VII. — Production fruitière
Sur plus d'un point du territoire, les concours de vergers organisés par l'Administration, secondée par les Sociétés locales, ont fait connaître l'importance des plantations fruitières et de leur production.
On sait que le Tournaisis est appelé la Touraine de la Belgique, c'est-à-dire le pays des beaux et bons fruits.
Dans les Flandres, la récolte des vergers est achetée sur place et par arbre ; les fruits sont ensuite revendus, soit à des négociants qui les exportent en Angleterre, soit à des marchands qui les promènent de commune en commune ; dans ce dernier cas, les fruits mûrissant à la Kermesse ou fête du village sont très recherchés.
Les échantillons plus sains, beaux à l'œil et robustes, sont destinés à l'exportation. Les Pommes tardives sont expédiées par tonneaux ou par grands paniers.
La récolte des Cerises à chair ferme, comme les Bigarreaux, qui supportent le voyage, est vendue de 10 à i5 francs l'arbre à la fleur. L'acheteur traite à forfait la cueillette, l'emballage et le transport à la gare, sur le pied de 3 centimes le kilogr.
Les Noix non épluchées se vendent 2 francs le panier de 5o kilogr.
Le commerce a excité les fermiers et les petits cultivateurs à produire de la Groseille, de la Framboise, de la Fraise, ce qui leur a permis de traverser la crise agricole, suivant les conseils de l'écomiste Emile Pire.
Le Limbourg a des vergers qui valent 12,000 francs l'hectare, alors que des terrains contigus « non arborés » se vendraient tout au plus de 3,ooo à 4 > 000 francs.
Il faut dire que le cultivateur plante en quinconce, chaule ses arbres, les fume et leur fait la toilette d'hiver, au sécateur ou à la serpe, avec beaucoup de soins.
La Poire de marché a quelques types populaires, comme les Poiriers de Koolstock, sur les terres de Looz et de Saint-Trond.
La modeste commune de Saint-Trond en vend pour 100,000 francs à Londres. Les courtiers viennent au mois de mai, quand l'arbre est en fleurs, et traitent à forfait, payant moitié comptant. Le prix moyen est de 3o francs les 100 kilogr.
La région de Gand produit un fruit analogue, joli d'aspect, âpre au goût, la « Kriek Peer », que l'on vend aussi 3o francs les 100 kilogr., chargée à Sleidinge, pour Londres, Manchester ou Glasgow.
Le revenu sonnant de ces Poires, médiocres en qualité, a résisté aux conseils du Congrès de Bruxelles, qui, en 1880, recommandait de consacrer les vergers aux Poires si justement renommées : Beurré d'Amanlis, Fondante des Bois, Doyenné de Mérode, Marie-Louise, Durondeau dite poire de Tongre.
Le Pommier fournit plus d'espèces locales : L'Abondante, Bon Pommier, Brandebourg, Belle de Furnes, Belle de Houteux, Belle et bonne blanche, Calville des vergers, Califice, Croquet blanc, Croquet rouge, de Bonwate, Double Copette, du Chasseur, de Dimanche, de Sambre, de Warsage, Gri-Cou doré, Posson, Précoce
ou Reinette de Chênée, Reinette d'Amblève, Reinette Spineux, Reinette de Grez d'Oiseau, Strepeling, Walsaert.
Les Pommes de Gri-Cou, de Warsage, de Bonnate, de Gourtpendu entrent dans la fabrication du vinaigre de Pommes et des sirops qui vont jusqu'au delà du Rhin s'associer à la beurrée des cuisines bourgeoises, et économiser le beurre sur le pain des classes ouvrières.
Des usines à vapeur sont installées dans le pays de Hervé, devenu le pourvoyeur de cette double industrie. Il doit sa réputation à ses plateaux fertiles et ses vergers herbus de Pommes douces, ainsi qu'à sa situation au seuil de l'Ardenne, aux portes de Maestricht et d'Aix-la-Chapelle.
Les transactions se réalisent, à la récolte, par tonnes de i5o kilogr. ou par sacs de ioo kilogr.
La pratique démontre que i5o kilogr. de Pommes peuvent rendre ioo litres de vinaigre.
