CULTURE DU PÉCHER EN PLEIN VENT
PAK M. lAUJOULET.
Abandonné à lui-même, le pécher s'emporte à bois, se dégarnit graduellement dans les parties inférieures, et, chaque année, donne ses fruits plus loin du centre de la tige. Bientôt il ne présente plus, à l'extrémité de longues branches nues, que de maigres bouquets tourmentés par les vents, improductifs , impuissants à attirer la sèVe. Des ramifications vigoureuses, des gourmands apparaissent tout à coup au milieu et principa* lement sur le coude de ces branches épuisées qu'ils affament. Après s'être démesurément allongés et dénudés' comme elles, ces gourmands sont affamés à leur tour par des gourmands
ncNiveaux. Ainsi se déplace constamment sur l'arbre le siège apparent de la vie; et celle sorle de lutte entre des branches^ les unes trop fortes , les autres trop faibles pour ôlre productives» dépense rapidement, et sans profit, une richesse de végétation qui ne se révèle qu'entre les mains de l'arboriculteur .
Diverses causes amènent et expliquent ce résultat : la fougue naturelle du pécher dans sa première jeunesse; sa croissance rapide et désordonnée: sa végétation sans arrêt sensible du printemps à l'automne, la nature des tissus, qui se prêtent dans toute branche à de brusques dilatations; la loi de stérilité définitive attachée au rameau qui a porté le fruit; révolution simultanée et inévitable de tous les yeux qui, ne laissant plus après eux , sur le rameau qui les porte, que des germes mal constitués et impuissants, ont fait longtemps considérer comme impossible, et rendent du reste assez rare toute production ultérieure sur le même rameau; enfin les gelées et les pluies froides du printemps qui sont presque toujours mortelles pour les petites branches •
Le pêcher en plein vent qui, dans nos contrées méridionales, n*est guère autre chose que l'arbre livré à luMnêfncy doit donc, s'il n'est favorisé par des circonstances exceptionnelles de variété cultivée, de sol et de climat, causer forcément des mécomptes que n'offre point l'espalier, c'est-à-dire, le pécher appliqué à un mur, protégé par des abris et soumis à un mode de taille approprié à son mode particulier de végétation •
Ce dernier genre de culture , le seul convenable et le seul adopté dans le nord, s'introduira difficilement parmi nous. Faire accepter généi^alement cette idée, qu'avant de planter im arlweil faut construire un mur, est à peu près chose impossible dans un pays où le prix de vente des fruits impose à la spéculation des sacrifices restreints, et où le pêcher, s'il produit sans régularité, produit du moins sans aucun frais .
La question à résoudre pour nos localités, question impor^*
tante, puisque notre climat est plus particulièrement fa?orable aux arbres à fruits à noyau , est donc celle-ci :
Quels sont les moyens d'améliorer à peu de frais la culture du pécher en plein vent?
Cette question^ que nul encore n'a traitée, présente dans la pratique des difQcultés sérieuses. Je n'ai pas la prétention de les avoir entièrement résolues. Mes pédiers, tourmentés par des essais multipliés , par des traitements quelquefois opposés témoignent du trouble qu'une diversité de direction apporte toujours dans la végétation et la tenue des arbres fruitiers; mais ils témoignent aussi d'un progrès réel, et, à défaut d'une cornplète solution, je puis du moins, après six années de tâtonnements, donner provisoirement quelques conseils utiles. C'est là le but de cette note.
Comme dans ce cas surtout où les formules pratiques ne peuvent avoir rien d'absolu, la connaissance des principes est nécessaire au succès des procédés, je dois, dans l'intérêt des cultivateurs inexpérimentés , entrer préalablement dans quelques explications :
Branches du pêcher.
On distingue dans le pêcher deux sortes de branches, les grosses et les petites .
Les premières sont appelées Branches de charpente ou branches à bois, parce qu'elles forment la .charpente de l'arbre, parce que, à raison de leur force, elles sont plus disposées à produire du bois que du fruit.
