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MISE A FRUITS DES POIRIERS VIGOUREUX

Beaucoup d'autours ont enseigné, jusqu'à ce jour, qu'au nomlH*e des tnoyens à cmplo^, er pour dompter lei arbres trop

vigoureux et les mettre k fruit, un des plus efficaces était de tailler très*tard, c'est-à-^lire lorsque les feuilles commencent à sortir : ce procédé conduit au résultat opposé à celui qu'on Youdrait atteindre.

Ce fait s'explique très-naturellement, lorsqu'on veut se don. ner la peine d'observer la marche de la sève, et la manière dont se développent les yeux des diverses parties qui constituent un arbres, surtout un haut vent, et quand on établit le rapport entre la ramure et les racines.

En effet, lorsqu'on attend, pour tailler, que la sève soit bi^ en mouvement, les yeux des brindilles, des dards, des rosettes sont aussi avancés que ceux des extrémités des iH'ânches que l'on rabat à six ou dix yeux sur la dernière pousse, saivant la force du sujet. La taille que Ton pratique détruit ce rapport; Tœil, sur lequel vous taillez, est loin d'être prêt à se développer et & donner à la sève une issue aussi facile que celle que lui offrent les yeux des brindilles, dards et rosettes. Qu'arrive-t^i), alors? C'est que ces productions, qui, naturellement, ne devraient recevoir qu'une faible quantité de sève et tourner à friiits, sont forcées de se lancer à bois par la surabondance de sucs qui leur arrive pendant un certain temps;

Je dis un certain temps, parce que aussitôt que les yeux des extrémités des branches ont eu le temps de se développer et de livrer passage à la sève, les autres parties de l'arbre ne reçoivent plus que la quantité qui leur est naturellement destinée ; mais alors le mal est fait, le prolongement est acquis, et l'œil terminal de chacune de ces productions (dards, brindilles, rosettes) n'est pas plus prêt d'être à fruit qu'il ne l'était l'année précédente. Presque toujours on est obligé de raccourcir^ soit par le pincement, le cassement ou la taille du printemps, ces végétations qui feraient confusion, et en même temps n'auraient plus la force de soutenir ni de nourrir convenablement les fruits qu'elles pourraient produire.

Les premières observations et expériences que j'ai faites à ce sujet^m'ont donné la certitude, qu'il est avantageux de tailler les arbres vigoureux aussitôt que les autres^ mais qu'il faut allonger la taille en proportion de la vigueur, et avoir soin, plus tard, de pincer sévèrement les bourgeons les plus rapprochés de l'œil terminal, afin de faire sortir les yeux qui en sont le plus éloignés et qui resteraient latents sans cette précaution ; en opérant ainsi, la sève ne se trouve pas refoulée, et tout ce qui est destiné à se mettre à fi^uit reste dans des conditions normales.

Encouragé par ce premier résultat, j'ai pensé que plus ou pourrait faire avancer l'œil terminal sur lequel on taille, plus le résultat serait favorable à la mise à fruit ; l'an dernier (novembre 1859), j'ai taillé les extrémités des branches d'une pyramide ou Beurré d'Angleterre aussitôt la chute des feuilles, afin de faire grossir l'œil terminal pendant l'hiver ; toutes les autres parties n'ont été taillées qu'au printemps. Suivant toute apparence, j'aurai, l'année prochaine, des boutons à fruit sur un Poirier très-vigoureux, et qui jusqu'alors ne tn'a donné que du bois. Hardyau-Lasne,

Amateur à Bar-l6«-Duc.

LE PINCEMENT RÉITÉRÉ, g 1. La vigne san$ échalas.

Nous lisions dernièrement dans les faits-Paris, d'un grand journal politique, l'éloquente réclame suivante :

c Sur la place Vendôme, à la porte du Ministère de la JusticOi on admire une treille chargée de grappes, et qui est, à Paris, l'un des derniers spécimens de cette ornementation si fort en usage autrefois.

