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LES ARROSEMENTS A LA POMPE

L'été est Pépoque de Tannée la plus pénible pour les jardiniers, à cause des arrosements que commandent les forteâ chaleurs. Nous pensons donc être utile à beaucoup d*eux, en leur préconisant les arrosements à la pompe, qui ne sont que peu répandus et employés seulement parfois d'une manière très- limitée.

L'arrosement à la pompe, disons-le de suite, peut paraître plus, fatigant, plus pénible ; mais il est plus rapide, plus parfait et plus complet. Un homme a moins de peine à se sei-vir d'arrosoirs un tiers de jour, il est vrai, que de pomper durant ce laps de temps ; mais on reconnaîtra bien vile : 1" que te* jardin qui [nécessite, par exemple, l'emploi de deux hommes durant une demi-journée est copieusement arrosé avec une pompe en un tiers de jour; 2* que, pendant ce temps, un des deux hommes se repose nécessairement en tenant la lance, de sorte qu'en se relayant, chacun n'a'plus que la moitié du travail pénible; 3^ Qu'enlin cette manière d'arroser étant beaucoup plus parfaite, il n'est pas nécessaire de recommencer aussi souvent.

Les arrosements à la pompe sont plus complets et plus pai^ faits, car on ménage moins Feau et on la répand plus largement sur toute la surface du terrain. Prenons un exemple : quand il s'agit de mouiller une plate-bande avec les arrosoirs, on se contente de verser au pied de chaque plante une certaine quantité d'eau ; l'intervalle compris entre les divers pieds reste le plus souvent totalement sec; de plus, l'eau est versée en une seule fois, et la terre ne pouvant absorber cette quantité, quoique faible, immédiatement, il en coule une partie dans les allées et les sentiers. Avec la pompe, il n'en est plus de même : tout est mouillé, et, l'homme chargé delà lance, revient à di-

versés reprises rar chaque partie qu*îl doit arroser ; ainsi Teau projetée peu à peu pénètre facilement. Les racines les plus éloignées et les plus profondes trouvent alors toujours une terre fraîche et jamais battue, comme cela a lieu avec les arrosoirs.

Mais le mode d'arrosement pour lequel nous insistons a encore d'autres avantages importants. En effet, la plante, dans ses moindres parties, est mouillée et lavée. Personne ne peut nier combien cela est favorable, car chacun a dû observer les résultats excellents des seringages dans les serres. Peu d'insectes peuvent résister à l'action de la pompe souvent répétée. Les arbres fruitiers et les rosiers participent aussi presque forcément des arrosements, car ils sont souvent plantés dans des parties occupées par des légumes ou des fleurs. Nous avons vu. Tannée dernière, dans im jardin nouvellement planté, des rosiers et des pêchers ravagés, et par contre d'une végétation languissante, reprendre aussitôt qu'une pompe fonctionna dans ce jardin.

Enfin, Teau fournie par la pompe, projetée en Tair en goûttelettes très-divisées, s'échauffe et s'aère aisément.

Dans bien des endroits, on n'a d^eau qu'à Taide d'un puits, et il y a alors double opération pour arroser : monter l'eau d'abord et la prendre ensuite à l'aide des arrosoirs ; il nous semble très-possible de se servir, dans ce cas, d'une pompe fixe^ mais aspirante et foulante, ayant un robinet muni d'un pas de vis où Ton pourrait fixer des tuyaux.

La grande chose, pour l'arrosement dont nous venons de parler, est d'avoir une bonne pompe ; il la faut douce, d'une construcfion soUde et simple, enfin facile à transporter. Ces conditions nous paraissent réunies dans celles fabriquées par M. Letestu, dont nous nous servons ; mais nous sommes persuadé qu'il y a d'autres fabricants capables de fournir un boû instrument de la sorte.

Le prix d'achat d'une pompe (2 à 300 fr.) et des tuyaux né-

cessaîres (environ 25 mètres, à 1 fr. 25 ou 1 fr. le mètre) peut arrêter beaucoup de personnes, sortout sachant, ce qpe nous devons ajouter, que les tuyaux, même avec de grands soins, ne peuvent guère durer que trois ans ; mais nne dernière rai* son militera, j'en suis sûr, en faveur du ^pcocéàé pour lequel nous plaidons et fera passer sur cette dépense, qui est d'ailleurs faite une fois pour toutes, c'est la sécurité qu'on en retire. En effet, ces pompes de jardin fonctionnent fort bien comme pompes à incendie, et les jardiniers habitués à la manœuvrer deviennent de véritables pompiers, que Ton a toujours sous la main. Nous avons une pompe mobile depuis le mois de mai de l'année dernière, et quatre fois déjà elle a servi à arrêter les ravages du feu. Une première fois, une grange était la proie des flammes ; arrivée la première, notre pompe fonctionnait depuis une heure quand arriva celle d'un village voisin, qui, mal entretenue ou mal servie, ne put être d'aucun secours. La nôtre^ si elle n'éteignit pas complètement l'incendie, protégea du moins suffisamment les maisons voisines pour empêcher de nouveaux malheurs. Enfin, cette année, à trois reprises, le feu prit chez nous-même, et chaque fois la pompe, manœuvrée par les jardiniers, empêcha tout malheur. Qu'il me soit donc permis d'insister pour l'emploi d'une pompe dans les jardins : j'ai bien reconnu les grsuids avantages qu'elle procure •

A. DE Talou.

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