Les secondes sont appelées Branches à fruit, parce qu'à raison de leur faiblesse, elles sont plus propres à donner et à retenir des fruits.
Jusqu'à la grosseur d*un fort tuyau de plume, la branche est considérée comme branche à fruit. Au delà de cette grosseur, elle passe à l'état de branche à bois.
Dans TcspaKer bien cultivé la distinction est facile. Les petites branches sont disposées en arôte de poisson de chaque côté et dans toute la longueur de la grosse branche, k Taide de la taille, ces petites branches, remplacées chaque année par un bourgeon qu'on a fait déyelopper à leur base, ne changent ni de place ni de grosseur.
Dans le pécher en plein vent, il y a confusion. Les petites branches mal constituées, n'étant pas remplacées annuellement par un bourgeon inférieur, s'emportent en perdant leur caractère de branches à fruit. De nouvelles petites branches paraissent en d'autres points et obéissent aux mêmes lois. Ainsi la branche à firtdt ne se conserve point à la même place, et Ton trouve partout des grosseurs intermédiaires, entre la grosse et la petite branche. Ces branches intermédiaires, qui ne sont ni de véritables branches de charpente ni de véritables branches à fruit, peuvent néanmoins être utiUsées, et sont peut-être celles qui, dans le pêcher en plein vent, ofiFrent, à Taide du pincement court, le plus de ressources conmie branches productives.
Branche$ à boù.
tnflttmce des directions. •— Je viens de dire que, dans le pè^ cher cultivé, la branche abois est garnie dans toute sa longueur de petites branches à fruit, et qu'il n'en est pas ainsi du pécher qui végète Ubrement. Étudions la cause de ce dernier fait.
SK , dans le pécher en plein vent, la branche à bois soit dans son Kbre dévelof^ement une direction rapprochée de la ligne verticale, les bourgeons voisins de l'extrémité de la branche oiila sève afHue, dépassent rapidement la grosseur d'une branche à fruit, tandis que les bourgeons éloignés, ne recevant pas assez de sève, manquent souvent de la vigueuf nécessaire pour se conserver ou pour constituer de bmneshrainohes à fruit.
Si la branche à bois suit dans son libre développement une ligne horizontale, Teifet inverse a lieu. Les bourgeons rapprochés de Textrémité sont souvent trop faibles, tandis que les bourgeons rapprochés du talon, de Finsertion de la branche, et placés au-dessus d'elle, sont souvent trop fortâpour des branches à fruit, parce que, en ce point, la sève s'ouvre une issue verticale plus favorable à son mouvement.
Dans le premier cas, il faut donc affaiblir de bonne heure les bourgeons rapprochés de l'extrémité; dans le second, ceux qui en sont éloignés. Dans les deux cas, on sait d'avance quels sont les bourgeons qui, par le seul fait de la place qu'ils occupent, ont une tendance à se perdre, et ceux, au contraire, qui ont une tendance à se conserver, en devenant branches à lx)is.
La branche à bois dont la direction se rapproche de la verticale, tend, dans le pécher surtout, à s'emporter en perdant dans la partie inférieure ses petites branches mal nourries et affamées. On diminue graduellement sa vigueur à mesure qu'on rinchne vers la hgne horizontale, et la sève, moins absorbée par la grosse branche, profite dès lors aia petites.
Pincement. — Si l'on pince au printemps, c'est-à-dire si l'on supprime d'un coup d'ongle l'extrénûté herbacée du bourgeon qui prolonge la branche à bçis, de nouveaux bourgeons naissent au-dessousdu pincement, se partageant la sève, etsont, pour cette raison, chacun moins vigoureux que n'eût été le bourgeon de prolongement de la branche à bois. Si l'on renouvelle immédiatement le pincement sur ces bourgeons nouveau-nés, on provoque à leur extrémité l'évolution de nouveaux bourgeons plus faibles que les précédents;, car un nouveau partage de la sève en diminue encore la quantité pour chacun d'eux.
