SOCIÉTÉS GÉNÉRALES
Avant d'examiner d'une façon sommaire les associations horticoles de chaque département, désignons le rôle des Sociétés plus générales qui veulent embrasser toute la France dans leurs attributions :
La Société nationale d'horticulture de France ;
La Société pomologique de France ;
La Société nationale d'agriculture de France ;
La Société des Agriculteurs de France ;
La Société nationale d'encouragement à l'agriculture ;
La Société nationale d'acclimatation de France ;
L'Association pomologique de l'Ouest ;
Le Syndicat pomologique de France ;
L'Union commerciale des Horticulteurs et marchands grainiers de France ;
La Société française des Amis des arbres.
La Société nationale d'horticulture de France, fondée le ii juin 1827, a suivi rigoureusement son programme en ce qui concerne les séances bi-mensuelles, la publication des Annales, l'ouverture d'expositions.
Les séances fournissent le sujet d'apports horticoles ou industriels et de débats qui ne manquent pas d'intérêt ; il en est ainsi de la réunion des Comités de culture, d'arts ou d'industries, où l'intimité de la discussion est plus instructive encore.
Des primes ou des certificats sont délivrés aux produits exposés qui le méritent.
Les rapports des commissions de visite et des délégués aux expositions sont insérés au bulletin.
La rédaction des Annales est confiée à l'un des fonctionnaires du conseil d'administration, avec le concours d'une commission spéciale composée de délégués des Comités. En ce moment, le secrétaire rédacteur est un membre de l'Institut des plus savants et des plus dévoués à la Société, payant bravement de sa personne et de sa science.
Une bibliothèque abondamment pourvue est mise à la disposition des sociétaires. Une collection de fruits moulés et parfaitement imités, a été placée sous la direction du Comité d'arboriculture fruitière.
La considération dont la Société jouit à juste titre rejaillit sur ses délégués en province ou à l'étranger.
Le Gouvernement la consulte quelquefois.
Elle est admise aux cérémonies officielles.
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Son patronage est acquis à l'avance aux œuvres similaires qui réclament son appui ou l'autorité de son nom.
Son hôtel est ouvert aux associations utiles qui désirent propager la lumière et l'instruction scientifique.
Les expositions organisées depuis i83i ont toujours été un succès pour la Société, pour les exposants, pour les visiteurs ; elles sont trop connues de tout le monde pour que nous ayons à en faire l'éloge ou la description. On sait que les plus hauts personnages de l'État tiennent à assister à leur inauguration et à mettre des prix d'honneur à la disposition du Jury des récompenses.
Ces fêtes publiques ou particulières ont lieu à diverses époques de l'année, pour permettre à tous les produits de s'y montrer.
De temps en temps, une exposition internationale convie les étrangers à la lutte, et, chaque année, les Floralies printanières sont désormais l'occasion d'un Congrès d'horticulture ou de botanique, basé sur un programme de questions annoncées à l'avance.
Une autre innovation, qui a du succès, est l'organisation de conférences publiques et de causeries-promenades confiées à des hommes spéciaux, sur le champ même du concours.
A la distribution des prix aux lauréats de l'exposition s'ajoutent les récompenses décernées aux anciens serviteurs du jardinage, aux praticiens et aux amateurs français, dont les travaux ont été jugés dignes d'être encouragés ou récompensés, aux auteurs d'ouvrages intéressants, aux semeurs, aux inventeurs, etc.
L'histoire de cette doyenne de nos Sociétés d'horticulture, fondée en 1827, enregistre, au Ier janvier i855, sa fusion avec le « Cercle des conférences horticoles », fondé en 18/J1, transformé en Cercle général d'horticulture, puis en Société nationale.
Cette réunion constitua définitivement la Société impériale et centrale, aujourd'hui Société nationale d'horticulture de France qui, depuis le 11 août i855, est déclarée établissement d'utilité publique.
Les derniers survivants de la création du Cercle, en 1841, les honorables et distingués praticiens Bertin, Thibaut, Margottin et Dufoy viennent de disparaître en 1891, 1892, 1893.
En principe, Thonorariat est accordé par la Société nationale au titulaire qui a payé sa cotisation pendant trente années consécutives.
Le prix de la cotisation annuelle est vingt francs.
Au mois de mars 1893, le recensement annuel constate à l'effectif environ 2.5oo dames patronnesscs, membres honoraires, membres correspondants, membres titulaires.
La caisse spciale est dans un état florissant,
La générosité de quelques riches protecteurs de l'horticulture a permis à la Société d'encourager ou de récompenser les auteurs de livres populaires sur les travaux du jardinage, et les élèves les plus intéressants de nos écoles d'orphelins ou d'apprentis jardiniers.
La Société accorde des bourses à l'École nationale d'horticulture de Versailles.
Elle a institué une caisse de secours en faveur des ouvriers jardiniers nécessiteux, qui fonctionne régulièrement.
Depuis 1872, la Société pomologique de France continue l'œuvre du Congrès pomologique de Lyon institué le 21 septembre i856, à Lyon, par la Société d'horticulture pratique du Rhône. Nous avons eu l'honneur de présider les sessions de i856 et de 1857.