<c De temps immémorial^ cette treille se couvrait chaque an-

née d'un feuillage tonffo, mais elle ne donnait pas de findt, et Ton croyait que les miasmes de la capitalei le voisinage du gas, etc., étaient la cause de celte stérilité, lorsqu'un vitioulteur de Montreuil*aux-Pèches, M* Eloi-TrouiUet, ayant aperçu, il y a quelque quatre ans, cette plante improductive, se fit fort de la faire rapporter par son procédé de pincement, et c'est depuis lors qu'elle fait chaque année l'admiration des passants par le nombre et la beauté de se& fruits. Ce même viticulteur possède à Montreuil toute une pièce de vigne cultivée d'après son système^ sans échalas ni attaches, et qui, depuis six ou sept ans, ne cesse de lui donner des récoltes • »

Sentinelle avancée de l'armée horticole, nous avons toiqoacs lancé le prenez^garde à vous, chaque fois que le charlatanisme ou Fhérésie a essayé de pénétrer dans notre camp, sans sous inquiéter du nombre de nos ennemis, que notre vigilance fût augmenter chaque jour.

Aujourd'hui qu'une secte barbare et mutilatiice ouvreuse nouvelle camgagne contre les saines doctrines de la sci^ce a^ boiicole, nous lançons le cri d'alarme, et nous la coifibattroDS avec toute l'énergie de notre conviction et avec les faits les plus patents.

Nous allons attaquer d^abord son avant garde qui s'est retranchée dans les vignes. Son mot d'ordre est, plasd'échalas; son arme, le pincement réitéré ; elle a planté son étendard place Vendôme et à Montreuil.

Nous ouvrirons la tranchée de siège devant la porte du Ministère de la Justice.

Là, dit-on, est une treille qui se couvrait chaque année d'un feuillage touffu, sans donner de fruits. M. Eloi-Trouillet, exemployé à Tadministration des postes, l'aperçoit ; il lui applique son procédé, et cette aimée elle fait l'admiration des passants par ses fruits, etc. >

Quel est donc oe procédé si puissant, qui fait produire U

pampre rebelle? Le voici^ tel qu'il est exposé daxuf xm rapport lu à rAcadéinie nationale de Paris. — Ne pas oox^pndre avec rÂcadémie des sciences (Institut de France).

« M. TrouiUet taille à deux yeux les coursons du bois de Tannée^ en ayant soin, quand il opère à Tautomne, de laisser au-dessus du deuxième œil tout un mérithalle ou entre-nœud, c'est*à-dire qu'il taille immédiatement au-dessous du troisième ceiK Ce long bois, sans Tœil, a pour effet d'empéoher la vigne de pleurer au printemps, à l'époque de l'asoepsion de la sève, et d'être aussi exposée à lagdée, »

Jusqu'ici il n'y a de nouveau que le Icmg bois sans œil, qui p'empèche nullement la vigne de couler, et qui m la garantit pas davantage de la gelée ; car ce n'est pas quand le gemme est enfermé dans son hibemaculef comme dit linnée, que la gelée l'atteint ; enveloppé par des écailles duveteuses, il est pai** faitement garanti du froid; mais c'est lorsqu'il en est sorti et que son bourgeon ne présente que du tissu tendre et aqueux que la gelée peut le détruire. Peu importe alors que ce bourgeon soit dépassé par un morceau de bois dur; l'effet que produit ce long chicot n'est que désagréable à Tcml et rien de plus.«^ Voilà pour la première opération.

La seccmde, la voici : je copie toujours le rapport.

a Au moment de la végétation, aussitôt qd£ les grippes ONf PAjiu, il (M. TrouiUet) pince chaque pousse à une feuille, ou deux ^u plus, au d,essus de la dernière grappe Après cette première opération fondamentale^ qui caractérise essentiellement la méthode de taille de M • TrouiUet^ l'horticulteur laisse la vigne pousser à volonté jusqu'au moment où la fleur parait : alors on pratique Tébourgeonnement. »

Ainsi, c'est aussitôt que le$ grappes mt paru qu'on pince les bourgeons. — Ici est peut-être la nouveauté; mais l'époque à laquelle ce pincement est pratiqué prouve/clairement, que ce ^'est P99 l,ui qui {siA x«ettre la vignn à innts, puisque ce n^est

qa'après rapparîtion des grappes qa'on pince chaque pousse à une ou deux feuilles, etc,

