V. — Production fruitière
Nous commençons par les espèces fruitières les plus répandues.
Oranger. — La principale production fruitière de l'Italie est celle des Oranges — mandarines, citrons, cédrats, bergamotes — comprises sous le nom général d'Agrumi, appliqué aux fruits des Aurantiacées. Cette production est en pleine prospérité dans les provinces méridionales et en Sicile, dépassant pour tout l'Etat d'Italie le chiffre de deux milliards six cent millions de fruits, par an.
La récolte de l'année 1890 peut être ainsi décomposée :
Lombardie, province de Brescia 3.692. 700 fruits
Vénétie, province de Vérone 219.500 —
Ligurie, provinces de Port-Maurice, de Gênes,
de Massa-Carrara 4° • 671 . 900 —
Ombrie, province d'Ascoli 4- 724- 7°° —
Toscane, provinces de Libourne, de Florence,
de Grosseto 1 . 576 . 400 —
Latium, province de Rome 4 • ^77 • 4°° —
Province méridionale Adriatique, provinces de Teramo, de Foggia, de Bari, de
Lecce (Otrante) 83 . 793 . 900 —
Province Méditerranéenne, provinces de Caserte, de Naples, de Salerne, de Potenza, deCosenza, de Gatanzaro, de
Reggio-Calabre 586 . 978 . 600 —
Sicile, provinces de Palerme, de Messine, de Gatane, de Syracuse, de Galtanisetta,
de Girgenti, de Trapani 1 . 869 . 744 • 5oo —
Sardaigne, provinces de Gagliari, de Sassari . . 17. 396 . 200 —
Au total 2,613,275,800 fruits d'Aurantiacées ; la majeure partie est envoyée en France, en Autriche, en Allemagne, en Angleterre.
Il en est exporté plus de trois cents millions de kilogrammes par an, évalués trente millions de francs.
En 1891, la Galabre a exporté 57,000 tonnes d'Oranges et de Gitrons, représentant une valeur de 7,125,000 francs, sans compter l'expédition importante de Gitrons salés, vers la Russie.
D'ailleurs, le territoire italien possède plus de cinq millions d'Orangers en plein rapport, et autant de Limoniers.
Les provinces du Sud s'adonnant avec le plus de succès à la culture orangère, s'étendent de la Ligurie aux Galabres, et en Sicile, principalement au milieu de situations abritées où le thermomètre ne s abaisse pas en hiver au-dessous de + io°, ce qui permet aux rivages privilégiés du lac de Garde et du lac de Gôme de lui donner asile. La production du lac de Garde atteint 20,000 francs. Le port de Messine a expédié 100,000 caisses de Mandarines, pendant l'année 1891. Le Citron de Messine est coté aux Halles de Paris.
A Palerme, à Naples, à Scordia, à Gotrone, les Oranges acquièrent la finesse de qualité qui a fait la renommée de Malte, des Açores et des Baléares.
Le Citronnier se cantonne de Menton à Vintimille, et au delà de Naples, à Mayoli et à Amalfi.
La Sardaigne et la campagne de Livourne se sont adonnées à l'exploitation du Cédratier. Des confiseries installées sur place conservent, au candi, la pulpe charnue du Cédrat ; le cœur du fruit, macéré dans une futaille, fournit une boisson de table agréable. La spécialité en est réservée à la ville de Salo, sur le lac de Garde.
La province de Reggio et toute la Calabre tirent de beaux bénéfices de la fabrication de l'essence de Bergamote ; sa valeur atteint jusqu'à quatre millions de francs. Là aussi se fabrique l'Agro, jus de Citron concentré, employé contre le scorbut par les marins et surtout pour la fabrication de l'acide nitrique, en Angleterre.
Le Bigaradier fournit ses corolles parfumées aux distilleries de fleur d'oranger, et son fruit au sirop d'écorces d'oranges amères.
Désormais, le pépin est vendu aux pépiniéristes, le plant de Bigaradier étant le plus rustique pour recevoir la greffe des Aurantiacées.
En Sicile, où beaucoup d'arbres ont été détruits par la gomme, il y a vingt-cinq ans, dans la province de Messine notamment, un grand nombre d'Orangers sont remplacés par des Citronniers greffés sur Oranger franc, vers Monopoli et Amalfi.
A citer encore les terrains superposés de Citronniers se mirant dans le golfe de Salerne, et ceux de la terre de Bari, baignée par l'Adriatique, au sud de la Péninsule.
