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II. — Arbres et Arbustes fruitiers

En général, les arbres fruitiers du Japon diffèrent des espèces similaires de l'Europe.

Leur importation a permis aux fécondateurs de tous pays de tenter le croisement entre espèces distinctes du même genre botanique; quelques résultats sont déjà appréciables.

Sans nous arrêter aux fruits inférieurs des Rosiers» Micocouliers» Viornes, Podocarpes* appartenant aux localitées déshéritées, nous sectionnons le groupe en fruits à pépins, fruits à noyaux, fruits secs*

Fruits a pépins. — Le Poirier, Nashi, vigoureux, au beau feuillage large et vernissé, porte des fruits de moyenne grosseur, arrondis ou ovalaires, à épidémie gras ; la chair, cassante, a la saveur du Coing. Plus de 5o variétés, région Sud-Ouest, sont utilisées en compotes.

Le Pommier, Rïngo, répandu au Nord-Est, vient assez gros et produit de petits fruits pour boissons et préparations ménagères.

Le Cognassier, Marumero, et ses variétés Kuwariu, de Chine, et Boké, indigène, en pleine terre ou en pots, donnent un gros fruit employé dans la confiserie, ou qui devient un entremets délicat, lorsqu'il a bouilli avec du miel et du gingembre.

Le Plaqueminier, Kaki, est populaire au Japon. Le fruit, ayant l'aspect d'une belle Tomate, est décoratif sur l'arbre ; on le consomme en hiver, après la récolte, lorsqu'il est blet, ou après marinage dans le Saké (boisson de riz fermenté). Quelques variétés sont soumises au séchage, sur le toit des maisons. D'autres ont un emploi industriel.

Le bois de l'arbre, noir comme l'Ebène, ou veiné et flammé de brun-noirâtre, est employé dans l'ébénisterie de luxe.

Les plus gros fruits cultivés sont, parmi les rouges : Giboushiu, Hachiya, Isuru-no-ko, Kabuto-gaki, Nitari Okame, Yedo-ichi, Yemon; parmi les nuances pâles : Daïdaï-Mazu, Hiyakume, Iane-nashi, Isuri-gane, Nashi-no-tan, Nitari, Shimo-maru, Shimo-Shiradzu.

Les petits fruits Denji-maru, Iengu, Kintki, Kaushiu sont fertiles.

Le Japon compte plus de 200 sortes de Plaquemines comestibles ; le cultivateur les reproduit par la greffe.

Le Bibacier, Biwa, greffé, est apprécié dans la zone Sud des grandes îles, pour son beau feuillage persistant et ses grappes florales qui s'épanouissent en hiver et donnent, en avril, un fruit petit ou moyen, rond ou piriforme, bon cru ou confit.

Le Hovenia, Kemponashi, croît auprès des habitations des îles Kiu-siu et Nippon, fleurissant en juin, mûrissant son fruit charnu vers la fin de l'automne. Les enfants en sont très friands.

L'Akebia, Bokée, liane à gros fruit, vient dans la région chaude du Sud-Ouest, alors que le type sauvage est de pays froid.

Le Figuier, Itoiziku, est préféré pour la consommation du fruit.

Le Grenadier, Ja kuro, a deux variétés, à fruit rouge et à fruit blanc.

L'Oranger Mikan, Yudsu, Zabon... compte plusieurs espèces, notamment des Oranges qui mûrissent en été ; la zone chaude leur est favorable. Les Oranges, Citrons, Limons, Mandarines, Bigarades, Bergamotes, Cédrats ont leur emploi au dessert ou à l'industrie.

La Bergamote, Kunemba, a son rôle dans les parfums.

Le greffage est pratiqué sur Bigaradier, Daïdaï^ ou sur Pseudsegle «Gitrus trifoliata» Kara-tatsi.

Les espèces naines ou à petit fruit sont admises au jardin ou dans l'appartement.

La Vigne, Budo, a des plants vigoureux, le Raisin est inférieur.

Fruits a noyau. — L'Abricot, Anzu, est assez bien fourni de bonnes variétés ; le fruit est consommé au naturel, séché ou confit.

Le Pêcher, Momo, comporte des types qui se reproduisent par le semis ou par la greffe. La Pêche à chair jaune et dure commence à faire place aux chairs blanches et libres, de la France et des Etats-Unis.

Le Mume, M'aie, sorte d'intermédiaire qui relie l'Abricotier au Prunier, abonde autour des villes, sur les promenades et les lieux de plaisance. Sa fleur, double ou simple, rose, blanche ou pourpre, a des senteurs agréables. Le fruit, petit, est mis en conserve.

D'après certains botanistes, le Prunier, au Japon, se divise en trois tribus : Sumomo, Prunus triflora; Usura-Mumé, Prunus tomentosa ; Niwa-Mumé, Prunus japonica. Leurs fruits, consommés frais, séchés ou en marmelades quelconques, n'ont pas la prétention de rivaliser avec nos Prunes Reine-Claude, Mirabelle, Quetsche, d'Agen et autres bonnes variétés des Prunus domestica ou œconomica.

Le Cerisier, Sakura, est riche en types décoratifs, par le port de l'arbre et l'abondance de corolles simples ou doubles, blanches, carnées ou lilacées; son fruit, petit, d'économie domestique, commence à se ressentir de la concurrence faite par nos belles et bonnes Cerises récemment importées d'Europe.

Le Jujubier, Natsume, petit arbre à rameaux flexibles, présente son fruit sous deux formes, ronde ou oblongue, se colorant à l'automne.

Le Chalef, Guimi ou Goumi, spontané sur les montagnes et les friches ; son fruit, ressemblant à une petite Olive rougeâtre ou à une Cornouille, a son emploi aux desserts et à la confiturerie.

Fruits secs. — Le Noisetier, Hashibami, se rencontre rarement.

Le Châtaignier, Kuri, est disséminé sur les sols volcaniques, les éboulis de roches argileuses, les granits friables. Une variété naine, de fertilité précoce, préfère le jardin.

Non moins multiple dans ses formes, le Noyer, Kurumi, porte des fruits à coque dure ou à coque tendre. La Noix de Mandchourie, la plus répandue, approvisionne la table ou l'huilerie.

Les montagnards consomment, grillés, les Glands du Chêne cuspidé, Shti ; sa variété Matchu Shû est à grandes feuilles.

Dans son pays natal, le Ginkgo « Salisburia », Icho, prend des proportions gigantesques et produit un hectolitre de fruits. Une légende rappelle que le noyau grillé, dit Ginan, pris modérément, est hygiénique, tandis que son usage excessif rend fou...

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