Son but est de parcourir la France pour en étudier la production fruitière, au moyen de congrès organisés avec l'appui des agglomérations locales, puis de publier le Bulletin de ses travaux et de rédiger un ouvrage descriptif et illustré : la Pomologie française.
Le taux de la cotisation annuelle est dix francs.
Depuis l'année 1867, elle décerne à chaque session une médaille d'or et le titre de Membre d'honneur à la personne qui a rendu le plus de services à l'arboriculture et à la pomologie.
La session de 1875 s'est tenue à Gand, sous les auspices du Cercle d'arboriculture de Belgique. Suivant le siège des sessions, le Congrès aborde l'étude des fruits de pressoir : Poires, — Pommes, — Raisins, avec les fruits de table ou d'économie ménagère. t
La Société qui reçoit le Congrès organise des concours de fruits, à cette occasion.
La session de 1894 se tient à Lyon. Celles de 1892 et de 1893 ont eu lieu à Grenoble et à Toulouse.
La Société nationale d'agriculture de France, la première de nos associations agricoles, a été établie par arrêt du Conseil d'Etat du Ier mars 1761, sous le nom de Société royale d'agriculture de la généralité de Paris. Une ordonnance royale, en date du 3o mai 1788, donna à la Société un règlement d'organisation, qui la constitua en Société royale et centrale pour toute l'étendue de la France.
Comprise dans la loi des 8-14 août 1793 qui supprimait toutes les Sociétés savantes, elle fut reconstituée le 12 juin 1798, sous le titre de Société libre d'agriculture du département de la Seine.
De nouveaux décrets, arrêtés et ordonnances de 1804 à 1880 retouchèrent son nom ou ses statuts.
La Société n'a pas moins travaillé d'une façon active, traitant librement ou officiellement des questions importantes, décernant des
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récompenses aux inventions, aux découvertes, aux travaux utiles, aux ouvrages, etc. La culture des jardins, des potagers, des vergers, des pépinières, la viticulture, la sylviculture, renseignement agricole, les cultures coloniales, la botanique font partie de ses attributions.
Des horticulteurs éminents ont siégé et siègent encore à la docte et honorable assemblée.
Les membres titulaires, au nombre de 54, sont répartis en huit sections. Un nombre limité d'associés et de correspondants nationaux ou étrangers complète l'effectif réglementaire.
Le chapitre des recettes du budget se compose du produit de donations et de subventions.
Le bulletin est mensuel ; déjà 140 volumes ont paru.
Le domaine d'Harcourt(Eure), légué par M. Delamarre, à la Société, en 1828, est devenu un intéressant arboretum forestier.
La Société des Agriculteurs de France, la plus considérable qui existe, fondée en 1868 sur des bases libérales, compte près de 12,000 membres, versant chaque année une cotisation de vingt francs.
Les membres fondateurs paient, en outre, une entrée de cent francs.
Elle a été reconnue d'utilité publique le 28 février 1872.
Partagée en douze sections, la cinquième est consacrée à l'horticulture et à la pomologie, à l'industrie cidrière, au jardinage de rapport ou d'agrément.
Tous les ans, la session générale du Congrès appelle les membres dans leur section; on y discute les questions inscrites au programme, ayant trait à la culture maraîchère, à la production fruitière, aux pépinières, au cidre, à l'entomologie, à la dendrologie, aux forêts, aux vignes, aux engrais, à l'enseignement, au bétail, aux chevaux, à l'agriculture, aux relations commerciales, etc.
Des concours sont institués et des récompenses sont décernées aux producteurs, aux novateurs, aux auteurs d'ouvrages ou de mémoires inédits.
Des vœux proposés par la section sont soumis à l'assemblée générale, qui les transmet, s'il y a lieu, aux pouvoirs publics.
C'est ainsi qu'en février 1872, une année avant le dépôt d'un projet de loi par le député Pierre Joigneaux, et sur une proposition due à l'un de ses membres (l'auteur de cet ouvrage), la Société émettait le vœu de la création d'une École supérieure d'horticulture, et de son installation au Potager de Versailles.
La Société nationale d'encouragement à l'agriculture, fondée le 14 mai 1880, traite des sujets agricoles et économiques dans ses
congrès annuels et s'occupe de questions d'arboriculture, de pomologie, de viticulture et de culture maraîchère dans son bulletin hebdomadaire : La Semaine agricole.
La cotisation annuelle est fixée à dix francs.
La Société nationale d'acclimatation de France, d'abord « zoologique », a dû comprendre les végétaux dans ses études et modifier son titre ; elle est à sa quarantième année d'existence.
Fondée le 10 février i854, elle a été reconnue d'utilité publique par un décret du 26 février i855.
La section des végétaux a, dans ses attributions, tout ce qui concerne l'importation des arbres, des arbustes et des plantes d'utilité ou d'ornement, leur acclimatement ou adaptation à notre climat, leur culture et leur emploi alimentaire, industriel, enfin le boisement de nos parcs paysagers ou forestiers.