Répétons que le Citronnier, sur la côte ligurienne, trouve le calme nécessaire à la nouaison de son fruit et à son développement ; cette influence des milieux attire à Menton une population hibernante.
Châtaignier. — Le Châtaignier fournit son contingent à la production fruitière de l'Italie. Quatre cent mille hectares produisent au delà de trois millions de quintaux de fruits ; cette production considérable est presque toute entière consommée par le peuple italien; un peu plus de trois cent mille quintaux sont exportés seulement ; le sixième est destiné à la France.
La province de Naples cultive une variété estimée qui vient se vendre en France, sous le nom de Marron de Lyon.
Aussi à Limonta, petit pays sur la côte du lac de Corne, les Marrons acquièrent une grosseur extraordinaire.
Voici les régions qui ont produit le plus de Châtaignes, en 1890 :
La Ligurie 106 . 000 tonnes
La Toscane 86 . 000 —
La Province méridionale méditerranéenne. 65. 000 —
Le Piémont 54 . 000 —
L'Emilie 23 . 000 —
La Lombardie 20 . 000 —
L'arbre couronne les contre-forts et les sommets montagneux de la Ligurie, au delà de la végétation de la Vigne.
En Lombardie, la limite du Châtaignier, sur le versant des Alpes, est à 85o mètres d'altitude.
Les hautes collines de la Toscane sont couvertes de châtaigneraies.
La Châtaigne est le pain du pauvre. La farine du fruit, séché et pulvérisé, est largement utilisée pour la préparation de la « pattona ou polenta dolce », le pain de Châtaignes ; la polenta nationale est faite avec la farine de Maïs.
La farine de Châtaignes de la Toscane jouit d'un renom mérité.
Quant aux fruits de consommation directe, la réputation est aux provinces de Cuneo, en Piémont, et d'Avellino, de la région méridionale méditerranéenne.
La province vénitienne d'Udine et les provinces piémontaises de Cuneo et de Turin sont également visitées par les marchands, lors de la récolte et du « boucanage » du fruit.
Longtemps indifférent, le paysan montagnard accepte désormais le greffage des espèces avantageuses à reproduire.
Le Châtaignier est compris dans la superficie forestière de l'Italie, évaluée à 6 millions d'hectares, soit le cinquième du territoire.
Figuier. — Le Figuier, en Italie, croît sur les rochers, en pleine friche, ou dispersé dans les vignes et les vergers.
Le fruit frais est consommé sur place ou porté au marché, et l'on exporte annuellement par 400,000 quintaux la Figue sèche. Marseille reçoit de l'Italie, dans le cours d'une année, jusqu'à cinq millions de kilogrammes de Figues séchées au soleil.
On rencontre de nombreux types à fruit blanc verdâtre ou ambré, à pellicule rose, violette ou noire, et à chair blanche, jaune ou rouge carminé.
Les variétés les plus estimées sont les suivantes :
Albo. Dottato. Portoghese.
Brianzolo. Gentile. Regina.
Brogiotto bianco. Lardaio. San Piero.
Brogiotto nero. Melagrano. Troiano.
Cuore. Monaco. Verdecchio (hâtive).
Dattero. Paradiso. Verdino (tardive).
Datto. Pissalutto. Verdone romano.
Sur les collines de San-Colombano, dans la Basse-Lombardie, le Figuier est entremêlé à la Vigne, et les fruits frais sont portés aux marchés de Milan ou de Pavie, dans la proportion de i,5oo quintaux environ ,
ITALIE SgS
Vigne. — La Vigne prospère à peu près dans tonte l'Italie ; son fruit sert à la fabrication du vin ou au commerce des Raisins.
Les vignerons piémontais-tiennent leurs Vignes à souche basse.
En Ligurie, contrée montagneuse, la Vigne est cultivée sur tous les mamelons, les flancs et les gorges, jusqu'au cœur des moindres dépressions de rochers. Le paysan est obligé de ramener à la hotte de la terre végétale, mais il est récompensé de ses peines par une vendange abondante et chaude.
L'Emilie voit les sarments s'enlacer aux arbres plantés en lignes dans les champs, et aux perches fourchues placées ad hoc par les vignerons des Marches et de l'Ombrie.
En Toscane, notre précieux arbrisseau étend ses longs bras cherchant un appui, grimpant aux arbres sur lesquels, grâce à la fertilité du sol, il atteint un développement prodigieux et une fécondité à l'avenant. Ici, les meilleurs cépages vinifères sont : Malvasia, Sangiovese, Caccio dit Ganaiola, Mammolo.
