DE LA GREFFE
, On appelle greffe , une portion d'un végétal munie d'un œil ou de plusieurs yeux, et qu'on applique d'une certaine manière, . rar un autre végétial, soit pour propager le premier^ soit pour changer la nature du second.
Le végétal sur lequel on applique la greffe est appelé sujet.
L'opération par laquelle se £ait Tapplication de la greffe doit être dite greffage y comme on dit : bouturage, marcottage pour désigner les opérations par lesquelles on fait des boutures et des marcottes.
La greffe, dans certains cas, peut être considérée comme une bouture qui, au lieu d'êb^ piquée en terre, est implantée sur une tige qui lui fournit , comme le sol à la bouture, l'élément nourricier ; c'est ce qui a lieu pour la greffe dite en fente^ en placage^ en couronne, Luizet, etc.
Dans d'autres cas , la greffe peut être regardée comme une sorte de graine placée entre Fécorce et le bois , et qui s'y développe exactement comme une vraie graine enfoncée dans la terre : c'est le fait de la greffe en écusson.
De même que les graines ne germent et ne se dévdoppeni que dans certains sols, dans de certaines conditions, de même aussi les greffes ne réussissent que sur certains sujets.
Pour que la greffe puisse vivre et se développer, il faut qu'il y ait soudure parfaite entre elle et le sujet. Or, pour que cette soudure s*opère parfaitement, il faut que les deux espèces qu'on veut ainsi marier, aient à peu près le même tempéramment, la même structure ; aussi cetteunion ne peut-elle se faire, qu'entre individus appartenant au même genre ou à la même famille, en
un mot, pour me servir do FeipiessioiiscieiilifiqQe^ il faut qu'il y ait ^treles deux individus affinité organique.
Qa voit assez souTeut, néanmoins, des greffes de o^taines e^èces de plantes se développer sur des sujets d'une fomille très-différente. Ainsi on a cité des greffes de Groseilier sur Dios* pyros : je n'ai pas constaté le fait^ et je ne le nie pas. Seulement je rappdlerai que toutes les graines germent parfaitement dans du sable tenu toujours humide; dans du coton imbibé d'eau^ dansTeau pure même; mais qu'^après quelquesjôurs d'une bien pauvre croissance, les jeunes plantes dépérissent et meurent, parce que Tâément nuteitif^ propre à leur nature, manquait dans le milieu où elles étaient placées .
Il en est de même de ces sortes de greffes anormales; les germes se développent en se nourrissant de la sève contenue dans leur tissu ; mais aussitôt que cette sève est complètement absorbée, la greffe, né trouvant pas^ dans le sujet, l'élément nourricier de son essence » s'arrête dans son évolution et se dessèche. Généralement ces greffes ne vivent qu'une partie de Tannée dans laquelle elles ont été faites.
Mais il en est d'autres qui persistent plus longtemps ; elles vivent deux et trois ans, puis la griffe ou le renflement qui s'était formé à la base et partie sur le sujet, se décolle, et la greffe meurt. Ce phénomène est des plus intéresssant au point de vue de la question : comment se fait la soudure de la greffe? Nous y reviendrons dans un article spécial.
Pour que la réussite soit assurée, il faut dûnc qu'il y ait analogie, parenté, entre l'espèce sur laquelle on prend la greffe et le sujet qui doit la recevoir. La greffe du Rosier sur le Houx pour avoir des Boses bleues, celle de la Vigne sur Oranger, etc., mentionnées par les auteurs anciens, sont des aiisurdités qu on est surpris de trouver dans les livres d'hommes aussi sérieux, et dont la réputation de savants était cependant méritée.
On greffe avec s^iiccès un Poirier sur Un auta« Poirier; l'indi-
léosBite n'est pas »ûiiis<3«llÉrie f^M^ â6Îgtt*Mert i'AimMCter wr iVu»»^ ite fMwr ««r AiiniâMr^ fèjtci; ntok il y anqioraintité «aire PoM» fld» ï^mi») Aitticioltter 8«r Cm^atOM» et tmie eêr»L
L'«jpE>t de )^K^^ Bt €^i»n6Tatsda ipfti maaténsd ce sied»» >«ÉigMiièw«pept muiiîpiîé iet «épèces de greffes. Aïi|tHird'h«i le uiomtteéépmae pMt«éh?e M^ ibub tes fwtre^inqiiifeMb M|i iamimw âaiu lafmtiqw, ou d*we^lAe eompliMtioa^ ^ Mi gteisB &'<)M|aBia ^«Brànléesqiie p^
Sîx«pè€eB de geeibs ««nlpHont sont joamett^nettC usMii en horticulture : la greffe m fente , ûA emtroime.^ ^fMêfè^ imzeii^ eD éeimsm Hj^ajiprmée.