Par ce moyen, on empêche la branche à bois de s'emporter en faisant l'office de gourmand, ce qui arrive presque toujours dans le pécher en plein vent, et Ton retient l'arbre le plus vi«
gooreux en le réduisant aux proportions qu*on vent lui laisser atteindre.
Un premier pincement transforme la branche à bois trop forte en plusieurs branches à bois plus faibles. Un second di» minue encore la force de ces dernières branches, et un troi« sième, au besoin, les convertit en petites branches, c'est-à-dire» en branches à fruit.
On voit qu'à Taide du pincement couil répété ^ la branche la plus vigoureuse s'épanouit en un faisceau de branches à fru t dont nulle, même dans la direction verticale, ne peut plus ac. quérir désormais assez de force pour affamer les parties inférieures et apporter l^rouble dans l'économie générale de l'arbre.
Un pareil traitement, généralisé^ peut réduire en branches à fruit toutes les ramifications extrêmes du pécher en plein vent ; mais ce faraitement, qui a Tavantage de procurer l'évolution de bourgeons sur le vieux bois, d'amener une production abondante et continue, a le grave défaut de fatiguer l'arbre, de le tenir réduit à une trop faible dimension, de Texposer à la ma^» ladie de la gomme, et d'abréger son existence ; car la branehe. à bois fait sa vigueur, tandis que la branche à fruit Vépuise. Il faut donc combiner la forme du pécher en plein vent de ma- • nière u avoir des branches de charpente verticales que, plusieurs pincements couris, font épanouir en faisceau de pe« tites branches, et des branches à bois horizontales qui s'em- )K)rtant peu, et n'ayant presque pas besoin d'être arrêtées dans leur développement, servent à activer, à maintenir la végétation en donnant h la charpente de l'arbre de suffisantes proportions.
C^te règle de direction est importante : elle utilise au profit de la production la vigueur exubérante des branches verti. cales, et, au profit de la santé de l'arbre, la vigueur plus modérée des branches horizontales. Elle empêche le pêcher de s'emporter en hauteur, en même temps qu'elle l'empêche de
dépMr, par Teffet d'tlti pîticemefnt [tfop général et ttop sévère.
Branches à fruit.
Au commencement du printemps, l'œil le moins exefcé difitingoe sur les rameaux du pêcher des boutons simples, douWes et triples, c'est-à-dire des boulons isolés et des boutons contigos réunis an nombrede deux et detrois.Ceux qui sont ronds et un pea renflés donnent une fleur, ceux qui sont pointus et un peu allongés donnent un bourgeon : de là, lesnoms de boutons à fruits et de boutons à bois.
A Tascension de la sève, tous ces bouton^îont leur évolution et ne laissent pas après eux, sur le rameau qui les porte, des germes pour les remplacer. Dès lors, le rameau reste définitivement improductif, et les boulons ne se montrent plus que sor le» nouveaux rameaux issus du premier. Ces nouveaux rameaaT suivent à leur tour le même mode de végétation ; et ainsi, d'année en année, le fruit s'éloigne et le bas de la branche se dégarnit.
Pour éviter cet inconvénient dans le pécher cultivé en espajîer, comme le rameau qui a porté fruit n'en peut plus porter, ou fait naitre par le pincement du bourgeon, une ou plusieurs petites branches au talon de chaque rameau, et après que le rameau a donné ses fruits, on taille sur ces petites branches qui servent à le remplacer et qu'on appelle pour cette raison dos branches de remplacement. A l'aide de ce procédé, renouvelé chacpie' année, on obtient des branches h fruit qui naissent toujours à peu près ah même point, sur un même support auquel on a donné le nom de caursonne.