De vastes surfaces des Abruzzes sont consacrées à la viticulture.
Les provinces méridionales, et notamment la Pouille, lui offrent des espaces de plus en plus grands.
La terre de Bari et la province de Naples se distinguent par leur production abondante et de bonne qualité.
La Sicile est riche en vignobles à deux fins : Vin de dessert comme le Marsala, et Vin de coupage comme la plupart des crus du pays.
En parcourant ainsi l'Italie, nous rencontrons d'excellents Raisins de table, mais prenant souvent la route du pressoir ou du marché, suivant les circonstances»
Parmi les cépages blancs, ambrés ou fin rose, nous signalerons :
Le fameux Luglienga ou Lignan blanc, apporté en Italie lors de l'occupation du Gomtat-Venaissin par les Papes. La vigueur et la fécondité du cep, la précocité et la facilité de voyage de la grappe lui ont donné droit d'asile sur tous les territoires.
Le Muscat d'Alexandrie, dit « Salamanna », soumis au séchage avec le Regina et le Mumeda bianca, de la Sicile ;
Les Barba-Rossa, dit Uva regina, et Colombana del Piccioli, recherchés à l'étalage du fruitier ;
Allionza et Albana bianca, courant sur les arbres du Bolonais ;
Bariadorgia, fruit de seconde saison, pris dans l'île de Sardaigne ;
Bermestia bianca etParadisa, de Bologne, raisins de longue garde;
Bianchetta, disséminé dans la province de Trévise ;
Gatarattu, ambré, de la Sicile, recherché pour vin de « Marsala » ;
Galletta, cépage adopté par les vignerons de l'Italie centrale ;
Garganega et Uva d'Oro, bons cépages de la Vénétie 5
Erba Luce ; la grappe, suspendue en lieu sec, se convertit ellemême en « Raisin Malaga »; le plant est la base des vins de paille. Minnedda bianca, pour raisin sec, dans l'île de Sicile ; Moscato bianco, plant de la Haute-Italie, répandu partout ; Regina, cultivé aux environs de Florence ; Rossese, le cépage renommé des vignobles des Cinq-Terres ; Sunbrunesia, cultivé à Brescia.
Plus accentués de peau sont les deux cépages renommés : Lacryma Christi, sorte de Muscat rouge qui recherche les laves volcaniques du Vésuve, où il acquiert sa réputation ;
Nebbiolo, à pellicule rouge violacé, des régions montueuses d'Alba, de Novare et du Ganavèse, dans la province de Turin.
Les Raisins noirs dérobés au vignoble en faveur de nos tables, ou réciproquement, sont :
Aleatico, d'une saveur particulière, sur les collines d'Asti ; Avarengo, commun sur les coteaux du Piémont ; Barbera, d'Asti, du Bas-Montferrat, de Porto-Gomaro, atteignant un bon prix au marché ;
Besgano, répandu en Emilie et en Lombardie ; Bibiola, cépage piémontais fécond, un peu tardif; Buon Amico, ainsi bien nommé par les vignerons toscans ; Gorvina, de Vérone, la base des vins de Valpolicella ; Giro Niedda, des grandes îles de Sicile et de Sardaigne ; Monte Pulciano ou Sangiovese, propagé dans l'Italie centrale ; Neretto, excellent plant de la plaine de Marengo ; Triboli, le Verjus de France, bon cru de la province de Girgenti ; Uva rara, plant des coteaux d'Ivrée et du Haut-Novarais ; Vespolino, cépage de la Haute-Italie et du Lac Majeur. Avec une superficie de 3,5oo,ooo hectares de Vignes, l'Italie récolte 35 millions d'hectolitres de vin; mais elle expédie en outre, de toutes ses gares et de ses ports de mer, des quantités incroyables de Raisins pour la consommation et pour l'industrie.
En 1876 , un seul négociant a chargé 6,266 wagons, pesant 62,048,000 kilogr., de Raisins de table.
L'exportation totale de Raisins frais atteint 25o,ooo quintaux, et 5o,ooo pour les Raisins secs.
Olivier. — L'Olivier est une source importante de bénéfices pour Tltalie. Deux millions d'hectares produisent une moyenne annuelle de trois millions d'hectolitres d'huile. Si la rigueur des hivers en interdit la culture dans la Haute-Italie jusqu'à Ancône, les autres provinces sont en pleine prospérité avec ce pourvoyeur des huileries.
