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PERSISTANTES

Monsieur le Rédacteur,

Ma position ne m'a jamais permis de me livrer beaucoup à des expériences ; pourtant je crois devoir vous instruire d'un

fait qui pourra peut-être vous aider à grossir votre étincelle !

11 s^agit, en effet, des plantations d'arbres à feuilles persistantes. Depuis quelques années, ayant eu passablement de conifères, lauriers -amandes et de Portugal, etc., à planter, j'ai constaté que je réussissais mieux au printemps. Cette année encore, j'ai planté plusieurs Epicéa ( forts ) et des lauriers qui avaient été achetés au marclié aux fleurs de Paris et qui sont restés douze jours en route* Tous ont parfaitement réussi ; j'en avais planté à l'automne qui ont péri. Je crois que la iK>nréussite de cette plantation automnale est duc au froid prématuré que nous avons ici, et qu'alors les arbres n'ont pas le temps de former les nouvelles racines dont ils ont besoin pour entretenir la végétation continuelle, qui appartient aux essences à feuilles persistantes, et qu'alors il y a un grand trouble dans la vie, qui détermine la mort.

Une nouvelle observation vient à l'appui de cette opinion.— Ayant xecn de Madame^ au mois d'octobre dernier, un Cedrui deoéofa m bon état» je le plantai de suite. A l'approche detf gelées, j*ai mis une couverture de feuilles au pied pour garantir ses racines ; aujourd'hui il a perdu une partie de ses feuilles i lé corps de Tarbre a Técorce ridée et le bout des branches oomme séchées : cet état me fait craindre de le perdre.

J'ajouterai que des arrosem^ts copieux sont nécessaires pour assurer la pe{»ise.

Ainsi il résulterait que l'époque des plantations des arbres à feuilles persistantes est variable» suivant le climat sous lequel on habite.

Telles sont les remarques que mes connaissances m'ont permis de faire ; je les abandonne à votre jugement ; car je n'ai pas la prétention de vouloir psu^ler en maître; loin de là. Agréez, etc., Dessaint,

lardknUr,

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