Dans nos pêchers en plein vent, exposés à toutes les intempéries et aux maladies qu'elles provoquent , sans forme symétrique, sans direction de sève possible, eonséquommenl sans équilibre général et systématique de végétation, on ne peut
appliquer ce mode régulier de remplacement de la branehe à fruif et obtenir partout des coursomies durables^ il faut donc m borner à concentrer autant que possible Taction de la sève, à ne donner à la charpente qu'une graduelle et lente extenskm, à multiplier les petites branches h Taide de pincements répétés, et à conserver assez de branches à bois pour entretenir la vigueur de Tarbre.
Bourgeons.
La pousse du bouton à bois porte le nom de bourgeon jos* qu'à la fin de la végétation. A cette époque elle prend le nom de rameau et porte des boutons bien distincts. Au printemps suivant, ces boutons se développent en bourgeons et deviennent rameaux à leur tour. Dès lors , la pousse primitive s^appelle branche.
ht bouton s'ouvre normalement dans 1- année qoi snât oelle de sa formation. Lorsqu'il s'ouvre dans la même année, c'est* à-dire avant le terme ordinaire, il produit un bovrg^on 0n^ iicipé.
Le bourgeon anticipé ou né avant terme est donc un bourgeon né sur uû autre bourgeon ; tandis que le boui^geon ordinaire ou né à terme, est un bourgeon né sur un rameau.
Pmcement. -^ J'ai déjà dit que les bourgeons mgomeuoo naissent ordinairement à l'extrémité des bcanches dont la dî<» rection se rapproche de la ligne verticale, et sur le sommet des courbes qi]» forment les branches tiès-indinées. -Ces boorgeons se reconnaissent de bonne heure à la grosseur de leur empâte^ meut, c^est-à^ire de leur point d'attache 1
Les bourgeons faibles se reconnaissent de bonne hcm^ an faible diamètre de leur point d'attache.
Dans le pêcher en plein vent les bourgeons faibles se perdent bientôt. Les bourgeons vigoureux se conservent, mais s'emportent à bois, si l'on n'a soin de les contenir par le pincement,
Il £ftût dotfc laisser les premiers se développer librement, ou du moins les pincer très-long pour qu'ils puissent prendre de la force, et arrêter les seconds par un pincement court, afin qu'ils restem à l'état de branches à fruit (1 ).
Bùvrgeofis de prolongement. — Dans les branches de charpente à direction rapprochée de la verticale, le bourgeon de l'extrémité qui sert à prolonger la branche, et qu'on appelle pour cette raison bourgeons de prolongement^ doit être pincé court et plusieurs fois, pour empêcher la branche de s'emporter.
Le bourgeon de prolongement de la branche de charpente à direction rapprochée de la ligne horizontale, à Inoins qu'il ne soit d'une vigueur exceptionnelle, ne doit pas être pincé, car cette branche qui s'emporte peu et qu'il suffit de raccourcir seulement à la taille d'hiver, est destinée, comme je l'ai déjà dit, à maintenir dans le pêcher, la végétation troublée par le pincement court et répété des bourgeons de prolongement des branches verticales •
Propriétés particulières.
Pêcher de seniis. — En général, le pécher obtenu de semis est plus vigoureux, plus rustique, et résiste mieux aux intempéries que le pêcher obtenu de greffe. 11 a sur ce dernier l'avantage de donner souvent des bbiwgeons qui percent l'écorce des vieilles branches et des jets qui, partant de divers points, jusqu'au-dessous du collet, rajeunissent ou renouvellent entièrement la tige épuisée, fl en est qui résistent ainsi aux plus mauvais traitements. Depuis près de vingt ans, un pécher acci»
(4) Le pincement court se pratique au-dessus de la deuxième feuiUe pour le bourgeon ordinaire^ et au-dessus de la première pour le bourgeon anticipé. On ne compte pas les feuilles de la base imparfaitement développées.
Le pincement ordinaire se pratique à 20 ou 26 centimètres.