Outre les usines, l'exploitation du sirop s'exerce encore par des siropiers ambulants parcourant les villages producteurs.
La vallée de l'Ourthe, qui rapporte facilement 3oo kilogr. de fruits par arbre, pratique le séchage avec les Pommes des Banneaux, de Boullenne, la Gopette et la Ninapelle. Elle conserve la Poire de France et la Blanche frisée à sécher, Rousselot à confire, Gamerling à compote, Gatillac pour la cuisson.
Déjà, on voit pénétrer au milieu de ces plantations séculaires les excellentes Poires belges : Nouvelle Fulvie, Joséphine de Malines, Bergamote Esperen, avec nos Passe-Crassane, Doyenné d'Alençon, Bergamote Hertrich, sans compter les délicieuses Poires d'automne, de grande culture, obtenues en France et en Belgique, propagées dans les pépinières et recommandées par les connaisseurs.
Les routes se meublent d'arbres fruitiers, comme le jardin de l'école, la cour de la ferme. Le cri : « Plus de pignons perdus », poussé énergiquement par Burvenich, a porté ses fruits... !
Partout on devine le passage des conférenciers, le travail intelligent des arboriculteurs et la renommée des pomologues belges.
La Belgique n'est-elle pas la patrie des Van Mons, des Hardenpont, des Esperen, des Grégoire..., si heureux dans leurs gains décrits par Bivort, Royer, Gilbert, Du Mortier, Hennau..., multipliés par de Jonghe, de Bavay, Van Houtte, Galopin, Papeleu, Burvenich, Van Geert, Gapeinick, Pringalle... et autres pépiniéristes en réputation ?
Le genre Poirier est celui qui tente les chercheurs, et cependant il ne faut pas moins de dix années — en moyenne — pour récolter le premier fruit d'un égrain ! N'est-ce pas une preuve de patience et de persévérance ?
Les cinquante principaux semeurs belges sont méritants ; parmi les 1,200 variétés de Poires qu'ils ont gagnées, nous signalerons les suivantes avec indication d'origine.
Beauciiamps :
Beurré Beauciiamps, avant 1823.
Louis Berckmaxs, à Heyst-op-den- Berg :
Beurré de Wetteren, 1846.
Alexandre Bivort, à Fleurus :
Alexandrina, 1847.
Général Dutilleul, 1845.
Madame Elisa, 1848.
Marie Parent, i85i.
Napoléon Savinien, 1854.
Prévost, 1847.
Antoine Bouvier, à Jodoigne :
Triomphe de Jodoigne, i843.
Docteur Bouvier, à Jodoigne :
Léonie Bouvier.
Simon Bouvier, .à Jodoigne :
Beurré Curtet, 1828.
Les frères Capiaumoxt, à Mons :
Beurré Capiaumont, 1787.
Florimont Castelix, à Etaimpuis :
Casteline, i835.
Comte de Coloma, à Malines.
Beurré Coloma, vers 1800.
Cuvelier, Vincent, à Soignies :
Délices Cuvelier, 181 1 ou 1812.
Daras de Naghin, Norbert, à Tournai :
Aimée de Ghelin, i865.
Délices de Naghin, 1844.
Daras de Naghin, J.-Ch., à Anvers :
Charles Gilbert, 1871.
Rousselet d'Anvers, 1869.
Souvenir de Lydie, 1870.
Tardive d'Anvers, 1868.
De Biseau d'Hauteville, à Binche :
Joséphine de Binche, 1864.
Degallait, à Wez, près de Tournai :
Beurré Degallait, avant 1849.
De Gaxd, Isidore, à Froyennes, près de Tournai :
Délices de Froyennes, i853.
De Joxgiie, à Saint-Gilles :
Bési de Mai, i856.
Basiner, 1857.
Delecourt, à Cuesmes,près de Mons:
Marie-Louise.
De Raisme, à Enghien :
Fortunée, vers 1820.
L'abbé Desciiamps, à Enghien :
Orpheline d'Enghien, vers 1820.
Dilly, à Jollain :
Beurré Dilly, vers 1848.
Dorlix, à Mons :
Saint-Ghislain, vers 1800.
