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V. VaRANGOT, liortîcnltenr a Melon

BIBUOGRAPHIE.

Nouveaux principes de taille des arbres fruitiers diaprés la méthode de

M. Philibert Barcm [\).

Nous annonçons aujourd'hui un livre qui a paru en 1858 ; c'est peut-être un peu tard, mais il n'est jamais trop tard pour parler des bons livres, et l'ouvrage de M. Philibert Baron est de ce nombre. Sous le titre de Nouveaux principes de taille des arbres fruitiers^ l'auteur a résumé la pratique 'de toute sa vie et a présenté ses idées, ses expériences, ses conseils en un volume bien rempli, et remarquable surtout par la clarté de l'exposition et l'utihté pratique des vues.

M. Baron, du reste, est déjà connu de nos lecteurs; nous avons, en leur temps, signalé plusieurs de ses travaux^ et nous avons souvent accueilli de lui des articles où il expliquait quelques-uns de ses procédés. Ces procédés et d'autres encore ont trouvé naturellement leur place dans son livre. On les y retrouve donc, mais commentés et appuyés sur ce qui les précède et ce qui les suit. LeUvre,en effet, prendTarbre àson point dedépart, la pépinière, le conduit de développement en développement jusqu'à cet apogée de beauté et de vigueur, que nous avons puadmirer chez les sujets conduits par M. Baron, et qu'il a fait photographier pour que personne ne puisse l'accuser d'avoir embelli la nature dans les planches jointes à son ouvrage.

Ces plancjies sont au nombre de quatorze, comprenant vingt huit figures. Douze de ces figures sont purement explicatives et servent à faire comprendre les diverses opérations de la plan-

(1 } Au biirean du journal. Prix : 3 fr. 50 c. Franco^ par la poste, 4 francs.

tatîoB, de la taille, de la grefie et desineisions et éborgnements dont l'auteur préconise et explique les effets. Les autres sont des portraits, et, comme nous venons de le dire, photographiés à divers âges et sur diverses espèces ; ils témoignent par leur bonne mine des soins intelligents qu'ils ont reçus.

Si maintenant nous entrons dans l'analyse même de Tou* vrage^ nous pourrons faire toucher du doigt l'importance des services rendus à l'arboriculture par M. Baron.

Nous ne parlerons pas des diverses formes qu'il a successivement mises en pratique ; nous ne parlerons pas de quelques conseils de détail, tels que la meilleure manière d'employer le sécateur; nous nous appesantirons seulement sur deux choses, choses principales, et qui, à elles seules^ ont apporté à l'arboriculture un grand progrès. Ces deux choses sont : la réformatipn des toques et la grefTe en coulée.

M. Baron est certainement l'auteur de la destruction de ces masses informes de bois qui dégradent la physionomie des plus beaux arbres. Grâce à son mode de pincement, grâce à toute sa* méthode, ces toques disgracieuses ne viennent plus prendre la place destinée aux fruits, empâter la naissance des. brindilles, allourdir l'arbre et se nourrir de sa sève. Les moyens employés pour arriver à ce résultat sont simples ; ils sont expliqués tout au long, sans arrière-pensée, dans les Nouvemwo principes de tailley et nous en recommandons l'usage à tous ceux qui ont encore dans leurs jardins ces spécimens de l'ancienne méthode de taille.

Quant à la greffe en coulée, dont les premières expériences ont été faites par lui en 1856, elle sert à remplacer des bran ches tout entières, à réparer d'un seul coup les désordres que peut produire, dans l'équilibre d'un arbre, ime branche malade ou morte, à garnir de , fruits les espaces vides ; sur diverses causes, elle est fort simple dans son application, très-féconde dans ses résultats, etnous pourrions nous appuyer sur le rapport

qui a été fait à ce sujet à la Société impériale et centrale d'Horticulture, si ce rapport n'avait pas laissé à un plus ample mformé le di'oit de résoudre une question si importante. Ce plus ample informé ne tardera pas, nous l'espérons, à donner gain de cause à M. Pbili])ert Baron.

Cen est assez, pensons-nous, pour une simple revue bibliographique ; aussi finissons-nous là notre appréciation, nous bornant à rappeler que la réformation des toques de M. Baron date de 1825 ; ses divers modes d'incisions de 1828; qu'il a obtenu déjà diverses récompenses, notamment en 1 841 et que s'il n'a pas obtenu peut-être toute la réputation qu'ilmérite.il peut au moins se consoler en voyant, non-seulement que ses principes sont à peu près adoptés par beaucoup de gens qui les blâmaient dès l'abord, mais encore que ces mêmes personnesnesontpasloindes^attribuer leméritedeces découvertes.

F. Héringq.

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