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CERTAIN AGE

A propos des plantations d'arbres qui se font en ce moment à Paris, particulièrement à la Bourse, j'ai rappelé à la Société d'Agriculture un procédé peu connu, qui a pour objet d'assurer la reprise des arbres déjà vieux qu'on veut transplanter en motte. Dans mes cours sur l'industrie de la soie, interrompus en 1848, j'avais coutume de décrire ce procédé. J'ai vainement recherché ces jours-ci son origine; je n'ai rien trouvé dans les nombreux documents que je possède. Quelque jour je retomberai sur le livre ou la note qui contient la première publication de ce mode de transplantation^ et je rendrai à 6ésar ce qui est à César.

Voici le procédé :

Quelques années avant le transport d'un arbre déjà %é, deux ou trois ans d'avance, par exemple, on fait naître autour de ia souche, à la base des grosses racines, un nouveau système de chevelu, destiné à remplacer celui qui existe à l'extrémité des racines et qu'il sera évidenmient impossible d'enlever avec la souche. C'est donc dans le rayon que plus tard embrassera la motte qu'il faut créer ce chevelu.

Pour obtenir ce résultat^ on pratique autour de la souche, à 0«50, 0°^0, 0"^80, 1 mètre même de distance de cellfiKà, un fossé circulaire, assez profond pour mettre à nu toutes les racines que l'arbre a projetées autour de lui.

Cette distance du fossé sera proportionnée non-seulement à Tàge de l'arbre, mais encore et surtout à la grandeur de la motte qu'il sera possible d'enlever avec lui. Plus cette motte sera grosse, et plus grandes seront les chances de reprise de Tarbre ; mais il est évident que la grosseur de la motte devra

être proportionnée aux moyens d^enlèvement et de transport dont on pourra disposer.

Le fossé sera aussi d'une largeur proportionnée à la motte et à la grosseur des racines : supposons, par exemple, 0"^50.

Toutes les grosses racines apparaissant dans le fosse seront coupées avec soin, de manière à dégage le fossé. On ménagera les autres, plus petites ; puis on comblera le fossé avec de la terre nouvelle, bien fertile et mûre, appropriée, autant que pos* sible, à la nature de Tarbre. Cette terre sera déposée avec soin, bien tassée, en respectant la position des racines qu'on a laissées entières.

Si l'on a du temps devant soi, on fera cette opération en deux fois, en laissant une année ou deux entre les deux opérations. La première embrassera la moitié de la circonférence de Tarbre ; cette année il ne perdra donc que la moitié de ses racines. Par là on assurera d'autant le succès de l'opération.

n est évident que l'on pratiquera l'opération soit en automne^ quand toute végétation aura cessé, soit à la fin de l'hiver, avant que la végétation reprenne son cours.

Si le printemps et Tété étaient très-secs, quelques arrosages seraient très-utiles.

On comprendra sans peine ce qui va résulter de cette pratique. L'arbre, privé de ses grosses racines, trouvant autour de sa souche un terrain nouveau, favorable, ameubli, le remplira de nouveaux organes d'alimentation. Dans le fossé circulaire se formera un chevelu abondant, qu'on pourra enlever avec la motte et qui assurera la reprise du sujet dans la place nouvelle qu'on lui aura donnée. Ainsi se trouvera remplacé cet antre chevelu, que des racines plus ou moins longues avaient développé à des distances qui ne permettaient pas qu'on Tenlevàt avec la souche.

Les dépenses de ce procédé ne sauraient être comparées à celles qui résultent des remplacements si souvent répétés des su-

jets mis 6Q plaoQ par les procédés ordinures. D'ailleurs, alors même qu'il y aurait quelques frais de plus^ ne seraienirils pas amplement compensés par le succès de l'opération et Tagrément d'avoir tout à coup des plantations offrant tous les avantages de l'ancienneté?

Sans doute^ pour pratiquer ce procédé» il faut s'y prendre au moins deux ans avant la mise en place des sujets. Mais, ime fois commencé, il met à la disposition du planteur, chaque an« née, des sujets tout venus, propres à remplir les vides qui peuvent se faire dans les avenues, les quinconces, les charmilles mêmes, vides qu'il est impossible de combler avec du plant ordinaire^ c'est-à-dife avec de jeunes sujets.

La procédé peut s'appliquer à toute espèce d*arbres forestiers, fruitiers et d^agrément» Roionst*

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