Dubuissox, à Jollain :
Beurré Dubuisson, vers i832.
Dubus, à Tournai :
Beurré Saint-François, 1868.
Dumoxt, à Esquelmes :
Beurré Dumont, i83i.
Du Mortier, Barthélemv, à Tournai :
Bergamote de Tournai, 1867.
Crassane du Mortier, 1869.
Dumortier, Ghislain :
Beurré des Augustins, 1867.
L'abbé Duquesxe, à Mons :
Colmar Van Mons, 1808.
Duroxdeau, à Tongre-Notre-Dame :
Durondeau(de Tongre), 1811.
Duval, dans le Hainaut :
Beurré Duval, avant 1823.
Major Esperex, à Malines :
Princesse Charlotte, 1846.
Seigneur Esperen, 1837.
Soldat Laboureur, 1820.
Suzette de Bavay, 1843.
Vineuse Esperen, 1840.
Alexandre Bivort, 1848.
Bergamote Esperen, i83o.
Beurré Burnicq, 1846.
Bon Gustave, 1847.
Emile d'Heyst, 1847.
Fondante de Malines, 1842.
Fondante de Noël, 1842.
Grand Soleil, vers 1840.
Joséphine de Malines, i83o.
La Juive, i843.
Passe Colmar musqué, 1840.
Poire-Pèche, l845.
Everard, Gabriel, à Tournai :
Beurré de Naghin, vers 1840.
Colmar Daras, i845.
Colmar du Mortier, 1840.
Délices Everard, 1842.
Foxtaixe de Giielix, à Mons :
Beurré de Fromentel, i865.
Beurré de Ghelin, i855.
Général Tottleben, 1842.
Gambier, à Rhodes-Sainte-Genèse :
Beurré de Jonghe, 1862.
Beurré Gambier.
Marie-Louise d'Uccle.
Gilles, Adolphe, à Antoing :
Beurré Gilles, 1867.
Curé Grégoire, à Saint-xVmand :
Beurré Saint-Amand, i853.
Gathoye, à Liège :
Edouard Morren, 1862.
Giet, à Audenarde :
Le Libéral, 1847.
Grégoire-Nélis, Xavier, à Jodoigne ;
Aglaé Grégoire, i852.
Alice Baltet, 1862.
Antoine Delfosse, i863.
Auguste Mignard, i865.
Avocat Allard, i853.
Barbe Nélis, 1848.
Bergamote de Jodoigne, i865.
Beurré rouge (Grg.), i865.
Colmar Delahaut, 1847.
Commissaire Delmotte, 1801.
Consul Ladé. 1864.
Docteur Lenthier, i853.
Eugène Maisin, i865.
Hélène Grégoire, 1802.
Hubert Grégoire, 1857.
Léon Grégoire, 1862.
Léon Poncin, i852.
Louis Grégoire, i844-
Madame Grégoire, 1860.
Monseigneur Sibour, i855,
Nouvelle Fulvie, 1804.
Président Gilbert, 1870.
Président Royer, 1862.
Prince impérial de France, i856.
Secrétaire Rodigas, 1878.
Sœur Grégoire, i858.
Souvenir de la reine des Belges, i85o.
Souvenir de Léopold Ier, i865.
Vice-Président Delahaye, i858.
Vingt-cinquième Anniversaire, i85G
Zéphyrin Grégoire, 1843.
Zéphyrin Louis, 1849.
L'abbé Rardenpont, à Mons :
Beurré d'Hardenpont, 1769.
Beurré Rance, Ï762.
Délices d'Hardenpont, 1759.
Fondante du Panisel, vers 1762.
Passe Colmar, 1768.
Hellinckx, à Alost :
Colmar d' Alost, 1840.
Hugé, Nicolas, à Mons :
Monseigneur Gravez, 1869.
Kevers, à Saint-Josse-ten-Noode :
Madame Verte, avant 1818.
Les demoiselles Knoop, à Malines :
Poire des Deux-Sœurs, vers 1840.
Légipont, Martin, à Larbuisson :
Légipont (Fondante de Charneu),
vers 1800. Lemyé, à Bonsecours :
Bési Macaron, 1869.