Le pincement long) à 30 ou 40 cenlimèlres.
dentdlemeat vean d'un noyau dans une de met» vignes» est annuellement arraché en partie par la charrue. Le laboureur ne prend d*autre soin que de détacher^ en les tordant, le8 grosses branches abattues. Ces branches, dans Tannée même» sont rem[dacée8 par de nouvelles ramifications très-vigoureiises et très*productives. On comprend, par ce fait exceptionnel, quelle» ressources offre pour la culture en plein vent le pécher obtenu de semis.
Certaines variétés se reproduisent de noyau à peu près exactement. Ce sont celles qu'il faut préférer, pourvu toutefois qu'elles présentent, dans leur mode naturel de végétation, cer» tains avantages essentiels.
En examinant une plantation de pêchers , l'observateur, même peu exercé, est frappé de diverses particularités.
Certaines variétés portent naturellement leurs yeux et leurs boutons à fleurs très-éloignés les uns des autres. Certaines variétés, au contraire, les portent très-rapprochés.
Quelques variétés très-sensibles aux intempéries, trèjs-sujettes à la doqœ, à la gomme, ont des branches qui se dégarnissent facilement et rapidement dans les deux tiers inférieurs de leur longueur. D'autres , moins sensibles aux brusques transitions de température, moins sujettes aux maladies, conservent naturellement et plus longtemps leurs branches garnies dans la partie inférieure.
Les unes produisent peu et très-irrégulièrement , les autres produisent beaucoup et presque tous les aus (1). • Les unesj enfin, doiment des fruits gros et bons , les autres des fruits petits et de qualité inférieure.
Quelques-unes, même dans les pêchers greffés, donnent parfois des bourgeons sur le vieux bois, d'autres n'en donnent point.
(1) On a multiplié à Uiizet une yariéié obtenue de Bemis ^i produit beaucoup et chaque année*
Si, redoutant les' chances des serais, on préfère les pêchers / greffés, on comprend, d'après ce qui précède, Timportance d'une étude préalable dans le choix des variétés à cultiver.
Forme du Pêcher en plein vent.
Sans s'attacher à une exacte régularité, il convient de remplir dans le choix de la forme qu'on peut donner au Pécher en plein vent, certaines conditions essentielles.
L'arbre doit être bas pour être moins tourmenté par le vent, et rendre plus faciles les soins qu'on doit lui donner.
Il doit avoir peu de branches verticales, parce que ces branches ne peuvent être maintenues qu'à Faide de pincements répétés et de mutilations nuisibles.
Il doit offrir partout un libre accès à Taîr et à la lumière, parce que, Sans le secours de ces agents de la végétation, les fruits ne se conservent point, les petites branches s'étiolent et périssent.
Enfin, il doit être réduit à une dimension restreinte, parce qu'il estnécessaire de concentrerla sève qui, naturellement, se porte aux extrémités, et abandonne d'autant plus les parties inférieures que l'arbre a plus d'étendue.
Après bien des essais, je crois devoir donner la préférence à la forme suivante ;
La tige, jusqu'à la hauteur d'un mètre, porte à droitp et à gauche des ramifications qui se développent à peu près dans le sens horizontaïKCes ramifications commencent à 15 ou 20 cen* timètres au-dessus du sol et s'étendent à deux ou trois mètres de chaque côté de l'arbre. A partir d'un mètre, la tige s'épanouit en un bouquet qui remplit lès vides formés par Técartement des deux bras supérieurs.
C'est une sorte d'éventail ou de palmetle irrégulière en contre*espalier, qui a 6 mètres en largeur, 1 mètre 60 centimètres environ en hauteur, et 80 centimètres en épaisseur.
Los exfUôatioiis précédentes y^^qtidque fort intompAtéS) .me permettent defomiulet maintenaat les pft>cédés pratiques.
Procédés pratiqms^
Choiûo du ierram. — Une terre meuble profondément dtfcm» cée et un sous-sol perméaHe sont pour le Pêcher de sûres garant ties de succès. Il faut donc suppléer par des amendements et par un défoncement plus profond, à la ïtiauvaifie qualité et à rimperméalriHté du sol .