Ce n'est donc pas ce premier pincement, base fondamentale de la méthode Trouillet, qui provoque la fructification; ced nous parait assez suffisamment démontré pour que nous passions au second:

« Quinze jours après Tébourgeonnement, — car H. Trouillet ébourgeonne comme dans la vieille méthode , — on pince les faux bourgeons^ c'est à dire les petites ramifications qui se sont développées à Taisselle des feuilles de la pousse de l'aimée* Ce pincement se fait à quatre ou cinq feuilles ; on pince également encore le sommet de la pousse de Taimée. Cette opération fait grossir le raisin en faisant affluer la sève qui se trouve en excès, par suite de la disparition, par le deuxième pincement, des parties de rameaux qui Tabsorbaient. »

Le rapporteur se trompe étrangement, quand il dît que le pincement fait grossii* le raisin ; c'est le contraire qu'il fallait dire, et la preuve est toute mathématique; la voici :

Dans un bourgeon non pincé, il n'y a qu'un gemme terminal. Ce gemme, en s'allongeant, développe une à une ses feuilles. N'ayant qu'un axe, il n'y a qu'une série de feuilles.

Sur le bourgeon pincé il se développe plusieurs genmies la* téraux, — Fauteur du procédé le reconnaît; — j'en admets deux seulement pour plus de clarté dans la démonstration. Ces deux gemmes, en s'allongeant. développent aussi chacun, une à une, leurs feuilles ; comme il y a deux axes ou deux faux bourgeons, il y a aussi deux séries de feuilles. Si le bourgeon non pincé a donné naissance à cinq feuilles au-dessus de la grappe, le bourgeon pincé, par suite du développement de ses deux genmies en deux bourgeons, en aura produit dix.. C'est clair, je crois. Ces dix feuilles absorberont naturellement ime fois plus de sè?e que cinq, et conséquemment le fruit en recevra moitié moins ; en repinçant une seconde fois, on doublera

esacùte le nombre de feuilles, qui absorberont d'autant pins de sève, et toujours au détriment du fruit, qui verra sa ration réduite.

n est difficile, diaprés cela, de faire admettre que moins un fruit reçoit de nourriture, et plus il grossit, ou que plus on mul* tipUe les organes à nourrir, et plus la sève se trouve en excès. Ah ! si le pincement , en supprimant les feuilles supérieures à la grappe,et Teztrémité du bourgeon^ empêchait le débourrement des yeux latéraux, alors là, oui, il ferait refluer l'excès de sève vers le fruit, qui^ dans ce cas, surabondamment nourri, prendrait un plus gros volume ; mais ce pincement provoque, au contraire, le développement de nouvelles et plus nombreuses bouches absorbantes : la sève, au lieu de se trouver en excès, comme on le prétend, se trouve donc amoindrie, puisqu'elle a un plus grand nombre d'organes à nourrir.

Le rapporteur et l'inventeur de la méthode nouvelle ne pa* raissent pas comprendre parfaitement les effets du pincement. Cette opération a pour but, il est vrai, d'arrêter momentanément la sève dans sa marche ascensionnelle, pour déterminer un nouveau cours vers les organes latéraux, et notam^ ment les gemmes qui se trouvent dans la partie inférieure déjà aoutée du bourgeon et qu'on veut faire développer. La sève^ dans ce cas, arrêtée subitement, pénètre tous les tissus du tronçon de bourgeon, et par suite de l'abondance du suc séveux, les gemmes du sommet se gonflent et finissent, quand la nourriture ne fait pas défaut, par s'allonger en bourgeon. Mais aussitôt que ces nouveaux bourgeons sont formés, ils attirent à eux et absorbent tout le liquide nourricier, pour pourvoir à leur accroissement, et les oi^aues qui leur sont inférieurs restent stationnaires.

En pinçant le bourgeon de la vigne, à deux yeux au dessus de la dernière grappe, et en le pinçant surtout, comme le fait M. Trouillet, en n'enlevant « qu'une bien petite partie de l'ex-

trémîté de la poiisise,' grosse environ comme un gralU dé blé, » il n'y a pas d'arrêt dans la marche ascensionnelle de la sève, et fort heureusement, car alors la grappe naissante recevant une surahondance de liquide verrait toutes ses fleurs couler.