Lhoir, à Mons :
Reine des Poires, vers 1800.
Liart, à Mons :
Beurré Liart (Poire Napoléon), 1808.
Millet, à Ath :
Madame Millet, i852.
Nélis, à Malines :
Bonne de Malines, vers i8i5.
Papeleu, à Wetteren :
Beurré Payen, avant 1846.
Parmentier, à Nivelles :
Beurré Parmentier, vers 1840.
Paternoster, à Enghien :
Bronzée d'Enghien, vers i83o.
Pringalle, à Lesdain :
Beurré Pringalle, 185g.
Six, à Courtrai :
Beurré Six, i845.
Spae, Fr., à Gand :
Beurré Spae, 1861.
Beurré perpétuel.
Springael, à Hal :
Sydonie Springael.
Sterckmans, à Louvain :
Beurré Sterckmans.
Tiiuerlinckx, à Malines :
Beurré d'Avoine. Van Cauwenbergiie, à Audenarde :
Henriette Van Cauwenbergiie, vers Van Driessciie, à Ledeberg-lez-Gand :
Beurré Van Driessche, i858.
Van Geert, à Gand :
Beurré Jean Van Geert, 1864.
Van Mons, à Bruxelles :
Alexandre Lambré, 1844»
Arbre courbé, i83o.
Auguste Royer, i853.
Baronne de Mello(His), avant i83o.
Bési des Vétérans, vars 1820.
Beurré bronzé, avant 1823,
Beurré Dalbret, avant 1834.
Beurré de Koninck, 1823.
Beurré Delbecq, 1823.
Beurré de Mérode (Doyenné Boussoch), vers 1800.
Beurré d'Hardenpont d'automne.
Beurré du Mortier, 1818.
Beurré Gens, 1827.
Beurré Liégel d'automne, vers 1840.
Cadet de Vaux, avant 1816.
Charles Bivort, avant 1842.
Charles Frédérickx, 1840.
Colmar d'Arenberg, vers 1821.
Comte de Flandres, i843.
Conseiller à la Cour, 1840.
Cumberland, vers 1827.
De Bavay, avant i83o.
Délices de Lowenjoul, 1839.
Des Chasseurs, 1841.
Doyen Dillen, 1843.
Duc de Nemours, avant i833.
Espérine, 1826.
Léon Leclerc de Laval, 1816.
Louise de Prusse, 1826.
Nec plus Meuris, vers 1822.
Nouveau Poiteau, i843.
Théodore Van Mons, i843.
Thompson, avant 1820.
Triomphe de Louvain, vers 1822.
Van Marum, 1820.
Vicomte de Spoelberg, 1827.
A tous ces fruits d'origine connue, on peut ajouter les poires:
Ananas de Courtrai, variété découverte avant 1774» dans le clos de Six, jardinier à Courtrai.
Beurré Diel, trouvée en 1800 par Meuris, jardinier de Van Mons, à la ferme des Trois-Tours, à Perk, près de Vilvorde.
Doyenné d'hiver, fruit revendiqué par plusieurs localités.
Fondante des bois, trouvée par Châtillon, d' Alost, dans un bois des environs de cette ville, vers 1700...
Les autres genres fruitiers ont gagné des nouveautés, mais en faible proportion. Il y a cependant des fruits locaux intéressants, plus ou moins mal déterminés.
Nous avons dit que les diverses provinces de la Belgique pro» duisent des fruits pour l'exportation.
La Cerise y est assez abondante ; les variétés rentrent dans les groupes Cerise, Griotte, Bigarreau, Guigne.
La Groseille, le Cassis, la Groseille à maquereau garnissent les dessous des vergers du littoral, ou entrecoupent les potagers, et se dirigent ensuite vers l'Angleterre.
Les Noisettes sont recueillies sur les talus et les lisières de taillis et de fourrés; des courtiers les recueillent et les envoient en Russie.
La Pêche est représentée par de beaux fruits d'espalier :
Double montagne, Léopold Ier, Raymaekers, Nectarine Galopin, indigènes, et nos bonnes Pêches hâtives, fertiles et colorées. Les arbres sont artistement dirigés.