Semis. — 11 y a, comme je Tai dit, grand avantage à cultiver en plein vent les variétés qui se reproduisent par Yoie de semis, Danô ce cas, en hiver, on enterre les noyaux dans du sable. Dès que la germination commence, on sème en place trois de ces noyaux, et Ton ne conserve ensuite que ïe sujet qui ô*an* nonce comme le plus vigoureux.
Greffe. — Si Ton redoute les chances du semis, quant à l'exacte^ reproduction de la variété, on greffe en place, sur le sujet vigoureux qu'on a conservé, la variété qd^on désire cultiver. On évite ainsi la crise inséparable d\me transplantaticto.
Choix en pépinière. -^Si l'on ne peut greffer ou faire greffer les sujets en place , on choisit dans les pépinières les arbres sains , robustes el âgés d'un an seulement. Le jeune pécher HOuffre moins de la déplantation; sa reprise est plus complète, et il se prête mieux à accepter la forme qu'on veut lui donner. Dans nos contrées, la greffe sur pêcher semble plus convenable pour la culture en plein vent que la greffe sur amandier on sur prunier.
Formation de la charpente, — Si Ton^a semé ou greffé en place, on laisse, la première année, le pécher se développer librement. La seconde année, on taille la tige à 20 ou 25 ceiAimètres au-dessus du solfie plus bas possible au-dessus des premiers boutons. Sur les bourgeons qui se développent après la taille, on conserve le bourgeon supérieur pour prolonger la •
tige^ et deux boittgeons inférieurs destinés à former nn premier bras. Ton à droite, l'autre à gauche de la lige.
Chacun de ces bourgeons doit être amené d'abord ou en avant ou en arrière delà tige, puis ramené dans la direction latérale. Ainsi, en supposant les pêchers plantés en ligne, les deux bourgeons doivent s'âoigner d'abord de 20 centimètres à peu près de cette ligne et la suivre ensuite parallèlement de chaque côté deVai^bre. On peut choisir^ pour former ces deux premiers bras, deux bourgeons placés ou sur le devant ou sur le derrière de la tige,les laisser d'abord se développer librement, et, à la longueur de 20 centimètres, ramener l'extrémité de chacun d'eux dans la direction parallèle à la ligne des arbres, de manière à ce que l'un se dirige vers la droite et l'autre vers la gauche du pécher.
L'année'^suivante, on raccourcit la tige et l'on conserve également trois bourgeons. Le supérieur sert à prolonger la tige et les deux autres forment chacun un nouveau bras de chaque côté du pêcher. Mais ce second bras, avant de se diriger parallèlement à la tige des arbres, doit d'abord s'éloigner de 20 centimètres de la tige en sens inverse du premier bras. Ainsi, en supposant issus d'un même point deux bras d'un même côté de l'arbre, ces deux bras suivraient deux lignes parallèles distantes entre elles de 40 centimètres. Cette déviation imposée à la branche de charpente, à l'aide d'un tuteur, d'ime baguette d'un lieuj etc., n'a d'autre but que de donner un peu d'épaisseur au pécher en plein vent, qui sans cela ne serait qu'un contre-espalier.
On renouvelle chaque année, les mêmes opérations jusqu'à ce que les derniers bras soient obtenus.
A la hauteur de un mètre à peu près, à Taide du pincement court et fréquent, on fait épanouir la tige en faisceau de petites Ivanches qui remplissent le vide formé par le dernier étage de ramifications latérales.