La Ligurie le cultive avec soin, malgré les difficultés que présente un sol montagneux, hérissé de rochers ; des murs en maçonnerie forment terrasse, et la chaleur de l'exposition contrebalance les courants froids des plateaux.
L'Olivier couvre les collines des Marches et de l'Ombrie, où son fruit possède des qualités spéciales. Les huiles des environs de Pérouse et de l'ancien lac Trasimène sont très estimées ; aussi le greffage des bonnes sortes y est-il appliqué.
Par le sol et par le climat, la Toscane est le véritable pays de l'Olivier; on le cultive sur tous les points de l'ancien Grand Duché, même par massifs forestiers et compacts, avec cultures fourragères intercalaires, où le soleil circule. L'huile de Toscane, et spécialement celle de Lucques, est d'une finesse remarquable. On en exporte de grandes quantités en France, en Belgique, en Angleterre.
La province de Naples est renommée pour l'étendue de ses olivettes et pour la qualité de l'huile qu'elles fournissent.
Les montagnes des Abruzzes, les provinces Sud de la péninsule et la Sicile retirent un bon profit des plantations d'Oliviers.
Enfin, la statistique attribue plus de 900,000 hectares à l'Olivier, rapportant près de deux millions d'hectolitres d'huile.
Pommiers et Poiriers. — Ces deux genres d'arbres fruitiers réclament l'influence des brises marines, ou la fraîcheur des altitudes élevées et les revers de montagnes.
Les régions septentrionales leur sont particulièrement favorables.
Nous indiquons les variétés les plus cultivées dans les champs :
Pommes.
Annurca di Napoli. Lazzeruola (Azéroli).
Attalon. Limonella.
Borda (Fenouillet). Losa.
Calville blanc. Mora (d'hiver).
Caria (Finalina). Panaia (tardive).
Gellini. Pearmain doré (Reine des Reinettes).
Cera (précoce). Pépin d'Or d'Angleterre.
Court-Pendu gris. Reinette de Breda.
Dali' Acqua fina. — du Canada.
Decio. — de Champagne.
Elenia (d'Aunée). Rosa dura.
Francesca (d'hiver). — gentile.
Gelât a. Rosmarin blanc.
Ghiacimola. Transparente de Croncels.
Les Pommiers sont à demi-tige ou en touffes libres, au verger.
Poires.
Allora d'hiver.
Angelica.
Beurré d'Amanlis.
— Glairgeau.
— Diel.
— d'Hardenpont.
— Hardy.
— Napoléon.
— Sterckmans. Bugiarda.
Gampana.
Catillac.
Gedrata romana.
Citron des Carmes (Maddalena).
Golmar d'Arenberg.
Conseiller de la Cour.
Goscia.
De Curé.
Doyenné blanc. — Id. gris.
— d'Alençon.
— d'Hiver.
Duchesse d'Angoulême.
Épargne (Dama).
Fico.
Fondante des Bois.
Gentil bianca.
Joséphine de Malines.
Lardaia.
Louise-Bonne d'Avranches.
Luisa.
Moscatellina.
Nouvelle Fulvie.
Passa-Tutte.
Passe Colmar.
Passe Crassane.
Saint-Germain d'hiver.
— Vauquelin.
Soldat laboureur.
Spadone Lombardo.
Spinacarpi (Royale d'hiver).
Virgouleuse.
Williams.
Le Poirier est au verger à tout vent, élevé sur tige moyenne.
De nombreuses variétés sont répandues dans les jardins, soumises à la taille ou laissées en liberté.
Le commerce des Poires et des Pommes est favorisé par le réseau des voies ferrées qui correspond directement avec toute l'Europe, et par les ports maritimes qui dirigent leur fret vers la mer Noire et la côte d'Afrique.
Cerisiers et Pruniers. — Les Cerisiers et les Pruniers prospèrent dans les régions les plus froides. Les Cerises sont exportées surtout au début de la saison et dirigées vers la France, la Suisse, l'Allemagne et l'Autriche, destinées à la consommation et à la fabrication des jus ou à la distillation.
La Griotte ou « Visciole » est plutôt de la montagne, et la Guigne ou « Tenera », de la plaine.
Le Prunier est assez commun. Les Prunes sont, ou consommées à la maison ou utilisées pour le séchage, la pâtisserie, les conserves. Les bonnes sortes sont expédiées, à peine mûres, vers les gares d'embarquement, destinées au marché et à l'usine.