Des semences et des plants de ces végétaux sont confiés aux sociétaires, à titre de cheptel.
Une distribution de récompenses aux chercheurs, aux producteurs, et à ceux qui les secondent, fait l'objet d'une séance solennelle.
La Reçue des Sciences naturelles appliquées est l'organe bi-mensuel, souvent illustré, de la Société.
Le prix de la cotisation est de vingt-cinq francs par an.
Sous les auspices de la compagnie, mais avec une réglementation particulière, le Jardin d'acclimatation, créé au Bois de Boulogne, se livre à de nombreuses expériences et à des études végétales ou animales. Les sociétaires ont entrée libre au Jardin.
Quelques succursales sont installées sur divers points de la France, sous des climats différents.
L'Association pomologique de l'Ouest, créée à Rennes en i883, s'occupe exclusivement des fruits de pressoir, de la culture des vergers, de l'analyse des pommes et des poires à cidre ou à poiré, de la fabrication du cidre, du poiré et des eaux-de-vie dérivées.
Chaque année, l'association tient une session, particulièrement en Bretagne, en Normandie, en Picardie, et s'entend avec une société locale qui prépare une exposition de fruits, de boissons qui en résultent, d'arbres de pépinière et de l'outillage cidricole.
Des récompenses sont décernées aux exposants, ainsi qu'aux auteurs des mémoires d'études répondant à un questionnaire déterminé à l'avance. Un bulletin annuel est envoyé aux adhérents.
La cotisation est de cinq francs par an.
L'Association se propose d'encourager les Sociétés ou les adminis* trations à créer des Vergers modèles , qui seraient en quelque sorte
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le foyer d'exemple et de propagande de ses méthodes d'exploitation du verger et des espèces fruitières à répandre.
Le Congrès de 1894 se tient à Laigle (Orne). La session de 1893 était ouverte à Vannes (Morbihan).
Le Syndicat pomologique de France, fondé à Rennes le 6 février 1892, a « pour objet l'étude de tout ce qui concerne la culture et l'élevage des pommiers et poiriers; la propagation des meilleures espèces et variétés ; les mesures à prendre pour la protection des arbres, pépinières, vergers, plantations, etc.; la généralisation des meilleurs procédés et méthodes pour la fabrication des cidres, poirés, eaux-de-vie, etc.; la défense des intérêts économiques, agricoles, industriels des syndicataires ; la vulgarisation des découvertes de la science, de la chimie, de la mécanique; la facilité des transactions ; la création de débouchés pour les récoltes ; l'organisation de concours et de congrès pomologiques, etc.»
Déjà 700 membres, représentant 32 départements, se sont fait inscrire. La cotisation, de cinq francs pour les membres fondateurs, est de deux francs pour les membres ordinaires.
Après l'exposition et le congrès de Saint - Servan, 1892, de Ploermel, 1893, la session de 1894 se tiendra à Abbeville.
Le Syndicat distribue des greffons d'espèces fruitières à cidre.
L'Union commerciale des Horticulteurs et Marchands- Grainiers de France, créée au printemps de 1886, constitue une solidarité entre ses adhérents pour les échanges de renseignements, et défend leurs intérêts lorsqu'il s'agit de questions litigieuses, d'interprétation de la loi, d'affaires contentieuses, judiciaires ou d'arbitrage, de tarifs de transport, de douane, d'impôts, etc.
De bonnes et utiles relations confraternelles ne tardent pas à s'établir entre les associés. La cotisation est fixée à cinq francs.
A Montreuil, à Sceaux, à Glamart, autour de Paris, puis à Amiens, Angers, Belfort, Besançon, Blois, Cambrai, Carcassonne, Chartres, La Guerche, Héry, Honfleur, Hyères, Laval, Locminé, Lyon, Marseille, Nantes, Narbonne, Nice, Niort, Orléans, Oullins, Pau, Perpignan, Ploermel, Pont-Audemer, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, les cultivateurs et les commerçants se sont syndiqués dans un but analogue ou se bornent à la vente de leurs produits, aux achats de semences, de plants et d'engrais. Quelques-uns, cependant, organisent des cours d'enseignement horticole. Tel est le cas du « Syndicat des Horticulteurs de la région lyonnaise », fondé en 1886, et du« Syndicat agricole et horticole des ouvriers jardiniers de l'arrondissement de Marseille ». fondé en 1881.
La Société française des Amis des Arbres a pour but de favoriser et de protéger les plantations d'arbres fruitiers ou forestiers, afin d'obtenir la multiplication des vergers et le peuplement des espaces actuellement dénudés.
Elle se propose d'intéresser la population tout entière à la plantation des arbres fruitiers ou forestiers, à leur protection et à leur conservation, par des encouragements ou des récompenses.
Le germe de l'association semé à Nice, en 1891, par des amateurs, a pris son essor le i5 février 1894, en choisissant Paris pour le siège de son administration.
La cotisation des membres souscripteurs est de cinq francs par an, et celle des membres actifs, deux francs ; mais ceux-ci s'engagent à planter au moins un arbre sur leurs terres, tous les ans.