Ce pincement de l'extrémité seule, n'entrave pas le cours régulier de la sève, parce que dans cette extrémité, il n*y aque du tissu en voie déformation, et que les yeux supérieurs n^étant alors pas mieux constitués que le terminal, s'emparent aussitôt de la sève, se développent et multiplient ainsi la surface élaborante (les feuilles), ce qui appauvris de suite, je le répète, le raisin situé au-dessous, au lieu de favoriser son accroissèment.

Le pîncement,multipliant ainsi les séries d*organesà nourrir, a pour résultat final, l'appauvrissement de tous ces organes, et une vieillesse prématurée de l'individu soumis à ce traitement. La multiplicité de ces faux bourgeons épuisent l'arbre, non-seu* ment parce que l'équilibre est rompu entre les organes d'évaporation (les feuilles ) et les organes d'absorption (les racines), mais encore par les mutilations répétées qu'on lui fait subir^ et Fauteur du pincement de la vigne ne Tignore pas, puis qu'il a écrit :. « Par ces mutilations, ces plaies répétées qui entravent la marche régulière de la sève, on obtient quelques boutons à fruits j mais peut-on croire que Ton a aidé la nature ! ! t Je ne'le pense pas ; on la contrarie, voilà tout. x> On est donc en droit de s'étonner qu'avec de pareilles idées, idées justes, M. Trouillel puisse mutiler jusqu'à trois fois ses vignes, pour leur faire produire des raisins supérieurs. Comment, lui, qui s'est identifié avec la nature, en lisant Bernardin de Saint-Pierre, n*a-t-il pas compris tout ce qu'il y a de monstrueux, d'irrationnel dans ces coupes répétées, le plus souvent faites au hasard, i» et qui n'ont pour résultat que de faire produire t quelques boutons » dont les fruits qui en proviennent sont toujours petits et de qualité inférieure? C'est ce que nous ne chercherons pas à expli-

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qdér. Nous avons voulu simplement démontrer que sa méthode est vicieuse, que le principe sur lequel il l'appuie, est faux, et notrs croyons pouvoir atteindre notre but.

Si là fameuse treille de la place Venddme, a produit des fruits cette année, ce n'est pas parce qu'elle a été soumise au nouveau mode de culture sans échalas, mais bien, parce qu'on lui a appli*quée la taille allongée, comme la pratique la vieille méthode sur les sujets vigoureux ; comme je l'ai fait pratiquer au château de Guitrancourtsur une treille qui, pendant les quinze premièrel années de plantation, ne produisait qu'un feuillage touffu, sem* blable h celui du «c dernier spécimen de cette ornementation si fort en usdge autrefois 2l Pdris, et que la foule admire à la porte du ministère delà justice. » Ce spécimen qu'on érige en étendard, montre en effet les traces de cette taille allongée» La dernière taille du cordon a été faite à 50 ou 60c. de longueur. L'œil de prolongement a produit im bourgeon qui n'a pas moins de 8 à 3 mètres de longueur^ et c'est à sa base que se trouve les plus belles gtappes. Les coursons ont été taillés sur le deuxième oeil ; il en est sorti deux bourgeons assez chétifs qui ont étéptn* ces aussitôt après V apparition des grappes; ce n'est donc pas â ce pincement^ je le répète, que cette treille doit ses productions.

Quant aux vignes de Montreuil , celles que nous avons vues sont de vielles souches qui depuis longtemps épuisées, ne pro-" duisent plus que de pauvres bourgeons rachitiques, auxquels iô pincement répété ne rendra ni la vigueur ni la faculté reproductrice. Elles pouvaientse passer naturellement d'échalas, comme les vignes de certains^ vignobles de la France qui ne poussent que peu. Sur de pareilles vignes la méthode nouvelle a chance de succès, puisqu'elles n'ont pas besoin de soutien. Mais il en est tout autrement sur les vignes vigoureuses ; sur les vignes d'Italie par exemple, qu'on est obligé de faire grimper dans les arbres pour amenerla production; sur celles d'Espagne, qu'on est obligé de laisser ramper sur le sol, tant est puissante la

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force végétative ; et même sur les vignes de la plupart de nos vignobles qui poussent des sarments vigoureux. De semblables vignes ramenées par la méthode plus d'échalas^Tauteur ne peut en montrer. Il lui a été facile d'anéantir les dernières forces de la vieillesse, mais il ne pourra jamais modérer rimpétuosité de la jeunesse, ni la virilité de Tadulte.