La gre& en fente se praline dans les jardins , çénéralemeRt au moment de la i^prise de la ¥é|;étatioo^ en avrils et encore fip d'été, ou commencement de l'automne; en serre» on^ffi^ ^ fente pendant toute Tannée.
On opère, en supprimant la tête du sujet, \ une hauteur variable^ depuis le rez-terre jusquà deux mMres et même plus, suivant qu'on veut avoir un arbre à basse ou haute ti^e. La plaie étant parfaitement parée avec ^la serpette ^ on fend U sommet du sujet, par le milieu, sur une longueur de trois à (Quatre centimètres, mais le moins possible, soit à la serpette, soit avec un iastrutajent fait exprès (1) ; puis on prépare la grefle.
Cette greffe est une portion de rameau portant un nombre variable d'yeux, depuis 1 jusqu^à 4 et S ; sa base est amincie de àeux côtés opposés, en forme de coin^ sur une longueur de 2 centimètres environ et bien terminée en lame cjle couteau; il
(4) M. 6ro\iloti'a inventé on greffoir très-commode font hê fjf^tei eu féttie à^ift^ arbre».
eit important d'avoir an bon greffoir pour qae les plaies soient nettes et non mâchurées. i^însi préparée, on introduit la partie amincie^ans la fente du sujet, qu'on écarte doncemëUt pbur ne pas faire trop fendre, et oh la dispose sur un des bords, de manière que toute la partie du biseau dépourvue d'écoroe» soit exactement enfoncé dans le sujet, et que la couche interbe de liber de la greffe coïncide avec la même couche du sujet. Dans un autre article, Théorie de la greffe^ nous ferons connaître le pourquoi.
On peut placer une pareille greffe sur l'autre bord; quelquefdir même on en met 4, bu fendant le sujet eu croix : tuais cette manière de faire est vicieuse ; eUe amène la dessication de la partie interne de ces 4 portions de tige, et, avant que la plaie soit parfaitement recouverte par les 4 rameaux, il se produit une décomposition du cœur deTarbie, parles infiltrations d'eau de pluie ; plus lard les branches s'éclatent par le moindre vent ; la greffe en couronne doit, dans cette icirconstance, ètrepréférée.
Lorsqueles greffes sont mises en place, on ligature le sommet du sujet, pour bien maintenir les greffes, soit aVec de l'osier ou de la laine, et on recouvre la plaie avec de Tonguent de Saint- Fiacre, qu^ob entoure d'un chiffon de linge ou d'un morceau de papier, pour empêcher l'effet de la pluie ; c'est le procédé rustique qu'on emploie dans les champs,quand on n'a que quelques gros arbres à greffer. Dans les opérations usuelles, ûft fait usage du mastic de M. L'homme Lefort (1), ou d'une «ire à greffer Amt Voici différentes compositions :
|o Mastic de Louis Noisette.
t^oix blanche ou de Bourgogne « 500 grammes.
Poix noire 460 —
Cire jmiie ••« .» • 50 *«-
Suif • : 60 —
(4) DépAc au bweaiQ ^u lournd; prix t fr. ta boite tfim kilôg. Voir ffiorft* auteur françaiê, iS66, p, 476.
%ù Mastic de DubreuiL
Poix noire , « 250 —
Poix blanche 280 .—
Cire jaune 4 60 —
Suif ^40 —
Ocre 440 —
3** Mastic Aiidré Lero^*
Pour ces trois mastics^ on fait fondre le tout pour en opérer le mélange; on le fait ensuite chauffer pour s'en servir.
Résine 4 kilogrammes
Poix de Bourgogne 750 grammes.
Suif 2oO —
Ocre • 500 —
4** ifos^ liquide allemand.
Résine 840 —
Alcool 320 —
Faire fondre la ré^ine^ puis ajouter Palcool*!— ;0n se sert d'un pinceau pour appliquer sur la plaie.