorer sa racine, qui se distingue par son extrême rus* licite et surtout par ses bonnes qualités alimentaires, devront viser avant tout à en produire qui. soient bien nettes , bien effilées et surtout point fourchues ni ramifiées comme le sont
celles qa'on aobtenues jusqu'à ce jour et ainsi que la figure à-jointe.
Un de mes correspondants me mande qu'on peut semer cetle plante iodifféremment à l'automne ou au printemps *, mais il
pftratt» d'aprètfi une récente oommuuioation de M. Umet, que cette dernière saison est la plus favorable des deux, par la raison qu'un semis fait par lui à Tautonuiei a donné naissance à des plantes qui ont toutes monté à fleurs, lorsque le printemps estarrivé.
Dans tous les cas, ce n'est que par des essais multipliés qu'on arrivera à connaître le mode de culture qu'il convient d'appliquer au Cerfeuil de Sibérie.
On peut juger de la différence de volume des racines des deux espèces par les figures^que nous en donnons ; la ramifiée est celle du C. Prescotliig la simple appartient au Cerfeuil bulbeux. LoUESSE,
Narelund Grainetier.
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