‹ L'horticulteur français deChapitre 43 sur 132 · PL, XIV · texte numérisé non relu

PL, XIV

Etymologie : Du latin saxuniy rocher, et de frango^ je brise : allusion à l'habitat de ces plantes qui croissent au milieu des roches.

Famille : Saxifragées. — Décandrip cUgynie,

CiiuLGTÈAES GÉNÉRIQUES. Les Saxlfrages sont des herbes presque toutes yivaces^ qui habitent^ à peu d'exceptions près^ les montagnes des Alpes. Le plus grand nombre a des feuilles entières ou simplement dentées^ plus ou moins grandes, comme dans Tespèce que nous figurons ; d'autres ont les feuilles très-petites et plus ou moins finement découpées. Malgré cette difiérence dans le feuillage^ toutes les plantes de ce genre ont, par les fleurs, un air de famille qui les fait facilement reconnaître et qui ne permet pas une séparation. Chaque fleur présente : un calice persistant plus ou moins soudé à rovaire, à cinq dents aiguës ; une corolle à cinq pétales insérés sur le calice; dix étamines insérées au même point que les pétales j un ovaire presque globuleux, infère ou demi-supère par Vadhérence plus ou moins complète avec le calice, à une loge, et surtnonté de deux styles distincts, terminés chacun par un stigmate obtus.

Le fmit est une capeule surmontée de deax bees^ et qui e^outfiilt M sommet eu deux valves pour la disséminatiou des graines ^piiaont nombreuses et très- fines,

HISTORIOQB IT DSSGBIPnON SES ISTACSS.

Les Saxifrages peuvent être divisées en plusieurs groupée distincts, autant au point de vue de romementation horticold qu'au point de vue botanique.

SI. — Espèces à feuilUs grandeê non dicoupie$.

Sasrifhtffà purpurascetu (Hook. fils). Cette espëce, d'introduction récente, et qne représente notre planche xiv, reeeem» ble beaucoup, par les feuilles, aux 5. crM^'/blia, %ti/atoetciliata; c'est-à-dire que ses feuilles sont grandes, épaisses ^ pé* tiolées, obovales, un peu arrondies, très-entières et très-glabres, d'un vert p&le ; mais eUe en diffère par le pétiole , la nervure et les bords rouges, et surtout par les fleurs pourprei; (calice et corolle) , grandes , en cloches pendantes , disposées en grand nombre en panicules , dont la hampe et leâ ramiûcations dont d'unbeaurouge. On doit l'introduction de cette plante à M. Hooker fils, qui en fit la découverte dans lesrégionis tempérées du Sikkim Himalaya, à une élévation de 3,500 à 5,000 mètres audessus du niveau de la mer , et qui en appoHa des graines au jardin de Kew, ou la plante a fleuri Tannée dernière. Notre dessin a été fait d'après la figure du Botanical magazine^ rédigé par M. Hooker père ; nous avons cru devoir donner cette reproduction pour appeler l'attention des amateurs de ce genre. On peut espérer qu'elle sera de pleine terre chez nous.

S. crassifolia (Linné). Spontanée dans les Alpes de Sibérie, Cette espèce a été introduite dans les jardins en 1765 par Solander. Ses feuilleis sont grandes, obovales ou ovales, obscure^ ment dentelées, pétiolées. Ses fleurs, qui apparaissent dès le

mois de mars, sont rose pourpré, pendantes, disposées enpanicules compactes comme la précédente ; le calice est vert, la hampe n'est que faiblement teintée de rouge.

S. cordifolia (Haw.). Introduit en 1779, de Sibérie. Les feuilles plus grandes que dans le crassifoUa^ ondulées, échancrées en cœur ; de mars à mai, fleurs roses, en panicule compacte, supportée par une hampe courte.

5. ligulata (WalUch), Originaire du Népaul» introduite par M. Wallich, ancien directeur du jardin botanique de Calcutta , vers Tannée 1821. Feuilles grandes, épaisses, obovales, irrégulièrement crénelées, ciliées ; la hampe est courte, teintée de rose, et porte de très-belles fleurs blanc camé^ les plus grandes du genre. C'est pour les jardins d'hiver une heureuse acquisition.. Elle y fleurit dès le mois de janvier. En plein air, les fleurs apparaissent aussitôt après les gelées, comme celles des précédentes.

5. speciosa (Ad.Brong.) . Variété à fleurs rouges, du précédent. Elle parait plus délicate ; les individus que nous connaissions en pleine terre ont succombé aux froids du mois dernier ; le ligulata a parfaitement résisté.

S. ciliara (Royle). Espèce de l'Himalaya , découverte par M. Royle et introduite par lui en Europe. Son port est celui du S. crassifoUa^ mais ses feuilles sont bordées de cils, et ses fleurs^ aussi grandes que celles du ligulata, sont tout à fait blanches, disposées, en petit nombre, en bouquet au sommet d'une hampe courte. On en possède une variété à fleurs rouges. Ces deux plantes sont délicates et exigent l'orangerie pendant l'hiver.

§ II. — Espèces à feuilles presque rondes, petites.

5. sarmentosa (Linné) . Charmante plante de Chine pour garniture de culs de lampe. Sa souche émet des stolons ou coulants, comme ceux du fraisier, qui portent des feuilles Ion-

guement pétiolées, arrondies^ vertes, souvent panachées de blanc en dessus, rouges en dessous, doublement dentées. Les fleurs petites, irrégulières, blanches, tachées de rouge et de jaune, sont disposées en élégantes panicules qui partent de la souche et hautes de 30 centim. Ses stolons, garnis de petits paquets de feuilles^ et qui retombent des vases, forment un très-bel effet ; la fieuraison est en juin et juillet. On la cultive depuis 1771.

§ m. — Espèces à feuillet allongées, non dicùupées, dispoiées

en rosettes.

5. umbrosa (Linné). C'est celte espèce qu'on appelle vulgairement le Désespoir des peintresy Mignonnette et amourette, à cause de ses nombreuses petites fleurs blanches , pointillées rouge orange, disposées en panicules légères. Ses feuilles sont obovales, bordées de fines dents cartilagineuses ou de poils. Originaire des Pyrénées ; elle fleurit en avril et mai.

5. aizoon (Jacquin). Les feuilles sont en forme de langue, réunies en rosettes, du centre desquelles s*élève une hampe qui se termine par une grappe de petites fleurs, dont les pétales sont généralement marqués de fines taches rouges ou jaunes. — Alpes.

S. cotylédon (Jacquin). Cette espèce est une des plus jolies du genre, et qui a foiuni le plus de variétés. Ses feuilles sont allongées, bordées de dents cartilagineuses, disposées en rosettes. La hampe sort du centre, vers le mois de mai» et porte une très-belle panicule de fleurs blanches, à pétales ponctués ou veinés de rouge. La variété la plus remai^quable est celle dite pyramidale (Saxifraga pyramidalis de La Peyrouse), dont la panicule a souvent 40 à 43 cent, de hauteur sur 20 de dia-mètre. — Alpes.

Page 1