Ce procédé de fonnation n est pas d'un emploi rigoureux. Qo peut en raccourcissant annueUement la tige obtenir on bouquet de bourgecms, supprimer ceux qui sont inutiles et conserver, de chaque côté de Tarbre, les ramifications convenablement espa* cées en les dirigeant dans le sens horizontal. ' On peut également utiliser, pour ramifications latérales, les bourgeons anticipés qui naissent sur le bourgeon de prolongegement de la tige*
Bouquet de la tige. — Pour faire épanouir en bouquet de petites branches le sommet de la tige, dès qu'on a obtenu les demikes branches latérales, on raccourcit la flèche à 1 S ou 20 centimètres au-dessus de ces branches, et Ton pince, après la 2* ou la 3* feuille, tous les bourgeons qui se développent sur cette partie extrême de la tige. On renouvelle ensuite le pincement à une ou deux feuilles sur les bourgeons anticipés dont le premier pincement a provoqué l'évolution, etc.
\ la taille d'hiver, on enlève tons les petits rameaux qui n'ont ni fruits ni feuilles^ et l'on raccourcit les autres le plus possible au-dessus des fruits qu'ils portent.
Ramifications latérales. -«-Les branches de charpente , placées de chaque côté de la tige, doivent être raccourcies chaque année, à l'époque de la taille d'hiver, pour donner plus de force aux petites branches qu'elles doivent porter dans toute leur longueur.
On pince très-long les bourgeons faibles pour leur laisser prendre de la force, un peu moins les bourgeons vigoureux, et très-court, c'est-à-dire à deux feuilles^ les bourgeons qui naissent sur un support assez fort, en renouvelant le pincement à une feuille sur les bourgeons anticipés. J'ai remarqué que, dans le pêcher en plein vent, le pincement court ne donne de bons résultats que lorsque le support a acquis etteême dépassé le* diamètre d'un très-fort tuyau de plume. Ce système, appliqué
— îpte —
à des bourgeons dont la base est moins fortement constituée, amène souvent la mort du rameau fructiftfe.
A la faille d'hiver, on raccourcit le plus possible tous les rameaux, en ne laissant qu'un œil à bois au-dessus du fruit conservé et en taillant sur le boulon à fruit, s'il est accompagné d'un œil à bois.
A la taille suivante, on raccourcit tous lên rameaux qui ont porté fruit sur le bourgeon ou sur l'œil le plus rapproché de la base*
Dans le cours de la végétation^ on raccourcit toutes les brandies et tous ie$ rameaux qui se dénudent; car on ne doit jainms perdre de vue ce principe important : qu'il faut toujours, dans le pécher en plein vent^ concentrer la sève et empêcher que son action ne se porte aux extrémités en abandonnanlks parties intermédiaires.
Cette taille pratiquée dans le cours de la végétation porte le nom de taille en vert.
Le pincement court amène dans toutes les parties de l'arbre où il est appliqué, une production surabondante. U {auty^ld taille d'hiver, raccourcir le plus possible les rameaux surchargés de boutons à fleurs, et enlever, plus tard, une partie des fruits, lorsquHls restent encore trop nombreux. Conservés tous, ils perdraient à la fois beaucoup en volume et en saveur^ et seraient loin de compenser, par le nombre , l'absence de ces deux qualités.
Abris. — Les abris, dont j'ai fait l'essai pendant quatre années peuvent être utiles, mais ne me paraissent point indispensables. Je n'en conseille pas l'emploi dans la grande culture, parce qu'ils seraient trop dispendieux peut-être, et surtout parce que je n'ai pas remarqué, quant à la production, une différence sensible entre les pêchers abrités et ceux qui ne l'étaient point.
Ces abris étaient ainsi construits :
Quatre pieux solidement enfoncf^s dans la terre et encadrant le pécher. Quatre traverses formant cadre aux extrémités supérieures. Quelques baguettes coupant œ cadre à angks droits. Au-dessus de cette sorte de toiture inclinée vers le nord, des nattes, de mauvaises toiles d'emballage» etc., fixées aux traverses à l'aide de cordes ou de brins d'osier.
Ces abris, placés à l'ascension de la sève, étaient enlevés à la fin de mai. {Annales de la Société d'Hartkulure de la Haute- Garonne.)