La Quetsche d'Italie porte le nom de Semiana.
Pêchers, Abricotiers, Amandiers. — Le Pêcher est cultivé en grand, depuis quelques années, par le Piémont et la Ligurie ; il forme des vergers considérables. On cultive en plein vent les variétés les plus précoces, parmi lesquelles on remarque la série américaine et les anciennes Alberges et Pavies. La récolte est exportée vers le Nord et donne lieu à un commerce important.
Les amateurs cultivent la série des « Burrone » qui commence à la Pêche Amsden, continue avec le groupe des « Maddalena », des « Mignona », prend de Malte, Galande, Belle Bausse, Admirable, Reine des Vergers, pour terminer aux Pêches fines : Bonouvrier, Baltet. Ils aiment les Pêches dures : Pavies « Gotogna », sans négliger les variétés locales : Biancona Di Verona, Morellone, Di Sant' Martino, Di Sant' Anna, et la fine Nectarine Gialla di Padova.
Le Pêcher et l'Abricotier abritent des cultures de Fraisiers, de plantes industrielles ou de petits légumes de primeur.
L'Abricot précoce est vendu dans les villes et sur les ports de mer. Plus tard, l'industriel s'en empare et le transforme en conserves. Un des plus hâtifs est l'Abricot d'Alexandrie «Primaticcio di S.Giovanni».
L'Amandier est répandu dans toutes les provinces. L'exportation annuelle atteint 225,000 quintaux d'Amandes.
En dehors de la Ligurie et du Piémont, l'Emilie, la Marche et l'Ombrie sont propices à la fécondité des vergers. Une partie de la récolte prend la direction de la Dalmatie et de l'Istrie.
La Toscane est également favorisée sous ce rapport, ainsi que les Abruzzes et les provinces méridionales, notamment la Pouille.
Noyers et Noisetiers. — Le Noyer vit sur les plateaux et sur le flanc des montagnes, en situation fraîche ou sèche, mais ni froide ni aride.
Disséminé dans les champs, groupé en lignes simples ou en avenues, il est d'autant mieux considéré qu'il ne réclame aucun soin de culture et produit abondamment.
Les Noix entrent dans l'alimentation ou sont un article d'exportation qui se chiffre par i5o,ooo quintaux, au profit des consommateurs de l'Allemagne, de la Turquie, de la Russie.
Les noisetières sont fréquentes en Italie ; le fruit peut se garder en magasin et voyager sans un emballage minutieux. L'arbuste croît spontanément en Sicile et en Galabre.
La province d'Aveliino, dans le Midi, est renommée pour ses Avelines ; 700 hectares ont produit, d'une saison, 80,000 hectolitres de Noisettes Avelines, dont les trois quarts sont exportés.
Le district de Patti, province de Messine, arrive ensuite,
Le Piémont a des plantations de Noisetiers tenns à demi-tige et d'un bon rapport, couvrant des champs de Fraises, de Violettes, de légumes à courte échéance, de plantes aromatiques.
Au delà de la zone de culture, en pleine région alpine, le Noisetier est nommé « l'Olivier du Nord » ; son branchage sert au chauffage des habitations et les feuilles sèches forment litière au bétail.
L'arbrisseau se plaît au flanc sud de la montagne et y supporte les sécheresses prolongées, mieux que l'humidité.
L'amande de la Noisette sert dans l'alimentation ; elle est achetée par des négociants et des huileries ; avec les procédés primitifs de pressage, ioo kilogr. d'amandes séparées de leur coque donnent 55 kilogr. d'huile. Le marc de presse entre dans la confection des pâtes d'amandes, des nougats et des chocolats ordinaires.
Opontia. — Parmi les espèces indigènes, nous citerons un champ de Gactiers Raquette ou Opontia. Sur un hectare de terrain sec, sous le climat chaud de la province d'Otrante, une seule récolte a fourni 10,000 kilogr. de fruits dits « Figues de Barbarie », qui ont été livrés à la consommation ou à la distillerie.
Les fruits exotiques commencent à s'acclimater en Italie ; tels sont le Plaqueminier du Japon, le Bibacier, dont la production est déjà très importante en Sicile, le Grenadier, le Goyavier, etc.
De sérieux ouvrages pomologiques,tels que ceux de MM. Girolamo Molon, de Milan, et Angiolo Pucci, de Florence, ont aidé à la connaissance et à la vulgarisation des bons fruits.