En plein vent, on récolte la Pêche d'Oignies et le Brugnon dit Féligny. Ces deux variétés se reproduisent par le semis de leur noyau.
Sur les rives de la Meuse, aux confins de la Hollande et de l'Allemagne, la récolte des Cerises et des Prunes est achetée sur pied. Les intermédiaires au compte de l'Angleterre ont contribué à la majoration des prix de vente.
La Prune Victoria est, après la Reine-Claude et la Mirabelle, la plus répandue; elle est destinée aux voisins de la Grande-Bretagne.
Les Compagnies de transport favorisent le commerce des fruits pour Londres, en affichant dans le pays de production le cours des marchés anglais et en ajoutant des conseils, tels que : « Envoyer la Reine-Claude quand elle prend le jaune, et la Mirabelle dès qu'elle a acquis une légère teinte rougeâtre... » La Compagnie fournit les paniers à emballage, et les ramène franco.
Pendant la saison, des cargaisons de tous fruits provenant des marchés de Saint - Trond et de Tongres, arrivent à Tirlemont, destinés à la Grande-Bretagne.
Le raisin récolté sous verre est une branche des plus importantes de la Pomone belge.
Propriétaires, cultivateurs, industriels, jardiniers... ont une vinerie pour leur agrément ou leur commerce.
Le village de Hoeilaert, perché sur un mamelon, a près de 80 hectares de vignes sous abri vitré.
Le Frankenthal ou Black Hamburgh est le cépage dominant ; il a été longtemps le seul. Mais il a fallu lutter avec la France depuis l'application de nouveaux tarifs de douane, et, pour entretenir la clientèle, la greffe est venue transformer les Black Hamburgh en Black Alicante et Gros Golman, pour les fournitures d'hiver.
Un seul établissement de cette commune occupe 200 serres à vignes; il absorbe par an i5o wagons de 10,000 kilogr. de houille et produit 5o5ooo kilogr.de raisins. D'où cette conclusion que 3o kilogr. de charbon de terre sont nécessaires à l'obtention d'un kilogr. de raisins.
Le matériel, quelque peu primitif, est en partie établi par le personnel de l'établissement.
Patrons et ouvriers deviennent tour à tour jardiniers, maçons, charpentiers, vitriers, chauffeurs, primeuristes, fabricants de caissettes à emballage, etc.
Il existe d'ailleurs, dans le voisinage et au delà, des installations bourgeoises plus élégantes, ayant aussi un but commercial.
Les vergers abrités se multiplient en Belgique. Sous les vitraux tapissés de pampres de vignes, de petits arbres élevés en caisse : Pêchers, Cerisiers, Abricotiers, Pruniers, — souvent Poiriers et Pommiers — sont là, fructifiant en pleine terre ou en pot.
Les lacunes sont remplies par les Fraisiers et les Tomates, dont la production rapide permet d'attendre la fructification plus lente des arbres fruitiers.
Tous ces fruits se vendent sur place et doivent aborder ensuite au Royaume-Uni.
Le Gouvernement prend soin d'organiser des halles de vente aux ports d'embarquement ; les fruits et les légumes y seraient vendus sur échantillon, avant la remise totale au steamer. On éviterait ainsi les déchets et les ventes à vil prix de marchandises souvent encombrantes, toujours fragiles et périssables.
Le système préconisé par M. Amelin, qui fut chargé des questions horticoles et de transports au Ministère de l'Agriculture, a fonctionné à Londres, à Hull, à Leith.
A l'arrivée des paquebots, les cosignataires font des ventes de fruits à la criée sur « échantillon ». Les commandes fermes transmises par dépêche arrivent alors par le premier navire.
La Belgique a développé considérablement son exportation fruitière et potagère, et a dû forcément modifier son mode de culture et d'exploitation.
En 1882, avec 600,000 boisseaux de fruits envoyés en Angleterre, elle devenait pour ce pays le fournisseur le plus important de l'Europe, — sous le rapport du nombre de fruits, — car la France et la Hollande figurent au tableau des douanes avec une valeur argent supérieure. La même remarque s'applique à l'Espagne, où la majorité des fruits exportés se compose d'Oranges et de Limons.