Si M. Eloi-Trouillety avait mieux compris Bernardin de Saint- Pierre, qu'il cite à chaque instant, il aurait mieux comprisîaussi que ses pincements répétés, ne font que déterminer des productions qui dépensent une grande quantité de sève inutilement, et nuisiblement, puisque « le nouveau bois, que fait naître son pincement, n'a pas le temps d'atteindre au terme de sa fécondité^ qu'il ne porte ni fleurs ni fruits, » mais seulement des feuilles qui absorbent enjpure perte^une sève précieuse qui favoriserait la fructification.

Les partisans de la vieille méthode, quoiqu'en dise M. Trouillet, sont beaucoup plus logiques. Ils respectent la vigne jusqu'au moment où. le grain est formé ; jusque-là, ils laissent faire la nature, avec laquelle M. Trouillet asu si parfaitement s'identifier, en Usant l'auteur de Paul et Virginie; ils ne la contrarient que pour palisser les bourgeons qui cachent alors les murailles devant lesquelles la vigne est plantée, et qui, dans cet état, plaisent plus à l'œil, que si elles montraient leurs pierres décrépites. Quand le grain est bien formé, qu'il n'y a plus à craindre de coulure, ses \ieux routiniers, comme les appelle le rationnel ami du progrès viticole, ne pincent pas, mais enlèvent tous les entre-cœurs, qu'un excès de sève aurait pu faire débourrer, et en même temps ils pincent le bourgeon fructifère. Alors là, la sève est arrêtée dans sa marche ascencionnelle, et refoulée véritablement vers les grappes de raisins, qui en profitent, parce que c'est sur la pousse aoùtée, ligneuse, qu'on a pincé, et que cette sève obligée de se frayer une voie nouvelle au milieu de ce tissus fibreux, moins facilement pénétrable que le tissu cel-

Maire des extrémités de bourgeons^ met plus de temps à exciter la vitalité des gemmes situés à l'aisselle des feuilles. Par cette opération ils ne multiplient pas la surface absorbante, ils la réduisent pour favoriser le grain. Ils ne mutilent pas plus la vigne que M. TrouUlet , mais ils ont l'avantage d'avoir de beaux raisins qui rachètent bien^ par le prix de vente pi as que doublé la modique somme d'argent qu'ont coûté l'achat des loques et le travail du palissage^ voire môme le prix des échalas.

En résumé : — 1* Le pincement de la vigne ne favorise pas la fructification, puisqu'il faut attendre l'apparition des grappes pour opérer lapremière suppression de l'extrémité du bourgeon. -*- 2*^ Le premier pincement ne peut que favoriser la coulure de la vigne, parce que, étant fait au moment de la floraison, le petit moment d^arrèt qu'il occasionne dans la marche ascencionnelle delà sève, — s'il y en a un — peut amener une surabondance de nourriture qui doit être nuisible à la fécondation. — 3** Le deuxième et troisième pincement sont nuisibles, puisque multipliant le nombre de bourgeons au-dessus des grappes , ces bourgeons attirent à eux toute la sève, ou la plus grande partie, et le fruit ne peut que pâtir

Dans un prochain article nous ferons le siège du pincement du Pêcher, défendu par un général illustre, dont le nom seul a niis en fuite les membres d'une société arboricole, chargés dese prononcer sur ce système. Dans la crainte de se faire un ennemi ils ont déclaré qu'il n'y avait sujet à faire un rapport •

C'est ainsi que les choses se passent dans ces illustres corpo^ rations qu'on nomme Société d* horticulture. Nous n'aurons pas les mêmes craintes que les savants praticiens ci-dessus signalés ; nous combattrons notre adversaire loyalement et cour* toisement, mais avec des aguments serrés et irréfutables.

F. Herincq.

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